Jules Huret, grand reporter au Figaro. Avènement d’un Boulonnais à Paris et à l’international
Pages 301 à 332
Citer cet article
- PRIOTTI, Jean-Philippe
- et LESCOP, Guillaume,
- Priotti, Jean-Philippe.
- et al.
- Priotti, J.-P.
- et Lescop, G.
https://doi.org/10.3917/rdn.440.0301
Citer cet article
- Priotti, J.-P.
- et Lescop, G.
- Priotti, Jean-Philippe.
- et al.
- PRIOTTI, Jean-Philippe
- et LESCOP, Guillaume,
https://doi.org/10.3917/rdn.440.0301
Notes
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[1]
S. Sassen, Territory, Authority and Rights, Princeton-Oxford, Princeton University Press, 2006, p. 133.
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[2]
Dans les travaux le concernant, Jules Huret est considéré comme un personnage accompli, à partir de son arrivée à Paris, et sur la formation duquel on ne réfléchit guère, autrement qu’en mentionnant son lieu de naissance. Les historiens et érudits qui retracent son parcours font la part belle à des aptitudes hors du commun pour expliquer sa réussite ou font commencer sa trajectoire à Paris : J.-É. Huret, Jules Huret, témoin de son temps, thèse, Paris, IEP, 1958, p. 82 ; H. Réveillez, « Notice nécrologique de Jules Huret, écrivain et journaliste, ancien membre de la Société Académique », t. X, 1913-1921, p. 389-400 ; G. Beting, Au fil de la plume. Du feuilleton à la chronique, une histoire croisée de la presse entre France et Brésil (1830-1930) à partir des parcours de ses journalistes et écrivains, thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication, F. D’Almeida (dir.), 2014 ; N. O. Ferrera, « Viaje de un propagandista : Jules Huret en Buenos Aires (1910) », communication au XIII Congreso Internacional de Historia Económica, Buenos Aires, 2002 et M. Martin, Les grands reporters. Les débuts du journalisme moderne, Paris, Louis Audibert, 2005.
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[3]
Selon Graziella Beting, [op. cit., p. 251] il serait difficile d’aller chercher dans l’histoire familiale ou dans l’ambiance de l’enfance l’origine des préoccupations sociales qui ont guidé Huret dans ses enquêtes.
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[4]
J. Huret, Enquête sur la question sociale, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1897, p. 158.
-
[5]
H. Réveillez, « Notice nécrologique de Jules Huret, écrivain et journaliste, ancien membre de la Société Académique », t. X, 1913-1921, p. 389-400.
-
[6]
Archives municipales de Boulogne-sur-Mer (dorénavant AM Boulogne-sur-Mer), 4896/2.
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[7]
Le Figaro, 15 février 1915, p. 3.
-
[8]
G. Oustric, « Un siècle de croissance économique (1815-1914) » dans A. Lottin (dir.), Histoire de Boulogne-sur-Mer, ville d’art et d’histoire, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2014 (réédition), p. 231-270.
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[9]
G. Oustric, Le port de Boulogne-sur-Mer au xixe siècle, La sentinelle, Le Téméraire (éd.), 1995, p. 197 ; 256-260. En 1889, les transatlantiques de la Compagnie hollando-américaine inaugurent la ligne Rotterdam-New York. En 1899, c’est la Compagnie hambourgeoise américaine qui établit à son tour l’escale à Boulogne-sur-Mer. Au total, 8 compagnies transatlantiques passeront par Boulogne-sur-Mer entre 1889 et 1939.
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[10]
Dans cette modernisation, les Boulonnais n’étaient pas hors-jeu, puisque Frédéric Sauvage est l’un des inventeurs de l’hélice à propulsion. « […] je verrais une plantation de sucre, c’est-à-dire la réalité des imaginations de ma prime jeunesse. Je trouve que c’est l’une des plus grandes jouissances du voyage, plus vives même que celle que l’on éprouve à découvrir des choses nouvelles », J. Huret, En Amérique. De New York à la Nouvelle-Orléans, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1904, p. 358. Lors du recensement de 1876, il habite au 6, rue des Religieuses-Anglaises, à deux pas du port de Boulogne-sur-Mer (Archives départementales, Recensement de 1876, cote M 4113, p. 65).
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[11]
Pour ses articles sur Oscar Wilde et sur la reine Victoria, par exemple, il est amené à enquêter sur place, à Londres.
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[12]
Sur la fréquentation de Boulogne-sur-Mer par la bourgeoisie lilloise, Jules Émile Scrive. Carnets d’un patron lillois, 1879-1891. Représentations du quotidien, C. Wallart et D. Terrier (éd.), Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2009.
-
[13]
Heine effectue sept séjours à Boulogne-sur-Mer entre 1831 et 1842.
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[14]
Les pensionnats privés laïques commençaient à présenter leurs élèves au brevet élémentaire avec succès, M. Baillieu obtenant les meilleurs résultats, ce qui lui vaut une lettre de félicitations du préfet : L. Vandendriessche, École et Société à Boulogne sous la Troisième République, Boulogne-sur-Mer, Mémoire de la société académique du Boulonnais, 2003, p. 58. « […] Quoi qu’il en soit voilà une école scientifique comme j’en eusse souhaité une pour moi-même, dit-il. Au temps où par des méthodes ingrates on me fit haïr les chiffres et les sciences, quand j’aurais pu si bien les aimer […] », J. Huret, En Amérique. De New York à la Nouvelle-Orléans, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1904, p. 70.
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[15]
Monsieur Baillieu reçut à cette occasion une lettre de félicitations du préfet. L’éducation, de laquelle Jules Huret, dans quelque pays qu’il enquête, s’est toujours montré un fin observateur, était tenue à Boulogne-sur-Mer par des maîtres d’une excellente réputation et mêlait enseignement privé et public. Dès la première moitié du xixe siècle, ils ont tous les deux une très bonne réputation. (L. Vandendriessche, École et Société… (op. cit., n. 14, p. 304) ; É. Perrichon, L’enseignement du français aux Anglais à Boulogne-sur-Mer. Histoire des établissements d’éducation et état des lieux de méthodes pédagogiques, 1770-1910, Aachen, Shaker Verlag, 2018). Et la création d’une école centrale à Boulogne-sur-Mer grâce à Daunou a permis une formation de qualité. Lorsque Jules Huret est aux États-Unis, sa curiosité semble se diriger plus particulièrement vers les établissements privés (Yale, Harvard, Smith College). Toutefois, en Californie, il visite l’Université de Berkeley (publique) et l’Université de Stanford (privée).
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[16]
Il s’agit d’Auguste Huguet et Ernest Deseille.
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[17]
C’est chose faite en juin 1883. Précisons qu’un membre de la famille Huret est co-fondateur de la Société, Eugène Huret-Lagache (1824-1903), filateur et également membre-fondateur de la Chambre de commerce, Bulletins de la Société académique, t. I, p. 6.
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[18]
En province comme à Paris, l’instruction primaire gratuite, obligatoire et laïque était à l’ordre du jour (lois de 1875, 1881 et 1882).
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[19]
Boulanger, Deseille séjourne à Paris en 1855, ce qui lui donne de la verve et des projets. En 1859, il cesse la boulangerie et devient commis chez un entrepreneur, ce qui lui laisse plus de temps. Entre à l’hôtel de ville en 1862 après avoir été le collaborateur du rédacteur en chef de La colonne, un journal local. En 1867, il est appelé aux fonctions d’administrateur-directeur de la halle aux poissons. Il occupe plusieurs postes, puis Huguet le nomme archiviste en 1871. Ernest Deseille, archiviste, secrétaire de la Société, médaille d’argent donnée par le ministre de l’Agriculture pour services rendus à la Commission de statistique agricole, H. Réveillez, art. cit., p. 397.
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[20]
H. Réveillez, art. cit., p. 390.
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[21]
Bibliothèque municipale des Annonciades (dorénavant BM des Annonciades), recueils des actes de la mairie de Boulogne-sur-Mer.
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[22]
Néomie Huleux (épouse Huret), née en 1879, occupe un poste de directrice de l’office des pupilles de l’école publique à partir de 1922 ; elle recevra la Légion d’honneur en 1958. Par ailleurs, les témoins de son mariage avec Jules Huret furent Joseph Forfer, inspecteur d’Académie, Henri Bluchet, directeur des mines d’Ostricourt, Gaston Calmette, directeur du Figaro, et Joseph Caraguel, écrivain et critique, ces deux derniers étant amis et collègues de Jules Huret ; base Léonore, ministère de la Culture, numéro de dossier 19800035/908/6148. Elle meurt en 1968, à Paris.
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[23]
À ce sujet, on peut lire : J. Contel et J.-Ph. Priotti (dir.), Ernest Hamy, du Muséum à l’Amérique : logiques d’une réussite intellectuelle, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2018.
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[24]
L’Association artistique et littéraire de la jeunesse a existé de 1881 à 1884 (BM Boulogne-sur-Mer, cote SBR 6 N 15).
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[25]
H. Réveillez, art. cit., p. 399.
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[26]
Auguste-Henri Adam, père de Paul, était directeur des postes (Base Léonore, dossier de la Légion d’honneur de Paul Adam, cote LH/7/21).
-
[27]
J.-É. Huret, Jules Huret, témoin de son temps, thèse, Paris, IEP, 1958, p. 36-42.
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[28]
Joseph Caraguel, disciple préféré des Goncourt, va grandement influencer la formation professionnelle de Huret. De la correspondance entre les deux hommes, il ressort que Huret exposait ses projets et Caraguel critiquait, analysait, conseillait, admirait, documentait, suggérait les questions à poser, les gens à voir, les livres à lire. Huret, au cours de ses enquêtes, le tenait au courant. Ils habitaient l’un et l’autre sur la rive gauche, se rencontraient et discutaient des articles d’Huret au café Flore, au Vachette, au Voltaire ou au François Ier. Huret ne s’est pas fait tout seul comme semble le dire la notice de Réveillez, puis ils se retrouvèrent à Montmartre, noctambules et vaguement bohèmes. Stéphane Valot dit que « les dons qui font le journaliste ne sauraient être remplacés par une scolarité quelconque, et la formation qu’exige le métier s’acquiert mieux par un apprentissage au contact des réalités que par un enseignement magistral », J.-É. Huret, Jules Huret…, op. cit. (n. 2), p. 302.
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[29]
Ibid. Sur les bohèmes et la sociabilité des cafés, X. Escudero, La Bohème littéraire espagnole de la fin du xixe au début du xxe siècle, Paris, Publibook, 2011 ; ID., « Utopies bohèmes dans la littérature. Entre intégration codée et marginalisation (fin xixe-début xxe siècle), dans J.-Ph. Priotti (dir.), Identités et territoires dans les mondes hispaniques, xvie-xxe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 209-225 ; H. Malo, À l’enseigne de la Petite Vache : souvenirs, gestes et figures d’explorateurs, Paris, Les éditions de la Nouvelle France, 1946, 250 p.
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[30]
G. Beting, Au fil de la plume… op. cit. p. 249 et sqq.
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[31]
Mort à Paris, Heine suivait la saison boulonnaise, A. von Söhnen, « Heinrich Heine et Boulogne-sur-Mer », conférence donnée à la BM des Annonciades, organisée par l’association Renaissance du vieux Boulogne, 29 avril 2016.
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[32]
J. Huret, En Allemagne. Rhin et Westphalie, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1907, p. 179. Henri Heine est né en 1801 à Düsseldorf, maison occupée par le boucher Théodore Hülls. Heine a raconté de façon magistrale l’entrée de Napoléon à Düsseldorf : J. Huret, En Allemagne. Rhin et Westphalie, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1907, p. 188 ; id., En Allemagne : la Bavière et la Saxe, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1911, p. 112. Les récits sont parsemés de citations de Heine qui évoque la haine profonde des Allemands tandis que les Français sont changeants dans leurs sentiments.
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[33]
J.-É. Huret, Jules Huret, témoin de son temps, Paris, thèse IEP, p. 82.
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[34]
Prologue et traduction de E. Gómez Carrillo, La Argentina. De Buenos Aires al Gran Chaco, Paris, E. Fasquelle (éd.), p. 15. De même, à son retour d’Argentine, il emporte avec lui, une demi-douzaine de caisses remplies de matériaux divers pour la partie documentaire de son livre.
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[35]
Sur la pensée d’Auguste Comte : C. Digeon, La crise allemande de la pensée française, Paris, PUF, 1959 ; A. Comte, Discours sur l’esprit positiviste, Paris, Vrin, 2009 (1re éd. en 1844) ; A. Comte, Discours sur l’ensemble du positivisme, Paris, Flammarion, 1998 (1re éd. en 1848) ; J. Grange, La philosophie d’Auguste Comte : science, politique, religion, Paris, PUF, 1996 ; C. Delacroix, Les courants historiques en France xixe-xxe siècles, Paris, Gallimard, 2007.
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[36]
Marx et Fourier sur ce point : R. Dangeville, Critique de l’éducation et de l’enseignement (Une anthologie de Karl Marx et Friedrich Engels sur l’éducation, l’enseignement et la formation professionnelle), Paris, F. Maspero (éd.), 1976 ; S. Pérignon, « Marxisme et positivisme », dans L’homme et la société, Paris, L’Harmattan, n° 7, 1968, p. 161-169.
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[37]
J. Huret, En Argentine, de la Plata à la Cordillère des Andes, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1913, p. 123, 126 et p. 470-478.
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[38]
Même si l’on peut trouver aussi quelques échos de sa méthode chez Guizot. En effet, l’histoire telle que Guizot la conçoit et la pratique a pour objectif une restitution exacte du passé, fondée sur des sources rigoureusement établies, et non une pure spéculation. L’histoire se veut désormais une science, dont l’objet est la connaissance des lois qui gouvernent l’enchaînement des événements historiques, mais dont les matériaux sont les archives. S. Mazauric, « François Guizot et la création du CTHS : les sociétés savantes, la politique et l’histoire », dans A. Hurel (dir.), La France savante. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2017 (généré le 4 décembre 2018), p. 92. Les ouvrages de Guizot sont par ailleurs référencés à la bibliothèque municipale de Boulogne-sur-Mer, E. Martel, Catalogue de la bibliothèque municipale, Boulogne-sur-Mer, 1899.
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[39]
Cette école a puisé son inspiration chez les Allemands. Au lendemain de la guerre de 1870-1871, plusieurs jeunes historiens français sont allés compléter leur formation dans des centres de recherche et d’enseignement d’outre-Rhin. Ils ont pensé que la victoire de l’Allemagne s’expliquait par la parfaite organisation de ses institutions militaires, civiles et intellectuelles. Des maîtres d’école boulonnais font de même. Les Français semblent être en retard. L’Anglais Thomas B. Campbell va étudier le système scolaire allemand. À son retour à Londres dans les années 1820, il pose les bases de l’université anglaise. Campbell meurt à Boulogne-sur-Mer en 1844. Par ailleurs, des professeurs d’allemand natifs enseignent à Boulogne-sur-Mer : G. Karl enseigne dans les années 1850 et M. Ortmans dans les années 1890. Une chaire d’allemand est créée en 1886 (AM Boulogne-sur-Mer, instruction publique, 1 R 2504-2505). De même, des camps de vacances et des bourses scolaires franco-allemandes existent dans les années trente à Boulogne-sur-Mer (AM Boulogne-sur-Mer, 1 R 3641).
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[40]
Quelques hauts fonctionnaires furent à l’origine de la création des universités en France. La fondation du haut enseignement fut le fait des historiens et essentiellement de deux d’entre eux, Gabriel Monod et Ernest Lavisse, camarades de promotion de l’école normale et tous deux germanistes. Ils sont largement responsables de ce que devinrent les facultés de lettres en France. A. Compagnon, La Troisième République des lettres, Paris, Éditions du Seuil, 1983, p. 29. Il fallait, dans leur esprit, observer et imiter pour redresser le pays. Adeptes de l’école méthodique, ils participent à la réforme de l’enseignement supérieur et formulent les programmes des enseignements secondaires et des écoles primaires. Ils forment un lobby, occupent des fonctions au ministère de l’Instruction publique et font adopter les lois Ferry instituant l’enseignement primaire laïque, gratuit et obligatoire au milieu des années 1880. Mais en fait d’objectivité absolue, les méthodistes encensent souvent le régime républicain, alimentent la propagande nationaliste et approuvent la conquête coloniale. Lavisse, par exemple, agit en tant que conseiller de plusieurs ministres de l’Instruction publique et participe à la réforme de l’agrégation d’histoire au milieu des années 1880, O. Dumoulin, « Les noces de l’histoire et de la géographie », Espaces Temps, vol. 66-67, p. 6-19.
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[41]
Gabriel Monod suit de 1868 à 1870 des cours d’histoire à Gœttingen. Il est le chef de file de la Revue Historique créée en 1876. En 1906, Gabriel Monod envoie une lettre au prince Bülow pour qu’il accepte une interview de Huret.
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[42]
J. Huret, En Allemagne : la Bavière et la Saxe, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1911, p. 120. Référence à Lavisse qui voyage à Berlin avant Huret. Dans ses écrits d’après 1870, il donne une vision assez caricaturale du soldat allemand. E. Lavisse lance une Histoire de France pendant les années 1900-1912, professeur à la Sorbonne, directeur de l’École normale supérieure, il participe à l’élaboration de la loi Poincaré qui réforme l’enseignement supérieur. Sur ce personnage, J. Leduc, Ernest Lavisse : l’histoire au cœur, Paris, Armand Colin, 2016.
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[43]
À partir du milieu du xixe siècle, s’opère une division entre les sciences sociales, reflet de la diversification intellectuelle et la professionnalisation de la connaissance, F. Dosse, L’Histoire en miettes : des Annales à la « nouvelle histoire », Paris, La Découverte (éd.), 1987, réédition 2010. Pour une vision plus nuancée, on peut consulter O. Dumoulin, « Méthodiques contre Annales : un schéma caricatural qui signifie l’opposition entre écoles historiques ? », publié par Opinion, prise de position, https://aggiornamento.hypotheses.org/category/opinion-prise-de-position
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[44]
C. Digeon, La crise allemande de la pensée française (1870-1914), Paris, PUF, 1959, p. 44-45 ; C. Charle, La République des universitaires, Paris, Le Seuil, 1994 et aussi le long compte rendu de cet ouvrage par Pierre Dubois, paru en 1996 dans la Revue française de sociologie, p. 169-173.
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[45]
C. Digeon, La crise allemande…, op. cit. (n. 44), p. 40.
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[46]
C. Digeon, La crise allemande…, op. cit. (n. 44), p. 42.
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[47]
Paul Deschanel est vice-président de la chambre des députés et futur président. Jaurès : chef du parti socialiste français et député du Tarn. Alexandre Millerand est député socialiste et futur ministre de la Guerre. Octave Mirbeau est de tendance anarchiste.
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[48]
J.-É. Huret, Jules Huret, témoin de son temps, thèse, Paris, IEP, 1958, p. 51. On trouve d’autres implications de ce genre. Dans l’affaire Borras-Pradiès, Huret entend peser sur les événements en enquêtant auprès des gens mêlés de tout près au drame (G. Beting, ibid., p. 275).
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[49]
Sur les Coquelin et sur Adam, également boulonnais, il fera de nombreux articles tirés d’interviews : 6 septembre 1893, « Les littérateurs et la politique (interview à M. Paul Adam) » ; 25 septembre 1896, « Contre un ours ! » (conversation avec Coquelin) ; 19 mai 1898, « Sarah et Coquelin » (interview de Rostand) ; 13 mai 1899, « Les Coquelins dans le théâtre de Beaumarchais » (Interview de Coquelin Cadet) ; 25 janvier 1900, « Le président Coquelin » ; 13 novembre 1900, Vers l’Amérique » (départ de Sarah Bernhardt et de Coquelin) ; 8 mai 1901, « Retour de Coquelin et de Sarah Bernhardt » (JEH 115-140).
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[50]
I. Genest, Intellectuels et décadence durant la Belle Époque : les cas d’Octave Mirbeau et Paul Adam, thèse, université de New York, 2001.
-
[51]
« Pour les comédiens », Le Figaro, 20 avril 1903.
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[52]
La technique de l’interview naît aux États-Unis. Selon Graziella Beting, la technique de Huret semble être un prolongement du reportage à l’américaine, dans la mesure où celui-ci prône un retour aux sources (G. Beting, ibid., p. 248). Nous avons vu, au-dessus, l’influence de l’Allemagne sur Huret. Edgar Mowrer évoque la polyvalence du journaliste américain à pouvoir enquêter dans tous les pays ; chaque pays est différent et mérite une méthodologie appropriée (dans E. Mowrer, « La presse américaine et la France », Politique étrangère, n° 2, 1936, p. 40). Le journaliste Henri Allain-Targé annonce que la presse française commence à s’américaniser à partir des années 1880 (M. Martin, Médias et journalistes de la République, Paris, Odile Jacob, 1997, p. 53). Le grand reporter Pierre Giffard s’inspire du modèle américain pour des reportages (notamment le Sieur va Partout), voir T. Ferenczi, L’invention du journalisme en France, Paris, Plon, 1993, p. 47-76. De même, B. Voyenne consacre un chapitre sur le journalisme à l’américaine, Les Journalistes français, Paris, CFPJ-Retz, 1985, p. 144-169.
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[53]
Le Figaro est présent aux États-Unis, en Allemagne et en Argentine tant dans les salons politiques et culturels que dans les bibliothèques. Huret en fait la constatation au fur et à mesure de son voyage en Amérique puis en Allemagne.
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[54]
A. Dubosclard, Histoire des Alliances Françaises aux États-Unis, Paris, L’Harmattan, 1998, p. 21. Les Alliances françaises sont présentes dans la quasi-totalité des États-Unis, soit dans les capitales d’État, soit dans les zones à fortes densités de populations. On en compte 119 à travers les États-Unis. L’organisateur américain est James H. Hyde et les organisateurs français sont Paul Cambon, des diplomates et des scientifiques de renoms (tels Ferdinand de Lesseps, Jules Verne, Armand Colin). L’institution a la double identité franco-américaine. En effet, les directeurs d’Alliance sont soit des Français, soit des francophiles et ont un poste important dans la vie politique américaine (Hyde, Harper, Lévy, etc.) Ces derniers font rayonner la langue et la culture française dans les écoles, les universités et les bibliothèques aux États-Unis.
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[55]
J. Huret, De San Francisco au Canada (avec un index analytique de l’ouvrage), Paris, Bibliothèque-Charpentier, E. Fasquelle (éd.), 1905, p. 299-300.
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[56]
L’indépendance argentine est définitivement acquise en 1816. Entre 1862 et 1930, la stabilité constitutionnelle rend propice les échanges avec l’extérieur.
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[57]
G. Beting, ibid., p. 11.
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[58]
Article du South American Journal présent aux archives de Boulogne-sur-Mer (Archives San Martín, Fonds Pierre Camusat, cote 117 J).
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[59]
Correspondance aux archives de Boulogne-sur-Mer (Archives San Martín, Fonds Pierre Camusat, cote : 117 J).
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[60]
Article du journal Le Boulonnais ; AM Boulogne-sur-Mer, 1 K 4892/10 ; presse Le Boulonnais, AM Boulogne-sur-Mer, 1 K 4894/43, AM Boulogne-sur-Mer, 1 K 4895/12.
-
[61]
De même, lors de l’inauguration de la statue équestre du « Libertador » (octobre 1909), par souscription de Paris et de Buenos Aires.
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[62]
Sont présents Julio A. Roca, José F. Alcorta, Ernesto Bosch, membres de la délégation argentine à Paris ; Georges Bourdon et Eugenio Garzón, journalistes signant des articles au Figaro.
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[63]
Article du Figaro en date du 14 novembre 1906. Le rédacteur de l’article s’est trompé de prénom au sujet de Mitre. Ce n’est pas Emilio mais bien Bartolomé qui est concerné. Son frère est un militaire, reconnu par des victoires lors de la guerre contre le Paraguay.
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[64]
J.-É. Huret, ibid., p. 102.
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[65]
H. Réveillez, art. cit., p. 395.
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[66]
Dans le prologue à la traduction de son livre sur l’Argentine, E. Gómez Carrillo évoque la vérité palpitante qui émane de sa manière de voir et d’écouter, Carrillo qui, par ailleurs, replace l’ouvrage au sein de la littérature de voyage, de Clemenceau à Loti et en fait une œuvre unique.
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[67]
Avant 1922, date de création de l’OJT (Office de Justification du Tirage), la plupart du temps, les données statistiques sont soit tenues secrètes, soit nettement gonflées afin de préserver le véritable nombre du tirage.
-
[68]
M. Martin, Médias et journalistes de la République, Paris, Odile Jacob, 1997, p. 98 et p. 109.
-
[69]
M. Martin, « Le Figaro, pionnier du grand reportage », dans C. Blandin (dir.), Le Figaro – Histoire d’un journal, Paris, Nouveau Monde (éd.), 2010, p. 204.
-
[70]
Une relation forte – tant professionnelle qu’amicale – s’établit entre les deux hommes et Huret lui dédie son premier livre. Calmette est témoin lors du mariage de Huret en octobre 1903. J. Huret, En Amérique – De New York à la Nouvelle-Orléans, Paris, E. Fasquelle (éd.), 1904.
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[71]
Jules Huret fait six chapitres de plus que les articles : trois sur le Canada, un sur le centre d’immigration d’Ellis Island, un sur ses impressions finales et un dernier sur son retour.
-
[72]
G. Feyel, La presse en France des origines à 1944. Histoire politique et matérielle, Paris, Ellipses, 1999, p. 123-127.
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[73]
P. Albert, Documents pour l’histoire de la presse nationale aux xixe et xxe siècles, Paris, CNRS, 1977, p. 35-74 ; C. Delporte, Les journalistes en France, 1880-1950. Naissance et construction d’une profession, Paris, Seuil, 1999 ; C. Charle, Le siècle de la presse (1880-1939), Paris, Seuil, 2004.
-
[74]
M. Martin, Les grands reporters, les débuts du journalisme moderne, Paris, Louis Audibert, 2005, p. 73-90.
-
[75]
Huret effectue une « promenade en Égypte » avec Pierre Lafitte en 1909. Voir J.-B. Samat, Promenade en Égypte, Paris, E. Flammarion (éd.), 1909.
-
[76]
G. Clemenceau, Notes de voyages dans l’Amérique du Sud, Paris, Hachette & Cie, 1911, p. 169-170.
-
[77]
P. Adam, Vues d’Amérique, Paris, Société d’éditions littéraires et artistiques, 1906, p. 87.
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[78]
En revanche, dans L’Écho de Paris il n’y a que de la publicité mais pas de critique concernant les enquêtes américaines. Une analyse aux dates des sorties de livres sur l’Amérique (1904-1905-1911-1913) a été faite dans L’Écho de Paris (Gallica). Le fait postérieur concernant Huret, relaté dans les médias locaux, ne vient qu’au moment de son décès, le 14 février 1915.
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[79]
Cité par G. Beting, ibid., p. 344 ; cité par J.-É. Huret, ibid., p. 69.
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[80]
M. Espagne, « La notion de transfert culturel », Revue Sciences/Lettres, 2013 [En ligne] https://journals.openedition.org/rsl/219, consulté le 20 novembre 2018.
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[81]
Le site « WorldCat Identities ».
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[82]
En ligne http://worldcat.org/identities/lccn-n82129185/, consulté le 26 novembre 2018.
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[83]
J.-F. Blondel, Prestigieuses bibliothèques du monde, Toulouse, Oxus, 2013.
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[84]
Une recherche sur « WorldCat Identities » nous a permis d’élaborer ce tableau comparatif (en date du 11 janvier 2019).
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[85]
Un cumul a été effectué entre les langues recensées sur « WorldCat Identities » et dans P. Michel, Correspondance Octave Mirbeau – Jules Huret, interviews et articles, Tusson, Du Lérot éditeur, 2009.
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[86]
De même, les œuvres de Brisson, Giffard et Leroux sont rééditées à partir des années 1980.
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[87]
Il meurt à Paris en 1927, après avoir été nommé commandeur de la Légion d’honneur. Son ouvrage El encanto de Buenos Aires, est publié en 1921.
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[88]
Op. cit., p. 15.
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[89]
E. Garzón, L’Amérique latine, la République argentine, Grasset (éd.), Paris, 1913. Garzón meurt à Paris en 1940 en ayant été reconnu par la Nation française (chevalier de la Légion d’honneur).
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[90]
Adolphe Brisson (1860-1925). En 1883, il fonde avec son père, Jules Brisson, Les Annales politiques et littéraires. Son fils, Pierre Brisson devait devenir directeur du Figaro. La femme d’Adolphe, Yvonne Sarcey, fille de Francisque Sarcey (critique de théâtre connu), crée l’Université des Annales en 1907.
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[91]
Notons que le premier article mentionnant Jules Huret date de 1892 et le dernier de 1927, dates auxquelles Adolphe Brisson est directeur de la revue.
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[92]
Sur ce point, il faudrait par conséquent nuancer certains des propos de Pascale Casanova (sans que cela affecte la validité générale de ses conclusions) qui prend bien peu la province en considération ; P. Casanova, La République mondiale des lettres, Paris, Seuil (éd.), 2008 (1re éd. en 1999) ; id., « Paris, méridien de Greenwich de la littérature », dans C. Charle et D. Roche, Capitales culturelles, capitales symboliques. Paris et les expériences européennes (xviiie-xxe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, p. 289-296.
Jules Huret devient dès la fin du xixe siècle un des reporters les plus lus de son époque et ses récits de voyage en Europe et en Amérique constituent d’authentiques best sellers. Le rayonnement de sa méthode « du voir et du sentir », ainsi qu’un procédé novateur d’enquête directe, insistant sur le témoignage de première main, imprègnent durablement le journalisme étranger. L’étude de sa trajectoire, de son lieu de naissance à Paris, permet de détecter les logiques de fonctionnement qui le font parvenir au sommet de son art.
- journaliste
- grand reportage
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- xixe siècle
- histoire culturelle
- transferts culturels
- relations transatlantiques
Mots-clés éditeurs : e, grand reportage, histoire culturelle, journaliste, récit de voyages, relations transatlantiques, siècle, transferts culturels, xix
Jules Huret, a great reporter for the Figaro. The advent of a Boulonnais in Paris and overseas
By the end of the nineteenth century, Jules Huret became one of the most read reporter of his time and his travel stories in Europe and America were authentic best sellers. The influence of his method « to see and to feel », as well as a new direct investigation process, insisting on the first hand testimony, durably permeates abroad journalism. The study of his trajectory, from his birth place to Paris, leads to understand the operating logics that bring him to the top of his art.
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