Et le don dans tout ça ? Critique du don chez Descola
Pages 283 à 301
Citer cet article
- GAUTHIER, François,
- Gauthier, François.
- Gauthier, F.
https://doi.org/10.3917/rdm1.065.0283
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- Gauthier, F.
- Gauthier, François.
- GAUTHIER, François,
https://doi.org/10.3917/rdm1.065.0283
Notes
-
[1]
Je remercie Alain Caillé en particulier pour les discussions autour de ce thème et sa relecture critique d’une première version. Merci aussi à Roberte Hamayon, ainsi qu’à Jacques T. Godbout pour leurs apports.
-
[2]
Voir mon autre article dans ce numéro sur les régimes ontologiques.
-
[1]
Vidal ne retient que ce passage de l’Essai sur le don, sur lequel il fonde sa critique du moralisme de Mauss. Le plus étonnant est la manière dont Descola reprend Vidal sans autre égard pour le contenu effectif de l’Essai.
-
[1]
Viveiros de Castro ne partage pas la conception du don de Descola. Ses usages du concept, quoique peu occurrents, est beaucoup plus fidèle à la réception traditionnelle de l’Essai sur le don en anthropologie. Pour lui, l’obligation est une idée fondamentale chez Mauss qu’il reprend volontiers à son compte, en mettant l’emphase sur son caractère immanent aux relations entre sujets [Viveiros de Castro, 2009, p. 95].
-
[1]
Ou plutôt, c’est sur le début de l’Essai que Bourdieu a tiré sa conception du don comme tel.
-
[2]
Définissant également le don comme don pur, Derrida va jusqu’à dire que le don, par conséquent, n’existe pas.
-
[1]
Il y a bien une part de moralisme chez Mauss mais il est faux de prétendre que cette dimension détermine ses travaux ou même sa pensée politique [voir ses écrits politiques : Mauss, 1997]. Il y a probablement une dimension de moralisme chez tous les auteurs, y compris Descola [voir en conclusion].
-
[1]
Ce retournement contre Mauss et Durkheim est d’autant plus surprenant et contradictoire que Descola cite ces deux auteurs à propos ailleurs dans son ouvrage et son œuvre.
-
[1]
Caillé [2020] a attiré l’attention sur les cycles de dons négatifs.
-
[1]
Descola ne donne pas la page dans sa référence.
-
[1]
Communication personnelle (19 janvier 2025).
-
[2]
Roberte Hamayon (communication personnelle) a d’ailleurs sans doute raison de critiquer la notion de maître (ou maîtresse) des animaux, puisque cette terminologie suscite des idées de pouvoir, de possession et de domination qui sont absentes de ces sociétés.
-
[1]
Désveaux [1988] en donne de bonnes descriptions pour les Ojibwa.
-
[2]
À de multiples reprises, Descola affirme poursuivre dans la voie tracée par Lévi-Strauss en ce qu’il veut détourner des termes pour saisir les relations. Avec sa conception de l’échange, il fait pourtant l’inverse.
-
[1]
Cette approche permet de revenir sur l’idée de Godelier [1996] suivant laquelle la circulation d’objets nécessite la fixité de certains autres objets qu’il appelle « sacra » (théorie que cite Descola [2005, p. 724] contre Mauss). Or, qu’est-ce que ces sacra sinon des dons de génération en génération, sur l’axe longitudinal (temporel), construisant et reproduisant l’identité du groupe ?
Quelle est la place du don chez les auteurs du « tournant ontologique » ?
Pour s’en tenir aux trois auteurs les plus connus du côté francophone, il n’y a
pas tant à dire a priori. Le don est pratiquement absent des travaux de Bruno
Latour. La riche ethnographie des Araweté d’Eduardo Viveiros de Castro
[1992] ne comporte aucune mention du don dans son index, malgré la variété des sujets traités (cosmologie, pratiques, rituels, vie religieuse, rapports
entre nature et surnature, structures de parenté, naissance, mort, cannibalisme, guerre de vendetta). Il en est question ailleurs dans son œuvre mais
de manière très marginale. L’auteur qui évoque le don de la manière la plus
explicite est Philippe Descola, notamment dans Par-delà nature et culture
[2005], qui concentrera notre attention.
Après avoir défini les quatre régimes ontologiques que sont l’animisme,
le totémisme, l’analogisme et le naturalisme, Descola se penche longuement [trois chapitres, p. 425-619] sur les six types de relations que les humains nouent entre eux et avec les non-humains et qu’il distribue en deux
séries. L’échange, la prédation et le don, d’une part, puis la production, la
protection et la transmission d’autre part [p. 530]. Ces types de relations
« viennent moduler chaque mode d’identification » [idem], à savoir l’animisme, le totémisme, l’analogisme et le naturalisme. Les régimes ontologiques n’apparaissent pas, dans bien de cas, sous leur forme pure, or il
est possible d’identifier l’un d’entre eux comme étant dominant et dès lors
structurant…
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