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Article de revue

Culture, économie et lien social

Pages 149 à 154

Citer cet article


  • De Caro, R.
(2012). Culture, économie et lien social. Empan, 86(2), 149-154. https://doi.org/10.3917/empa.086.0149.

  • De Caro, Renato.
« Culture, économie et lien social ». Empan, 2012/2 n° 86, 2012. p.149-154. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-empan-2012-2-page-149?lang=fr.

  • DE CARO, Renato,
2012. Culture, économie et lien social. Empan, 2012/2 n° 86, p.149-154. DOI : 10.3917/empa.086.0149. URL : https://shs.cairn.info/revue-empan-2012-2-page-149?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/empa.086.0149


1Nul ne songe, de nos jours, à contester l’importance de la culture dans nos sociétés. Son rôle dans le maintien du lien social, la transmission de l’héritage intellectuel, la progression des civilisations, le rayonnement de l’humanisme, est reconnu unanimement semble-t-il. Toutefois, à l’occasion d’une crise économique particulièrement grave, des questionnements répétés viennent ébranler ce consensus. Au moment où les besoins basiques (logement, nourriture) de parties importantes de la population ne sont pas bien assurés, certains s’interrogent sur la nécessité de maintenir des institutions culturelles coûteuses et dont le rôle paraît, dans ce contexte, relever du simple luxe. L’urgence étant de réaliser des économies drastiques, il est tentant de s’attaquer, car cela semble relever de l’évidence, à tout ce qui paraît constituer le superflu. Il n’est pas dans le but de cet article de donner une définition du mot « culture », il y faudrait un ouvrage complet. De même, il ne sera pas question de faire les habituels distinguos entre culture de masse/culture élitiste ou culture savante/culture populaire, culture ancienne/culture moderne, culture inutile/culture utile, etc. Peut-être que la meilleure périphrase, pour désigner la culture dont nous parlerons ici, serait la suivante : la culture qui disparaîtrait si on laissait jouer, sans aucun garde-fou, les mécanismes sans états d’âme du marché. En d’autres termes, la culture qui a un besoin vital d’être aidée par des fonds publics, ou privés d’ailleurs (cf. le mécénat). Pour autant, il serait tout à fait faux de considérer que cette culture ainsi définie ne serait qu’un investissement à fonds perdus, pour un supplément d’âme, et n’aurait aucun impact positif du point de vue économique. C’est contre la tentation d’effectuer des « économies » sur le dos de la culture, ou celle de faire entrer dans ce secteur, encore protégé des lois du marché, des critères de rentabilité exogènes et mortifères que cet article souhaite se situer. Nous nous appuierons pour cela sur deux expériences contradictoires prises dans l’actualité de ces trente dernières années : l’annulation d’une manifestation culturelle de très grande envergure et, a contrario, une politique culturelle volontariste et ambitieuse.

Douloureuses conséquences d’une annulation

2Le 10 juillet 2003, le directeur du festival de théâtre d’Avignon, Bernard Faivre d’Arcier, annonce dans une conférence de presse que l’édition 2003 est purement et simplement annulée. Cette manifestation, créée par Jean Vilar en 1947 et qui n’avait fait que progresser en importance depuis lors pour devenir le plus grand festival de théâtre du monde, n’aura pas lieu cette année-là. Ce lamentable événement (plus de 700 spectacles furent annulés) allait néanmoins permettre de remettre les pendules à l’heure sur le sujet des problèmes budgétaires du festival de théâtre d’Avignon.

3Une question se posait d’une manière récurrente au niveau des contribuables avignonnais : est-ce bien raisonnable de financer une manifestation très coûteuse alors que seulement une minorité des habitants de la commune assistent véritablement aux spectacles et qu’une petite poignée de commerçants en tirent profit ? Or, il apparut très vite que cette annulation allait avoir des répercussions économiques très importantes. S’il était assez facile d’anticiper le manque à gagner que subiraient des professions dont on supposait qu’une partie de leurs revenus résultait de la tenue du festival (cafetiers, restaurateurs, hôteliers), personne n’avait vraiment pesé les conséquences qu’allaient subir des professions qui semblaient à l’abri de l’impact. De fait, c’est l’ensemble de l’activité économique d’Avignon et des localités voisines qui fut concerné. Ce qui jusqu’alors était souvent considéré uniquement comme un coût se révélait être un élément essentiel de la vie économique d’une région. Curieusement, personne, même pas les bénéficiaires, n’avait jusque-là vraiment réalisé que, durant tous le mois de juillet, les festivaliers, qu’il fallait nourrir, abreuver, loger, soigner, informer, transporter, vêtir, distraire, faisaient doubler, voire tripler la population résidente. Ainsi, en plus d’être un désastre artistique, l’annulation du festival en 2003 entraîna des pertes considérables pour l’ensemble des acteurs économiques. Depuis, en Avignon, le coût du festival ne fait plus question.

Montpellier et la culture : un cas d’école

4Lorsqu’il est élu maire de Montpellier en 1977, Georges Frêche a beaucoup de travail devant lui. La ville, bien que capitale régionale de 190 000 habitants, fait figure de « Belle au Bois dormant ». L’activité économique tourne au ralenti, pas d’industrie (un taux de chômage parmi les plus élevés de France), un tourisme très saisonnier et relativement faible. En fait, la plus grande ville de la région est principalement un centre administratif et universitaire, où seule l’activité de distribution présente quelque dynamisme. En parallèle, l’activité culturelle paraît des plus modestes et en décalage par rapport au nombre et à la qualité de ses habitants. Le théâtre est essentiellement présent sous la forme de quelques soirées dans l’année que proposent les tournées Karsenty, vouées principalement au théâtre de boulevard ; la musique arrive aux oreilles des Montpelliérains par l’intermédiaire d’orchestres éphémères, constitués de bric et de broc par des professeurs des conservatoires de Montpellier, Béziers, voire Perpignan, présentant sporadiquement quelques opérettes. De loin en loin, un opéra est donné, mais le passage des ans ne parvient pas à en améliorer le souvenir. Par charité, nous tairons la douce somnolence d’un musée couvant frileusement ses trésors. Bref, le paysage est celui d’une cité où l’esprit s’étiole à l’ombre de beaux bâtiments, vestiges d’une grandeur passée depuis longtemps.

5Pour réveiller la « Belle au Bois dormant », le maire entreprend une vaste politique culturelle qui s’appuie principalement sur le raisonnement suivant : la centralisation séculaire qui prévaut en France fait de Paris le foyer de l’activité économique et culturelle du pays. C’est, bien sûr, le cas de toute capitale mais, en France, cela est devenu caricatural. Pour le Languedoc-Roussillon, c’est catastrophique. Pour rendre attractive la région, il faut pouvoir assurer aux chefs d’entreprise des moyens de communication modernes et efficaces, une main-d’œuvre bien formée et surtout un cadre de vie attrayant. C’est dans le « surtout » que se situe l’apport original (pour l’époque) du nouveau maire. Il faut absolument pouvoir présenter des activités culturelles diversifiées et de très haut niveau pour attirer, et retenir, les cadres de ces futures entreprises, mais aussi bien leurs clients et leurs fournisseurs. Bref, faire sortir de la tête des personnes envisageant de séjourner à Montpellier qu’elles vont atterrir dans un « trou de province ». En somme, le pendant d’un slogan publicitaire de l’époque, « Ne pas bronzer idiot », transformé en « Ne pas travailler idiot ». Bien sûr, si cet argument est bien celui le plus souvent avancé pour justifier cette nouvelle politique culturelle, il est évident que l’intérêt des habitants de Montpellier et de la région reste, dans l’esprit du maire, le moteur de celle-ci.

Une politique culturelle ambitieuse

6Pour la réaliser, le maire frappe vite et fort. Un orchestre régional est créé en 1979 : formation « Mozart » au départ (35 musiciens) qui deviendra très vite « symphonique » (65 musiciens en 1982, 85 musiciens en 1988, 96 musiciens actuellement). D’une manière concomitante, Jérôme Savary, dont la réputation commence à s’affirmer, se voit confier, en 1982, les destinées du théâtre à Montpellier. Enfin, Dominique Bagouet, jeune chorégraphe, l’un des talents les plus prometteurs de cette décennie, représentera avec sa compagnie, à partir de 1981, la danse.

7Le financement de ces trois institutions est, bien évidemment, très coûteux et, dès le départ, contesté. Mais le maire reste convaincu qu’il s’agit là d’une bonne idée et qu’elle ne tardera pas à porter ses fruits. Et en effet, presque immédiatement, une synergie s’établit entre ces trois institutions. Des projets croisés vont voir le jour. Entre autres exemples : Jérôme Savary mettra en scène des opérettes dont l’orchestre assurera la partie orchestrale. Dominique Bagouet sollicitera à plusieurs reprises l’orchestre pour jouer la musique de ses ballets ; une de celles-ci, écrite spécialement par le compositeur Pascal Dusapin, fera l’objet d’une tournée (avec notamment une prestation très remarquée à la Biennale de la danse de Lyon).

8Par ailleurs, chaque institution exerce son activité propre. S’agissant de l’orchestre, trois concerts donnés à Montpellier pour chaque nouveau programme sont suivis des mêmes concerts mais donnés en région. C’est ainsi que les autres villes du Languedoc-Roussillon (Béziers, Sète, Perpignan, Nîmes, etc.) purent présenter à leurs habitants des saisons de musique symphonique de haut niveau et régulières. Toute localité pouvant proposer un lieu acceptable (église, salle de sport, salle communale…) bénéficie de la visite de l’orchestre. En plus de l’activité symphonique, l’orchestre assure une saison lyrique avec cinq ou six opéras différents représentés chaque année. Concerts et représentations ont lieu dans le superbe opéra, construit en 1888 par un élève de Charles Garnier (le créateur de l’opéra de Paris), dont l’acoustique exceptionnelle peut enfin être appréciée après des décennies de mise en jachère.

9Il apparaît cependant très vite que la capacité de cette salle (1 000 places) est devenue trop faible pour permettre un accroissement du public et une multiplication des événements culturels. C’est là que se produit un exemple particulièrement probant d’une synergie entre culture et économie. Bien que le besoin en soit devenu patent, il n’était pas dans les possibilités financières de la municipalité de construire une nouvelle salle uniquement dédiée à la culture. En revanche, couplée avec la création d’un palais des congrès, le projet était tout à fait réalisable. C’est ce qui fut décidé. Un auditorium-palais des congrès, baptisé « Le Corum » est mis en chantier dès 1986 et livré en 1990.

Naissance d’un festival

10En 1984, René Koering, Directeur de France Musique à cette époque, était à la recherche d’une localité susceptible d’accueillir un festival de musique placé sous l’égide de Radio France. Il se décida pour Montpellier, en raison de la politique culturelle offensive du maire, mais aussi parce qu’il avait la perspective de pouvoir utiliser, pendant tout le mois de Juillet, un orchestre de qualité et au moindre coût : l’orchestre régional. La première édition du festival de Radio France et de Montpellier Languedoc-Roussillon eut lieu en juillet 1985. Encore une fois, une synergie qui devait prendre de l’ampleur au fil des années. Les économies réalisées sur le coût de l’orchestre permettaient de multiplier le nombre de concerts donnés et, pour certains (trois par jour), d’en assurer la gratuité. Cette politique de gratuité pour de nombreux concerts et de prix relativement bas pour ceux qui restaient payants a fait tomber une des barrières qui nuisent à une diffusion plus large de la musique classique et du Jazz. En retour, l’orchestre de Montpellier bénéficia d’une audience nationale et internationale grâce à l’apport d’un nouveau public et la diffusion des concerts sur les antennes de Radio France et des autres radio européennes.

11La livraison de l’auditorium « Opéra-Berlioz » lorsque « Le Corum » fut achevé en 1990, constitua un saut qualitatif et quantitatif aussi bien pour l’orchestre (qui deviendra orchestre national en 1999) que pour le festival de musique. L’activité « congrès » pris son essor très rapidement, à un point tel que cette activité est actuellement une des plus performantes en France pour ce type de manifestation. Notamment, un grand nombre de congrès médicaux au niveau mondial sont reçus à Montpellier, ce qui conduit à constater une nouvelle synergie entre ces congrès et l’activité hospitalière et médicale de grande renommée installée à Montpellier depuis longtemps.

Montpellier : le festival permanent

12La synergie orchestre-opéra-congrès-festival ne s’arrêta pas là. La création d’un palais des congrès-auditorium, nécessitée par la présence d’un orchestre, allait avoir d’autres conséquences importantes.

13Un festival de cinéma original, le « Festival du cinéma méditerranéen », existait à Montpellier depuis quelques années, mais vivotait, malgré une équipe compétente, dans l’exiguïté d’une salle municipale de 450 places. Grâce aux trois salles du Corum (respectivement 2 000, 750 et 350 places), très bien équipées pour la diffusion de films, le festival de cinéma allait pouvoir se développer d’une façon tout à fait spectaculaire.

14Il diffuse chaque année une excellente sélection des films de tous les pays du pourtour méditerranéen. Comme tout bon festival, il reçoit les metteurs en scène, acteurs, producteurs, musiciens, directeurs de photo, scénaristes, etc., de ces pays pour des entretiens féconds avec un très nombreux public. Le même phénomène a pu être constaté pour la danse. Dans la foulée de l’installation de la compagnie Bagouet à Montpellier, un festival de danse est créé. Ce dernier, dont on vient de fêter la 30e édition cette année, a pris une dimension internationale dans le cadre du Corum en recevant les plus grandes compagnies du monde entier.

15Il est d’ailleurs plaisant de noter que l’activité festivalière est quasi permanente de mai à septembre à Montpellier. Fin mai, c’est « La comédie du livre » qui inaugure la période en rassemblant à Montpellier des centaines d’écrivains, éditeurs, journalistes, venant présenter leurs livres sur fond de très nombreuses conférences, colloques, entretiens de très haute tenue et suivis par un très important public prenant les places d’assaut. Les trois premières semaines de juin, le « Printemps des comédiens », festival de théâtre, présente plusieurs pièces par jour. Le « Festival international de danse de Montpellier » prend le relais à partir du 21 juin jusqu’au 7 et 8 juillet, immédiatement suivi du « Festival de musique de Montpellier Radio France ». Le mois d’août est l’occasion de projections gratuites, en soirée et en plein air, de films excellemment choisis. La rentrée de septembre s’effectue avec un remarquable festival de musique entièrement dédié à un instrument : la guitare. Et la saison se clôt en octobre avec le « Festival du cinéma méditerranéen ». Cela se termine en effet pour la rubrique festival, mais pas pour la culture, car les institutions culturelles installées d’une manière permanente assurent le « service public » durant toute la saison.

Culture, éducation et service public

16Un petit coup d’œil sur ces activités permanentes permet de mettre l’accent sur d’autres synergies et rayonnements.

17Parallèlement à son activité de concert dont nous avons déjà parlé, l’orchestre réalise un travail de sensibilisation des enfants à la musique. Des concerts éducatifs donnés par l’orchestre sont suivis par plus de 10 000 élèves ayant fait un travail préalable sur les œuvres avec leurs instituteurs ou professeurs. De surcroît, des animations sont effectuées directement dans les maternelles par de petits groupes de musiciens issus de l’orchestre ; il faut ici noter que beaucoup des musiciens de l’orchestre ont constitué des petites formations de chambre et participent aussi par ce biais à la diffusion de la musique dans la ville et dans la région. Beaucoup également donnent des cours particuliers à des élèves ou dans le cadre d’écoles de musique ou de conservatoires de la région. La présence d’un orchestre permanent a été d’une grande influence, par l’émulation qu’elle suscite, dans le développement et l’amélioration de l’enseignement de la musique. Parmi les nombreuses initiatives visant à satisfaire les publics les plus variés, il serait regrettable de ne pas signaler une expérience tout à fait intéressante : tous les concerts de l’orchestre et les représentations d’opéra sont diffusés, en direct et gratuitement, par l’intermédiaire du réseau de la fibre optique installé à Montpellier, sur les téléviseurs des hôpitaux jusque dans les chambres des malades. La même prestation est offerte aux maisons de retraite de Montpellier, avec une différence toutefois : la diffusion est faite dans des salles communes sur de grands écrans. Détail émouvant et qui en dit long sur la signifiance de l’événement : les résidents s’habillent soigneusement, comme pour une sortie, avant de se rendre dans la salle de télévision, ce qu’ils ne font pas pour les émissions habituelles. Cette réalisation illustre bien la notion de culture comme « service public ».

Des opéras chantés par des enfants ?

18Beaucoup d’autres exemples pourraient être donnés de ces interconnexions, mais cela deviendrait certainement fastidieux. Il serait cependant regrettable de ne pas évoquer une initiative, assez révolutionnaire, qui, bien que non directement provoquée par l’orchestre, lui est reliée. En 1990, un chef d’orchestre, Vladimir Kojoukahrov, se lance dans une entreprise audacieuse à l’époque et qui a fait des émules depuis : constituer un chœur d’enfants qui chanterait et jouerait les rôles et les parties chorales d’opéras pris dans le grand répertoire ou composés récemment. Première œuvre envisagée : Republica ! Republica ! Le chœur d’enfants « Opéra Junior » de Montpellier était lancé et le pari réussi au-delà de toute espérance. L’excellent travail de toute l’équipe (chefs de chant, chef d’orchestre, metteur en scène, décorateur, costumier, etc.) qui encadre les enfants, la forte motivation de ceux-ci leur permettent de réaliser des spectacles de très haute tenue qui sont présentés à l’Opéra-Comédie devant un auditoire à chaque fois émerveillé. Le niveau est tellement « professionnel » que plusieurs collaborations avec l’orchestre de Montpellier sont mises en œuvre (quatre rien que pour la saison 2009-2010, dont deux dans le cadre du festival de Montpellier Radio France).

19Nous avons vu qu’une politique culturelle basée sur le financement de grandes institutions permanentes engendre de multiples synergies. Le développement propre de chacune de ces institutions, leurs complémentarités les poussent à un maillage de plus en plus dense qui tend irrésistiblement vers un tissu proliférant dans toutes les directions. Rien ne serait semblable avec le financement de spectacles invités, car le caractère éphémère de leur présence rend impossible, ipso facto, tout travail de fond, toute relation avec leur public. Pourtant, il est tentant de privilégier ce type de politique culturelle car elle est incomparablement moins onéreuse. C’est une des raisons de la prolifération récente des festivals. Chaque commune, même la plus modeste, se doit maintenant d’organiser son festival, serait-il d’une seule journée et d’un seul spectacle. Mais les affiches, quelquefois très prestigieuses, sont des leurres. Le festival, tel un feu d’artifice, une fois achevé laisse s’installer le désert culturel sauf si, bien sûr, une politique culturelle permanente est en place. Et cette politique doit non seulement prévoir le financement des grandes structures culturelles, mais aussi, et aussi bien, des multiples associations œuvrant dans le domaine de la culture, animées par des bénévoles passionnés, qui assurent un travail de sensibilisation et de relation remarquable. Il faut leur donner les meilleurs moyens possibles pour leur action. Et enfin, il faut encourager les spectacles invités car rien ne serait plus stérilisant, dans un cadre où la routine est mortifère, de fonctionner en vase clos. C’est là que le festival prend toute sa valeur. En conclusion, la culture cela ne peut pas être fromage ou dessert. C’est forcément fromage et dessert. Et bien davantage encore…


Mots-clés éditeurs : économie, festivals, mécénat interconnexions, politique socioculturelle, service public, synergie

Date de mise en ligne : 24/07/2012

https://doi.org/10.3917/empa.086.0149