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Banalisation, révision et négation: la « réécriture » de l'histoire du génocide des Tutsi

Pages 85 à 102

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  • Dumas, H.
(2010). Banalisation, révision et négation: la « réécriture » de l'histoire du génocide des Tutsi. Esprit, Mai(5), 85-102. https://doi.org/10.3917/espri.1005.0085.

  • Dumas, Hélène.
« Banalisation, révision et négation: la “réécriture” de l'histoire du génocide des Tutsi ». Esprit, 2010/5 Mai, 2010. p.85-102. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2010-5-page-85?lang=fr.

  • DUMAS, Hélène,
2010. Banalisation, révision et négation: la « réécriture » de l'histoire du génocide des Tutsi. Esprit, 2010/5 Mai, p.85-102. DOI : 10.3917/espri.1005.0085. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2010-5-page-85?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1005.0085


Notes

  • [1]
    Préface à l’ouvrage de Florent Brayard, Comment l’idée vint à M. Rassinier. Naissance du révisionnisme, Paris, Fayard, coll. « Pour une histoire du xxe siècle », 1996, p. 10.
  • [2]
    Henry Rousso, le Syndrome de Vichy. De 1944 à nos jours, Paris, Gallimard, coll. « Points Histoire », p. 176. Voir également Valéry Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, Le Seuil, coll. « xxe siècle », 2000, p. 14.
  • [3]
    H. Rousso, le Syndrome de Vichy…, op. cit., p. 176.
  • [4]
    Nous songeons ici particulièrement aux deux ouvrages de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994, Paris, Fayard, 2005 et le Monde selon K., Paris, Fayard, 2009, largement relayés dans la presse, en particulier le second.
  • [5]
    « Moi, je ne crois pas au génocide » a déclaré le colonel Bagosora, l’un des principaux instigateurs du génocide, condamné à la prison à vie par le Tpir en 2008. Déclaration reprise dans Libération, 25 octobre 2005.
  • [6]
    Voir en particulier, Jean-Pierre Chrétien, le Défi de l’ethnisme. Rwanda et Burundi 1990-1996, Paris, Karthala, 1997, p. 201-376.
  • [7]
    Une recherche sur Edistat, site qui recense les ventes de livres, effectuée en mars 2009 fait apparaître une large diffusion de l’ouvrage polémique de Pierre Péan sur Bernard Kouchner, dont une grande partie est consacrée au Rwanda. En effet, en moins d’un mois (du 2 février au 22 février 2009), le livre s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires. Ventes auxquelles il faut ajouter la présence médiatique. Voir à ce sujet, « Le Monde selon K. : la polémique comme facteur de vente pour les Essais-documents », sur http://il-bouge-le-livre.blog.lemonde.fr/2009/02/18/le-monde-selon-k-la-polemique-comme-facteur-de-ventes-pour-les-essais-documents/, 18 février 2009. Le premier ouvrage de Pierre Péan n’est pas un succès de librairie (12 600 exemplaires environ du 23 novembre 2005 au 22 février 2009) mais il a fait l’objet de quelques recensions élogieuses (Max Gallo dans « L’Esprit public », France culture, novembre 2005) ou plus critiques (Claudine Vidal, « Un livre important et contestable », Le Monde, 9 décembre 2005).
  • [8]
    « En gros, Bernard Kouchner, lui, pense qu’il y a eu un génocide et pas deux, il pense que la France a une responsabilité et a commis des fautes là-bas, vous, vous pensez juste le contraire. Vous pensez qu’il y a eu deux génocides et que la France n’a rien à se reprocher. On peut résumer ça comme ça ? Pierre Péan : absolument », Nicolas Poincaré, Rtl Soir, 4 février 2009.
  • [9]
    H. Rousso, le Syndrome de Vichy…, op. cit., p. 181.
  • [10]
    À titre d’exemple, on rappellera que le slogan de la commémoration nationale du génocide en 2009 visait explicitement la lutte contre le négationnisme et que le colloque organisé à cette occasion a laissé une large place au traitement de cette question.
  • [11]
    Institut de recherche et de dialogue pour la paix (Irdp), Mécanismes de lutte contre le négationnisme du génocide des Tutsi, Kigali, mai 2008. Voir en particulier la définition large du « négationnisme passif », p. 16-17. Des groupes militants, réunis autour de « Génocide made in France » ou « La nuit rwandaise », font du refus de reconnaître la complicité de la France dans le génocide des Tutsi une forme de négationnisme. Inutile de dire que de telles exagérations facilitent le travail de négation. D’ailleurs, un article à charge contre Bernard Kouchner est repris par un site négationniste qui se délecte de la communauté de point de vue avec les rédacteurs de La Nuit rwandaise. Voir « Concordances humanitaires et génocidaires », publié initialement dans La Nuit rwandaise, 7 avril 2007, repris sur le blog de Jean-Marie-Vianney Ndagijimana, www.france-rwanda.info
  • [12]
    À l’exception des travaux de Gérard Prunier, notamment « Éléments pour une histoire du Front patriotique rwandais », Politique africaine, 1993, no 51, p. 121-138.
  • [13]
    Pour une étude détaillée à ce sujet, voir J.-P. Chrétien et al., Rwanda. Les médias du génocide, Paris, Karthala, 1995.
  • [14]
    Voir par exemple, « Afrique centrale et orientale : la guerre sainte d’une ethnie tyrannique », Kangura Magazine, version internationale, novembre 1990, no 4, p. 17 ; « Qui vous blâmera d’avoir déraciné ces nazis ? », Kangura Magazine, version internationale, décembre 1990, no 6, p. 10-11.
  • [15]
    Édouard Karemera, le Drame rwandais. Les aveux accablants des chefs de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda, préface de Jacques Vergès, Lille, Éditions des sources du Nil, coll. « Le droit à la parole », 2006. Édouard Karemera répond de ses actes devant la justice pénale internationale. Son procès est en cours.
  • [16]
    L’histoire du génocide dans cette région est bien documentée par des rapports d’organisations de défense des droits de l’homme, African Rights, Résistance au génocide. Bisesero. Avril-juin 1994, Londres, n. d., et les procès du Tpir, en particulier ceux de Clément Kayishema et al. et de Mika Muhimana.
  • [17]
    Ferdinand Nahimana, Rwanda. Les virages ratés, préface de Helmut Strizek, Lille, Éditions des sources du Nil, coll. « Le droit à la parole », 2007, p. 402-403. Ferdinand Nahimana a également été condamné à 30 ans de prison par le Tpir pour son rôle dans la radio extrémiste Rtlm.
  • [18]
    Les médias, la télévision française en particulier, ressassent le cliché des luttes tribales qui engendrent tant de malheurs. Voir J.-P. Chrétien, le Défi de l’ethnisme, op. cit. L’observation vaut également pour certains médias africains, voir Michel Ben Arrous (sous la dir. de), « Le génocide rwandais dans la presse de Dakar », dans Médias et conflits en Afrique, Paris, Institut Panos/Karthala, 2001, p. 89-116.
  • [19]
    Un ouvrage publié par un père blanc reproduit un texte daté du 18 avril 1994 signé par des personnalités proches de l’archidiocèse de Bukavu dans lequel les auteurs invitent à la conversion, au pardon et à la réconciliation. Philippe de Dordolot, les Réfugiés rwandais à Bukavu au Zaïre. De nouveaux Palestiniens ?, préface de Minani Bihuzo, postface de Filip Reyntjens, Paris, L’Harmattan, Groupe Jérémie, 1995, p. 31. Voir aussi Jean-Pierre Godding, Réfugiés rwandais au Zaïre. Sommes-nous encore des hommes ? Documents des groupes de réflexion dans les camps, préface de Filip Reyntjens, Paris, L’Harmattan, coll. « L’Afrique des Grands Lacs », 1997.
  • [20]
    P. Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, op. cit., p. 15. Je souligne.
  • [21]
    Pierre Péan essaie de nous faire croire que le génocide des Tutsi a été exécuté sous l’objectif des caméras occidentales. Rien n’est plus faux. Très peu d’images ont été tournées. Il suffit de visionner les documentaires consacrés au sujet pour s’en convaincre. Les images d’archives du génocide sont les mêmes d’un film à l’autre.
  • [22]
    Plusieurs estimations sont disponibles. L’Onu avance le chiffre de 800 000 victimes, le gouvernement rwandais plus d’un million, Minaloc, Dénombrement des victimes du génocide. Rapport final, Kigali, avril 2004. Plusieurs chercheurs se sont essayés avec plus ou moins de succès à des estimations. Voir notamment F. Reyntjens, « Estimation du nombre de personnes tuées au Rwanda en 1994 », dans S. Marysse et F. Reyntjens, l’Afrique des Grands Lacs. Annuaire 1996-1997, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 179-186. Pour des études plus fines, voir Marijke Verpoorten, “The Death Tool of the Rwadan Genocide: A Detailed Analysis of Gikongoro Province”, Population, juillet-août 2005, vol. 60, no 4 et Philipe Vervimp, “Testing the Double Genocide Thesis for Central and Southern Rwanda”, The Journal of Resolution Conflict, août 2003, 47/4.
  • [23]
    « Fable », « mythe », « mensonge », « conte pour enfants », « génocide dit des Tutsi » représentent quelques exemples de termes employés par Pierre Péan pour désigner « l’histoire officielle », celle qui reconnaît le seul génocide des Tutsi. Voir Noires fureurs, blancs menteurs, op. cit., et le Monde selon K, op. cit.
  • [24]
    P. Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, op. cit., p. 277.
  • [25]
    Serge Desouter, « L’usage usurpé du terme génocide », 30 avril 2002 (www.inshuti.org/de souter.htm).
  • [26]
    Voir en particulier les jugements Akayezu et Kayishema et al. Para 273-291.
  • [27]
    Nous pensons en particulier à Ferdinand Nahimana, Édouard Karemera, Bernard Lugan et Serge Desouter.
  • [28]
    Nous reprenons ici les mots de l’ancien ministre du Gir, Édouard Karemera, dans « Réponse de Karemera », p. 3, cité dans la décision de la chambre d’appel, le Procureur c. Karemera et al., Ictr-98-44-AR73(C), « Décision faisant suite à l’appel interlocutoire interjeté par le Procureur de la décision relative au constat judiciaire », 16 juin 2006, § 34.
  • [29]
    Chambre d’appel, le Procureur c. Karemera et al., op. cit., 16 juin 2006, § 36.
  • [30]
    Les références mal maîtrisées à la Shoah abondent pour récuser la qualification de génocide au Rwanda. Tout se passe comme si, pour être réel, le génocide des Tutsi aurait dû s’accomplir selon les mêmes modalités. Ainsi, Charles Onana prétend qu’il n’y a pas eu de génocide au Rwanda car on n’y a pas retrouvé de traces de camps de concentration ou de chambres à gaz, Charles Onana, Ces tueurs tutsi. Au cœur de la tragédie congolaise, Paris, éd. Duboiris, 2009, p. 282.
  • [31]
    Voir la notice de présentation biographique dans son ouvrage, Rwanda : le procès du Fpr. Mise au point historique, Paris, L’Harmattan, coll. « Points de vue concrets », 2007.
  • [32]
    Voir Henry Rousso, le Dossier Lyon III. Le rapport sur le racisme et le négationnisme à l’université Jean Moulin, Paris, Fayard, 2004, p. 89 et 181-185. Bernard Lugan a présenté un rapport d’expertise pour la défense du colonel Bagosora, condamné pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre en décembre 2008 par le Tpir à l’issue d’un procès laborieux.
  • [33]
    Bernard Lugan, Contre-enquête sur le génocide, Paris, Privat, 2007, p. 172. Bien qu’il insiste à plusieurs reprises sur la spécificité du génocide des Tutsi, d’autres passages sont moins dénués d’ambiguïté : « Serions-nous alors en présence d’un génocide croisé, d’un double génocide, d’un génocide doublé d’un ethnocide ou encore d’un génocide doublé de massacres de masse ? […] la réalité est que des Hutu, certains Hutu, ont massivement tué des Tutsi, et que des Tutsi, certains Tutsi, ont non moins tué massivement des Hutu », p. 15.
  • [34]
    B. Lugan, Contre-enquête sur le génocide, op. cit., titre de l’une des parties de son ouvrage.
  • [35]
    F.Nahimana, Rwanda. Les virages ratés, op. cit., p. 406.
  • [36]
    É.Karemera, le Drame rwandais…, op. cit., p. 136.
  • [37]
    Sur ce point, le recensement (« truqué » selon P. Péan) du gouvernement rwandais n’est pas le seul à rappeler cette réalité. Voir aussi la déposition du docteur Bill Haglund devant le Tpir le 25 novembre 1997 et Clea Koff, la Mémoire des os, Paris, éd. Héloïse d’Ormesson, 2004.
  • [38]
    Signifie « Souviens-toi de tous ». Elle est très présente sur les sites internet de Gaspard Musabyimana, www.musabyimana.be, et Jean-Marie-Vianney Ndagijimana, www.france-rwanda.info
  • [39]
    Pour reprendre le titre de l’ouvrage d’Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L’histoire secrète, Paris, Panama, 2005, préface de Claudine Vidal, postface d’André Guichaoua.
  • [40]
    Rétablies depuis le 29 novembre 2009.
  • [41]
    Ordonnance de soit-communiqué, juge Jean-Louis Bruguière, 26 novembre 2006, p. 59.
  • [42]
    Ibid., p. 59.
  • [43]
    Il faut ajouter ici que l’enquête du juge Bruguière n’apporte pas d’élément matériel nouveau par rapport au travail de la Mission d’information parlementaire française de 1998. De plus, l’ordonnance du juge antiterroriste rompt avec la prudence de la mission parlementaire qui se refusait alors à conclure à la responsabilité du Fpr ou des extrémistes hutu dans l’attentat. Voir Mission d’information parlementaire française, Rapport d’information sur les opérations militaires menées par la France, d’autres pays et l’Onu au Rwanda entre 1990 et 1994, Paris, 1998, p. 255-258.
  • [44]
    Voir Human Rights Watch, Fidh, Aucun témoin ne doit survivre. Le génocide au Rwanda, Paris, Karthala, 1999 ; J.-P. Chrétien et al., Rwanda. Les médias du génocide, op. cit. ; Human Rights Watch, « Le génocide rwandais : comment il a été préparé », note d’information, avril 2006.
  • [45]
    Christophe Ayad, « Le témoin-clé de Bruguière se rétracte », Libération, 19 novembre 2008.
  • [46]
    C. Onana, Ces tueurs tutsi…, op. cit., p. 50.
  • [47]
    Plan publié en français en page une du journal Kangura, novembre 1990, no 4, le texte est reproduit dans J.-P. Chrétien et al., Rwanda. Les médias du génocide, op. cit., p. 163-166.
  • [48]
    Voir aussi J.-P. Chrétien, « Presse libre et propagande raciste au Rwanda. Kangura et les dix commandements du Hutu », Politique africaine, juin 1991, no 42.
  • [49]
    C. Onana, Ces tueurs tutsi…, op. cit., p. 99.
  • [50]
    P. Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, op. cit., p. 44.
  • [51]
    Jacques Hogard, « À propos du Rwanda, des Grands Lacs et de la politique française en Afrique », Diplomatie, mars-avril 2009, no 37, p. 50.
  • [52]
    Pour une réhabilitation de la mission civilisatrice des Missions catholiques au Rwanda, voir « Le Rwanda doit beaucoup à l’Église » par l’abbé Joseph Ngomanzungu, 23 novembre 2008, posté sur divers blogs, en particulier celui de Madeleine Raffin (www.madraffin.centerblog.net) et Gaspard Musabyimana (www.musabyimana.be). On y apprend notamment que l’Église a apporté l’émancipation aux femmes rwandaises en leur offrant la possibilité de devenir sœurs.
  • [53]
    Yves Habigenza, « Le parallélisme entre peuple “Bantou” et “Nilotique” de l’Afrique », article publié dans la rubrique « histoire » sur le site www.inshuti.org, visité le 3 juin 2009.
  • [54]
    J. Hogard, « À propos du Rwanda… », art. cité.
  • [55]
    Boniface Rutayisire, « Le Fpr est un mouvement juif », Lettre adressée au Premier ministre israélien au nom d’un collectif de victimes Tubeho Twese le 27 août 2009 et publié sur le site www.allvictims.org. Pour preuve du caractère délirant du texte, le Fpr est tour à tour présenté comme un mouvement juif et nazi.
  • [56]
    J. Hogard, les Larmes de l’honneur. 60 jours dans la tourmente du Rwanda, Paris, Hugo doc, 2005, p. 16.
  • [57]
    Roland Hureaux s’est fendu de deux articles pour comprendre la personnalité de Barack Obama à travers son ascendance « nilo-hamitique », « Obama, un Blanc déguisé en noir », Marianne, 13 février 2008 et « Obama le patricien », 4 décembre 2008, www.roland.hureaux.overblog.com. Le génocide des Tutsi trouve sa cause dans la géopolitique tribale : « Elles [les tribus nilo-hamitiques] sont aussi connues pour leurs dons politiques extraordinaires qui suscitent la méfiance des autres tribus : le génocide du Rwanda n’a pas d’autre cause. »
  • [58]
    Nous empruntons l’expression à R. Hureaux, « Obama, un Blanc déguisé en noir », art. cité.
  • [59]
    Témoignage du secrétaire général adjoint de Reporters sans frontières, Hervé Deguine, lors du procès en appel opposant Sos-racisme à Pierre Péan, le 10 septembre 2009, devant la 11e chambre de la cour d’appel de Paris.
  • [60]
    S. Desouter, « L’usage usurpé du terme génocide », art. cité, p. 34.
  • [61]
    S. Desouter, « L’usage usurpé du terme génocide », art. cité, p. 38. Rappelons que l’ouvrage n’a pas été publié dans les années 1930, à la belle époque de la science coloniale, mais en 2007.
  • [62]
    P. Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, op. cit.
  • [63]
    Tous ses ouvrages ont été publiés chez L’Harmattan. Sa bibliographie est disponible sur son site internet, www.musabyimana.be
  • [64]
    Extrait du propos de Jacques Hogard, Centre Charlier, 18 janvier 2007.
  • [65]
    Il a notamment été parlementaire européen FN entre 1984 et 1999.
  • [66]
    Voir la quatrième de couverture du livre de P. Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, op. cit.
  • [67]
    P. Péan, arretsurimages.net, repris dans « Le monde selon P. », Télérama, 19 février 2009.
  • [68]
    De la même façon, il est accueilli en véritable héros, sous les applaudissements de la salle lors d’un débat organisé le 12 décembre 2006 à la bourse du travail de Paris. Une réunion placée sous la garde de jeunes rwandais revêtus de treillis militaires et arborant fièrement les insignes du Mrnd.

Quinze ans après, le génocide des Tutsi rwandais (1994) ne laisse pas de susciter des polémiques de tous ordres : universitaire, judiciaire et médiatique. Au sein de l’abondante littérature consacrée au sujet, on ne compte plus les « révélations », les « secrets dévoilés » et les éléments nouveaux qui exigeraient de faire table rase du savoir accumulé jusqu’à présent pour commander une écriture radicalement nouvelle de l’histoire du génocide. Au point que la réalité de l’événement même – ou plus justement sa spécificité – se trouve escamotée par une cacophonie éditoriale mêlant « enquêtes » de journalistes ou de juges, « témoignages » de repentis et « analyses » publiées sur l’internet. Souvent, derrière cette prétention à réécrire l’histoire du génocide, se profile un discours qui tend à nier, sinon à banaliser, la spécificité du génocide des Tutsi. Peut-on dès lors ranger un ensemble de discours aux statuts et aux contenus hétérogènes sous la bannière du « négationnisme » ?
Ce néologisme, forgé par Henry Rousso à la fin des années 1980, répondait à la nécessité de retrancher ceux qui niaient la Shoah du champ historiographique dont ils ne cessaient pourtant de se revendiquer sous l’étiquette du « révisionnisme ». Or, la question se pose de savoir dans quelle mesure ce terme peut être appliqué dans le cas du Rwanda. En effet, nous avons affaire à des textes dans lesquels ce n’est pas la réalité mais la nature des faits qui est niée. La spécificité de l’extermination des Tutsi est banalisée, négligée ou passée au crible d’interprétations niant la qualification de génocide au profit de discours adoptant une surenchère macabre – où tout le monde est à la fois bourreau et victime…


Date de mise en ligne : 01/08/2012

https://doi.org/10.3917/espri.1005.0085

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