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Un homme entre deux mondes. Charles Carroll of Carrollton, des jésuites de Saint-Omer à l’indépendance américaine (1748-1783)

Pages 243 à 270

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  • Pruvost, G.
(2021). Un homme entre deux mondes. Charles Carroll of Carrollton, des jésuites de Saint-Omer à l’indépendance américaine (1748-1783) Revue du Nord, 439(2), 243-270. https://doi.org/10.3917/rdn.440.0243.

  • Pruvost, Guillaume.
« Un homme entre deux mondes. Charles Carroll of Carrollton, des jésuites de Saint-Omer à l’indépendance américaine (1748-1783) ». Revue du Nord, 2021/2 n° 439, 2021. p.243-270. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-du-nord-2021-2-page-243?lang=fr.

  • PRUVOST, Guillaume,
2021. Un homme entre deux mondes. Charles Carroll of Carrollton, des jésuites de Saint-Omer à l’indépendance américaine (1748-1783) Revue du Nord, 2021/2 n° 439, p.243-270. DOI : 10.3917/rdn.440.0243. URL : https://shs.cairn.info/revue-du-nord-2021-2-page-243?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rdn.440.0243


Notes

  • [1]
    Symbole fort de l’histoire américaine, le slogan est encore présent aujourd’hui sur les plaques d’immatriculation de Washington, D.C. C’est une manière pour les habitants de protester contre la non représentation au Congrès du district de Columbia, pourtant plus peuplé que plusieurs états américains.
  • [2]
    De nombreuses études sur la genèse de la nation américaine ont été publiées. Parmi elles, l’on peut notamment citer E. S. Morgan, et R. Zagarri, The Birth of the Republic, 1763-1789, Chicago, University of Chicago Press, 2012 (4e édition) ou encore M. Jensen, The Founding of a Nation : A History of the American Revolution, 1763-1776, Indianapolis, Hackett Publishing Company, 2004. Chez les chercheurs français, nous pouvons citer par exemple B. Cottret, La Révolution américaine, la quête du bonheur, Paris, Perrin, 2003 ou bien encore A. Kaspi, La Révolution américaine, 1763-1789, Paris, Folio Histoire, 2013.
  • [3]
    Avant 1765, Charles Carroll of Carrollton signe uniquement sous le nom de « Charles Carroll ». Afin d’uniformiser notre propos et de le rendre plus agréable à la lecture, nous avons décidé d’utiliser uniquement le nom Charles Carroll lorsqu’il s’agit du fils et signataire de la Déclaration d’indépendance.
  • [4]
    Le grand-père de Charles Carroll of Carrollton, Charles Carroll the Settler, était le second fils d’une famille irlandaise ayant perdu la plupart de sa richesse lors des affrontements avec les Anglais. Il émigre d’Irlande en 1688 pour devenir Attorney General du Maryland, colonie dont le propriétaire était catholique. À la suite de la Glorieuse Révolution et de ses répercussions dans le Maryland, il perd sa position et conseille la famille Calvert de façon privée.
  • [5]
    M. Whitehead, English Jesuit Education : Expulsion, Suppression, Survival and Restoration, 1762-1803, London, Routledge, 2016, p. 36. Charles Carroll of Carrollton arrive à Saint-Omer en compagnie d’autres garçons du Maryland et notamment son cousin John Carroll. Ce dernier devint par la suite le premier évêque des États-Unis et fonde l’Université de Georgetown.
  • [6]
    Un collège wallon était adjacent au collège anglais. L’actuelle chapelle des jésuites de Saint-Omer est la chapelle wallonne. Concernant les dépenses effectuées par les jésuites à Saint-Omer, les délibérations du magistrat aux archives municipales de Saint-Omer (dorénavant AM Saint-Omer) mentionnaient en 1762 que les jésuites anglais répandaient « beaucoup d’argent dans notre ville par les différentes espèces de consommations qu’ils y font », Archives de la Bibliothèque d’Agglomération du Pays de Saint-Omer (dorénavant ABAPSO), BB 18.
  • [7]
    D. Armitage and M. J. Braddick (eds.), The British Atlantic World, 1500-1800, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2009 (1re édition, 2002), p. 5.
  • [8]
    Une partie de la correspondance de Charles Carroll of Carrollton a été publiée en trois tomes par Ronald Hoffman dans R. Hoffman, S. D. Mason et E. S. Darcy, Dear Papa, dear Charley : the peregrinations of a revolutionary aristocrat, as told by Charles Carroll of Carrollton and his father, Charles Carroll of Annapolis, with sundry observations on bastardy, child-rearing, romance, matrimony, commerce, tobacco, slavery, and the politics of revolutionary America, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2001, 3 tomes. Au cours de cette étude, nous utiliserons à la fois la correspondance publiée de Charles Carroll of Carrollton et les données récoltées à la faveur d’un dépouillement des Carroll Papers de la Maryland Historical Society de Baltimore.
    À cette correspondance, nous ajouterons la correspondance de Charles Carroll présente dans la Arents Collection de la New York Public Library et disponible en ligne : https://digitalcollections.nypl.org/items/510d47e3-9879-a3d9-e040-e00a18064a99. Enfin, à cette source, déjà abondante et de qualité, nous apporterons également des données obtenues à la faveur d’un dépouillement effectué aux Archivum Britannicum Societatis Iesu de Londres (ci-après ABSI).
  • [9]
    John Carroll (1735-1815) né à Upper Marlboro (Maryland) est le cousin de Charles. Il devient, en 1789, le premier évêque catholique américain. Il fonde l’université de Georgetown en 1789. Les autres garçons originaires du Maryland sont notamment ses cousins Robert Darnall et Walter Hoxton. R. Hoffman, S. D. Mason et E. S. Darcy, Dear Papa, dear Charley…, op. cit. (n. 8), p. 4.
  • [10]
    G. Holt, The English Jesuits in the Age of Reason, Tunbridge Wells, Kent, Burns & Oates Ltd, 1993, p. 85.
  • [11]
    H. Chadwick, St Omers to Stonyhurst : a history of two centuries, St Omers, 1593, Bruges, 1762, Liege, 1773, Stonyhurst, 1794, London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Burns & Oates, 1962, p. 271-273. Ces informations sont également présentes dans le Bulletin de la Société académique de Boulogne-sur-Mer, t. 7 (archives municipales de Boulogne-sur-Mer dorénavant AM Boulogne-sur-Mer).
  • [12]
    Les frais de scolarité à Saint-Omer pouvaient être payés à un procurateur jésuite anglais à Londres, ou à un autre à Anvers, ou au collège directement. Pour les étudiants américains, le plus généralement, ils étaient payés par une lettre de change dans une merchant house de Londres, puis au procurateur.
  • [13]
    G. Holt, The English Jesuits in the Age of Reason…, op. cit. (n. 10), p. 81.
  • [14]
    La chapelle des jésuites, restaurée à Saint-Omer il y a quelques années, est celle du collège wallon. Les collèges se trouvaient principalement sur l’emplacement de l’actuel lycée Ribot.
  • [15]
    M. Whitehead, English Jesuit Education : Expulsion, Suppression, Survival and Restoration, 1762-1803, London, Routledge, 2016, p. 34, n. 31. La plus ancienne lettre conservée de Charles Carroll of Carrollton a été écrite depuis Blendecques. Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis et Elizabeth Brooke, 4 septembre 1749, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [16]
    S’il n’y a pas de preuve concrète des rapports entre anglais et wallons à Saint-Omer au moment du séjour de Charles Carroll, il en existe pour les années qui suivent. Voir ABSI, Thorpe Miscellaneous, MSB 65, fol. 8-9.
  • [17]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis et Elizabeth Brooke, 4 septembre 1749, ms. 206, Maryland Historical Society (disponible dans Dear Papa, dear Charley… (op. cit., n. 8), p. 4.
  • [18]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 23 mars 1750, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [19]
    Anthony Carroll (1722-1794) est un cousin de Charles Carroll. Il a étudié à Saint-Omer de 1734 à 1744, puis est devenu prêtre. Il a étudié à Liège et Reims et enseigné à Saint-Omer avant de se rendre en Angleterre pour les jésuites. En 1774, à la suppression de la compagnie, il voyage avec son cousin John Carroll jusqu’en Amérique, puis retourne l’année d’après en Angleterre, où il finit sa vie. G. Holt, St. Omers and Bruges Colleges, 1593-1773 : a biographical dictionary, London, Royaume-Uni, Catholic Record Society, p. 59.
  • [20]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 10 octobre 1753, ms. 1225, Maryland Historical Society.
  • [21]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 12 octobre 1751, ms. 216, Maryland Historical Society.
  • [22]
    John Jenison à Charles Carroll of Annapolis, novembre 1753 dans R. Hoffman, S. D. Mason et E. S. Darcy, Dear Papa, dear Charley…, op. cit. (n. 8), p. 23-24.
  • [23]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 22 mars 1750, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [24]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 9 octobre 1752, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [25]
    « Cher enfant, j’ai hâte de te voir, mais je ne t’ai pas envoyé si loin seulement pour apprendre un peu de grec et de latin ». Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 10 octobre 1753, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [26]
    John Jenison à Charles Carroll of Annapolis, novembre 1753 dans R. Hoffman, S. D. Mason et E. S. Darcy, Dear Papa, dear Charley…, op. cit. (n. 8), p. 23-24.
  • [27]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 22 mars 1751, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [28]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 30 septembre 1754, ms. 220, Maryland Historical Society.
  • [29]
    À propos de la notion d’étranger, que nous ne développerons pas en détail ici, voir S. Subrahmanyam, Comment être un étranger : Goa-Ispahan-Venise, xvie-xviiie siècles, Paris, Alma (éd.), coll. “Essai Histoire”, 2013, 346 p.
  • [30]
    R. Hoffman, Princes of Ireland planters of Maryland : a Carroll saga, 1500-1782, Chapel Hill, Published for the Omohundro Institute of Early American History and Culture, Williamsburg, Virginia, by the University of North Carolina Press, p. 150.
  • [31]
    R. Hoffman, Princes of Ireland… op. cit. (n. 30), p. 274.
  • [32]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 26 juillet 1756, ms. 220, Maryland Historical Society.
  • [33]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 1er janvier 1758, ms. 220, Maryland Historical Society.
  • [34]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis et Elizabeth Carroll, 10 août 1758, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [35]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 28 décembre 1757, ms. 206, Maryland Historical Society. Une analyse fine des livres de compte de Charles permet de se rendre compte de l’importance croissante des loisirs dans sa vie.
  • [36]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 30 août 1758, ms. 220, Maryland Historical Society.
  • [37]
    R. Hoffman, S. D. Mason et E. S. Darcy, Dear Papa, dear Charley…, op. cit. (n. 8), p. 171.
  • [38]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 6 octobre 1759, ms. 220, Maryland Historical Society.
  • [39]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 26 décembre 1759, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [40]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 10 avril 1760, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [41]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 30 février 1760, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [42]
    « Je suis maintenant au large, jusqu’à présent j’ai navigué triomphalement ». Voir Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 29 janvier 1760, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [43]
    Voir par exemple Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 1er janvier 1761, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [44]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 29 avril 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [45]
    Il écrit dans une lettre du 28 mars 1761 : « I have been so bold for once as to disobey your commands ». (J’ai pour une fois été si audacieux que je vous ai désobéi). Son père tente par la suite de le persuader de s’inscrire mais échoue. Charles Carroll écrit également à son père qu’il ne trouve pas de bon professeur pour lui enseigner et ce alors qu’il est à Londres, ce qui marque son désintérêt pour le droit. Voir Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 28 mars 1761, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [46]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 16 mai 1760, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [47]
    Daniel Dulany Jr. (1722-1797) est un brillant juriste et homme politique du Maryland. Il est reconnu comme une figure de l’opposition au Stamp Act grâce à son pamphlet Considerations on the Propriety of Imposing Taxes in the British Colonies. Loyaliste, il perd la plupart de ses propriétés et meurt en 1797 à Baltimore. Pour une étude plus complète de la famille Dulany, voir A. C. Land, The Dulanys of Maryland, Johns Hopkins University, 1968.
  • [48]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 17 avril 1761 et 17 septembre 1761, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [49]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 5 janvier 1762, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [50]
    Ibid.
  • [51]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 26 avril 1762, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [52]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 11 novembre 1762, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [53]
    Dans une lettre adressée à son père en janvier 1760, Charles Carroll déclare que la common law est difficile à apprendre car elle requiert une certaine méthode et que son étude est presque insupportable. Voir Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 29 janvier 1760, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [54]
    Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 29 avril 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [55]
    Ibid.
  • [56]
    Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 2 juillet 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [57]
    Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 8 août 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [58]
    Dans une lettre du 3 octobre 1763, Charles Carroll of Carrollton annonce à son père qu’il partira de Paris d’ici douze jours et qu’il se rendra à Calais par la Normandie. Il écrit également qu’il a tiré trois lettres de change d’un montant total de 180 £, Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 3 octobre 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [59]
    Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 27 janvier 1764, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [60]
    Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 8 décembre 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [61]
    Ibid.
  • [62]
    R. Hoffmann, Princes of Ireland…, op. cit. (n. 30), p. 175.
  • [63]
    Charles Carroll of Carrollton ne manquait pas de connaissances. Son père bénéficiait d’un réseau important, principalement des jésuites. Ce réseau était à sa disposition. Il bénéficiait ainsi de l’appui des agents commerciaux de la famille, William Perkins et Thomas Philpot. Il était lié avec George Hunter, supérieur de la mission jésuite dans le Maryland. D’autres connaissances, proches des jésuites ou commerçant avec eux, faisaient également partie de l’entourage de Charles Carroll. C’est le cas du Capitaine Kelty ou encore de Thomas Digges.
    Charles Carroll of Annapolis s’inquiétait également des fréquentations de son fils, lequel le rassura dans une lettre datée du 15 juillet 1761 en lui donnant plusieurs noms : William Perkins et son frère, M. Bird, M. Eure et Maire. Charles Carroll ne fréquentait que peu de femmes. Voir Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 15 juillet 1761, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [64]
    Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 8 décembre 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [65]
    En 1765, la volonté d’imposer un timbre fiscal sur les documents légaux, les journaux, les almanachs, les cartes et les dés donna naissance au Stamp Act. Le Stamp Act fit partie d’une série de mesures destinées à tirer un profit financier des colonies. Ce fut également la première mesure à laquelle les colonies anglaises d’Amérique s’opposèrent unanimement.
  • [66]
    Martha « Louisa » Baker (1747-1809) est la fille d’un riche catholique anglais. Charles Carroll rencontre Louisa Baker en 1763 par l’intermédiaire d’Alexander Crookshanks, procurateur à Paris de la mission anglaise de la Société de Jésus. Très vite, ils songent à se marier. Ce projet échoue devant le refus des parents d’envoyer leur fille en Amérique.
  • [67]
    Le 1er septembre 1762, Charles Carroll père envoie une lettre à son fils concernant le mariage où il y détaille ses instructions. Il fait passer la religion avant la fortune de la mariée. Il déclare ainsi : « I Earnestly Recommend it to you on no Consideration to Marry a Protestant ». Voir Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll of Carrollton, 1er septembre 1762, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [68]
    Ce terme est notamment issu de l’ouvrage de Sanjay Subrahmanyam cité plus haut : S. Subrahmanyam, Comment être un étranger…, op. cit. (n. 29), Paris, Alma (éd.), coll. “Essai Histoire”, 2013, 346 p.
  • [69]
    Voir par exemple Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 6 août 1762, ms. 1974, Maryland Historical Society.
  • [70]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 28 mars 1761, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [71]
    Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 20 septembre 1763, ms. 206, Maryland Historical Society et Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 8 décembre 1763, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [72]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 27 février 1764, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [73]
    Comme nous l’évoquions en introduction, les lois anti-catholiques en vigueur au Royaume-Uni peuvent être appliquées au Maryland. La très riche famille Carroll peut donc, à tout moment, se faire saisir ses biens.
  • [74]
    Les protestants américains craignaient que les catholiques prennent parti pour les Français en vertu de leur religion. Une double taxe sur les terres des catholiques, pour financer l’effort de guerre, fut alors votée dans le Maryland. Celle-ci révolta Charles Carroll of Annapolis. Voir par exemple Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll of Carrollton, 26 juillet 1756, ms. 220, Maryland Historical Society.
  • [75]
    Il reste peu de lettres émanant directement de Charles Carroll et concernant le commerce pour la période 1765-1771. En revanche, un fonds important existe pour la période allant de 1771 à la guerre d’indépendance. Présent dans la collection Arents de la New York Public Library, ce fonds est consultable en ligne. On peut y voir comment Charles Carroll of Carrollton utilise les lettres et la confiance pour gérer au mieux l’économie familiale.
  • [76]
    Charles Carroll of Carrollton à Thomas Bradshaw, 23 novembre 1765, ms. 203.1, Maryland Historical Society.
  • [77]
    Les sociologues français et internationaux ont notamment discuté du sujet avec des spécialistes d’autres disciplines, dont des historiens. M. Bessin, Cl. Bidart, M. Grossetti (dir.), Bifurcations. Les sciences sociales face aux ruptures et à l’événement, Paris, La Découverte, coll. « recherches », 2010, 397 p.
  • [78]
    M. Bessin, Cl. Bidart, M. Grossetti (dir.), Bifurcations…, op. cit. (n. 77), p. 161.
  • [79]
    Charles Carroll dîne avec Lord Baltimore en 1760. Il rapporte cette rencontre dans une lettre du 10 avril 1760. Charles Carroll of Carrollton à Charles Carroll of Annapolis, 10 avril 1760, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [80]
    « I am perflectly ignorant of the Maryland government its laws, & power of the Proprietary », ibid.
  • [81]
    Dès le début de son séjour londonien, Charles Carroll of Carrollton émettait des souhaits de retour. Il parle notamment d’un « bannissement » dans sa lettre du 10 avril 1760. Ibid.
  • [82]
    M. Bessin, Cl. Bidart, M. Grossetti (dir.), Bifurcations…, op. cit. (n. 77), p. 148.
  • [83]
    Charles Carroll of Carrollton a semblé très marqué par l’échec de son projet de mariage avec Louisa Baker. Selon Ronald Hoffman, Charles Carroll n’oublia jamais Louisa Baker. R. Hoffman, Princes of Ireland…, op. cit. (n. 30), p. 182.
  • [84]
    Dans une lettre adressée à William Graves le 15 septembre 1765, Charles Carroll of Carrollton déclare qu’il n’a pas d’ambition sinon celle d’être un homme indépendant et donc un private man. Charles Carroll of Carrollton à William Graves, 15 septembre 1765, ms. 203.1, Maryland Historical Society.
  • [85]
    Alors qu’il était au plus fort pendant la guerre de Sept Ans, le sentiment anticatholique diminuait dans le Maryland dans les années 1760. Charles Carroll of Carrollton souhaitait se réintégrer dans la société du Maryland à travers des jeux, des dîners et des participations à des clubs. Certains lui étaient encore fermés, comme le forensic club. R. Hoffman, Princes of Ireland…, op. cit. (n. 30), p. 212.
  • [86]
    L’affrontement entre Charles Carroll et Daniel Dulany Jr. fera l’objet d’une analyse fine dans un des chapitres de la thèse consacrée à Charles Carroll. Nous ne le détaillerons pas ici.
  • [87]
    Charles Carroll à William Graves, 10 février 1775, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [88]
    Charles Carroll à Perkins & Co, 9 mai 1772, Arents Collection et Charles Carroll à West & Hobson, 1er mars 1773, Arents Collection.
  • [89]
    R. Hoffman, Princes of Ireland…, op. cit. (n. 30), p. 299.
  • [90]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 12 mars 1776, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [91]
    R. Hoffman, Princes of Ireland…, op. cit. (n. 30), p. 301.
  • [92]
    E. C. Papenfuse, In pursuit of profit : the Annapolis merchants in the era of the American revolution, 1763-1805, Baltimore, Maryland, États-Unis, 1975, p. 3.
  • [93]
    E. C Papenfuse, In pursuit of profit…, op. cit. (n. 92), p. 74.
  • [94]
    À propos de Nantes pendant la révolution américaine, voir notamment L. Rouzeau, « Aperçus du rôle de Nantes dans la guerre d’indépendance d’Amérique (1775-1783) », Annales de Bretagne, LXXIV, 1967, p. 217-278.
  • [95]
    Charles Carroll à Joshua Johnson, 12 décembre 1781, Arents Collection.
  • [96]
    Charles Carroll à Joshua Johnson, 26 mars 1782, Arents Collection.
  • [97]
    E. C Papenfuse, In pursuit of profit…, op. cit. (n. 92), p. 129.
  • [98]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 4 avril 1777, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [99]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 4 mai 1777, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [100]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 12 mai 1777, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [101]
    Dès novembre 1777, il soutient cette hypothèse dans une lettre à son père. Une lettre du 9 août 1780 atteste du pessimisme de Charles : il écrit que les États-Unis ne pourront pas supporter une autre campagne militaire à moins d’une aide humaine et financière d’au moins 600 000 £ par an. Charles évoque à de nombreuses reprises une aide financière de la France pour gagner la guerre, Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 15 novembre 1777, ms. 206, Maryland Historical Society et Charles Carroll à William Carmichael, 9 août 1780, ms. 220, Maryland Historical Society.
  • [102]
    Charles Carroll à Wallace, Johnson and Muir, 18 avril 1782, Arents Collection.
  • [103]
    Charles Carroll à Charles Carroll of Annapolis, 3 mai 1778, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [104]
    Charles Carroll à Wallace, Johnson and Muir, 11 mai 1782, Arents Collection.
  • [105]
    À ce propos, je vous renvoie au texte de Romain Leclercq dans ce dossier.
  • [106]
    Entre 1771 et 1775, 85 % du tabac provenant de la baie de Chesapeake est réexporté de l’Angleterre vers l’Europe. J. M. Price, Tobacco in Atlantic trade : the Chesapeake, London and Glasgow 1675-1775, London, Royaume-Uni, Variorum, 1995, p. 499.
  • [107]
    Charles Carroll à Joshua Johnson, 21 février 1782, Arents Collection.
  • [108]
    H. Maspero Clerc, « Samuel Swinton, éditeur du Courrier de l’Europe à Boulogne-sur-Mer (1778-1783) et agent secret du Gouvernement britannique », Annales historiques de la Révolution française, 266, 1985, p. 527-531.
  • [109]
    Ibid., p. 528.
  • [110]
    Ibid., p. 527.
  • [111]
    L. Rouzeau, Aperçus du rôle de Nantes…, op. cit. (n. 94), p. 217-278.
  • [112]
    Une lettre de Charles Carroll of Annapolis à son fils nous apprend par exemple qu’il a reçu de son fils de nombreux magazines français et écossais. Charles Carroll of Annapolis à Charles Carroll, 13 janvier 1781, ms. 206, Maryland Historical Society.
  • [113]
    D. Armitage and M. J. Braddick (eds.), The British Atlantic World…, op. cit. (n. 7), p. 5.
  • [114]
    Idem, p. 5.
  • [115]
    B. Birzer, American Cicero : the life of Charles Carroll, Wilmington, ISI Books, p. 19.
  • [116]
    À propos des transferts culturels voir M. Espagne, « La notion de transfert culturel », Revue Sciences/Lettres, 2012, 1.
Français

Unique signataire catholique de la déclaration d’indépendance des États-Unis, Charles Carroll of Carrollton a étudié à Saint-Omer, Reims, Paris, Bourges et Londres. Cette formation européenne, couplée à l’éducation reçue de son père et aux réseaux auxquels il a appartenu, ont fait de Charles un homme à part. Étranger des deux côtés de l’Atlantique, Charles Carroll a gardé de sa formation européenne un point de vue transatlantique des événements qui secouent l’Amérique, ce qui fait de lui un véritable homme entre deux mondes.

  • révolution
  • commerce
  • Atlantique
  • ports
  • identité
  • jésuites

Mots-clés éditeurs : Atlantique, commerce, identité, jésuites, ports, révolution


English

A man between two worlds. Charles Carroll of Carrollton, from the Jesuit College of Saint-Omer to the American Revolution (1748-1783)

Only catholic signer of the Declaration of Independence of the United States, Charles Carroll of Carrollton studied at Saint Omers, Rheims, Paris, Bourges and London. By using both his european education and the power of his social networks, Charles Carroll became a man apart. An alien on both sides of the Atlantic, Charles Carroll developed from his european education a transatlantic point of view on the events that shaped America, making him a man between two worlds.


Date de mise en ligne : 20/10/2021

https://doi.org/10.3917/rdn.440.0243

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