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Genre, sécurité et éthique. Vade-mecum pour l'enquête de terrain

Pages 59 à 73

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  • Debos, M.
(2023). Genre, sécurité et éthique. Vade-mecum pour l'enquête de terrain. Critique internationale, 100(3), 59-73. https://doi.org/10.3917/crii.100.0059.

  • Debos, Marielle.
« Genre, sécurité et éthique. Vade-mecum pour l'enquête de terrain ». Critique internationale, 2023/3 N° 100, 2023. p.59-73. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-critique-internationale-2023-3-page-59?lang=fr.

  • DEBOS, Marielle,
2023. Genre, sécurité et éthique. Vade-mecum pour l'enquête de terrain. Critique internationale, 2023/3 N° 100, p.59-73. DOI : 10.3917/crii.100.0059. URL : https://shs.cairn.info/revue-critique-internationale-2023-3-page-59?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/crii.100.0059


Notes

  • [1]
    Didier Fassin, Alban Bensa (dir.), Les politiques de l'enquête. Épreuves ethnographiques, Paris, La Découverte, 2008 ; Daniel Cefaï (dir.), L'engagement ethnographique, Paris, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, 2010.
  • [2]
    Le vade-mecum a été inspiré par mes échanges avec les étudiant·es du master « Sociologie politique ­ Sociologie politique de l'international » à l'Université Paris Nanterre. J'ai également partagé ces réflexions dans des séminaires organisés par des doctorantes au Centre de recherches internationales (CERI-Sciences Po/CNRS), à Noria et à l'Institut français du Proche-Orient (IFPO). Je remercie Camille Abescat, Mathilde Beaufils, Maena Berger, Laurent Gayer, Héloïse Grard, Delphine Lacombe et Alexandra Oeser pour leurs commentaires sur différentes versions de ce texte.
  • [3]
    D. Fassin, « L'éthique, au-delà de la règle. Réflexions autour d'une enquête ethnographique sur les pratiques de soins en Afrique du Sud », Sociétés contemporaines, 71 (3), 2008, p. 117-135 ; Johanna Siméant-Germanos, « Qui protéger, consentir à quoi, enquêter comment ? Les sciences sociales face à la bureaucratisation de la vertu scientifique », Genèses, 129 (4), 2022, p. 66-87.
  • [4]
    Ibid.
  • [5]
    Voir le travail du Collectif de lutte contre le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur (CLASCHES) créé en 2002 ( https://clasches.fr/ ).
  • [6]
    Le collectif féministe Badasses a lancé en 2022 son « Blog d'auto-défense contre les agressions sexistes et sexuelles dans l'enquête en sciences sociales » (https://badasses.hypotheses.org/). Voir également le travail de l'Observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l'enseignement supérieur (https://observatoire-vss.com/ ).
  • [7]
    Audrey Célestine, Abdellali Hajjat, Lionel Zevounou, « Rôle des intellectuel·les, universitaires ‟minoritaires”, et des porte-parole des minorités », Mouvements : des idées et des luttes, 12 février 2019 ( https://mouvements.info/role-des-intellectuel%C2 %B7les-minoritaires/).
  • [8]
    Silyane Larcher, « Positionnalités des chercheur·e·s minoritaires. Connaître les mondes sociaux, entre rapports de pouvoir et mythe de l'objectivité », Raisons politiques, 89 (1), 2023, p. 22.
  • [9]
    Sandra Harding (ed.), Feminism and Methodology: Social Science Issues, Bloomington, Indiana University Press, 1987 ; Donna Haraway, « Situated Knowledges: The Science Question in Feminism and the Privilege of Partial Perspective », Feminist Studies, 14 (3), 1988, p. 575-599 ; Patricia Hill Collins, « Learning from the Outsider Within: The Social Significance of Black Feminist Thought », Social Problems, 33 (6), 1986, p. S14-S32.
  • [10]
    L'ouvrage désormais classique de Linda Tuhiwai Smith a déjà plus de vingt ans : Decolonizing Methodologies: Research and Indigenous Peoples, New York, Londres, Zed Books, 3e édition, 2021 (1999).
  • [11]
    Gauthier Marchais, Paulin Bazuzi, Aimable Amani Lameke, « ‟The Data Is Gold, and We Are the Gold-Diggers”: Whiteness, Race and Contemporary Academic Research in Eastern DRC », Critical African Studies, 12 (3), 2020, p. 372-394 ; Annie Bunting, Allen Kiconco, Joel Quirk (eds), Research as more than Extraction: Knowledge Production and Gender-Based Violence in African Societies, Athens, Ohio University Press, 2023 ; Yolande Bouka, « Considering Power Imbalances in Collaborative Research », Rift Valley Institute, 15 mai 2019 (https://www.kpsrl.org/series/considering-power-imbalances-in-collaborative-research ) ; voir « The Bukavu Series », qui rassemble des essais écrits par des chercheuses et chercheurs congolais·es ( https://www.gicnetwork.be/silent-voices-blog-bukavu-series-eng/ ) ; Carli Coetzee (ed.), Roundtable. Ethical?! Collaboration?! Keywords for Our Contradictory Times, dossier spécial, Journal of African Cultural Studies, 31 (3), 2019.
  • [12]
    Mukoma Wa Ng~ug~i, « White Privilege in African Studies: When You Are Done, Please Call Us », Brittle Paper, 28 janvier 2021 (brittlepaper.com/2021/01/white-privilege-in-african-studies-when-you-are-done-please-call-us).
  • [13]
    Maria Eriksson Baaz, Mats Utas, « Exploring the Backstage : Methodological and Ethical Issues Surrounding the Role of Research Brokers in Insecure Zones », Civil Wars, 21 (2), 2019, p. 157-178 ; M. Utas, « Research Brokers We Use and Abuse while Researching Civil Wars and Their Aftermaths ­ Methodological Concerns », ibid., p. 271-285 ; Jana Krause, « The Ethics of Ethnographic Methods in Conflict Zones », Journal of Peace Research, 58 (3), 2021, p. 329-341.
  • [14]
    Gwen Sharp, Emily Kremer, « The Safety Dance: Confronting Harassment, Intimidation, and Violence in the Field », Sociological Methodology, 36, 2006, p. 317-327 ; Gill Green, Rosaline S. Barbour, Marina Barnard, Jenny Kitzinger, « ‟Who Wears the Trousers?” Sexual Harassment in Research Settings », Women's Studies International Forum, 16 (6), 1993, p. 627-637 ; Eva Moreno, « Rape in the Field: Reflections from a Survivor », dans Don Kulick, Margaret Willson (eds), Taboo: Sex, Identity, and Erotic Subjectivity in Anthropological Fieldwork, Londres, New York, Routledge, 1995, p. 219-250 ; Cristina Oddone, « Observer la masculinité violente en train de se faire au sein de la relation d'enquête. Retour réflexif sur une recherche avec des auteurs de violences conjugales », ethnographiques.org, 44, 2022.
  • [15]
    Marielle Debos, Le métier des armes au Tchad. Le gouvernement de l'entre-guerres, Paris, Karthala, 2013. J'ai publié une version entièrement remaniée du texte en anglais sans revoir fondamentalement la partie consacrée au terrain. M. Debos, Living by the Gun in Chad: Combatants, Impunity and State Formation, Londres, Zed Books, 2016.
  • [16]
    Je reviens ici sur mon expérience de doctorante entre 2004 et 2009. J'ai mené d'autres enquêtes depuis, la plus récente portant sur l'invention de la biométrie électorale en Afrique. Je n'ai pas été agressée lors de ce terrain ; j'ai « seulement » dû refuser des avances. Le milieu des industriels, experts et élites dirigeantes que j'ai fréquenté pour cette nouvelle enquête n'est pas moins sexiste ni plus safe que celui des combattants au Tchad. Si mon expérience est différente, c'est que je n'ai plus le même âge ni le même statut. Je suis entrée sur ce terrain en tant que chercheuse, avec un doctorat, un poste à l'université et le capital réputationnel associé à ce statut. Une autre différence importante est que j'ai fait une grande partie des entretiens sur le lieu de travail des enquêté·es et dans les conférences et foires commerciales spécialisées dans la biométrie, c'est-à-dire dans des lieux publics.
  • [17]
    Roland Marchal, « Le chercheur suspect et espion par association : entretien avec Roland Marchal », propos recueillis par Sylvain Laurens et Johanna Siméant-Germanos, Genèses, 129 (4), 2022, p. 138-152.
  • [18]
    Vincent Geisser, « Les tyrannies de l'intimité militante. Enquêter sur les dissidences et les oppositions en contexte autoritaire », dans Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Vincent Geisser, Yves Mirman (dir.), L'enquête en danger. Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Paris, Armand Colin, 2022, p. 258.
  • [19]
    Louisa Lombard, « The Interpretation of Relationships: Fieldwork as Boundary-Negotiation », Ethnography, 22 mars 2022 ( https://doi.org/10.1177/14661381211069670 ).
  • [20]
    Mathieu Trachman, « Une ‟planque pour mater des culs” ? Sexualisation et désexualisation dans une enquête sur la pornographie », Terrains & travaux, 23 (2), 2013, p. 197-215.
  • [21]
    John Gagnon, Les scripts de la sexualité. Essais sur les origines culturelles du désir, Paris, Payot, 2008 (1991).
  • [22]
    Isabelle Clair, « La sexualité dans la relation d'enquête. Décryptage d'un tabou méthodologique », Revue française de sociologie, 57 (1), 2016, p. 45-70.
  • [23]
    Ibid., p. 55.
  • [24]
    Pour la méthodologie de l'enquête de terrain, voir Stéphane Beaud, Florence Weber, Guide de l'enquête de terrain, Paris, La Découverte, 2003 ; Johanna Siméant (avec Romain Lecler, Cécile Rabot, Bertrand Réau, Sébastien Roux, Anne-Catherine Wagner), Guide de l'enquête globale en sciences sociales, Paris, CNRS Éditions, 2015 ; Peter Krause, Ora Szekely (eds), Stories from the Field: A Guide to Navigating Fieldwork in Political Science, New York, Columbia University Press, 2020. Pour une réflexion sur la pratique du terrain en féministe, voir Lila Abu-Lughod, « Can There Be a Feminist Ethnography? », Women & Performance: A Journal of Feminist Theory, 5 (1), 1990, p. 7-27 ; I. Clair, « Faire du terrain en féministe », Actes de la recherche en sciences sociales, 213 (3), 2016, p. 66-83 ; Martina Avanza, Olivier Fillieule, Camille Masclet (dir.), « Ethnographie du genre », dossier, SociologieS, mai 2015 ; Anna Jarry, Élisabeth Marteu, Delphine Lacombe, Myriem Naji, Mona Farhan, Carol Mann, « Quelques réflexions sur le rapport de jeunes chercheuses féministes à leur terrain », Terrains & travaux, 10 (1), 2006, p. 177-193.
  • [25]
    Acclimatrix, « Don't Be that Dude: Handy Tips for the Male Academic », Post du Blog Tenure, She Wrote, 26 septembre 2013 ( https://tenureshewrote.wordpress.com/2013/09/26/dont-be-that-dude-handy-tips-for-the-male-academic). Pour la traduction, voir Olivier Roueff, Lucie Bargel, « Ne sois pas un de ces gars : conseils pratiques pour l'universitaire mâle », Blog du CSU, 18 novembre 2015 (https://csu.hypotheses.org/84#comments).
  • [26]
  • [27]
  • [28]
    Elizabeth Brown, Alice Debauche, Christelle Hamel, Magali Mazuy (dir.), Violences et rapports de genre. Enquête sur les violences de genre en France, Paris, INED, 2021.
  • [29]
    Farah Deruelle, « La sexualité en colloque, une ‟parenthèse enchantée” ? Violences et rituels professionnels à l'épreuve de l'égalité des carrières scientifiques », Terrains & travaux, 40 (1), 2022, p. 89-111 ; Verónica C. Cala, « Le mouvement féministe et l'université : quelles interactions entre pensée instituée et action militante ? » (p. 101-108) ; Armelle Andro « Mind the Gap : avancées et résistances dans la prise en charge des violences sexuelles et sexistes dans le monde académique (2002-2022) » (p. 109-118) et anonyme, « Témoignage : dix ans de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans des grandes écoles » (p. 94-100), dans Aurélie Jeantet, Stéphane Le Lay (dir.), « Violences académiques ordinaires », Mouvements, 113 (1), 2023. Si vous êtes victimes de harcèlement, violences sexistes et sexuelles à l'université, vous pouvez en parler à vos enseignant·es, vous adresser au personnel de santé et de protection sociale, à la chargée de mission égalité femmes/hommes, aux syndicats ou au CLASCHES. Consultez aussi le guide pratique du CLASCHES ( http://clasches.fr/wp-content/uploads/2020/09/Brochure-Web-20201.pdf).
  • [30]
    I. Clair, « La sexualité dans la relation d'enquête. Décryptage d'un tabou méthodologique », art. cité.
  • [31]
    Sur le refus du « jeu de séduction à des fins informatives » et une analyse croisée du genre et de la classe, voir Valérie Rolle, « Abandonner le terrain des bikers. Rapports de séduction, distance de classe et acculturation académique », SociologieS, 2017 ( https://journals.openedition.org/sociologies/6094 ).
  • [32]
    Terry Arendell, « Reflections on the Researcher-Researched Relationship: A Woman Interviewing Men », Qualitative Sociology, 20 (3), 1997, p. 341-368.
  • [33]
    Voir à ce sujet l'analyse de Colette Guillaumin sur l'appropriation privée et collective des femmes dans « Pratique du pouvoir et idée de Nature (1) L'appropriation des femmes », Questions féministes, 2, « Les corps appropriés », 1978, p. 5-30.
  • [34]
  • [35]
    Irène Zeilinger, Non, c'est non. Petit manuel d'autodéfense à l'usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire, Paris, La Découverte, 2018 (Zones, 2008).
  • [36]
    Marsha Henry, « Ten Reasons Not To Write Your Master's Dissertation on Sexual Violence in War », The Disorder of Things, 4 juin 2013 (https://thedisorderofthings.com/2013/06/04/ten-reasons-not-to-write-your-masters-dissertation-on-sexual-violence-in-war/). Pour une analyse réflexive et des considérations sur l'éthique des entretiens en situation de violence, voir Milli Lake, Strong NGOs and Weak States. Pursuing Gender Justice in the Democratic Republic of Congo and South Africa, Cambridge, Cambridge University Press, 2018, chap. 2.
  • [37]
    Jacob Goldberg, « When the Story Comes before the Survivor », Columbia Journalism Review, 21 février 2019 (https://www.cjr.org/analysis/rohingya-interviews.php).
  • [38]
    La recherche sur des terrains en guerre pose des questions méthodologiques et éthiques spécifiques. Pour une contribution dédiée aux enjeux pour les étudiant·es et leurs encadrant·es, voir Kristine Eck, Dara Kay Cohen, « Ethics of Student Research on Political Violence: Starting a Dialogue », Guest Post, Political Violence at a Glance, 29 août 2019 (http://politicalviolenceataglance.org/2019/08/29/ethics-of-student-research-on-political-violence-starting-a-dialogue/).
  • [39]
    Tom Clark, « ‟We're Over-Researched Here!”: Exploring Accounts of Research Fatigue within Qualitative Research Engagements », Sociology, 42 (5), 2008, p. 953-970 ; Pierre Desvaux, « Introduction : les zabbâlîn, un objet sur-étudié ? », Égypte/Monde arabe, 19, 2019, p. 9-32.
  • [40]
    L. T. Smith, Decolonizing Methodologies: Research and Indigenous Peoples, op. cit.
  • [41]
    Delphine Naudier, Maud Simonet (dir.), Des sociologues sans qualités ? Pratiques de recherche et engagements, Paris, La Découverte, 2011.
  • [42]
    M. Avanza, « Comment faire de l'ethnographie quand on n'aime pas ‟ses indigènes” ? Une enquête au sein d'un mouvement xénophobe », dans D. Fassin, A. Bensa (dir.), Les politiques de l'enquête. Épreuves ethnographiques, op. cit., p. 41-58 ; Magalie Boumaza, « L'expérience d'une jeune chercheuse en ‟milieu extrême” : une enquête au Front national », Regards sociologiques, 22, 2001, p. 105-121.
  • [43]
    Daniel Bizeul, « Des loyautés incompatibles. Aspects moraux d'une immersion au Front national », SociologieS, 21 juin 2007 ( https://journals.openedition.org/sociologies/226).
  • [44]
    Marwan Mohammed, « Peur de la violence et enquête de terrain. Appréhender les risques de violence dans une recherche sur la criminalité organisée », Genèses, 129 (4), 2022, p. 47-65.
  • [45]
    Collectif, Guide d'autodéfense numérique, Lyon, Éditions Tahin Party, 6e édition, 2023, en accès libre sur https://guide.boum.org/.
  • [46]
    Félix Tréguer (entretien réalisé par Yves Mirman), « La surveillance numérique des chercheurs », dans P. Aldrin, P. Fournier, V. Geisser, Y. Mirman (dir.), L'enquête en danger. Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, op. cit., p. 127-141 ; Juliette Galonnier, Stefan Le Courant, Anthony Pecqueux, Camille Noûs (dir.), « Les sciences humaines et sociales au travail (II) : Que faire des données de la recherche ? », dossier spécial, Tracés. Revue de Sciences humaines, hors-série, 19, 2019.
  • [47]
    Thierry Dominici (entretien avec Sylvain Laurens), « Des sciences sociales sous surveillance. Récit d'une enquête sociologique interrompue par un juge d'instruction », Carnet de l'Association française de sociologie, 2 mars 2016 (https://afs.hypotheses.org/108).
  • [48]
    S. Laurens, « L'ethnographie en procès. Enjeux contemporains autour de l'éthique de l'enquête de terrain », Genèses, 129 (4), 2022, p. 7-13 ; Shamus Rahman Khan, « L'assignation à comparaître et la saisie des données ethnographiques », ibid., p. 14-29 ; Jack Katz, « Une armure pour les ethnographes », ibid., p. 30-46.
  • [49]
    Sylvain Laurens, Frédéric Neyrat (dir.), Enquêter, de quel droit ? Menaces sur l'enquête en sciences sociales, Bellecombe-en-Bauges, Éditions du Croquant, 2011 ; S. Laurens, « L'autonomie des sciences sociales en état d'urgence ? État des lieux de la situation française dix ans après le colloque ‟Droit d'enquêter” », Sociologie et sociétés, 52 (1), 2020, p. 47-67 ; Laëtitia Atlani-Duault, Stéphane Dufoix, « Les sciences sociales saisies par la justice », dans L. Atlani-Duault, S. Dufoix (dir.), « Chercheurs à la barre », dossier spécial, Socio, 3, 2014, p. 9-47.
  • [50]
    Béatrice Hibou, Irene Bono, « Peut-on rester libre à l'heure du risque ? La liberté scientifique sur les terrains dits difficiles », Sociétés politiques comparées, 52, 2020. Voir également les rapports « Academic Freedom Monitoring Project » publiés par le réseau Scholars at Risk.
  • [51]
    Jean-François Bayart, Ariel Colonomos, Alain Dieckhoff, Gilles Favarel-Garrigues, Jean-Pierre Filiu, Bernard Hourcade, Pascale Laborier, Frédéric Mion, Didier Péclard, Sandrine Perrot, Deborah Prentice, Pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal. Chercheurs en péril, Paris, Presses de Sciences Po, 2020. Le comité de soutien communique sur les réseaux sociaux et sur son site Internet ( https://faribaroland.hypotheses.org/).
  • [52]
    Voir le site dédié https://www.umifre.fr/ .
  • [53]
    Noria propose depuis 2018 des bourses de terrain afin de soutenir les jeunes chercheur·ses et de garantir leur indépendance (https://noria-research.com/).
  • [54]
    Giulia Piccolino, Sabine Franklin, « The Unintended Consequences of Risk Assessment Regimes: How Risk Adversity at European Universities Is Affecting African Studies », Africa Spectrum, 54 (3), 2019, p. 268-281.
  • [55]
    Si vous faites le choix d'y aller, soyez réflexive sur la socialisation aux contraintes de genre et à celles que vous partagez ou non avec les habitantes du pays. Saba A. Le Renard, « Partager des contraintes de genre avec les enquêtées. Quelques réflexions à partir du cas saoudien », Genèses, 81 (4), 2010, p. 128-141.
  • [56]
    Un rapport de l'ONG CARE, « Managing Menstruation », donne des conseils utiles (http://www.eisf.eu/wp-content/uploads/2019/01/2297-CARE-Canada-2018-The-Tough-Stuff-Managing-Menstruation-.pdf).
  • [57]
    Consultez les ressources du site « Navigating the Field » ( https://fieldwork.weblogs.anu.edu.au/).
  • [58]
    Lisa Richaud, « Working While Being Followed: Reflections on Fieldwork Constraints in a Beijing Public Park », LSE Field Research Method Lab, 27 novembre 2013 ( https://blogs.lse.ac.uk/fieldresearch/2013/11/27/working-while-being-followed/).
  • [59]
    Amy Pollard, « Field of Screams: Difficulty and Ethnographic Fieldwork », Anthropology Matters Journal, 11 (2), 2009 ( http://www.anthropologymatters.com/index.php/anth_matters/article/view/10).
  • [60]
    Paul Rabinow, Un ethnologue au Maroc, Paris, Hachette, 1988.
  • [61]
    Nigel Barley, Un anthropologue en déroute, Paris, Payot & Rivages, nouvelle édition 2001 (Payot, 1992).
Français

Résumé

Les questions concrètes et matérielles que l'on se pose sur le terrain ne sont pas détachées des questions théoriques, méthodologiques et éthiques. L'article est composé de deux parties : la première est une introduction sur le genre, la sécurité et l'éthique dans les relations d'enquête, la seconde est un vade-mecum qui donne des conseils pour se protéger et protéger les enquêté·es, en mettant l'accent sur les violences sexistes et sexuelles. Je défends l'idée que les chercheuses peuvent réinventer une manière de penser et de faire du terrain, entre injonctions paternalistes à la prudence et déni des difficultés rencontrées. La sécurité, en particulier celle des femmes et des minorités, sur le terrain et à l'université suppose aussi une réflexion sur les effets de la précarité et la persistance de normes (sexisme, fétichisation des terrains à risques, idéalisation de l'immersion ethnographique) qui peuvent les mettre en danger.


English

Gender, Safety, and Ethics: A Vade Mecum for Fieldwork

The concrete and material questions that arise in the field are not detached from theoretical, methodological, and ethical issues. This article is divided into two parts: the first is an introduction to gender, safety, and ethics in the field; the second is a vade mecum with advice on how to protect both the researcher and his or her interlocutors, with a focus on gender-based and sexual violence. I argue that women researchers need to reinvent a way of thinking and doing fieldwork and to navigate between paternalistic injunctions for them to be careful and denial of the difficulties they encounter. Safety at the university and in the field (especially for women and minorities) also requires an analysis of the effects of precarity in academia as well as of the persistence of norms (sexism, fetishisation of dangerous fields, idealisation of ethnographic immersion) that put researchers in danger.


Date de mise en ligne : 06/09/2023

https://doi.org/10.3917/crii.100.0059

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