Le coup d’état raté en Turquie
- Par Hamit Bozarslan
Pages 10 à 15
Citer cet article
- BOZARSLAN, Hamit,
- Bozarslan, Hamit.
- Bozarslan, H.
https://doi.org/10.3917/espri.1609.0010
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- Bozarslan, H.
- Bozarslan, Hamit.
- BOZARSLAN, Hamit,
https://doi.org/10.3917/espri.1609.0010
Notes
-
[1]
Nicolas Cheviron et Jean-François Pérouse, Erdogan, nouveau père de la Turquie ?, Paris, François Bourin, 2016.
-
[2]
Voir Ahmet Insel, « Turquie : la dérive autoritaire », Esprit, mars-avril 2016, p. 13-16.
-
[3]
Voir Hamit Bozarslan, Network-Building, Ethnicity and Violence in Turkey, Abu Dhabi, Ecssr, 1999 et « La crise comme instrument politique en Turquie », Esprit, janvier 2001, p. 145-157.
Le 15 juillet 2016, la Turquie a été le théâtre d’un coup d’état avorté aussi sanglant qu’irréel, qui fit près de trois cents victimes. La riposte du régime du président Erdogan, qui accusa d’emblée Fethullah Gülen (né en 1941), prédicateur en exil aux États-Unis, d’être le principal responsable du putsch, fut tout aussi impressionnante : un tiers des généraux et amiraux du pays, ainsi que 20 000 autres personnes sur 40 000 mises en garde à vue, furent arrêtés et quelque 80 000 fonctionnaires limogés. Plusieurs milliers d’associations, fondations, syndicats, journaux, chaînes de télévisions et universités furent interdits ou dissous, les biens de centaines d’entreprises soupçonnées de proximité avec la communauté de Gülen saisies, et leurs dirigeants incarcérés.
Cette organisation, que d’aucuns comparèrent par le passé à l’Opus Dei, n’a pas d’existence juridique, mais elle est fortement hiérarchisée, et a su développer depuis la fin des années 1970 une stratégie de conquête efficace des ministères régaliens du pays. Alliée du gouvernement Akp (Parti de la justice et du développement) dans les années 2000, elle lui apporta ses principaux cadres bureaucratiques et technocratiques. La décennie suivante, cependant, fut placée sous le signe d’une guerre fratricide entre les deux partenaires, qui partagent la même idéologie turco-islamiste. Critique à l’égard de la politique étrangère aventuriste de l’Akp, puis ulcéré par sa volonté de fermer son vaste réseau parascolaire, Gülen mobilisa ses procureurs pour déclencher un véritable cataclysme juridique en décembre 2013. Les dossiers de corruption à très grande échelle que ces derniers rendirent alors publics ne concernaient pas seulement quatre ministres importants de l’…
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