Compte rendu

Monique Maillard-Luypaert dir. (avec la collaboration de l’Institut Royal du Patrimoine Artistique), Séminaire de Tournai. Histoire, bâtiments, collections, Louvain, Peeters, 2008, 280 p.

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  • Guignet, P.
(2009). Monique Maillard-Luypaert dir. (avec la collaboration de l’Institut Royal du Patrimoine Artistique), Séminaire de Tournai. Histoire, bâtiments, collections, Louvain, Peeters, 2008, 280 p. Revue du Nord, 381(3), VII-VII. https://doi.org/10.3917/rdn.381.0641g.

  • Guignet, Philippe.
« Monique Maillard-Luypaert dir. (avec la collaboration de l’Institut Royal du Patrimoine Artistique), Séminaire de Tournai. Histoire, bâtiments, collections, Louvain, Peeters, 2008, 280 p. ». Revue du Nord, 2009/3 n° 381, 2009. p.VII-VII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-du-nord-2009-3-page-VII?lang=fr.

  • GUIGNET, Philippe,
2009. Monique Maillard-Luypaert dir. (avec la collaboration de l’Institut Royal du Patrimoine Artistique), Séminaire de Tournai. Histoire, bâtiments, collections, Louvain, Peeters, 2008, 280 p. Revue du Nord, 2009/3 n° 381, p.VII-VII. DOI : 10.3917/rdn.381.0641g. URL : https://shs.cairn.info/revue-du-nord-2009-3-page-VII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rdn.381.0641g


1 En 1973, le chanoine Albert Milet (1915-2006), historien et professeur au séminaire, dont on ne vantera jamais assez l’activité inlassable et multiforme, publiait un opuscule intitulé Séminaire de Tournai. Bâtiments et collections. Aperçu historique et catalogue descriptif. Cet ouvrage de 23 pages pouvait paraître modeste, mais montrait déjà la grande richesse des fonds détenus dans une ville où, depuis les dévastations de mai 1940, le séminaire est avec la cathédrale le seul endroit où, par exemple, on dispose encore de manuscrits sur Tournai remontant au xie siècle. Comme le dit Monique Maillard-Luypaert, initiatrice de ce beau volume publié par Peeters à l’occasion du bicentenaire du séminaire épiscopal, sans cette œuvre du regretté A. Milet, cette publication n’aurait jamais vu le jour (p. XII).

2 L’ouvrage se déploie selon trois axes : l’histoire du séminaire, la présentation des bâtiments et des jardins, la description des collections sous forme d’un catalogue raisonné. Il revient logiquement à Philippe Desmette, auteur d’une thèse réputée sur les confréries religieuses dans le nord du diocèse de Cambrai, de présenter ce qu’il appelle avec trop d’humilité une « esquisse historique » du séminaire épiscopal de Tournai sous l’Ancien Régime. Alors que le séminaire est fermé depuis 1797, Mgr François-Joseph Hirn réclama les bâtiments de l’ancien collège des jésuites, devenus entre-temps sous-préfecture de Tournai, pour y installer le séminaire. Un décret impérial lui donna enfin satisfaction en 1808. Monique Maillard-Luypaert, médiéviste de formation, conservateur et archiviste du séminaire, fait ensuite le point sur une époque contemporaine dont l’histoire sur ce plan « demeure à écrire ». Les bâtiments résidentiels et l’église sont décrits par Pierre Anagnostopoulos (ULB), Francis Tourneur (secrétaire général de « Pierres et Marbres de Wallonie »), et Jean-Louis Vanden Eynde (Institut supérieur d’archéologie Saint-Luc à Bruxelles). Le jardin est présenté avec à-propos par Odile De Bruyn (UCL) qui rappelle au passage que seminarium signifie pépinière et dérive du latin semen qui veut dire semence, graine (p. 53). La présentation des collections se taille la part du lion (p. 67-256). On trouvera au fil de ces pages richement illustrées une mise au point de qualité sur les collections archéologiques (S. Challe et J. Van Heesch), les archives (M. Maillard-Luypaert), la bibliothèque (350 manuscrits, une quarantaine d’incunables, une centaine de post-incunables, environ 100 000 livres imprimés), les collections artistiques (peintures, sculptures, mobilier, orfèvrerie, vitraux, orgues, céramiques, textiles). On comprendra que le recenseur ne peut entrer dans le détail de ces pages d’une richesse peu commune. Signalons simplement que les dix-sept tableaux provenant de l’église de l’abbaye bénédictine de Saint-Martin de Tournai, où s’exprime le talent de François Pourbus l’Ancien, constituent des pièces de choix et bénéficient de l’étude attentive que l’on attendait aux pages 163-172 (notice du professeur Carl van de Velde de la VUB).

3 On aura une idée de la méticulosité mise en œuvre par l’équipe réunie par Monique Maillard-Luypaert en signalant que l’ouvrage, riche de 241 illustrations, comporte une bibliographie forte de 556 références, compte non tenu de 71 catalogues d’exposition. Un index des noms de personnes et de lieux couvre 17 pages de texte disposé sur deux colonnes (p. 257-274), bien en harmonie avec les qualités d’érudition sans faille de nos collègues et amis belges !

4 C’est dire qu’avec ce livre, on dispose d’un ouvrage de référence qui ne sera pas remplacé avant longtemps. Peut-être aurait-on pu préciser les usages actuels de ces bâtiments : à des fonctions inhérentes à un lieu de documentation (nous pouvons attester de la qualité de l’accueil réservé aux chercheurs) s’adjoignent l’animation spirituelle du diocèse et la formation chrétienne des laïcs. Ce lieu n’est cependant plus un séminaire avec de futurs prêtres en formation. M. Maillard-Luypaert indique que le concile Vatican II et sa « rupture des digues », la crise de l’Église et celle de la société (p. 14) sont passés par là. Certes, certes…

5 Philippe Guignet


Date de mise en ligne : 24/03/2013

https://doi.org/10.3917/rdn.381.0641g