Les pratiques de « résistance » dans les malls de Rabat-Salé: accessibilité et usage social d’un espace sélectif
- Par Tarik Harroud
Pages 57 à 79
Citer cet article
- HARROUD, Tarik,
- Harroud, Tarik.
- Harroud, T.
https://doi.org/10.4000/conflits.19153
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- Harroud, T.
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- HARROUD, Tarik,
https://doi.org/10.4000/conflits.19153
Notes
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[1]
L’expression mall est un terme américain (issu de l’appellation courante de shopping mall) désignant un centre commercial articulé autour d’un axe de distribution couvert, fermé et climatisé. Cette expression est souvent confondue au Maroc tant par les médias que dans la nomenclature officielle du ministère du Commerce et de l’Industrie avec les autres types de commerce moderne (grandes surfaces alimentaires, grandes surfaces spécialisées d’ameublement). Dans cette contribution, le terme mall renvoie à des centres commerciaux géants ayant fait leur apparition au Maroc au cours des années 2000 et dont la vocation reste principalement récréative et ludique avec un rôle de locomotive confié à des espaces de shopping et de loisirs.
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[2]
Harroud T., Émergence de nouvelles centralités commerciales à Rabat : sociabilités et restructurations spatiales, thèse de doctorat en géographie, Université Mohammed V, Rabat, 2013.
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[3]
Vignal L., « Beyrouth, de la boutique au shopping mall : dynamiques métropolitaines et nouvelle géo-économie au Moyen-Orient », in Peraldi M., Mermier F. (dir), Mondes et places du marché en Méditerranée : Formes sociales et spatiales de l’échange, Paris, Karthala, 2011.
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[4]
Dans un souci de clarification de la terminologie utilisée pour l’appellation des espaces marchands abordés dans cette contribution (centre commercial et mall), nous faisons une distinction entre le centre commercial renvoyant aux équipements marchands à vocation alimentaire et comportant, notamment, une grande surface alimentaire de type hypermarché ou supermarché et le mall renvoyant au centre commercial à vocation récréative et faisant des lieux de loisirs et des marques internationales ses espaces locomotifs. Dans le cas de Rabat, il existe deux malls qui sont déjà réalisés (Méga Mall et Marjane Ryad, centre commercial reconverti en 2010 en mall). Depuis la fin de la décennie 2000, on assiste à la multiplication des projets de création de malls géants qui sont en cours de réalisation (Rabat Center, Rabat Bouregreg, Mahaj Ryad, etc.).
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[5]
Sorkin M., Shopping Mall, from Variations on a Theme Park, The New American City and the End of Public Space, New York, Hill and Wang, 1992.
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[6]
Il s’agit des zones d’attraction définies par les promoteurs commerciaux en fonction d’un ensemble de critères sociaux, économiques et spatiaux et d’où provient la majorité de la clientèle ciblée.
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[7]
Citons au sujet de l’accessibilité sociale des centres commerciaux et des dispositifs sélectifs de leur accès, les travaux conduits notamment par Guénola Capron à Buenos Aires en Argentine (Capron G., « Les centres commerciaux à Buenos Aires. Les nouveaux espaces publics de la ville de la fin du xx e siècle », Les Annales de La Recherche Urbaine, n°78, 1998, pp. 59-65), Bruno Sabatier au Mexique (Sabatier B., «Les complexes commerciaux récréatifs en France et au Mexique : une (ré)-intégration du temps de loisir au temps d’achat», in Bondue J.-P. (dir.), Temps des courses, course des temps, CNFG, Université des Sciences et Technologies de Lille, 2004) et Myriam Houssay-Holzschuch en Afrique du Sud (Houssay-Holzschuch M., Teppo A., « A mall for all? Race and public space in post-apartheid Cape Town », Cultural geographies, n°16, 2009, pp. 351-379.
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[8]
Voir les travaux de Navez-Bouchanine et Abu-Lughod sur la fragmentation sociale et spatiale dans les villes marocaines : Navez-Bouchanine F., Fragmentation spatiale et urbanité dans les villes maghrébines, rapport de recherche (1995-1996) établi pour le Programme interdisciplinaire de recherche sur la ville, Laboratoire de recherche URBAMA, Tours, 1997 et Lughod J., Rabat: Urban Apartheid in Morocco, Princeton, Princeton University Press, 1980.
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[9]
Capron G., « L’accès aux espaces publics modernes dans les villes latino-américaines : Apparences physiques et réalités socio-spatiales », in Actes de la Conférence « Rights to the City », International Geographical Union, Rome, May 29-June 1, 2002, Home of Geography Publication Series, vol. III, p. 6.
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[10]
Bennani-Chraïbi M., « Jeunes Égyptiens et jeunes Marocains face à l’Occident », Égypte/Monde arabe, Première série, n°30-31, 1997, mis en ligne le 8 juillet 2008, consulté le 14 juin 2012.
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[11]
Harroud T., « L’arrivée des centres commerciaux dans les marges urbaines de Rabat : Des lieux inédits de sociabilité et de déambulation », in Belguidoum S, Cattedra R., Iraki A. (dir.), « Villes et urbanités au Maghreb », L’Année du Maghreb, n°12, 2015, pp. 75-89.
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[12]
Warnier J-P., Mondialisation de la culture, Paris, La Découverte, 1999.
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[13]
Elle s’inscrit également dans le cadre d’une anthropologie des mondes contemporains dont parle Marc Augé qui appelle, face aux mutations de ce monde contemporain, à revisiter l’anthropologie et à étendre ses sujets et ses terrains de recherche pour englober de nouveaux domaines réservés jadis à d’autres disciplines (Augé M, Pour une anthropologie des mondes contemporains, Paris, Aubier, 1994).
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[14]
Nous contribuons ici aux différentes réflexions faites à ce sujet par un ensemble de chercheurs ayant abordé, à partir de plusieurs entrées analytiques (centres commerciaux, urbanisme néolibéral, grands projets urbains, espace public, etc.), les effets sociaux et spatiaux du néolibéralisme dans les villes du tiers monde. Nous citons particulièrement les travaux de Mathieu Hilgers sur l’urbanisme néolibéral et ses effets territoriaux en Afrique (Hilgers M., « À qui appartient la ville ? Urbanisme néolibéral et propriété dans trois petits centres urbains du Ghana et du Burkina Faso », Politique africaine, n°132, 2013, pp. 95-113), de Mike Davis et Yasser Elsheshtawy dans la péninsule arabique particulièrement à Dubai (Davis M., Monk D., Paradis infernaux. Les villes hallucinées du néo-capitalisme, Paris, Les prairies ordinaires, 2007 ; Elsheshtawy Y., « Redrawing Boundaries: Dubai, The emergence of a Global city », in Elsheshtawy Y. (ed.), Planning the Middle East City: An Urban Kaleidoscope in a Globalizing World, London, 2004, pp. 167-199), de Guénola Capron et Jérôme Monnet en Amérique latine (Capron G., « Les centres commerciaux à Buenos Aires. Les nouveaux espaces publics de la ville de la fin du xx e siècle », op. cit. ; Monnet J. (dir.), L’urbanisme dans les Amériques. Modèles de ville et modèles de société, Paris, Karthala, 2000) et enfin les travaux de Bénédicte Florin et Nora Semmoud dans la zone méditerranéenne (Semmoud N. et al., Marges urbaines et néolibéralisme en Méditerranée, Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2014).
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[15]
Freitas R-F., Centres commerciaux : îles urbaines de la postmodernité, Paris, L’Harmattan, 1996.
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[16]
Il s’agit d’un concept forgé par Marc Augé pour signifier un dépassement de la modernité. Il choisit le suffixe « sur » pour mettre l’accent sur l’idée d’excès liée à une accélération excessive du temps et une profusion d’événements, excès de l’espace qui se caractérise par une prolifération de non-lieux et enfin excès d’individus marqué par une trop grande individualisation des références.
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[17]
Selon lui les « non-lieux » se définissent « par opposition à la notion sociologique de lieu, associée par Mauss et toute une tradition ethnologique à celle de culture localisée dans le temps et l’espace » (Augé M., Non-Lieux, Introduction à une anthropologie de la sur-modernité, Paris, Seuil, 1992, p. 48).
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[18]
Lussault M., L’homme spatial : La construction sociale de l’espace humain, Paris, Le Seuil, 2007.
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[19]
Il n’est pas question ici de citer l’ensemble de ces travaux d’autant plus que l’intérêt porté à cet objet s’accroît au sein du monde arabe. Nous faisons particulièrement référence à l’ouvrage collectif dirigé par Michel Peraldi et Franck Mermier, fruit d’un programme de recherche 2009-2010 portant sur les espaces et rapports marchands en Méditerranée (Peraldi M., Mermier F., Mondes et places du marché en Méditerranée, op. cit.) qui comporte un ensemble de travaux empiriques sur l’implantation des malls dans quelques villes arabes (Le Caire, Amman, Beyrouth, Dubaï, Tunis, Ryad, Sanaa). Une bonne partie de ces travaux met l’accent sur les nouvelles formes de sociabilité des femmes et leur accès à l’espace public.
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[20]
Hollander J., Einwohner R., « Conceptualizing Resistance », Sociological Forum, vol. 19, n°4, 2004, pp. 533-554.
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[21]
Nous appréhendons cette dimension comme une forme d’appropriation sociale assimilée à une résistance et exprimée par des sujets à l’encontre de normes et règles de conduite qui leur sont imposées et qui s’en saisissent pour l’asservir à leurs propres fins.
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[22]
Harroud T., « Les nouveaux espaces marchands dans la périphérie de Rabat », Les Cahiers d’EMAM, n°18, 2009, pp. 69-88.
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[23]
De Certeau M., L’invention du quotidien. 1: Arts de faire, Paris, Gallimard, 1980.
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[24]
On renvoie ici aux travaux conduits sur l’accès des femmes arabes aux espaces publics et aux équipements marchands. On cite, entre autres, les travaux conduits par Amélie Le Renard en Arabie Saoudite, Mona Abaza en Égypte, Davis Hannah au Maroc et Laure Assaf au Liban et aux Émirats Arabes Unis : Le Renard A., Femmes et espaces publics en Arabie Saoudite, Paris, Dalloz, 2011 ; Abaza M., « Egyptianizing the american dream, Nasr city’s shopping malls, public order, and the privatized military», in Singerman D., Amar P. (eds), Cairo Hegemonic: State, Justice, and Urban Social Control in the New Middle East, Cairo, American University of Cairo Press, 2009, pp. 193-221 ; Hannah D-T., « “Là où vont les femmes” : notes sur les femmes, les cafés, et les Fast Food au Maroc », Cahiers de recherche, n° 4, 1995, pp. 11-18 ; Assaf L., « Espaces vécus et imaginés des rencontres amoureuses aux Émirats arabes unis », EchoGéo, n°25, 2013, en ligne, consulté le 15 janvier 2016.
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[25]
Entre 2010 et 2012, des entretiens avec les promoteurs et un échantillon de visiteurs ont été conduits dans les principaux malls et centres commerciaux de Rabat-Salé ; s’y sont ajoutées des séances d’observation denses sur les modalités de leur fréquentation et utilisation sociale.
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[26]
Harroud T., « Émergence de nouvelles centralités commerciales », op. cit.
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[27]
À l’instar des malls géants de la péninsule arabique, il s’agit souvent d’architectures monumentales qui véhiculent l’idée à la fois de gigantisme mais aussi d’abondance et d’opulence. À ces mises en scène architecturales, s’ajoutent des dispositifs normatifs et sécuritaires (vigiles et caméras de surveillance) qui véhiculent l’idée d’un espace sécurisé et « sélect ».
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[28]
Voir sur ce sujet de l’ambiance des malls l’article de Margaret Crawford : Crawford M., « The World in a Shopping Mall », in Sorkin M. (ed.), Variations on a Theme Park, op. cit., 1992, pp. 3-30.
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[29]
Harroud T., « Émergences de nouvelles centralités commerciales », op. cit.
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[30]
D’après l’entretien réalisé avec Harim, le directeur de Méga Mall.
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[31]
D’après l’entretien réalisé avec Omar, ancien directeur du Marjane Ryad.
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[32]
C’est l’interprétation des comportements déviants ou plus généralement des nuisances par les promoteurs et leurs vigiles, qui pose problème, variant de l’instauration de l’ordre, la gestion des flux à l’expulsion des personnes marginales.
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[33]
À l’exception de certains profils particuliers comme les mendiants et les ivrognes. En ce sens, nous avons assisté à une situation « gênante » dans le centre commercial Al Manal à Rabat, retranscrite dans notre journal du bord : « C’était une journée de grande affluence à Al Manal. Une foule importante sillonne ses divers couloirs au point qu’il m’était difficile d’y circuler librement. Pendant qu’un agent de sécurité observe son secteur, il reçoit un appel dans son talkie-walkie. “Dans quel secteur elle a été repérée ?” interroge-t-il brutalement. “T’inquiète pas je vais m’en charger tout de suite” répond-il. Il fait signe à son compagnon et disparaissent rapidement dans les couloirs de l’enceinte. Après quelques minutes, ils ramènent avec eux une personne. Visiblement c’était une mendiante. “Je t’avais déjà avertie de ne plus te revoir ici” lui dit le vigile d’un ton nerveux. “Mais fiche-moi la paix, je n’ai fait aucun mal aux gens” répond la mendiante. “C’est toi qui dois me laisser en paix, allez dégage d’ici, la prochaine fois je te mets en tôle” réplique l’agent comme s’il était un vrai policier ! » (Extrait du journal de bord, juin 2010).
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[34]
À partir d’un échantillonnage aléatoire effectué dans quatre centres commerciaux sur différents jours de la semaine durant un mois d’enquête, nous avons interrogé une centaine de personnes. Nous avons relevé que plus de 80 % d’entre elles sont des cadres moyens et supérieurs, motorisés et résidant dans les principaux quartiers aisés de l’agglomération (Hay Ryad, Souissi, Agdal, Wifaq, Bettana, etc.).
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[35]
Selon des données fournies par la société gestionnaire de l’enseigne Marjane plus de « 50 % des clients ont des revenus supérieures à 9 500 dh (875 €) par mois ». Une moyenne qui varie selon le standing de ces magasins et qui reste très au-dessus de la moyenne nationale (environ 5 000 dh soit 465€), voir « La grande distribution au Maroc », fiche de synthèse, missions économiques, Ambassade de France au Maroc, 9 mars 2004.
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[36]
D’autres familles, pour minimiser les frais de transport, utilisent pour le même trajet deux moyens de transport : le bus jusqu’au point d’arrêt le plus proche de Marjane et le petit taxi pour faire le reste du trajet.
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[37]
D’après l’entretien réalisé avec Rachida, femme au foyer, 33 ans.
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[38]
D’après l’entretien réalisé avec Abderrahim, fonctionnaire, 38 ans.
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[39]
Voir à ce sujet Capron G., « L’accès aux espaces publics modernes dans les villes latino-américaines », op. cit.
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[40]
D’après l’entretien réalisé avec Saïda, étudiante, 22 ans.
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[41]
D’après l’entretien réalisé avec Khadija, institutrice, 30 ans.
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[42]
D’après le témoignage apporté par Saïd, un jeune lycéen qui fréquente régulièrement le Méga Mall en compagnie de ses camarades.
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[43]
Gillot G., « Espaces populaires, pratiques intimes : les jardins publics au Caire, à Rabat et à Damas », Géocarrefour, vol. 77, n° 3, 2002, pp. 267-274.
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[44]
Le Renard A., Femmes et espaces publics en Arabie Saoudite, op. cit.
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[45]
Barthel J-P., « Mondialisation, urbanité et néo-maritimité : la corniche du lac du Tunis », Espace géographique, n°2, 2006, pp. 129-144.
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[46]
Assaf L., « Espaces vécus et imaginés des rencontres amoureuses aux Émirats arabes unis », op. cit.
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[47]
D’après l’entretien réalisé avec Farida, étudiante infirmière, 24 ans.
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[48]
Hannah D-T., « “Là où vont les femmes” : notes sur les femmes, les cafés et les Fast Food au Maroc », op. cit.
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[49]
Le Renard A., « Pratiques du shopping mall par les jeunes Saoudiennes. Sociabilité et consumérisme à Riyad », in Peraldi M, Mermier F. (dir.), Mondes et places du marché en Méditerranée. Formes sociales et spatiales de l’échange, Paris, Karthala, 2010, p. 199.
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[50]
D’après l’entretien réalisé avec Leila, étudiante, 20 ans.
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[51]
À partir de 2011, les gestionnaires des hypermarchés Marjane ont pris la décision d’arrêter la commercialisation de l’alcool dans les rayons pour des considérations sécuritaires.
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D’après l’entretien réalisé avec Mourad, architecte, 32 ans.
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[53]
Fournier S., « Consumer resistance: societal motivations, consumer manifestations, and implications in the marketing domain », Advances in Consumer Research, vol. 25, 1998, pp. 88-90.
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[54]
Justifiant les projets d’attentats dont quelques centres commerciaux du Grand Rabat et leurs enseignes internationales ont été les cibles. On peut mentionner ici le projet d’attentat envisagé par deux sœurs à l’encontre d’un centre commercial à Rabat. Le choix de cet espace comme « cible » a été justifié par le fait qu’il était considéré comme un lieu de débauche mais aussi comme symbole de l’hégémonie occidentale (« Procès des jumelles terroristes-apprenties », Aujourd’hui, 30 septembre 2003).
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[55]
Datant de 1967, une loi interdit à tout exploitant de vendre et d’offrir des boissons alcoolisées à des Marocains musulmans.
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Soutenues le plus souvent par des partis et des mouvements islamistes.
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D’après l’entretien réalisé avec Amine, membre associatif, 39 ans.
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[58]
Il s’agit de l’avis personnel d’un imam sur une question touchant la vie quotidienne des musulmans et qui n’a pas été abordée par les textes religieux (Coran et hadith). La fatwa de Raissouni a été présentée dans un quotidien local et largement diffusée dans les réseaux sociaux.
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[59]
Un avis est en effet affiché dans l’entrée de la grande surface Marjane précisant que la consommation d’alcool est interdite par la loi aux Marocains. Mais il est curieux de constater que la file d’attente devant la caisse du rayon de l’alcool est composée majoritairement de consommateurs marocains. L’avis affiché n’est en réalité qu’une formalité administrative.
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[60]
D’après l’entretien réalisé avec Mohammed, retraité, 66 ans.
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[61]
« Un citoyen marocain scandalisé par les dépliants des grandes surfaces », Maroc Hebdo, http://www.maroc-hebdo.press.ma/Site-Maroc hebdo/archive/Archives_, février 2006, consulté le 11 juin 2011.
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[62]
Geertz C., Le Souk de Sefrou, sur l’économie de bazar (1979), trad. par Céfaï D., Paris, Éditions Bouchène, 2003.
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[63]
Lévy B., « La place urbaine en Europe comme lieu idéal », in Ghervas S., Rosset F. (dir.), Lieux d’Europe, Paris, Maison des sciences de l’homme, 2008, p. 70.
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[64]
D’après l’entretien réalisé avec le directeur du Méga Mall en 2010. Le même constat a été évoqué par le directeur d’Aswak Assalam qui souligne que « la flânerie est un phénomène de plus en plus récurrent dans le magasin. Les parents viennent ici souvent en compagnie de leurs enfants. En réalité ce phénomène ne gêne pas du tout le fonctionnement du magasin puisque notre concept même est basé sur la notion de l’hyper famille et la distraction familiale » (L. Dakch, directeur du Magasin Aswak Ryad, 2009).
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[65]
Navez-Bouchanine F. (dir.), La fragmentation en question : des villes entre fragmentation spatiale et fragmentation sociale ?, Paris, L’Harmattan, 2002.
La contribution porte sur les pratiques d’accessibilité et les modalités d’utilisation sociale des centres commerciaux géants qui se présentent, au regard de leur nombre et leur offre, comme des manifestations emblématiques de l’introduction du Maroc dans la mondialisation néolibérale et de l’ouverture de la population locale aux nouvelles formes de la société de consommation. Elle se focalise particulièrement sur le rapport qu’entretiennent des populations à faible pouvoir d’achat issues principalement des quartiers modestes de l’agglomération Rabat-Salé, avec ces lieux marchands et très sélectifs. Sur la base d’observations régulières des pratiques sociales et spatiales qui se déploient dans ces malls, la contribution met en lumière les différentes formes de résistance qu’adoptent ces catégories sociales pour surmonter les barrières physiques et symboliques imposées par leurs gestionnaires. Elle montre comment ces groupes « résistent » et parviennent, à travers un ensemble « d’arts de faire », à transformer un espace de contrainte, sélectif et centré sur des logiques marchandes, en un véritable lieu « ressource » répondant à leurs besoins de socialisation et d’être ensemble.
- résistance
- accessibilité
- arts de faire
- malls
- catégories sociales à faibles revenus
- Rabat-Salé
Mots-clés éditeurs : accessibilité, arts de faire, catégories sociales à faibles revenus, malls, Rabat-Salé, résistance
“Resistance” Practices in the Shopping Malls of Rabat-Salé: Accessibility and the Social Use of a Selective Space
This article examines practices of accessibility and modalities of social use in relation to shopping malls in Rabat-Salé, notably at its urban margins, which are emblematic of Morocco’s introduction to neoliberal globalization and of the exposure of local populations to new forms of consumption. It focuses specifically on the relationship between groups with a weak purchasing power, such as modest income families or young people, and these very selective commercial spaces. Based on regular observations of social and spatial practices performed in these malls, this article sheds light on different forms of resistance adopted by the aforementioned social categories in an effort to overcome physical and symbolic barriers imposed by mall managers. It shows how these groups “resist” through “arts of doing” and manage to transform a space of constraint, both selective and centered on market logics, into a “resourceful” space which corresponds to their socialization needs.
- resistance
- accessibility
- arts of doing
- malls
- low-income groups
- Rabat-Salé
Mots-clés éditeurs : accessibility, arts of doing, low-income groups, malls, Rabat-Salé, resistance