Compte rendu

La nouvelle communication : épistémologie des sciences de l’information-communication, Alex Mucchielli, Paris : Armand Colin, 2000. – 214 p. – (Collection U. Sciences de la communication). – ISBN 2-200-01696-4 : 18,29 € : 120 FRF

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  • Blanquet, M.-F.
(2001). La nouvelle communication : épistémologie des sciences de l’information-communication, Alex Mucchielli, Paris : Armand Colin, 2000. – 214 p. – (Collection U. Sciences de la communication). – ISBN 2-200-01696-4 : 18,29 € : 120 FRF. Documentaliste-Sciences de l'Information, . 38(2), IX-IX. https://doi.org/10.3917/docsi.382.0136i.

  • Blanquet, Marie-France.
« La nouvelle communication : épistémologie des sciences de l’information-communication, Alex Mucchielli, Paris : Armand Colin, 2000. – 214 p. – (Collection U. Sciences de la communication). – ISBN 2-200-01696-4 : 18,29 € : 120 FRF ». Documentaliste-Sciences de l'Information, 2001/2 Vol. 38, 2001. p.IX-IX. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2001-2-page-IX?lang=fr.

  • BLANQUET, Marie-France,
2001. La nouvelle communication : épistémologie des sciences de l’information-communication, Alex Mucchielli, Paris : Armand Colin, 2000. – 214 p. – (Collection U. Sciences de la communication). – ISBN 2-200-01696-4 : 18,29 € : 120 FRF. Documentaliste-Sciences de l'Information, 2001/2 Vol. 38, p.IX-IX. DOI : 10.3917/docsi.382.0136i. URL : https://shs.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2001-2-page-IX?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/docsi.382.0136i


Pour construire la nouvelle communication

1 CETTE ETUDE D’ALEX MUCHIELLI apporte une importante pierre théorique et méthodologique à la construction de « la nouvelle communication » où l’on ne communique pas mais où « l’on participe à une communication ».

2 L’architecture du livre, édifié autour de deux parties principales comprenant chacune son introduction et sa conclusion, traduit la volonté de l’auteur de synthétiser d’abord les apports théoriques du fondement scientifique des « sciences info- com » et d’en préciser les concepts opératoires, d’innover ensuite en proposant deux théorisations originales de la communication, avant de proposer une brève conclusion générale à cet ouvrage dépourvu d’introduction générale.

3 Le lecteur est ainsi invité à entrer de plain-pied dans la première partie destinée à délimiter les « Domaine et spécificité des sciences de l’information et de la communication » (p. 9-86). Quatre questionnements essentiels l’y attendent : quel objet pour les sciences de l’information et de la communication (chapitre 1) ? Quelle approche scientifique des phénomènes de communication (ch. 2) ? Quelles méthodes pour l’étude des phénomènes de communication (ch. 3) ? Et enfin quelles problématiques pour les recherches en SIC (ch. 4) ?

4 Ces questions inséparables et complémentaires aboutissent toutes à un même constat énoncé dans la conclusion de cette première partie (p. 79-84) : le phénomène communicationnel et la problématique dans laquelle on l’insère sont dépendants d’un positionnement épistémologique, du choix d’une théorie de référence et de ses concepts, ainsi que d’une méthodologie d’étude. La réponse apportée à ces questions, précise l’auteur, relève d’un parti pris qui n’est pas « fondamentalement "scientifiquement fondé" ». Il renvoie à un arrangement social, c’est-à-dire à la construction d’un consensus entre les membres d’un groupe, en d’autres termes à la constitution d’une « école de pensée ».

5 Sur la base de cette réflexion aux conclusions épistémologiques courageuses, Alex Mucchielli propose, dans une deuxième partie intitulée « Les nouveaux référents des sciences de l’information et de la communication » (p. 89-194), de poser deux fondements pour une école systémique-constructiviste de la communication. Le chapitre 5, en effet, expose « La théorie systémique des communications ou la communication-participation et sa méthode d’analyse » (p. 93-144), quand le chapitre 6 se consacre à « La théorie sémio-contextuelle de la communication ou la communication-processus et sa méthode d’analyse contextuelle et cognitive » (p. 145-194). Toutes deux sont accompagnées des méthodes de recueil et d’analyse des phénomènes de rituels de communication, d’émergence du sens, d’influence, de manipulation, de séduction et de persuasion.

6 En proposant ainsi « un nouveau paradigme pour les sciences info-com », Alex Mucchielli espère éveiller l’intérêt des chercheurs en sciences de l’information et de la communication et les aider à fonder l’identité de leur domaine. Car, affirme-t-il en conclusion, l’identité des SIC reste à construire.

7 Cette étude très théorique et savante porte bien son titre et, tout particulièrement, son sous-titre. Il s’agit bien là d’un travail épistémologique, au sens philosophique du terme : cette investigation, qui s’adresse principalement à des chercheurs, veut en effet être l’étude critique des principes, des hypothèses et des résultats des sciences de la communication, pour déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée objective.

8 Cependant, pour le lecteur documentaliste ou professionnel de l’information, ce livre suscite une certaine déception car, malgré son sous-titre, malgré le libellé des titres des deux parties principales et de certains chapitres – jamais ne sont abordées les sciences de l’information. Dans la première partie, seuls le domaine et la spécificité des sciences de la communication sont analysés, en prenant appui sur des exemples concrets empruntés à divers domaines extérieurs à la communication interpersonnelle. Les deux théories présentées le sont comme des guides méthodologiques généraux, mais pour les sciences de la communication. La bibliographie comme l’index de l’ouvrage reflètent d’ailleurs très clairement cette orientation vers la communication.

9 Beaucoup s’interrogent sur les raisons qui justifient la réunion des concepts de communication et d’information au sein des « sciences de l’information et de la communication ». Cette étude relance avec force cette interrogation et donne au lecteur l’envie de voir se lever l’épistémologue qui, avec « la nouvelle information », donnerait aux chercheurs des référents leur permettant de construire l’identité des sciences de l’information.

10 L’étude d’Alex Mucchielli pourrait lui servir de modèle.

11 Marie-France Blanquet

12 Nous avons déjà signalé la parution de deux répertoires de bibliothèques spécialisées, publiés l’un par l’ABF en 1999, l’autre par son auteur en 2000. Il convenait de présenter plus en détail ces deux instruments de recherche.


Date de mise en ligne : 01/02/2009

https://doi.org/10.3917/docsi.382.0136i