Dieu et les créatures chez John Hick
« Distance épistémique » et théonomie : antagonisme ou complémentarité ?
Pages 705 à 723
Citer cet article
- COCHINAUX, Philippe,
- Cochinaux, Philippe.
- Cochinaux, P.
https://doi.org/10.3917/rspt.884.0705
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- Cochinaux, P.
- Cochinaux, Philippe.
- COCHINAUX, Philippe,
https://doi.org/10.3917/rspt.884.0705
Notes
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[1]
John Harwood Hick est né à Scarborough dans le Yorkshire en Angleterre en 1922. Après des études de droit à l’université de Hull et un bref passage dans une unité d’ambulanciers durant la seconde guerre mondiale, il se rend à l’université d’Edimbourg pour compléter sa formation. Cette fois, il se dirige vers une licence en philosophie qu’il complète par un doctorat à l’université d’Oxford. Après ses études, John Hick entre au séminaire. Au terme de cette formation, il devient ministre pendant trois années et ce, avant de s’envoler aux États-Unis pour enseigner d’abord à l’université de Cornell, puis au Séminaire Théologique de Princeton. Il revient ensuite en Angleterre, où il est nommé Lecteur à la Faculté de Théologie de Cambridge. En 1967, il quitte cette université pour se rendre à Birmingham où il vient d’être nommé Professeur. Quelques années plus tard, tout en continuant son enseignement à Birmingham, il est également nommé Professeur au Claremont Graduate School en Californie. Dès 1982, il occupera ce dernier poste à plein-temps et quittera l’Angleterre pour y revenir après sa retraite. Il vit aujourd’hui à nouveau dans son pays natal. Tout au long de sa carrière, J. Hick a publié de nombreux articles ainsi que plusieurs monographies : Evil and the God of Love, Basingstoke, MacMillan Press, 1966; Death and Eternal Life, San Fransisco, Harper & Row, 1976; God and the universe of faiths, Basingstoke, MacMillan, 1988; Problems of religious pluralism, Basingstoke, MacMillan Press, 1988; An Interpretation of Religion – Human Responses to the Transcendent, New Haven, Yale University, Press, 1989; Philosophy of Religion, Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1990; The Metaphor of God Incarnate, Londres, SCM Press, 1993; Disputed Questions – in Theology and the Philosophy of Religion, New Haven, Yale University Press, 1993; The Rainbow of Faiths – Critical Dialogues on Religious Pluralism, Londres, SCM Press, 1995.
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[2]
P. Cole, Philosophy of Religion, Londres, Hodder & Stoughton, 1999; M. Larrimore (éd.), The problem of Evil, Oxford, Blackwell, 2001; Ch. T. Mathewes, Evil and the Augustinian Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 2001; J. F. Kelly, The problem of Evil in the Western Tradition – From the Book of Job to Modern Genetics, Collegeville, The Liturgical Press, 2002; D. Howard-Snyder, P. K. Moser (éd.), Divine Hiddenness – New Essays, Cambridge, Cambridge University Press, 2002.
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[3]
J. Hick, Evil and the God of Love, Londres, MacMillan Press, 1988, p. 280-291.
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[4]
Il est important de souligner que, même s’il la mentionne une fois ou l’autre lorsqu’il affirme que le processus de libre interaction entre l’individu et la grâce divine ne peut pas être évité, la notion de grâce a peu de place dans la théologie que J. Hick développe. Cf. J. Hick, Evil and the God of Love (1988), p. 348; J. Hick, The Metaphor of God Incarnate, Londres, SCM Press, 1993, p. 108-109.
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[5]
J. Hick, Evil and the God of Love (1988), p. 345-349; J. Hick, Death and Eternal Life, Basingstoke, MacMillan, 1988, p. 43-49; J. Hick, God and the universe of faiths, Basingstoke, MacMillan, 1988, p. 191-197; J. Hick, Disputed Questions – in Theology and the Philosophy of Religion, New Haven, Yale University Press, 1993, p. 183-196.
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[6]
J. Hick, Evil and the God of Love (1988), p. 281.
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[7]
G. Vergauwen, Autonomie et théonomie chez Paul Tillich, dans C.-J. Pinto de Oliveira (éd.), Autonomie. Dimensions éthiques de la liberté, Fribourg, Ed. universitaires, 1982, p. 200-212. G. Vergauwen recommande spécialement la lecture de P. Tillich, Le fondement religieux de la morale, Le Centurion/Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1971.
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[8]
G. Vergauwen, Autonomie et théonomie chez Paul Tillich (1982), p. 201.
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[9]
Ibid., p. 202.
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[10]
Ibid., p. 207.
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[11]
Ibid., p. 211.
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[12]
Ibid.
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[13]
P. Ricœur, Théonomie et/ou autonomie, dans M.-M. Olivetti (éd.), Filosofia della Rivelazione, Padoue, Cedan, 1994, p. 19-36.
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[14]
Ibid., p. 24.
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[15]
Ibid., p. 33-34.
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[16]
É. Gaziaux, Morale de la foi et morale autonome, Louvain, Leuven university Press, 1995, p. 347-354; É. Gaziaux, L’autonomie en morale : au croisement de la philosophie et de la théologie, Louvain, Leuven university Press, 1998, p. 579-592; É. Gaziaux, L’autonomie en morale : entre l’affirmation de l’homme et la quête de Dieu, dans Revue théologique de Louvain, 1999, t. 30, p. 315-335; É. Gaziaux, De l’autonomie morale au discernement spirituel : une perspective sur la liberté humaine, dans Revue d’éthique et de théologie morale « Le supplément », 2002, p. 159-180.
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[17]
É. Gaziaux, L’autonomie en morale (1999), p. 318.
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[18]
Ibid., p. 322.
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[19]
Ibid., p. 327.
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[20]
É. Gaziaux, De l’autonomie morale au discernement spirituel (2002), p. 166.
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[21]
É. Gaziaux, L’autonomie en morale (1999), p. 330.
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[22]
É. Gaziaux, De l’autonomie morale au discernement spirituel (2002), p. 167.
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[23]
É. Gaziaux, L’autonomie en morale (1998), p. 583.
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[24]
Ibid., p. 591.
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[25]
H.-U. von Balthasar, La dramatique divine, t. 2, Les personnes du drame, 1 : L’homme en Dieu, trad. Y. Cl. Gélébart avec la coll. de C. Dumont, Paris, Lethielleux, 1986, p. 161-274.
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[26]
Ibid., p. 198.
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[27]
Ibid., p. 236.
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[28]
Ibid., p. 239.
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[29]
Ibid., p. 246.
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[30]
Ibid., p. 271-272.
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[31]
Ibid., p. 272.
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[32]
Ibid., p. 272-273.
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[33]
J. Moltmann, Trinité et Royaume de Dieu, (coll. Cogitatio Fidei, 123), trad. M. Kleiber, Paris, Cerf, 1984, p. 239-277.
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[34]
Ibid., p. 275.
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[35]
Ibid., p. 276.
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[36]
Cf P. Ricœur supra.
Résumé
En explicitant le concept de liberté par celui de « distance épistémique », c’est-à-dire distance cognitive entre Dieu et les créatures, John Hick, philosophe de la religion et théologien anglais, ne risque-t-il pas de réduire la liberté au simple exercice de l’autonomie ? L’article propose d’enraciner le concept de distance épistémique dans celui de théonomie, montrant comment ces deux concepts ne sont pas antagonistes mais complémentaires, selon une dynamique où la liberté vise à se réaliser en Dieu par l’agapè.
God and Creatures in John Hick
« Epistemic Distance » and Theonomy : Antagonism or Complementarity?
Summary
In explaining the concept of liberty by that of « epistemic distance », that is to say, cognitive distance, between God and creatures, does not John Hick, English philosopher of religion and theologian, risk reducing liberty to the mere exercise of autonomy? The article proposes to root the concept of epistemic distance within that of theonomy, showing how these two concepts are not antagonistic, but complementary, in a dynamic where liberty aims to find fulfillment in God by agape.