Article de revue

È morto il santo

Pages 352 à 354

Citer cet article


  • Bordes, F.
(2024). È morto il santo. Revue du MAUSS, 63(1), 352-354. https://doi.org/10.3917/rdm1.063.0352.

  • Bordes, François.
« È morto il santo ». Revue du MAUSS, 2024/1 n° 63, 2024. p.352-354. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-du-mauss1-2024-1-page-352?lang=fr.

  • BORDES, François,
2024. È morto il santo. Revue du MAUSS, 2024/1 n° 63, p.352-354. DOI : 10.3917/rdm1.063.0352. URL : https://shs.cairn.info/revue-du-mauss1-2024-1-page-352?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rdm1.063.0352


Notes

  • [1]
    Sur Je vais entrer dans un pays de Guillaume Marie, Corti, Domaine français, 2024.

Dans ses poèmes, Constantin Cavafy décrivait un monde lointain, perdu dans le temps, celui de l’hellénisme tardif, le monde complexe et étrange de la Grèce hellénistique. Gravée dans ses pages, l’image d’un monde englouti – en lisant ses œuvres, nous regardons les vestiges du passé à travers la vitre du poème. Le parfait petit récit que Guillaume Marie [2024] vient de publier aux éditions Corti accomplit ce type d’opération poétique sur un objet moins éloigné de nous que la Grèce des Ptolémée : une vie de saint du XVIIIe siècle.
Seuls d’obscurs dévots ignorent encore le rôle et l’influence des hagiographies sur la littérature. Sans remonter à Gustave Flaubert, rappelons l’immense massif de l’œuvre de Claude Louis-Combet. Inventeur de la mythobiographie, ce dernier a proprement métamorphosé le conte des vies de saint comme Henri Michaux a fait muter le poème, en le transportant ailleurs, dans un autre monde, une autre langue, un pays de mots et d’écriture. Avec Beatabata, Marinus et Marina, Les Errances Druon ou Christine l’admirable, Claude Louis-Combet a transmué les légendes dorées. Ses récits nourris de vase, de terre, de bave et de sang redonnent toute une vie violente à ces mythologies malades d’un christianisme païen, animal, humain et monstrueux. Écrits en un temps de sortie de la religion, ses livres de haute écriture témoignent du fantôme chrétien qui hantait la littérature. Reprenant l’expression d’Emmanuel Todd, nous pourrions parler de récits de l’âge zombie de la religion…


Date de mise en ligne : 25/06/2024

https://doi.org/10.3917/rdm1.063.0352

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