Les mots imitatifs dans les grammaires et dictionnaires français du XVIe siècle
Pages 459 à 468
Citer cet article
- MELNIKIENĖ, Danguolė,
- Melnikienė, Danguolė.
- Melnikienė, D.
https://doi.org/10.3917/ela.212.0079
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- Melnikienė, D.
- Melnikienė, Danguolė.
- MELNIKIENĖ, Danguolė,
https://doi.org/10.3917/ela.212.0079
Notes
-
[1]
Il faudrait signaler que le TLFi indique une date plus tardive, car il s’appuie non sur la source première, à savoir l’édition des Recherches de la France de 1611, la dernière parue du vivant de l’auteur, mais sur la réedition de 1655.
-
[2]
Par exemple, Gargoüille, f. Le nom est par onomatopée du gargouïllis, et bruit que l’eauë fait courant par telles gargouilles.
Il existe probablement peu de faits langagiers susceptibles d’attirer un intérêt
aussi durable que les onomatopées. Nos recherches récentes, menées sur les
onomatopées (Melnikienė, 2016), nous ont permis de constater que durant
différentes époques historiques elles se trouvaient au centre des réflexions des
philosophes et des linguistes de renom, tels que Platon, Dumarsais, G.W. Leibniz,
J.G. Herder, J.-J. Rousseau, Ch. Nodier, F. de Saussure, Ch. Bally, O. Jespersen,
H. Meschonnic, G. Genette, J.-P. Resweber, P. Enckell, P. Rézeau, G. Kleiber,
C. Buridant et alii. Leurs réflexions sur cette « forme curieuse de la combinaison des “mots” et du “chant” » (Bally, 1965 : 129) mettaient en relief les
aspects les plus importants du phénomène qui oscille entre la philosophie du
langage et la linguistique.
Sans prétendre à l’exhaustivité, le présent article se propose de relever
les premières traces de l’attestation des onomatopées dans les grammaires
et dictionnaires français du xvie siècle et d’offrir quelques observations sur
les particularités de leur description grammaticale et lexicographique. Mais
avant d’aborder ce problème, nous tenons à jeter un coup d’œil rapide sur les
modifications du concept de l’onomatopée survenues au cours des siècles.
Notons d’abord que le lexème ὀνοματοποιία en grec ancien, dont il est
issu, signifie « création de noms », de ὀνομα, génitif du ὀνόματος – « nom » et
ποιέω – « je fais, je crée ». Ainsi son étymologie évoque la formation de mots
en général, sans mettre en relief le côté imitatif et acoustique de leur création…