Article de revue

Repères

Pages 171 à 214

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(2007). Repères. Esprit, Juin(6), 171-214. https://doi.org/10.3917/espri.0706.0171.

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2007. Repères. Esprit, 2007/6 Juin, p.171-214. DOI : 10.3917/espri.0706.0171. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2007-6-page-171?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.0706.0171


Notes

  • [1]
    Penser/rêver, Paris, Éd. de l’Olivier.
  • [2]
    C’est une hypothèse de travail que ce numéro écarte (mises à part quelques allusions à la montée de l’islam fondamentaliste) – ce qui est d’emblée un gros parti pris. Mais… que valent les observations des historiens et des sociologues face à la science psychanalytique ? Nous avons proposé un panorama des questions posées aujourd’hui par le retour au premier plan de la religion à l’échelle mondiale dans Esprit, mars-avril 2007 (« Effervescences religieuses dans le monde »), en nous interrogeant en particulier sur les multiples histoires et configurations des relations entre foi et raison, entre croyances et sociétés sécularisées.
  • [3]
    Où il s’est déplacé sur un autre « objet », en l’occurrence l’islam. Voir le livre remarqué et remarquable d’Abdelwahab Meddeb, la Maladie de l’islam, Paris, Le Seuil, 2002 (coll. « Points-Essais », 2004).
  • [4]
    Éric Michaud, Un art de l’éternité, Paris, Gallimard, 1996.
  • [5]
    Gribinski prétend que lors de la parution de l’ouvrage les critiques ont pratiquement tous laissé de côté les réflexions de Michaud sur le christianisme. Il y aurait donc eu un complot du silence. Mais se pourrait-il que les lecteurs n’ont guère été convaincus sur ce point ? Sur le même sujet, les liens entre christianisme et nazisme, voir le livre beaucoup plus nuancé et suggestif de Claude Mossé, la Révolution fasciste. Vers une théorie générale du fascisme, Paris, Le Seuil, 2003, chap. 4 : « Le fascisme et la Révolution française ». Mossé montre de façon convaincante que pour le fascisme – le fascisme nazi en l’occurrence – tout était bon à prendre pour accroître sa puissance de séduction. Et donc que, sans surprise, les « méthodes » du christianisme et de l’Église catholique surtout entrent aussi dans son fourre-tout imaginaire et esthétique.
  • [6]
    L’auteur, marqué par le cas italien, pays où la vie publique subit les interventions du Vatican, s’oppose au livre de Paolo Prodi, voir l’entretien avec lui qui ouvre le numéro spécial d’Esprit de mars-avril 2007. Mais l’exception italienne, inadmissible, enlève-t-elle quelque chose à la pensée politique de la séparation de l’Église et de l’État, ou au principe de laïcité ? En plusieurs endroits le numéro illustre davantage la piètre pensée politique des auteurs que la maladie chrétienne.
  • [7]
    Jeanne Favret-Saada résume les thèmes et les thèses de son livre, le Christianisme et ses juifs, Paris, Le Seuil, 2004, avant un entretien avec des membres du comité de penser/rêver. L’ouvrage croise l’histoire globale de l’antisémitisme chrétien avec celle d’un spectacle célèbre représenté depuis le xviie siècle, La Passion d’Oberammergau.
  • [8]
    On pourrait lire en contrepoint de l’article négatif de Hanin le récent livre de Jean Allouch, La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? Réponse à Michel Foucault, Paris, Epel, 2007 (il y parle du « remarquable travail de Louis Beirnaert », jésuite, psychanalyste lacanien et ami de Lacan). Gérard Haddad a décrit récemment les rapports de Lacan avec le judaïsme, dans le Péché originel de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, coll. « Non conforme », 2006, où Lacan nous change de la platitude des interprétations positivistes de Moïse et le monothéisme. La lecture de ce livre par Michel de Certeau dans l’Écriture de l’histoire, Paris, Gallimard, 1976 (coll. « Folio-Histoire », 2002), est également ignorée par tous les auteurs qui en parlent. D’une manière globale, contrairement à ce que prétendent Hanin et d’autres, la question de la religion n’est un problème résolu en psychanalyse que pour ceux qui veulent qu’elle le soit.
  • [9]
    Franz Rosenzweig, l’Étoile de la Rédemption, Paris, le Seuil, 1982, trad. revue 2003, p. 558-567 (ici p. 566). P.-L. Assoun et J.-M. Hirt ne sont pas si éloignés de Rosenzweig, qui résume les dangers respectifs comme suit : « Dans le christianisme les dangers avaient nom : spiritualisation de Dieu, humanisation de Dieu, mondanisation de Dieu ; ici, ils s’appellent dénégation du monde, mépris du monde, étouffement du monde » (p. 565). Les dangers juifs s’expliquent ici par la conception très intériorisée de la vie juive selon Rosenzweig.
  • [10]
    Voir J. Favret-Saada dans le numéro, p. 140-141. Je pense assez, comme elle, que nombre de propos plus ou moins officiels des Églises n’ont pas pris en compte les origines de l’antisémitisme dans le christianisme et sa portée dans le discours chrétien. En revanche, elle sous-estime les difficultés d’une évolution en ce domaine (comme en d’autres) et ce qui a déjà été fait en relativement peu d’années.
  • [11]
    Il ne s’agit évidemment pas d’associer ainsi les juifs aux crimes dont ils furent les premières victimes, mais comme le font Freud et Nietzsche, d’inclure le judaïsme – et du reste aussi la raison grecque et romaine – dans le processus de la civilisation occidentale. Sur Nietzsche et les juifs, voir Yirmiyahu Yovel, les Juifs selon Hegel et Nietzsche. La clef d’une énigme, Paris, Le Seuil, 2001.
  • [12]
    Lucien Bianco, avec la collab. de Hua Chang-ming, Jacqueries et révolution dans la Chine du xxe siècle, Paris, La Martinière, 2005.
  • [13]
    Marie-Claire Bergère, Histoire de Shanghai, Paris, Fayard, 2002.
  • [14]
    Stéphanie Balme, Entre soi, Paris, Fayard, 2004.
  • [15]
    Michel Bonnin, Génération perdue, Paris, éd. de l’Ehess, 2004.
  • [16]
    David A. Palmer, la Fièvre du Qigong. Guérison, religion et politique en Chine, 1949-1999, Paris, éd. de l’Ehess, 2005.
  • [17]
    Jean-Louis Rocca, la Condition chinoise, Paris, Karthala, 2006.
  • [18]
    Cheng Yingxiang avec la collaboration de Claude Cadart, Dégel de l’intelligence en Chine, 1976-1989, Paris, Gallimard, 2004.
  • [19]
    D’après les informations dont j’ai pu disposer au cours d’un séjour de cinq ans en Chine (février 2002-février 2007).
  • [20]
    Comme je ne suis pas précisément en train de dire du mal des journalistes, on me permettra, je l’espère, de signaler une autre caractéristique désolante de ces ouvrages (sauf celui de Guy Sorman et à un moindre titre ceux de quelques autres) : une négligence tantôt complète et tantôt partielle de référence à d’autres livres. Cela est d’autant moins compréhensible que la plupart sont en fait très bien informés. Cela vaut-il la peine d’« alléger » à ce prix des livres par ailleurs substantiels ?
  • [21]
    Philippe Cohen et Luc Richard, La Chine sera-t-elle notre cauchemar ?, Paris, Mille et une nuits, 2005.
  • [22]
    Guy Sorman, l’Année du coq, Paris, Fayard, 2006.
  • [23]
    Jean-Marc et Ydir Plantade, la Face cachée de la Chine, Paris, Bourrin éd., 2006.
  • [24]
    Marie Holzman et Bernard Debord, Wei Jingsheng, un Chinois inflexible, Paris, Bleu de Chine, 2005.
  • [25]
    « La politique chinoise de la France : du mythe de la relation privilégiée au syndrome de la normalisation », Critique internationale, juillet 2001.
  • [26]
    André Chieng, la Pratique de la Chine, Paris, Grasset, 2006.
  • [27]
    Jean-François Billeter, Contre François Jullien, Paris, Allia, 2006. Pour être complet, mentionnons la réponse de ce dernier : Chemin faisant, connaître la Chine, relancer la philosophie. Réplique à *** (Paris, Le Seuil, 2007), ainsi que la Pensée chinoise aujourd’hui, collectif dirigé par Anne Cheng également critique à l’égard de Jullien, à paraître chez Gallimard, qui sera suivi d’un contre-collectif : Oser construire, Pour François Jullien, à paraître au Seuil.
  • [28]
    Erik Izraelewicz, Quand la Chine change le monde, Paris, Grasset, 2005.
  • [29]
    Pierre Haski, le Journal de Ma Yan, Paris, Grasset, 2005, précédé de Ma Yan et ses sœurs, Paris, Ramsay, 2004, et le Sang de la Chine, Paris, Grasset, 2005.
  • [30]
    P. Haski, Cinq ans en Chine, Paris, Les Arènes, 2006.
  • [31]
    Frédéric Bobin et Wang Zhe, Pékin en mouvement, Paris, Autrement, 2005 ; F. Bobin, Good Bye Mao ?, Paris, La Martinière, 2005.
  • [32]
    Frédéric Koller, Portraits de Chine, Paris, Altvik, 2004.
  • [33]
    Philippe Massonnet, la Crêperie de Pékin, La Tour-d’Aigues, L’Aube, 2003.
  • [34]
    L. Richard, Voyage dans la Chine interdite, Paris, Presses de la Renaissance, 2003.
  • [35]
    Constantin de Slicewicz, les Peuples oubliés du Tibet, Paris, Perrin Asies, 2007.
  • [36]
    Dorian Malovic, le Pape jaune, Paris, Perrin Asies, 2006.
  • [37]
    Voir mon article sur « Les balbutiements de l’histoire en Chine », dans Critique internationale, juillet 2004.
  • [38]
    On se reportera par exemple à la traduction, dans le numéro de février 2006, d’un article d’un démographe chinois, Cai Fang, qui discute la politique de contrôle démographique officielle.
  • [39]
    Chen Yan, l’Éveil de la Chine, La Tour-d’Aigues, éd. de l’Aube, 2003.
  • [40]
    On pense à Fox Butterfield pour le début des années 1980, à Richard Bernstein pour la période suivante, et à Jasper Becker plus récemment. Voir par exemple le magnifique livre de Fox Butterfield, Alive in a Bitter Sea, Times Book, 1982.
  • [*]
    Fondateur de l’Antenne expérimentale de sciences humaines et sociales à l’université de Qinghua de Pékin (2002-2006), Jean-Luc Domenach est directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (Ceri).
  • [41]
    Pierre Bayard, Comment améliorer les œuvres ratées ?, Paris, Minuit, 2000.
  • [42]
    Id., Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ?, Paris, Minuit, 2004.
  • [43]
    Umberto Eco, « Un petit monde très moderne », préface à D. Lodge Un tout petit monde (1984), trad. Maurice et Yvonne Couturier, Paris, Rivages, 1991 (Rivages poche, 1992).
  • [44]
    D. Lodge, l’Auteur ! L’auteur !, trad. Suzanne V. Mayoux, Paris, Rivages, 2004 (Rivages poche, 2007).
  • [45]
    Colm Toibin, le Maître, trad. Anna Gibson, Paris, Robert Laffont, 2004.
  • [46]
    Jean-Louis Vieillard-Baron, la Religion et la Cité, Paris, Puf, 2001.
  • [47]
    J.-L. Vieillard-Baron, Bergson et le bergsonisme, Paris, Armand Colin, 1999.
  • [48]
    S. Breton, le Vivant Miroir de l’univers. Logique d’un travail de philosophie, Paris, Éd. du Cerf, 2006, p. 17.
  • [49]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 33 sq.
  • [50]
    Ibid., p. 33.
  • [51]
    Ibid., p. 39.
  • [52]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 52 et 59.
  • [53]
    Ibid., p. 40.
  • [54]
    Ibid., p. 42.
  • [55]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 64.
  • [56]
    Plotin, Ennéades VI, 8.
  • [57]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 73.
  • [58]
    Ibid., p. 4.
  • [59]
    Ibid., p. 76.
  • [60]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 79.
  • [61]
    Ibid., p. 80.
  • [62]
    Ibid., p. 83.
  • [63]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 94.
  • [64]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 114.
  • [65]
    Ibid., p. 124.
  • [66]
    Jean, Évangile, 13, 3, trad. fr. Bernard Pautrat, Paris, Rivages poche, 2000. C’est cette traduction que méditait et priait Breton dans ses derniers temps.
  • [67]
    S. Breton, le Vivant…, op. cit., p. 124.

La revue semestrielle penser/rêver vient de publier un numéro intitulé « La maladie chrétienne » qui ne saurait laisser indifférents les esprits désireux de comprendre le présent « malaise » de la civilisation (selon le curieux terme d’un argument publicitaire de la revue). Le « penser/rêver » dont il s’agit a une forte teinture ou texture psychanalytique, en l’occurrence celle des membres de l’Association psychanalytique de France, une chapelle freudienne dont je reconnais ignorer l’origine, la tendance et le nombre d’adhérents. Le thème de la dernière livraison attire l’attention par le tranchant du titre et l’intérêt dérangeant d’un sujet qui n’est certes pas neuf, mais dont le traitement intellectuel et les effets de sens pourraient se déplacer, ne serait-ce qu’en raison du recul considérable, dans la culture, du christianisme européen, mais aussi de la responsabilité chrétienne dans la Shoah. À vrai dire, depuis Nietzsche et Freud, le thème de la « maladie chrétienne » ou des bacilles nocifs que le christianisme aurait inoculés dans la civilisation (européenne, c’est-à-dire dans la civilisation tout court), a beaucoup fait « penser/rêver », à la grande satisfaction des uns et à la réaction horrifiée des autres, mais après la grande efflorescence critique des années 1960 et 1970, il était quelque peu passé à la trappe.
La quatrième de couverture donne le ton du numéro :
Les idées religieuses sont pour Freud, en 1927, la « partie la plus importante » de l’« inventaire psychique d’une civilisation », en même temps que des illusions…


Date de mise en ligne : 01/08/2012

https://doi.org/10.3917/espri.0706.0171

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