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Compte rendu

Ouvrages et revues

Pages 161 à 166

Citer cet article


(2012). Ouvrages et revues. Empan, 86(2), 161-166. https://doi.org/10.3917/empa.086.0161.

« Ouvrages et revues ». Empan, 2012/2 n° 86, 2012. p.161-166. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-empan-2012-2-page-161?lang=fr.

2012. Ouvrages et revues. Empan, 2012/2 n° 86, p.161-166. DOI : 10.3917/empa.086.0161. URL : https://shs.cairn.info/revue-empan-2012-2-page-161?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/empa.086.0161


Gouverner les familles. Les classes populaires à l’épreuve de la parentalité, Manuel Boucher, L’Harmattan, 2011, 474 p., 44,18 €

1La responsabilité éducative des familles des classes populaires est devenue une préoccupation forte pour les institutions soucieuses de l’intérêt et de la protection des enfants, mais aussi pour celles qui sont directement préoccupées par la gestion des « turbulences urbaines ». L’auteur a dirigé une enquête sociologique dans des quartiers populaires de trois départements français.

Dialogue sur le handicap et l’altérité, Pierre Ancet, Marcel Nuss, Dunod, 2012, 256 p., 22 €

2Dans ce qui aurait pu s’appeler « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir de la vie intime d’une personne handicapée, sans jamais oser le demander », un philosophe se laisse interroger par une personne en situation de handicap, et réciproquement. Les sujets les plus tabous sont abordés avec la franchise, et la lucidité non dénuée de délicatesse, que seule autorise l’amitié. Contrairement aux apparences, nous sommes tous potentiellement en situation de handicap. Inversement, aucune « personne » en tant que telle n’est « handicapée ». Il convient d’accéder, avec les auteurs de ce livre, à la puissance libératrice du dialogue, pour se réapproprier ces vérités.

Honte et culpabilité dans la clinique du handicap. Sous la direction de Sylvain Missonnier, érès, 2012, 232 p., 25,50 €

3Peut-on différencier culpabilité et honte ? Quels rapports ces affects entretiennent-ils ? Peut-on parler d’un « travail » de la honte et de la culpabilité ? Quel travail psychique ces affects imposent-ils ? Quels sont leurs sources et leurs devenirs chez le sujet handicapé, dans sa famille et dans les équipes soignantes ? Comment désorganisent-ils la parentalité ? Quelles contraintes lui imposent-ils ? Peut-on parler de transmission psychique ? Comment le lien à l’autre s’en trouve-t-il affecté ? Et en particulier, quelle est la fonction du regard social ? Et les soignants, comment affrontent-ils ces expériences ? Comment honte et culpabilité infiltrent-elles les dispositifs soignants ? Quels sont leurs destins dans le lien et dans le processus thérapeutiques ? À partir de leurs recherches et de leur expérience clinique, les auteurs tentent ici de comprendre les enjeux cliniques, éthiques et sociétaux du handicap à tous les âges de la vie à travers ce triptyque indissociable « handicap, honte et culpabilité ».

Les troubles limites chez l’enfant et l’adolescent. Apports du bilan psychologique. Sous la direction de Catherine Azoulay et Michèle Emmanuelli, érès, 2012, 160 p., 12,50 €

4La clinique de l’enfant et de l’adolescent nous confronte de plus en plus à des manifestations psychopathologiques marquées par la dépression, l’inhibition ou le recours à l’agir. Si celles-ci s’expriment différemment selon l’âge, elles n’impliquent pas en elles-mêmes la révélation d’un diagnostic. Il importe donc d’évaluer, en particulier dans une perspective de prise en charge et de pronostic, l’organisation psychique sous-jacente aux symptômes. Les troubles limites, qui occupent depuis quelques années une place prévalente dans ces manifestations chez l’enfant et l’adolescent, montrent des spécificités dans les registres des conflits, du lien à l’objet, de l’organisation œdipienne, des angoisses et des mécanismes de défense, que les données plurielles du bilan psychologique interprétées dans une perspective psychanalytique mettent en évidence avec une grande subtilité.

5Cet ouvrage organisé autour de deux présentations de cas, d’un enfant et d’un adolescent, permet l’articulation et la discussion de la clinique du bilan et des théorisations psychopathologiques sur la question des troubles limites en montrant les particularités inhérentes à ces deux périodes de la vie.

Enfants et adolescents en mutation. Mode d’emploi pour les parents, éducateurs, enseignants et thérapeutes, Jean-Paul Gaillard, esf, 2012, 192 p., 23 €

6Aujourd’hui, les adultes sont confrontés à une question cruciale : comprendre ce qui se passe dans la tête des enfants. Or, l’ensemble des repères sur lesquels ils croyaient pouvoir compter a perdu sa pertinence. Nous observons l’émergence d’une nouvelle normalité très différente de celle à laquelle nous sommes habitués, et nous assistons au façonnement d’un psychisme radicalement différent du nôtre. Jean-Paul Gaillard nous propose ici une description point par point de ces différences, sources de grande perplexité pour les adultes. Il explique comment cette perplexité produit un climat de violence dont les adultes croient être les victimes, alors que la méconnaissance dans laquelle ils sont de la mutation psychosociétale en cours les conduit à en être les acteurs aveugles. Parents, enseignants et éducateurs trouveront dans cet ouvrage les clés de compréhension et d’action leur permettant de renouer le contact et le dialogue avec ces enfants et adolescents en « mutation ».

Banlieues. Pointe avancée de la clinique contemporaine, Louis Sciara, érès, 2011, 328 p., 25,50 €

7Pourquoi un psychanalyste s’intéresse-t-il aux « problèmes cliniques » repérables dans les banlieues défavorisées ? Est-il seulement opportun de supposer qu’ils comportent quelques spécificités et quelles sont-elles ? Concernent-ils plus particulièrement des adultes jeunes, des adolescents, des enfants ? Ne revêtent-ils pas des aspects différents suivant les générations ? À partir de ces interrogations qui courent tout au long de l’ouvrage, l’auteur propose une élaboration psychanalytique de son expérience clinique au sein des banlieues, territoires de ségrégation sociale. Il se penche sur les conséquences de la discrimination sociale sur les individus et en analyse les retentissements sur leur subjectivité et leur position de sujet… La « clinique des banlieues » est significative de l’évolution globale de la société où l’impact du « discours du capitaliste » est déterminant. Pensée à partir de la singularité des cas et non dans une perspective discriminante, elle pourrait bien être la « pointe avancée de la clinique contemporaine ».

Plaidoyer pour la cause des enfants, États générEux pour l’enfance, érès, 2012, 128 p., 10,50 €

8Après le flop – prévisible – des États généraux de l’enfance du gouvernement, le collectif des États générEux pour l’enfance veut que soit enfin entendue la voix des enfants, de leurs familles, de tous ceux qui travaillent au plus près d’eux. À partir du Cahier de doléances rédigé par de nombreuses organisations, il appelle à une véritable politique nationale globale et positive POUR l’enfance. Il refuse que la jeunesse soit présentée comme un problème social, que les familles soient seules tenues pour responsables des difficultés de leurs enfants et que la contention, la mise à l’écart de ceux qui dérangent, le contrôle des comportements soient les seuls remèdes préconisés au prétexte de protéger la société ou de gagner en productivité. Cet ouvrage dessine une enfance multiple et surtout des pratiques généreuses, où les droits créances de l’enfant seraient enfin respectés, où tout enfant serait reconnu comme un sujet au monde dès sa naissance avant même que d’être un adulte en devenir, et où son développement se nourrirait de liberté et de singularité.

9Le collectif donne le coup d’envoi d’une révolution « tranquillement radicale » pour tous les enfants.

La prévention prévenante en action, Collectif Pasde0deconduite, érès, 2012, 248 p., 14, 50 €

10En contre-pied aux offensives actuelles des modèles préventifs mécaniques et stéréotypés, des organismes issus de secteurs diversifiés, associatif, public ou privé, témoignent de leur engagement dans des pratiques de prévention humaniste et éthique. Chacun décrit son projet et expose les fondements qui le sous-tendent. Vivantes et multiformes, ces expériences reconnaissent la singularité, la variabilité et la liberté du développement de chaque enfant autant que celles des processus de parentalité. Le collectif Pasde0deconduite aborde ainsi une nouvelle étape : sa réflexion critique des méthodes et des programmes de prévention précoce en santé mentale qui enferment les tout-petits dans des prédictions nocives se concrétise ici à la lumière des pratiques qui font preuve de leur pertinence pour entourer, soutenir, aider les enfants et leurs familles. Cela sans les stigmatiser et les enfermer dans des grilles de mesure, des diagnostics prédictifs, des protocoles déshumanisés. Pourquoi alors ne pas s’appuyer sur la richesse de ce socle fondamental pour initier et développer de nouveaux chantiers de prévention prévenante en actes pour la petite enfance ?

L’Année de l’Action sociale 2012. Bilan des politiques sociales, perspectives de l’action sociale, Jean-Yves Guéguen, Dunod, 2012, 232 p., 30 €

11À la veille de grands rendez-vous électoraux – l’élection présidentielle, suivie des élections législatives –, l’édition 2012 de L’Année de l’Action sociale prend un relief particulier. C’est l’heure du bilan et des perspectives pour l’avenir. Que retiendra-t-on du quinquennat de Nicolas Sarkozy dans le secteur social et médico-social ? Principalement deux sigles : rsa et hpst. Entré en vigueur à mi-mandat, le 1er juin 2009, pour succéder au rmi, le rsa peine à prouver son efficacité. La loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (hpst) a, quant à elle, profondément modifié l’organisation et la gouvernance du secteur : création des ars, nouvelle procédure d’autorisation des établissements et services. La loi hpst a déjà été amendée par une nouvelle loi, parue en août 2011. L’édition 2012 de L’Année de l’Action sociale dresse, par ailleurs, le bilan de plusieurs grandes réformes intéressant le secteur : la loi handicap du 11 février 2005, la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance… Cette nouvelle édition tente également de tracer des perspectives. Quel avenir pour l’action sociale ? Pour répondre à cette question et analyser les évolutions du secteur, L’Année de l’Action sociale 2012 fait appel aux meilleurs spécialistes.

La nouvelle planification sanitaire et sociale, Alain Jourdain, Pierre-Henri Bréchat, ehesp, 2012, 256 p, 26 €

12La décentralisation des politiques sociales et la déconcentration des programmes de santé ont généré un modèle de planification par plans et schémas qui s’est étendu progressivement à tout le champ sanitaire et social. Les avantages de ce modèle sont nombreux. Il s’intéresse aux besoins de santé de la population, il a le souci de l’efficience économique, il favorise la transversalité de l’action ainsi que le renforcement de la coordination entre acteurs et institutions. Ses applications ne vont pourtant pas sans difficultés. La multiplication des schémas ne conduit-elle pas irrémédiablement à un éparpillement de l’action? ? La contrainte financière ne réduit-elle pas à néant l’effort de rationalité des plans ? La loi hpst, en imposant un Projet régional de santé (prs) aux agences régionales de santé, ouvre la voie à une nouvelle planification sanitaire et sociale dont les méthodes sont décrites dans différents guides méthodologiques édités par les ministères sociaux. Au-delà de la méthode, les acteurs concernés par les prs s’interrogent sur cette planification à la française. Comment l’histoire a-t-elle modelé cette forme originale d’action collective? ? Quels sont ses fondements théoriques? ? Comment se déroule la campagne des projets régionaux de santé, des schémas régionaux de prévention, d’organisation des soins et d’organisation médico-sociale? ? Autant de questions auxquelles ce livre s’efforce d’apporter des réponses lucides et pragmatiques. Pour ce faire, les auteurs – issus du milieu académique ou impliqués dans l’action des services de l’État, du management d’établissement et du secteur associatif – se réfèrent autant aux disciplines fondamentales (économie, sociologie, gestion, politiques publiques…) qu’à l’analyse des pratiques actuelles et récentes des différents secteurs : social, personnes âgées, psychiatrie, hôpital, prévention.

Au-delà de la qualité dans l’accueil et l’éducation de la petite enfance. Les langages de l’évaluation, Gunilla Dahlberg, Peter Moss, Alan Pence, érès, 2012, 304 p., 28,50 €

13Réédité et traduit en plusieurs langues, cet ouvrage est considéré comme l’un des plus importants parus ces dernières années dans le champ de la petite enfance. En s’appuyant sur des travaux menés au Canada, en Suède, en Italie, sur les apports de la sociologie de l’enfance, de la philosophie, de l’éthique, des sciences politiques, il pose les questions essentielles en ce domaine : quelle est notre compréhension de l’enfant, de ce qu’il peut être, de ce qu’il devrait être ? Quelles sont les missions des institutions de la petite enfance ? Que penser de leurs objectifs ? Prenant en compte les évolutions politiques, sociales, économiques et technologiques à l’œuvre dans nos sociétés postmodernes, les auteurs questionnent les recherches visant à définir et à évaluer la qualité de l’accueil dans le champ de la petite enfance. Pour eux, le concept et le langage de la qualité, actuellement dominants, risquent d’en réduire les enjeux à une simple perspective managériale soumise à la connaissance et aux techniques de mesure de quelques experts, l’accueil et l’éducation des jeunes enfants n’ayant alors pour vocation que de livrer des sujets prêts à entrer dans le système scolaire obligatoire et à intégrer la société de consommation. Pour comprendre et évaluer le travail pédagogique auprès des jeunes enfants, ils proposent de recourir à un langage et des outils différents, articulés autour du concept de « faire sens », qui donnent toute leur place à la contextualisation, à la subjectivité, à l’incertitude et au provisoire. Rendre visible la pratique auprès des tout-petits est une nécessité, mais cette évaluation doit être en cohérence avec les missions des institutions qui accueillent la petite enfance.

La construction du savoir éthique dans les pratiques professionnelles, Pierre Fortin, Bruno Leclerc, Pierre-Paul Parent et coll., L’Harmattan, 2011, 186 p., 16.63 €

14Des intervenants œuvrant dans des établissements qui offrent des services dans les domaines de la santé, des services sociaux et de la petite enfance peuvent-ils construire un savoir éthique, en s’appuyant sur des échanges portant sur des situations qui les interrogent ? Quelle expérience particulière peuvent-ils alors faire de l’éthique ? Quels en sont les avantages et les limites ? Quelles en sont les conditions de réussite ?

20 ans d’Escale ! Un lieu d’accueil en Val-d’Oise. La psychanalyse dans la cité au xxie siècle, Fabien Galzin, L’Harmattan, 2011, 122 p., 11,88 €

15En 1990, des professionnels de la petite enfance décidaient de créer l’Escale, en s’inspirant de l’expérience de Françoise Dolto et de quelques autres psychanalystes (la Maison Verte). Ces professionnels, les accueillants, ne sont à l’Escale ni animateurs ni thérapeutes. L’Escale, c’est un temps que peuvent prendre les enfants de moins de 4 ans, toujours en présence d’un adulte familier, pour se poser un moment. Cet ouvrage est le témoignage qui relate l’histoire de cet endroit pas comme les autres.

Penser l’adolescence avec Melanie Klein, Nicolas Geissmann, érès, 2011, 176 p., 20,50 €

16Malgré l’absence presque totale d’écrits de Melanie Klein ou de ses disciples sur cette période de la vie, Nicolas Geissmann nous invite ici à penser l’adolescence avec cette grande psychanalyste autrichienne qui termina sa vie à Londres en 1960. Ce paradoxe lui donne l’occasion d’esquisser une conception originale de l’adolescence et de ses troubles, mais également du fonctionnement des groupes de jeunes. Alors que Melanie Klein s’est beaucoup intéressée aux premiers âges de la vie, sa pensée et ses concepts éclairent de manière pertinente les difficultés d’être ou de paraître qui traversent constamment les jeunes. Ce n’est pas tout à fait étonnant car, comme elle le soulignait elle-même, l’enfant comme l’adolescent ont pour immense tâche l’exploration d’un territoire vierge hanté de peuples inconnus. Ainsi l’analyse des adolescents offre de grandes analogies avec l’analyse des petits enfants, la sensorialité et les affects, en particulier l’angoisse, y étant particulièrement marqués.

17En s’appuyant sur le corpus théorique de Melanie Klein (clivage, bon objet/mauvais objet, position dépressive, schizo-paranoïde, introjection, incorporation, perte…), Nicolas Geissmann explore les pistes thérapeutiques qui en découlent avec humour, ouverture d’esprit et pragmatisme.

La fin du temps. Vivre et mourir en unité de soins de longue durée, Anne-Marie Merle-Béral, érès, 2012, 112 p., 9 €

18Cette chronique crue et tendre à la fois met en scène un père, sa fille et l’environnement soignant à travers les petits détails de la vie quotidienne dans une unité de soins de long séjour. L’urgence d’une vie ténue se dérobe constamment devant la mort qui rôde. Elle oblige à vivre chaque instant d’un présent sans avenir, à affronter cette peur nouvelle et inconnue d’être témoin et partie prenante d’une situation d’une grande force, où sont atteintes la quintessence de l’humain et sa transcendance. Les affects envahissants sont mis à distance grâce à un récit sobre pour porter et supporter les vécus de tous les protagonistes dont le personnage central reste le vieillard dépendant.

Les mobilisations sociales à l’heure du précariat, Didier Chabanet, Pascale Dufour, Frédéric Royall, ehesp, 2011, 288 p., 29 €

19Un des défis majeurs auquel sont confrontées les sociétés post-industrielles en ce début de xxie siècle est la montée du précariat et ses conséquences sur les formes contemporaines de mobilisation. Les auteurs revisitent et bousculent les approches canoniques de l’analyse des mouvements sociaux en montrant comment des groupes à faibles ressources – chômeurs, rmistes, travailleurs pauvres, squatteurs, sans domicile fixe, employés du prêt-à-porter, etc. – cherchent à agir collectivement en dépit de leur exclusion sociale et politique. Les jeux d’alliances qui se nouent avec d’autres organisations, en premier lieu les syndicats et certaines ong, sont également interrogés, brossant au final un tableau très fin et nuancé de leurs possibilités d’action. La fécondité des contributions proposées tient notamment au décloisonnement qui est opéré, entre disciplines de sciences sociales d’abord, mais aussi et surtout entre aires géographiques, puisque l’analyse porte sur des situations françaises, québécoises, haïtiennes et mexicaines. Si, comme le pensait Michel Foucault, l’évolution d’une société se perçoit dans ses marges, alors la lecture de cet ouvrage est indispensable à tous ceux qui veulent comprendre les formes émergentes de mobilisation, dans un monde de plus en plus incertain, dans lequel la figure traditionnelle du salariat se délite. Les contours d’une nouvelle conflictualité sociale et politique y sont dessinés, nous obligeant à questionner la légitimité des processus d’exclusion à l’œuvre mais aussi la capacité de revendication et d’action de ceux qui en subissent les effets.

Enfants en exil–Exils d’enfance, Valérie Desomer, Bernard Dutrieux, revue Les politiques sociales, n° 3 et 4, 2011, 20 €

20Cet opus de la revue Les politiques sociales met l’accent sur le sort réservé aux enfants dans le cadre de l’asile et donc de l’exil. Certes, le phénomène n’est pas récent, mais ces enfants sont de plus en plus nombreux. Et beaucoup ne sont plus accompagnés ni par un parent ni même par un tuteur. Cette situation complexifie les pratiques des travailleurs sociaux qui, à leur tour, interpellent le monde politique. Aux dispositifs d’accueil spécifiques, il conviendrait d’ajouter des mesures de protection de l’enfance. Les contributions à ce numéro viennent de chercheurs, de formateurs et de travailleurs sociaux de terrain témoins de ces parcours d’exil d’enfance. Ils mettent à l’épreuve le travail social et s’attardent sur les compétences à développer pour rencontrer les besoins sociaux, psychologiques et éducatifs de ce public particulièrement fragilisé. Éclairages réflexifs, recherches innovatrices, récits de pratiques concrètes tracent des pistes de réponses originales, dans ce champ du social en déconstruction/reconstruction, pour des enfants fuyant un monde sans issue et en quête d’un avenir meilleur.


Date de mise en ligne : 24/07/2012

https://doi.org/10.3917/empa.086.0161