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La frontière (le voisin) et l'étranger. Les enjeux identitaires d'un conflit frontalier

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  • Dornel, L.
(2002). La frontière (le voisin) et l'étranger. Les enjeux identitaires d'un conflit frontalier. Revue d’histoire du XIXe siècle, 24(1), 9-9. https://doi.org/10.4000/rh19.372.

  • Dornel, Laurent.
« La frontière (le voisin) et l'étranger. Les enjeux identitaires d'un conflit frontalier ». Revue d’histoire du XIXe siècle, 2002/1 n° 24, 2002. p.9-9. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-d-histoire-du-dix-neuvieme-siecle-2002-1-page-9?lang=fr.

  • DORNEL, Laurent,
2002. La frontière (le voisin) et l'étranger. Les enjeux identitaires d'un conflit frontalier. Revue d’histoire du XIXe siècle, 2002/1 n° 24, p.9-9. DOI : 10.4000/rh19.372. URL : https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-du-dix-neuvieme-siecle-2002-1-page-9?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/rh19.372


Notes

  • [1]
    . Étienne BALIBAR, La Crainte des masses. Politique et philosophie avant et après Marx, Éditions Galilée, 1997, 456 p., p. 372.
  • [2]
    . Nous empruntons cette expression à Clifford GEERTZ, Works and lives. The anthropologist as author, Cambridge, Polity Press, 1988, traduction française Ici et là-bas. L’anthropologue comme auteur, Éditions Métailié, 1996, 152 p.
  • [3]
    . Cet article s’appuie sur des recherches menées dans le cadre plus général d’une thèse : Laurent DORNEL, La France hostile. Histoire de la xénophobie en France au XIXe siècle, thèse d’histoire sous la direction de Gérard Noiriel, École des hautes études en sciences sociales, 2001, 3 volumes, 731 f°.
  • [4]
    . Roger DION, Les frontières de la France, Paris, Éditions Hachette, 1979 (1ère édition 1947), 110 p.
  • [5]
    . L’expression est de Daniel NORDMAN et Jacques REVEL, dans André BURGUIERE [dir.], Histoire de la France, Éditions du Seuil, 1989, p. 42. Daniel Nordman a repris et développé ses travaux sur la frontière dans un ouvrage récent : Daniel NORDMAN, Frontières de France. De l’espace au territoire, XVIe‑XIXe siècle, Éditions Gallimard, 1998, 644 p. Le XIXe siècle n’y est cependant abordé que de façon marginale. Pour une histoire de la frontière pyrénéenne, on consultera Jean SERMET, La frontière hispano-française des Pyrénées et les conditions de sa délimitation, Tarbes, Les Amis du Livre Pyrénéen, 1983, 285 p. ; et Carlos de Fernandez de Casadevante ROMANI, La frontière franco-espagnole et les relations de voisinage, avec une référence spéciale au secteur frontalier du Pays Basque, Bayonne, Éditions Harriet, 1989, 453 p.
  • [6]
    . Jean SERMET, La frontière hispano-française…, ouv. cité., p. 195.
  • [7]
    . Xavier de PLANHOL, Géographie historique de la France, Librairie Arthème Fayard, 1988, 635 p., p. 140.
  • [8]
    . D’après le juriste Descheemaeker, ces accords entre vallées françaises mêmes et avec les vallées espagnoles, signifient que « la notion de frontière » leur était étrangère ; Prénom ? DESCHEEMAEKER, La frontière pyrénéenne de l’Océan à l’Aragon, Paris, 1945 [cité par Jean SERMET, La frontière hispano-française…, ouv. cité, p. 195].
  • [9]
    . Sur ce point, voir Laurent DORNEL, La France hostile…, ouv. cité, f° 512‑522. Pendant tout le XIXe siècle, les frontières sont le lieu de rivalités, de tensions et de rixes entre les populations. Ces phénomènes, dont les manifestations vont croissant, recoupent plusieurs types de conflits. Il s’agit pour l’essentiel de rivalités pastorales, de contrebande et de braconnage, de provocations diverses témoignant d’un sens de plus en plus aigu de la nationalité de chacun. Ces rivalités ne sont pas propres aux zones de confins : Robert MUCHEMBLED pour l’époque moderne et Frédéric CHAUVAUD pour le XIXe siècle ont montré qu’elles font partie de ces rapports sociaux marqués par une violence omniprésente ; Robert MUCHEMBLED, La violence au village. Sociabilité et comportements populaires en Artois du XVe au XVIIe siècle, Paris, Éditions Brepols, 1989, 419 p. ; Frédéric CHAUVAUD, Les passions villageoises au XIXe siècle. Les émotions rurales dans les pays de Beauce, du Hurepoix et du Mantois, Paris, Éditions Publisud, 1995, 272 p. Mais, dans le cas de la vallée de Baïgorry, la présence de la frontière les radicalise.
  • [10]
    . Pour une histoire du Pays Quint, on se reportera à Jean SERMET, « La question du Pays Quint », dans Jean SERMET, La frontière hispano-française…, ouv. cité, chapitre 6.
  • [11]
    . Arch. nat. (archives nationales), BB18 1173.
  • [12]
    . Le traité en question est celui d’Elizondo (1785), dont le but était de « consolider encore et encore les liens d’amitié et de parenté qui unissent si étroitement les deux souverains et de voir leurs vassaux jouir de cette bonne harmonie… » ainsi que de « déplacer et ôter tous les motifs de dissensions et de plaintes qui subsistent entre les frontaliers des monts Pyrénées ». Il concernait plus spécifiquement les vallées frontières espagnoles du Baztan, Erro, Valcarlos et Roncevaux, et françaises de Baïgorry, St-Jean-Pied-de-Port et Cize (voir Carlos de Fernandez de Casadevante ROMANI, La frontière franco-espagnole…, ouv. cité, pp. 93‑94).
  • [13]
    . Arch. nat., C 2179. Ce type d’archive est particulièrement intéressant dans la mesure où le regard officiel — présent dans la plupart des séries d’archives (administratives, policières, voire judiciaires) — laisse ici la place à une prise de parole par les individus eux-mêmes. Cette parole, si elle demeure contrôlée ne serait-ce que par le statut des scripteurs, n’en échappe pas moins aux filtres habituels du discours étatique.
  • [14]
    . Cette zone se situe plus précisément de la partie méridionale de la vallée de Baïgorry, seule partie qui fut l’objet de litiges. Cette partie de la vallée (les Aldudes) fut défrichée au cours des siècles par les Baïgorriens, qui n’hésitèrent donc pas à envahir les territoires incontestablement espagnols de Roncevaux et d’Erro (Jean SERMET, La frontière hispano-française…, ouv. cité, p. 199). Voir aussi Daniel NORDMAN, Frontières de France, ouv. cité, pp. 332 et suivantes.
  • [15]
    . Arch. nat. F7 12578, Extrait des registres des délibérations du Conseil général des Basses-Pyrénées, Session du 29 novembre 1871.
  • [16]
    . Roger DION, Les frontières de la France, ouv. cité., p. 11.
  • [17]
    . Jean SERMET, La frontière hispano-française…, ouv. cité, p. 208.
  • [18]
    . Pour le Roussillon, voir par exemple Geneviève GAVIGNAUD, « La frontière pyrénéenne et la partie française de la Catalogne depuis 1659 », dans Frontières et limites de 1610 à nos jours, Actes du 101e congrès national des sociétés savantes, Lille, 1976, Section d’histoire moderne et contemporaine, tome 1, Bibliothèque nationale, 1978, 328 p., pp. 155‑170.
  • [19]
    . Peter SAHLINS, Boundaries : the making of France and Spain in the Pyrenees, Berkeley, University of California Press, 1989, traduction française Frontières et identités nationales. La France et l’Espagne dans les Pyrénées depuis le XVIIe siècle, Paris, Éditions Belin, 1996, 416 p.
  • [20]
    . Arch. nat., C 2179, ainsi que les citations qui suivent.
  • [21]
    . Edward E. EVANS-PRITCHARD, The Nuer, a description of the modes of livelihood and political institutions of a Nilotic people, Oxford, Clarendon Press, 1940, traduction française Les Nuer. Description des modes de vie et des institutions politiques d’un peuple nilote, Paris, Éditions Gallimard, 1968, 312 p. On aurait pu évoquer les pages que Marcel Mauss consacre au potlatch, « système de prestations sociales » qui se caractérise lui aussi par des « formes agonistiques où des individus et des groupes viennent absorber ou détruire les richesses du clan à la fois opposé et allié » [c’est nous qui soulignons] ; Marcel MAUSS, « Don, contrat, échange », dans Marcel MAUSS, Œuvres, Paris, Éditions de Minuit, 1969, tome 3, pp. 39‑32. Le recours à la sociologie et à l’anthropologie n’est pas décoratif : inscrit dans la démarche générale de nos recherches, caractéristique de la socio-histoire à laquelle nous nous rattachons, il fournit à l’historien des outils pour analyser le rapport à l’Autre, qui est au cœur de notre problématique. Enfin, ce recours se justifie ici par l’exemplarité de la situation de la vallée de Baïgorry d’une part, et d’autre part, par l’importance sur d’autres frontières des rituels que nous étudions (sur ce dernier point, voir notre thèse).
  • [22]
    Edward E. EVANS-PRITCHARD, The Nuer…, ouv. cité, p. 175.
  • [23]
    . Norbert ELIAS, Die Gesellschaft der Individuen, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1987, traduction française, La Société des individus, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1991, 301 p., p. 178. Voir aussi, dans ce même ouvrage, ce qu’il nomme « chaînes invisibles », « réseau de dépendances », ou encore « interdépendance fonctionnelle ».
  • [24]
    . Voir en particulier Claude KARNOOUH, « L’étranger ou le faux inconnu. Essai sur la définition spatiale d’autrui dans un village lorrain », dans Ethnologie française, tome 2, n° 1‑2, 1972, pp. 107‑121.
  • [25]
    . Marcel MAUSS, « Objet, méthodes et divisions de l’ethnologie », dans Œuvres, ouv. cité, p. 314.
  • [26]
    . Ralph David GRILLO, « Nation » and « State » in Europe. Anthropological Perspectives, Londres, Academic Press, 1980, 201 p., p. 13.
  • [27]
    . Voir Geneviève GAVIGNAUD, « La frontière pyrénéenne… », art. cité.
  • [28]
    . Le goitre étant une maladie fréquente chez les montagnards ; voir Alain REY [dir.], Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Éditions du Dictionnaire Le Robert, 1992, 2 volumes.
  • [29]
    . Claude KARNOOUH, « L’étranger ou le faux inconnu… », art. cité, p. 115 ; Voir aussi Frédéric CHAUVAUD, Les passions villageoise…, ouv. cité, p. 19‑24.
  • [30]
    . Peter SAHLINS, Frontières et identités nationales…, ouv. cité., p. 249.
  • [31]
    . Carlos de Fernandez de Casadevante ROMANI, La frontière franco-espagnole…, ouv. cité, p. 179.
  • [32]
    . Arch. nat., F7 12578.
  • [33]
    . Syndicat pastoral formé en 1837 et reconnu par une Ordonnance royale en 1838 ; voir Jean SERMET, La frontière hispano-française…, ouv. cité, p. 194.
  • [34]
    . Arch. nat., F7 12577.
  • [35]
    . La nationalité désigne, en droit, l’appartenance d’une personne à un État, et non, comme on le croit souvent, à une nation. Sur ce point, Gérard NOIRIEL, État, nation et immigration. Vers une histoire du pouvoir, Éditions Belin, 2001, 400 p., plus précisément le chapitre 5 : « Socio-histoire d’un concept : les usages du mot "nationalité" au XIXe siècle ».
  • [36]
    . Nous employons ce terme dans le sens que lui a conféré Norbert ELIAS, La Société des individus, ouv. cité, en particulier la 3e partie : « Les transformations de l’équilibre "nous-je" ».
  • [37]
    . Benedict ANDERSON, Imagined Communities, Londres, Verso, 1983, traduction française L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, Éditions de La Découverte, 1991, 213 p.
  • [38]
    . Ernest GELLNER, Nations et nationalisme, Éditions Payot, 1989 (1983), 208 p., p. 11. La phrase complète est : « le nationalisme est essentiellement un principe politique qui affirme que l’unité politique et l’unité nationale doivent être congruentes ».
  • [39]
    . Bernard LEPETIT, « préface » dans Peter SAHLINS, Frontières et identités nationales…, ouv. cité, p. 7.
  • [40]
    . Peter SAHLINS, Frontières et identités nationales…, ouv. cité, p. 248.
  • [41]
    . Arch. nat., F7 12578, Rapport au Préfet des Basses-Pyrénées.
  • [42]
    . Arch. nat., F7 12578.
  • [43]
    . Il s’agit du Traité des Limites de décembre 1856, par lequel la propriété du Pays Quint revient aux vallées espagnoles de Baztan et d’Erro.
  • [44]
    . Arch. nat., F7 12577.
  • [45]
    . Peter SAHLINS, Frontières et identités nationales…, ouv. cité., p. 302.
  • [46]
    . L’intensification de la xénophobie que nous avons observée au cours de ces années coïncide avec une vague protectionniste sans précédent. Parfois, la frontière est littéralement fermée. En 1890, c’est le cas pour la frontière pyrénéenne, officiellement pour des motifs sanitaires ; en réalité, comme en 1821, il s’agit surtout de limiter la mendicité étrangère. Fermer la frontière donne donc à l’État français les moyens de mieux contrôler l’afflux des étrangers, d’en repousser certaines catégories (les libéraux en 1821, les mendiants en 1890) et d’instaurer des procédures d’identification. Renforcer les contrôles à la frontière, c’est faire le tri entre les étrangers, partant, protéger la nation contre ceux que l’on appellera sous peu les « indésirables ».
  • [47]
    . Voir par exemple, après 1870 « la ligne bleue des Vosges » que Maginot transforme en ligne fortifiée en 1930.
  • [48]
    . L’expression est de Bernard LEPETIT, « Préface », art. cité.
  • [49]
    . Voir Maurice AGULHON, La République au village. Les populations du Var de la Révolution à la Seconde République, Paris, Éditions du Seuil, 1979, 543 p.
  • [50]
    . Voir Eugen WEBER, Peasants into Frenchmen, Stanford University Press, Stanford, 1976, traduction française La Fin des terroirs. La modernisation de la France rurale 1870‑1914, Librairie Arthème Fayard, 1983, 839 p.
  • [51]
    . Christine GUIONNET, L’apprentissage de la politique moderne. Les élections municipales sous la monarchie de Juillet, Paris, Éditions L’Harmattan, 1997, 324 p., pp. 263‑264.
  • [52]
    . Idem, p. 298.
  • [53]
    . Idem, p. iv.
  • [54]
    . Jean-François SOULET, « Une nouvelle approche de la France rurale au XIXe siècle ? À propos de thèses récentes sur les Pyrénées », dans Revue Historique, 1989, 2, pp. 381‑392 ; voir aussi Jean-François SOULET, Les Pyrénées au XIXe siècle, Toulouse, Éditions Eché, 1987, 2 volumes, 478 p. et 713 p.
  • [55]
    . Peter MC PHEE, Les Semailles de la République dans les Pyrénées-Orientales, 1846‑1852, Perpignan, Publications de L’Olivier, 1995, 509 p.
  • [56]
    . Voir notamment de Jean-François CHANET, L’École républicaine et les petites patries, Paris, Éditions Aubier, 1996, 427 p. L’auteur montre que le processus qui a mené à une relative uniformisation linguistique du pays est bien plus complexe et nuancé et ne peut se réduire à l’image d’une République imposant par la force et les brimades la langue française au détriment des dialectes.
  • [57]
    . Sur ce point, voir Ferdinand TÖNNIES, Gemeinschaft und Gesellschaft : Grundbegriffe der reinen Soziologie, Berlin, Éditions Curtius, 1912, traduction française Communauté et société. Catégories fondamentales de la sociologie pure, Éditions Retz-CEPL, 1977. Pour Christine GUIONNET, le conflit politique, lié à la pluralité des clans impulsée par les élections, peut être considéré comme facteur clé d’une construction identitaire, mais aussi comme moment où la société s’institue. En effet, ce conflit est à l’origine de « nouveaux groupes identitaires politiquement constitués et dictincts des identités sociales liées au vécu quotidien, au sein d’une société n’acceptant qu’une représentation des identités données » ; voir Christine GUIONNET, L’apprentissage de la politique moderne…, ouv. cité, p. 303.
Français

Les populations frontalières, dans les Pyrénées notamment, ont entretenu entre elles d’une part, avec le pouvoir étatique d’autre part, des relations complexes, à la fois de proximité et de confiance, de distance et de méfiance. Tel est le cas des communautés paysannes françaises et espagnoles de la vallée de Baïgorry, longtemps peu différenciées, mais dont les liens au XIXe siècle se transforment à la faveur de la nationalisation de la société française. Les conflits pastoraux, anciens et ritualisés, mettent en scène des communautés aux identités de plus en plus différenciées ; en raison d’une modification globale de la perception de la frontière, leurs enjeux dépassent désormais le cadre local. Ces conflits sont ici l’occasion de s’interroger sur cette présence renouvelée de la nation aux marges : s’agit-il d’une présence imposée par le “centre” en dépit des résistances locales, ou bien d’un processus plus complexe, n’excluant pas, de la part des populations concernées, un certain nombre de manipulations identitaires ?

  • frontière
  • voisinage
  • histoire politique
  • histoire sociale
  • histoire rurale
  • représentations
  • géographie
  • politisation
  • identité
  • territoire
  • nation/nationalisme

Mots-clés éditeurs : frontière, géographie, histoire politique, histoire rurale, histoire sociale, identité, nation/nationalisme, politisation, représentations, territoire, voisinage


English

The border (the neighbour) and the foreigner. The identity stakes of a border conflict. The border populations, especially in the Pyrenees, maintained complex relationships with one another as well as with state power. It was a mixture of proximity and trust, of distance and suspicion. That was particularly the case of the Spanish and French rural communities in the valley of Baïgorry, which had been very similar for centuries, but whose relations changed in the 19th century with the nationalisation of French society. The old and ritualised, pastoral conflicts now opposed communities whose identities were increasingly different. Because of a global change in the perception of the border, their goals now transcended the local setting. These conflicts enable us to question this renewed presence of the nation on its fringes: was it something imposed by the central state despite local resistance or was it a more complex process which did not exclude a certain amount of identity manipulations from the involved populations?


Date de mise en ligne : 01/02/2009

https://doi.org/10.4000/rh19.372

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