Pour une poétique réformée : l'influence de Calvin sur les poètes des XVIe et XVIIe siècles
- Par Véronique Ferrer
Pages 883 à 899
Citer cet article
- FERRER, Véronique,
- Ferrer, Véronique.
- Ferrer, V.
https://doi.org/10.3917/rhlf.104.0883
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- Ferrer, V.
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https://doi.org/10.3917/rhlf.104.0883
Notes
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Université de Bordeaux 3.
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[1]
Le commentaire de Jean Calvin sur les Psaumes, initialement composé en latin et publié en 1557 à Genève chez Oliva Roberti Stephani, sous le titre : In librum Psalmorum, Johannis Calvini Commentarius, trouve son terme logique dans une traduction française qui voit le jour l’année suivante à Genève chez Conrad Badius : Le Livre des Pseaumes exposé par Jehan Calvin. Suivra une version révisée en 1561 chez le même imprimeur, sous l’intitulé : Commentaires de Jean Calvin sur le livre des Pseaumes.
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[2]
Voir l’épître de Calvin en tête des éditions du Psautier huguenot à partir de 1543 (« A tous chrestiens, et amateurs de la Parole de Dieu »), publiée par Gérard Defaux dans son édition des Cinquante Pseaumes de David de Clément Marot (Paris, Champion, 1995), p. 315-320 : « Seulement que le monde soit bien advisé, qu’au lieu de chansons en partie vaines et frivoles, en partie sottes et lourdes, en partie sales et vilaines, et par consequent mauvaises et nuisibles, dont il a usé par cy devant, il s’accoustume ci apres à chanter ces divins et celestes Cantiques avec le bon Roy David […] ».
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[3]
Sa théorie du style biblique procède d’une analyse systématique de la langue davidique légitimée par sa méthode exégétique originale, qui, on le sait, s’attache à dégager l’intention de l’auteur au moyen d’une étude philologique et rhétorique. Voir Olivier Millet, Calvin et la dynamique de la parole. Étude de la rhétorique réformée, Paris, Champion, 1992, p. 389-410.
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[4]
Dans la lignée des ouvrages fondateurs de Michel Jeanneret, Poésie et Tradition biblique au XVIe siècle, Paris, José Corti, 1969, et de Jacques Pineaux, La Poésie des protestants de langue française (1559-1598), Paris, Klincksieck, 1971, mon article entend proposer un état de la question concernant la poésie réformée des XVIe et XVIIe siècles en examinant plus précisément l’articulation entre création poétique et interprétation exégétique, en m’interrogeant sur les modalités spirituelles et poétiques de la réalisation d’un projet calvinien reconstitué a posteriori. On se reportera aussi à la base de données consacrée à la poésie huguenote dans l’espace franco-suisse (1530-1620), La Calliope chrestienne, qu’ont créée Olivier Pot, Olivier Millet et André Gendre à l’université de Genève.
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[5]
L’appel de Calvin trouvera un écho dans la célèbre Epistre aux Dames de France, qui ouvre, en même temps que le texte du réformateur, la traduction de Marot. Ce dernier propose à son tour de substituer aux chansons d’amour le chant à la gloire de Dieu.
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[6]
Pour la lutte contre le paganisme de l’inspiration poétique au début du siècle, voir la mise au point de Jean Vignes, dans Poétiques de la Renaissance, dir. Perrine Galand-Hallyn et Fernand Hallyn, Genève, Droz, 2001, chapitre IV (« Poésie et religion au XVIe siècle »), p. 264 sq. Jean Salmon Macrin reprend les critiques faites à l’encontre des poètes chrétiens par Erasme et Battista Spagnuoli, dit le Mantouan.
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[7]
Bèze lance à son corps défendant une mode : la palinodie viendra systématiquement se loger dans les préfaces des recueils poétiques d’inspiration chrétienne.
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[8]
Voir l’épître qui introduit les éditions du Psautier huguenot à partir de 1551, reproduite par Gérard Defaux dans son édition des Cinquante Pseaumes de David, op. cit., v. 127-128.
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[9]
Ronsard publia les Discours des Misères de ce temps en 1562. Chandieu et Montméja lui répondirent la même année dans la Response aux calomnies contenues aux Discours sur les miseres de ce temps, publiée par Francis Higman dans son édition des Discours de Ronsard, Paris, Le Livre de poche classique, 1993, p. 177 sq. Pour cette polémique qui se poursuivit par la Response aux injures de Ronsard et les répliques d’autres protestants, voir Jacques Pineaux, La polémique protestante contre Ronsard, Paris, STFM, 1973. Pour les enjeux poétiques de cette polémique, voir V. Ferrer, F. Lestringant, A. Tarrête, Sur les Discours des Misères de ce temps de Ronsard, Orléans, Paradigme, 2009, chapitre 8.
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[10]
Cinquante Pseaumes de David, v. 141-144.
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[11]
Ibid., v. 145.
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[12]
Épître de 1543, éd. G. Defaux, p. 319.
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[13]
Id.
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[14]
Ibid., p. 318-319.
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[15]
Ibid., p. 318.
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[16]
Voir notamment Institution de la religion chrétienne, éd. Jean-Daniel Benoît, Paris, Vrin, 1957-1963, I, 8, 1.
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[17]
Jean Calvin, Contre la secte phantastique et furieuse des Libertins qui se nomment spirituelz (1545), cité par M. Jeanneret, Poésie et Tradition biblique au XVIe siècle, op. cit., p. 170.
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[18]
Voir les analyses des commentaires sur les Psaumes que j’examine dans mon article « La lyre protestante : Calvin et la réforme poétique en France », Réforme et poésie en France aux XVIe et XVIIe siècles, Revue de l’Histoire des religions, tome 226, 1/2009.
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[19]
Voir respectivement Guillaume Guéroult, Premier livre des Pseaumes, Cantiques et Chansons spirituelles, Genève, 1554, Le second livre des Pseaumes et sentences, Genève, 1555, Bruno Des Masures, Vingt pseaumes de David traduits selon la verité hebraique et mis en rime françoise, Lyon, J. de Tournes et G. Gazeau, 1557.
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[20]
Voir notamment Accace d’Albiac, Le Livre de Job, traduit en Poésie françoise, Genève, 1552, Les Proverbes de Salomon. Ensemble L’Ecclésiaste mis en cantiques et rime françoise selon la verité hebraïque, Lausanne, Jean Rivery, 1556, et les Divers cantiques esleus et extraicts entre les plus notables du vieil et nouveau Testament, Genève, 1558.
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[21]
Voir notamment la paraphrase d’Accace d’Albiac ou la traduction versifiée de Pierre de Courcelles, Cantiques des Cantiques de Salomon, assortis des Lamentations de Jeremie, Paris, 1564.
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[22]
Même à Genève, on privilégie la publication d’ouvrages d’exégèse ou de doctrine en vue d’une instruction massive de la communauté réformée. La poésie n’est pas la préoccupation majeure de l’édition genevoise. D’autre part, on compte encore beaucoup de publications en langue latine.
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[23]
Voir la Sepmaine, éd. Yvonne Bellenger, Paris, STFM, I, vers 76-96. Ils sont conformes à l’enseignement calvinien de l’Institution, I, 1, 13 sq.
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[24]
Malgré ses propres prescriptions, Bèze reste, même âgé, un poète néo-latin. Le choix du latin répond à la volonté d’entrer en correspondance avec des poètes prestigieux, de s’adresser à un public cultivé et européen. Le choix du français obéit à un désir prosélyte s’adressant aux fidèles qu’il faut guider dans leur vie spirituelle ou auxquels il convient de donner une structure dévotionnelle : c’est l’objet de son travail sur les Psaumes. Il faut donc attendre Goulart pour que surgisse cette volonté de réformer la poésie de langue française.
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[25]
Voir Stéphanie Aubert Gillet, « Une école poétique autour de Simon Goulart », communication prononcée au Colloque Simon Goulart, organisé par l’Université de Genève, décembre 2005. On pourra consulter ce travail sur le site La Calliope Chrestienne.
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[26]
Voir supra.
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[27]
Publiées à la veille de sa mort en 1629 dans les Petites Œuvres meslees, Genève, Pierre Aubert, mais écrites probablement au tournant des XVIe et XVIIe siècles, et fortement inspirées des Imitations chrestiennes de Goulart.
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[28]
« C’est le principal sacrifice, que le sacrifice de louange et aussi c’est le vray tesmoignage de pieté », Commentaires sur les Pseaumes, op. cit., p. 415.
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[29]
Ibid., p. 202.
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[30]
Poesies chrestiennes, Genève, 1594, respectivement p. 1, 27 et 53.
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[31]
Institution, III, 20, 9. Voir aussi Commentaires sur les Pseaumes, Ps. 25, p. 153 : « le vray et legitime ordre de bien prier, c’est asçavoir que d’entrée nous demandions à Dieu qu’il nous pardonne nos pechez ». Voir enfin Ps. 148, p. 881 : « C’est une regle generale, que si nous voulons que Dieu nous soit propice, il faut prier qu’il nous pardonne noz pechez ».
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[32]
Ps. 119, p. 749.
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[33]
Institution de la religion chrétienne, III, 1, 4.
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[34]
Voir à ce sujet la communication de Stéphanie Aubert Gillet, « De la théologie à la poésie : la reprise des articles de la Confession de foi (1559) dans les Imitations chrestiennes (1574) de Simon Goulart », prononcée dans le cadre d’une rencontre entre l’Université de Genève et l’École Normale Supérieure de Lyon, 2002 et publiée sur le site, La Calliope chrestienne.
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[35]
Nous ne parlerons pas ici, faute de place, des veines politique et polémique qui dominent à partir de 1562 le paysage poétique français et genevois : pensons notamment à la littérature française anti-genevoise ainsi qu’à la polémique protestante autour de Ronsard.
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[36]
La cour de Nérac au temps de Marguerite de Valois est représentative de l’instabilité identitaire de la poésie réformée. Elle perd son assise confessionnelle dès lors qu’elle délaisse l’inspiration religieuse. À preuve, l’Album de la reine qui rassemble des pièces protestantes et catholiques écrites d’un même élan poétique pour ainsi dire. En se mondanisant, en pratiquant la joute poétique, les vers tendent à s’uniformiser, sinon à s’interchanger.
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[37]
Dans la plupart des recueils religieux, la prière se coule dans le moule du sonnet et de l’ode : ils constituent l’essentiel des Imitations chrestiennes de Goulart, des Poesies chrestiennes de La Noue. Bèze compose une prière de demande sous forme d’ode, « Ode chantee au Seigneur » dans Poemes chrestiens et moraux, slnd. Voir aussi les poèmes chrétiens de Montméja (Genève, Jacob Stoer, 1574), les odes chrétiennes de Jean Tagaut (id.), les sonnets de L’Exercice spirituel de Paul Perrot de la Salle (Saumur, Thomas Portau, 1606), etc.
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[38]
C’est le message littéraire et politique d’Honoré d’Urfé ainsi que celui de saint François de Sales, dont l’esthétique de la douceur est un instrument autant qu’une illustration de la civilité chrétienne qu’il appelle de ses vœux. L’heure n’est donc plus à l’affirmation des différences, mais bien plutôt à la conciliation des contraires.
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[39]
Cette distance avec la réforme littéraire est le pendant de l’affranchissement théologique des pasteurs protestants français. Leur production exégétique, dès le début du siècle, prend du champ par rapport à la doctrine calvinienne, sous l’influence probable des différents courants religieux.
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[40]
Pour cette idée et pour l’histoire de la poésie réformée au XVIIe siècle, je renvoie à l’article de Julien Goeury, « Une “Muse Prétendue Réformée” ? La poésie religieuse des protestants français sous le régime de l’Édit de Nantes », dans Réforme et poésie en Europe aux XVIe et XVIIe siècles, numéro spécial de la Revue de l’Histoire des Religions, tome 226, 1/2009.
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[41]
Du Bartas, Sponde et Desportes seraient les trois modèles actifs de la poésie de Fiefmelin : voir Louis Audiat, Les oubliés. André Mage de Fiefmelin, 1864, Slatkine reprints, 1970 ; Christophe Bourgeois, Théologies poétiques de l’âge baroque. La Muse chrétienne (1570- 1630), Paris, Champion, 2006, p. 680 ; Audrey Duru, « La poésie de la grâce en débat : lectures et réécritures confessionnelles des poèmes chrétiens de Philippe Desportes », Philippe Desportes. Poète profane, poète sacré, dir. Bruno Petey-Girard et François Rouget, Paris, Champion, 2006, p. 270-271.
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[42]
Ce que l’on pourrait appeler la séduction de l’extase se trouve chez Aubigné lui-même, d’une manière éloignée des modèles catholiques, il va sans dire. L’extase finale des Tragiques vient au terme d’une méditation historico-biblique et d’une cogitation poétique qui mènent à la contemplation divine.
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[43]
Cette tendance ira en s’accentuant au fil du siècle : voir, par exemple, le cas des Saintes Decades de Quatrains de Pieté Chrestienne touchant la connaissance de Dieu, son honneur, son amour et l’union de l’âme avec lui, de Jean de Labadie, publiées à Genève en 1658.
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[44]
Les Pseaumes de David en rimes, reveus par Jean Diodati, Genève, Pierre Aubert, 1646, Préface.
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[45]
Voir à ce sujet le livre de Nicolas Schapira, Un professionnel des Lettres au XVIIe siècle. Valentin Conrart, une histoire sociale, Seyssel, Champ Vallon, 2003.
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[46]
Du Bartas, Les Trophées, v. 857, cité par Christophe Bourgeois, Paris, Honoré Champion, 2006.
Difficile de déterminer parmi les productions poétiques qui virent le jour au XVIe siècle dans la mouvance calvinienne, ce qui relève d’une influence directe du réformateur ou ce qui ressortit à une communauté de pensée, enrichie au fil des ans, laissant à peine apparaître les strates de sa constitution. Difficile aussi de dégager les grandes lignes d’une poétique calviniste dans la richesse et la variété d’œuvres soumises à la conjugaison de contraintes spatiales, politiques et sociales : on n’écrit pas de la même manière à Genève ou en France, qu’on soit exilé, rebelle actif ou prisonnier, tout dévoué à la religion ou engagé pour la défense du Parti huguenot. Difficile enfin de faire la synthèse des idées théoriques de Calvin sur la poésie en l’absence de traité qui consigne précisément les règles esthétiques et éthiques d’un style. Point de « Défense et illustration de la poésie réformée » qui poserait les principes d’une inspiration et d’une langue en conformité avec les exigences de la nouvelle religion, et qui se montrerait capable de répliquer au programme ambitieux et parfaitement charpenté de la Pléiade. Pourtant, Calvin mena en marge de sa prodigieuse activité exégétique, une réflexion très stimulante et novatrice sur la rhétorique et la poétique des livres bibliques. Ses Commentaires sur les Pseaumes, publiés en 1558 pour la version française, proposent de véritables commentaires stylistiques qui donnent de manière discontinue la primeur d’une poétique idéale, restée en frich…