Le bicentenaire de Peterloo, entre mémoire et histoire
- Par Fabrice Bensimon
Pages 145 à 147
Citer cet article
- BENSIMON, Fabrice,
- Bensimon, Fabrice.
- Bensimon, F.
https://doi.org/10.4000/rh19.6609
Citer cet article
- Bensimon, F.
- Bensimon, Fabrice.
- BENSIMON, Fabrice,
https://doi.org/10.4000/rh19.6609
Notes
-
[1]
Edward P. Thompson, La Formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Le Seuil, 2012 [1963].
-
[2]
Philip Lawson, “Reassessing Peterloo”, History Today, vol. 38, 1988/3.
-
[3]
Michael Bush, The Casualties of Peterloo, Londres, Carnegie, 2007.
-
[4]
Jacqueline Riding, Peterloo. The Story of the Manchester Massacre, Londres, Head of Zeus, 2018.
-
[5]
Robert Poole, Peterloo. The English Uprising, Oxford, Oxford University Press, 2019. Voir aussi le riche numéro de revue qu’il a édité : “Return to Peterloo”, Manchester Region History Review, vol. 23, 2012.
-
[6]
Linda Colley, Britons. Forging the Nation, 1707-1837, New Haven (Mass.), Yale University Press, 1992.
-
[7]
Terry Wyke, “Remembering the Manchester Massacre”, Manchester Region History Review, vol. 23, 2012, p. 111-131 ; Joe Cozens, “The Making of the Peterloo Martyrs, 1819 to the Present”, in Keith Laybourn et Quentin Outram (eds.), A History of Secular Martyrdom in the British and Irish Isles: From Peterloo to the Present, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2018, p. 31-58.
-
[8]
Robert Poole et Eva Schlunke, Peterloo: Witnesses to a Massacre, Londres, New Internationalist, 2019.
-
[9]
“Peterloo Fills BBC Schedules”, The Times, 3 août 2019.
Lundi 16 août 1819, quelque 60 000 personnes se rassemblent sur St Peter’s Field, à Manchester. Elles réclament des réformes démocratiques : le suffrage universel, une représentation équitable, le secret du scrutin ou encore l’élection annuelle du Parlement. Le grand orateur Henry Hunt est venu de Londres, dans le cadre d’une campagne pour la démocratie menée depuis la fin des guerres napoléoniennes. À sa demande insistante, les manifestants ne sont pas armés, ne serait-ce que de bâtons pour se défendre. À peine le meeting a-t-il commencé qu’une milice locale composée de volontaires, la yeomanry, charge, suivie par les hussards. Dix minutes après, sans que la poudre eût parlé, le rassemblement est dispersé. Quinze personnes ont été tuées et près de 700 blessées, sabrées ou piétinées par les chevaux ; dans les heures qui suivent, trois autres victimes s’ajoutent au bilan macabre. Quatre ans après le carnage de Waterloo, auquel avaient pris part tant des victimes que des bourreaux du 16 août, le massacre devient « Peterloo ».
Des mémoires conflictuelles se construisent immédiatement. Les tories voient alors dans l’événement la légitime répression d’un mouvement séditieux. Les libéraux se l’approprient et construisent en 1853, sur les lieux du massacre, un temple à la gloire du libre-échange. Les radicaux, surtout, s’inscrivent dans l’héritage de Peterloo : les chartistes le commémorent et font ériger en 1842 un monument en mémoire de Henry Hunt. Jusqu’aux années 1880, les « vétérans » de Peterloo sont à l’honneur dans les mobilisations démocratiques…