Le miroir des causes
- Par Éric Roussel
Pages 55 à 68
Citer cet article
- ROUSSEL, Éric,
- Roussel, Éric.
- Roussel, É.
https://doi.org/10.3917/cnx.102.0055
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- Roussel, Éric.
- ROUSSEL, Éric,
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Notes
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[1]
L’expression est de Paul Ricœur (1969).
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[2]
Quel que soit l’objet que l’on tente de construire et de comprendre, la question se pose du choix des éléments retenus, question à son tour consubstantiellement liée à celle de la nature des relations qui les lient à l’objet. Il ne s’agit pas ici de retracer notre itinéraire de réflexion dans ses détails, mais bien de dire sur quelles bases nous l’avons établi, ce qui nous permettra par la suite d’en interroger le bien-fondé.
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[3]
Voir dans la bibliographie les deux articles qui lui ont été consacrés.
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[4]
Nous allons revenir plus loin sur cette formule problématique.
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[5]
Évacuer de notre cadre d’analyse nombre d’éléments ne signifie pas qu’on en nie l’existence : les salariés sont doués d’aptitudes différentielles à la réflexivité sur leurs pratiques et leurs effets, ils sont aussi animés de volontés et d’intentions particulières qui dépendent pour partie des contextes à l’extérieur et à l’intérieur desquels ils travaillent, de même qu’ils peuvent vivre, en dehors et à l’intérieur du monde du travail, sous l’influence des groupes auxquels ils appartiennent et avec lesquels ils peuvent se sentir, le cas échéant, quelques affinités. Ces déterminations sont bien réelles. Ce qui nous retient de les prendre en compte renvoie à deux difficultés majeures, l’une pratique, liée aux conditions économiques de la recherche, l’autre théorique, qui met en doute le fait que nous soyons en mesure d’affirmer que ces causes engendreront bel et bien ces effets.
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[6]
On voit, entre parenthèses, que les hypothèses ou premières pièces d’un édifice ne tombent pas du ciel, que les bases de la connaissance s’appuient elles aussi sur des connaissances antérieures, et que ce qui est dit des boucles rétroactives dans les schémas causatifs vaut pour la connaissance elle-même.
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[7]
Pour rappel, nous employons le terme « management » dans un sens qui recouvre un ensemble hétérogène de techniques de gouvernementalité qui organisent les façons d’être et de faire en entreprise. Là, on voit que la connaissance avance dans la reprise.
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[8]
Le parti pris épistémologique qui nous porte à désirer intégrer cette dimension est certainement louable pour qui prétend s’inscrire dans le champ des sciences humaines, mais la bonne volonté se heurte aussi à la faisabilité de la recherche, à ce qui la borne, notamment en termes de temps et de moyens. L’idéal voudrait que l’on soit en mesure, afin d’historiciser les formes prises par chacune des composantes de cette identité individuelle, d’accumuler en nombre suffisant (mais où l’arrêter ?) des informations, sur les milieux de vie passés et présents (professionnels, ou pas) des cadres interrogés, mais aussi sur les contextes qui ont englobé ces milieux. Par là, nous pourrions, avec une modestie de circonstance, être en mesure de décrire de façon idéaltypique les ressources culturelles dont disposent les individus et qui leur permettent de composer avec les effets des pratiques managériales. Mais la tâche est lourde, et on en a déjà perçu les limites à travers le premier exemple de recherche traité.
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[9]
Propriétés spécifiques que nous ne développerons pas pour des raisons de place. Disons simplement que ces propriétés forment un matériau de pensée à partir duquel les cadres appréhendent, s’approprient et pensent, donc réagissent à ce qui leur arrive ; ces propriétés constituent un matériau de pensée au travers duquel les cadres prendront conscience des écarts en même temps qu’ils pourront puiser en lui les moyens de chercher à s’en accommoder.
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[10]
Ce second type d’enchaînement causatif peut jouer dans le sens d’une minimisation des effets. L’expérience qui s’accumule et dépose aussi les fruits de ces arrangements successifs ne va pas nécessairement dans le sens d’un accroissement du sentiment des écarts puisque la fréquence de l’utilisation conduit aussi à chercher à combler dans la pratique les écarts, à s’en arranger.
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[11]
« Dans le processus récursif, les effets et produits sont nécessaires au processus qui les génère. Le produit est producteur de ce qui le produit », E. Morin, Introduction à la pensée complexe, Paris, Le Seuil, 2005, p. 115. « Plus explicitement, la cause produit l’effet. Seulement, ce dernier est capable, par lui-même, de se donner les moyens nécessaires de production, de reproduction et d’autoproduction. Ici, chaque génération est toujours régénération. Chacune des étapes constitutives d’un système scientifique donné se trouve être, en droit et en fait, dotée d’une ou des potentialités de création, d’autocréation et de re-création. » A. Nsonsissa, Transdisciplinarité et transversalité. Épistémo-logiques chez Edgar Morin, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 155.
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[12]
Bien sûr, cette extériorité est toute relative. Si l’on cherche à appréhender « les effets du monde du travail sur les salariés » et que l’on focalise l’attention sur les seconds, on parlera de conaturalité entre le chercheur et son objet, et si l’on se concentre sur les premiers, les effets, on a vu que la logique de la logique ne peut se passer d’un sujet dont la consistance pourrait permettre de délimiter lesdits effets.
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[13]
Intégrant la nécessité, pour penser le monde, de passer d’une représentation linéaire de la causalité à une conception complexe qui tiendrait compte conjointement de la rétroaction et de la récursivité, Edgar Morin avance qu’« une telle conception, de par les incertitudes qu’elle apporte dans l’apparemment assuré, le passé et le présent, semble devoir frapper de nullité toute tentative de prévoir le futur. En fait, elle dévoile la nullité des prospectives et futurologies qui prétendaient se fonder sur le socle du présent ». E. Morin, Où va le monde ?, Paris, L’Herne, 2012, p. 17.
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[14]
L’impossibilité dans laquelle se trouvent les disciplines des sciences humaines de prouver rigoureusement la systématicité d’une relation causale ne joue pas en leur faveur dans un monde crispé sur le besoin de certitude qui trouve dans l’épistémologie des sciences dures de quoi se rassurer.
1 Comment appréhender les effets du monde du travail sur les salariés ? Cette vaste et ambitieuse question, il s’agit pour nous de la poser en tant que sociologue. Le en tant que suggère déjà une ou des façons à chaque fois particulière(s) de penser les articulations possibles entre les salariés et le monde du travail. La prolifération des courants de pensées, des types d’approches, des paradigmes présents à l’esprit des chercheurs, mais aussi, et dans le même temps, la difficile, et sans doute impossible, délimitation stricte de chacune d’elles et de chacun d’eux, rend en soi illusoire l’objectif d’une présentation à la fois exhaustive et catégorielle des approches sociologiques susceptibles de traiter cette question.
2 Dresser un état de l’art en la matière est pour nous inenvisageable. Renonçant à cet impossible désir d’infini, nous avons porté et contenu notre effort vers une tâche beaucoup plus modeste : partir de travaux que nous avons réalisés. Il ne s’agit donc pas de prétendre que cette présentation de quelques recherches pourrait résumer ou rassembler à elle seule quoi que ce soit de la floraison de la production sociologique. Il s’agirait plutôt, par un retour sur une expérience subjective de chercheur, de remonter à des difficultés plus générales. Ni contemplation ni recroquevillement, mais retour sur la pratique pour faire marcher de façon dialectique « conscience des limites et limites de la conscience [1] ». Ce travail de réappropriation et d’interrogation nous conduira à présenter les schémas conceptuels et les toiles interprétatives confectionnés par nos soins. Par là, nous chercherons à exposer le plus systématiquement possible les limites, mais aussi les apories de nos outils de pensée.
3 Ce regard rétrospectif, travail de reprise et de prolongement, interroge indissociablement le producteur, son produit et les conditions de leur production, et ce, dans tous les sens ; la logique de l’exposition fait sienne la possible rétroactivité des relations causales… Mais notre attention se portera pour l’essentiel sur l’épistémologie de la production du produit, soit sur une interrogation sur la réalité et la nature de ce qui lie et sur la manière dont cela lie. Notre logique d’exposition, à la fois rétrospective et interrogative, s’évertuera à présenter, en les critiquant, les cadres théoriques que nous avons conçus pour servir l’objet de quelques travaux qui ont ponctué notre itinéraire de chercheur. En guise de conclusion, soit au moment de la reprise des reprises, nous tâcherons de faire ressortir quelques enjeux qui découlent de ce type de questionnement.
4 Nous allons donc reprendre à notre compte, en les exposant l’un après l’autre, ces moments-clés de nos recherches. Cette présentation sera chronologique, partant du plus ancien, elle aboutira sur des recherches récentes. Ce choix ne dit rien, on le verra, des bifurcations théoriques qui ont été les nôtres. Pour le dire d’un trait, nous voyons quelques grands motifs qui peuvent présider aux raisons de ces bifurcations : le temps et les moyens octroyés à la recherche, la capacité à l’autoréflexivité et le courage (et sans doute aussi l’envie) de se laisser porter vers d’autres horizons conceptuels… les uns et les autres peuvent venir à manquer ; notons qu’aucun d’eux ne fait référence à l’idéalité de l’esprit scientifique.
Le temps de l’ambition
5 Le premier temps de cette réappropriation rétrospective va débuter par la présentation d’un travail de thèse. Des conditions économiques suffisantes nous ont permis d’investir notre objet dans la longue durée, de le façonner pas à pas tout en élaborant progressivement un cadre théorique susceptible de l’appréhender. L’objet, le voici : le rapport au travail des cadres des grandes entreprises privées. La tentative : essayer de le comprendre en l’insérant dans une société en mutation. On le voit, la compréhension des effets du monde du travail sur les salariés n’était pas le cœur de notre objet. Pourtant, l’analyse compréhensive de ce rapport allait pouvoir nous donner de précieuses informations sur lesdits effets. C’est donc à partir de cette notion-formule de rapport au travail – des cadres – que nous pouvions envisager de comprendre les effets de celui-là sur ceux-ci. Autre remarque : cette tentative se voulait à la fois dynamique et englobante. Mais comment avons-nous défini ce rapport ?
6 Pour façonner cette définition, nous sommes parti de ce qui s’est présenté à nos yeux comme un fait [2] : les processus de création identitaire ne commencent ni ne cessent à l’arrivée dans le monde du travail. Il découle de cela qu’il convient de remettre à sa place – soit de l’insérer dans la société qui l’englobe – le monde du travail et, à travers lui, le potentiel d’influences déterminantes qu’il contient ; point d’autonomisation, donc des sphères (du travail et du hors travail), mais plutôt continuité, juxtaposition et entremêlement. Fort de ce point de départ, nous avions choisi de retenir trois grands axes au croisement desquels l’on définirait le rapport au travail des cadres : les trajectoires d’individus historiquement situés (récits de vie) qui deviendront des cadres, les réalités de travail qui seront les leurs et les représentations catégorielles dont ils hériteront. Le rapport au travail naît de cette rencontre en perpétuelle évolution entre des éléments objectifs, ceux qui composent le décor du monde du travail, des héritages catégoriels, ceux qui au cours de l’histoire sont venus alimenter les représentations de ce qu’est un cadre, et des éléments subjectifs, ceux des histoires de vie singulières ; cette rencontre fait de chaque cadre le siège de ces confrontations. Le rapport au travail se fait par et à travers ce lieu de rencontre.
7 Cette plate-forme heuristique peut fonctionner de deux façons, à deux niveaux. Sur le plus général, la seule confrontation entre ces héritages catégoriels et les transformations de l’organisation de la production permet d’avancer dans la compréhension de ce qui motive le rapport au travail des cadres. Mais la plate-forme marche à plein rendement dès lors que l’on croise ses trois dimensions, en instillant au cœur de cette définition systémique ce que l’on a appris des cas significatifs retenus (sept personnes). Il est alors possible d’avancer plus au fond dans la compréhension de ce qui se joue dans le rapport au travail de ces cadres. En effet, cette analyse des récits de vie nous a permis de faire apparaître ce dont les individus disposent (en termes de bagages culturels, mais aussi d’aptitudes et de dispositions) et à partir de quoi ils composeront avec les réalités de travail qu’ils rencontreront.
8 C’est sur ce niveau d’analyse qu’il nous faut nous arrêter un instant pour apprécier le schéma causatif qui était le nôtre. Mais un mot pour commencer sur ces récits de vie. Grâce aux propos recueillis auprès des personnes interrogées, nous avons tenté de reconstruire leurs trajectoires dans l’espace, mais aussi dans le temps. Contextualisant chacune de leurs expériences, nous nous sommes efforcé de comprendre ce qui avait pu se déposer en elles et qui, se combinant dans la durée, constituerait progressivement le noyau idiosyncrasique de leur être. Ce travail d’analyse a débouché sur une présentation synthétique des dispositions, tendances et propensions à, propres à chacun des cas retenus.
9 Ce matériau identitaire est alors devenu pour nous la clé explicative de leurs attitudes, comportements et réactions, une fois qu’ils se sont trouvés en situation de travail, en même temps qu’il nous a permis d’avancer des hypothèses quant à la signification qu’ont pu recouvrir à leurs yeux les événements qui ont ponctué leur trajectoire professionnelle. Les explications produites des comportements passent par l’établissement de liens temporels. Le présent reçoit son intelligibilité d’une mise en relation avec un passé sédimenté, et il en va de même pour la signification qui revêt son sens particulier par une sorte de résonance.
10 Ce schéma causatif d’ensemble contient un fort potentiel heuristique, mais il est sujet à au moins deux critiques fondamentales. La première réside dans le fait que nous n’avons pas tenu jusqu’au bout la proposition d’une juxtaposition-porosité des sphères du travail et du hors travail indissociablement liée à l’idée d’un inachèvement des processus de socialisation. En effet, si l’on considère que les fruits des expériences vécues se déposent à chaque fois dans les individus sur quelque chose qui leur préexiste, on peut alors voir dans la socialisation un processus sans fin. Nous aurions donc dû prendre en compte que ce « ce dont ils disposent » continuait indéfiniment à se forger, et que la compréhension des comportements et attitudes qui pouvaient être les leurs devait aussi tenir compte de ce qu’ils avaient vécu et vivaient, cette fois, dans le monde du travail, et non seulement en amont de son entrée. Avancer que les comportements des individus peuvent s’expliquer en faisant appel à ce qui s’est déposé en eux par l’œuvre des processus de socialisation (soit, dire que A, le passé sédimenté, peut expliquer B, le présent d’une attitude en situation), c’est oublier que la confrontation (la rencontre) entre A et B produit aussi ses effets, qui à leur tour participeront de la constitution toujours en mouvement de ce « ce dont dispose chacun » pour composer avec un C, une autre réalité, et ainsi de suite. La seconde critique réside en ceci qu’il nous semble aujourd’hui présomptueux de pouvoir envisager d’extraire, ou plutôt, être en mesure de désigner, puis d’isoler, ce qui, dans le passé sédimenté, sera alors articulé au présent vécu afin de prétendre pouvoir le comprendre. Il ne s’est d’ailleurs pas agi pour nous de mettre en relation deux « éléments » dissociés d’un tout, de faire de A l’élément dont la détermination ne ferait aucun doute sur B, mais bien plutôt de subsumer des propriétés sous des catégories telles que les tendances ou les dispositions. Mais nous pensons aujourd’hui que les notions de dispositions, de tendances et de propensions à – via lesquelles nous avons établi ces mises en relation –, caractérisables par leur haut degré de généralité, peinent malgré tout à éviter le piège d’une forme d’essentialisme fixiste.
11 Le postulat d’un inachèvement des processus de socialisation incline ainsi à introduire, dans un schéma de pensée où règnent les causalités linéaires, des relations de causalité circulaires rétroactives par lesquelles s’accomplit la propension différentielle des individus à la réflexivité. Nous n’avions pas introduit ce type de relation causal dans nos raisonnements ou, en tout cas, pas de façon systématique. Les conséquences de cette rétroactivité sont pourtant capitales dès lors que l’on cherche à expliquer et surtout à comprendre les attitudes et comportements des individus, et, plus particulièrement pour nous, les effets du monde du travail sur les salariés. Car si l’on peut être d’accord avec l’idée selon laquelle ce qui se sédimente via l’expérience vient se déposer sur ce qui existe déjà et s’est déjà déposé, on ne peut en déduire que le présent nouvellement ingurgité – devenu à son tour passé, fût-il récent – ne sera pas plus déterminant que le passé – plus ancien – sur lequel il se dépose et/mais auquel il se mêle.
12 Notre approche chronologique (en termes de reconstruction et de suivi des trajectoires) masquait probablement ce risque potentiel. De son côté, la notion de boucle rétroactive chamboule la représentation d’une temporalité linéaire des trajectoires individuelles.
De l’homme au sujet
13 Poursuivons cette brève rétrospective des moments-clés de nos recherches à partir desquelles nous tentons de mettre en question la pertinence de nos procédés heuristiques. Cette seconde étape sera marquée par une attitude de défiance à l’égard de la recherche précédemment citée. Mais, avant d’en présenter le contenu, un mot d’abord sur le contexte de ladite recherche. Cette recherche s’est effectuée hors cadre institutionnel. Et, aussi basse que cette considération puisse paraître, elle n’en demeure pas moins d’une importance considérable quant aux moyens dont on peut disposer, et, donc, nous tenons à l’importance de cette relation de causalité lourde d’effets, à la composition de l’architecture théorique qui sera façonnée pour les besoins de la cause ; les conditions économiques de la recherche accoucheront de ce que l’on a appelé une épistémologie de circonstance.
14 Cette seconde étape a pris pour objet les effets des pratiques managériales sur le sujet du travail [3]. La question des effets du monde du travail y sera appréhendée via les outils du management.
15 Ces effets seront étudiés à l’intérieur d’un ensemble causatif composé de trois éléments : le sujet, l’outil, le monde. On considère que ces éléments sont liés par des relations de causalités circulaires ; ils rétroagissent les uns sur les autres, se façonnent mutuellement, et de leurs enchaînements découlent les pratiques. Pour le dire autrement, les pratiques managériales proviennent de l’application au réel du travail d’un outil de management particulier. De cette application des outils au réel, on peut attendre des effets mécaniquement prévisibles [4] sur le sujet qui les mobilise.
16 À l’inverse de la position soutenue dans le cadre de la première recherche, on fait fi ici des spécificités individuelles et on néglige pour partie les marques institutionnelles, à l’exception toutefois d’une description des contextes d’appropriation des outils, contextes qui déterminent pour partie les effets possibles des pratiques et les capacités des individus à les penser. Par contre, on focalise notre attention sur l’outil !
17 L’outil est ici conçu comme médiateur entre le sujet et le monde. Un outil contribue à façonner un monde pour le sujet qui le manipule. Et les outils de management cristallisent des manières de penser, mais aussi des impensés, des théories et des paradigmes. On a, à ce propos, montré que les outils du management sont marqués du sceau de l’utilitarisme, de l’économisme, du mécanisme, du technicisme et du fonctionnalisme. On a pensé les outils de management (on parle aussi de « techniques de gouvernementalité ») comme constitutifs d’un dispositif de doubles médiations conduisant les conduites des individus sur deux plans. L’un concerne les relations que chaque individu entretient avec les autres et avec lui-même. L’autre désigne les outils qui prennent en charge les modalités de l’exécution du faire, ce qui doit être fait et la manière de le faire. Les « techniques de gouvernementalité » organisent donc les façons d’être au et de faire le travail. Ceux qui mobilisent ces outils et sont mobilisés par eux sont imprégnés de ce dont les outils sont porteurs. Le sujet du travail est cette entité sollicitée à mettre en œuvre des outils porteurs de savoirs qui déposent en lui les fruits de leur application au réel du travail ; produit et producteur, le sujet est habité par le monde qu’il habite en le construisant… où l’on retrouve, cette fois introduite dans le schéma de pensée, l’idée de boucle rétroactive.
18 Le schéma causatif d’ensemble (ce que nous avons appelé la triangulation des pratiques managériales) peut se décliner de la façon suivante : dans son quotidien, le sujet utilise des outils de management qui conduisent ses activités dans deux registres : faire le travail (quoi faire ? et comment ?) et être au travail (comment se comporter avec les autres ? et avec soi-même ?). C’est par ces techniques de gouvernementalité que le sujet appréhende l’un et les autres. Du coup, l’application de ces techniques a des effets sur celui qui les utilise. C’est en ce sens que nous disons que les pratiques managériales produisent des effets. Cette mise en mouvement a des effets sur ceux qui mobilisent ces techniques parce qu’à travers elles, ils appréhendent la réalité qui les entoure et agissent sur elle.
19 Mais revenons un instant sur cette notion d’effets mécaniquement prévisibles. Vidé de ses spécificités, mais non de sa substance, l’individu devient sujet, être jeté et en projet, produit et producteur. Les fruits des différents processus de socialisation dont il se fait le porteur sont négligés, ses ressources et particularités culturelles ne sont pas prises en compte. Le ce-à-partir-de-quoi il est donné à chacun de s’approprier l’outil et ses effets est aussi laissé de côté. Nous ne pouvions donc répondre à la question : pourquoi cet outil-là a eu ces effets-là sur cet individu-ci ? Il va de soi que cette négligence (d’une violence radicale à l’encontre du sujet, conçu cette fois dans l’optique de la psychanalyse ou de l’anthropologie), il faudrait même parler à cet égard de mutilation du sujet, prend son sens (au sens de raison pratique d’exister) une fois qu’on l’a rapporté aux conditions économiques de production de la pensée. À titre personnel, nous ne nions pas, bien évidemment, la réalité intrinsèque de la substance même de l’homme, car elle est ce dont nous ne pouvons manquer de supposer l’existence si l’on veut avancer que les pratiques peuvent produire des effets [5].
20 Effets mécaniquement prévisibles, donc, mais sans être social construit pour les besoins de la recherche… Le mot « effet » ne va pas sans soulever quelques difficultés, de la même façon, et pour les mêmes raisons que celui de risque d’ailleurs. L’un et l’autre sont la conséquence de quelque chose qui les précède. Ces deux termes évoquent donc ce qui, à la suite ou dans le prolongement d’une cause ou de causes qui les précèdent, pourrait advenir ; ils sont la manifestation de quelque chose qui leur serait antérieur. Or, et c’est là un point qui distingue les sciences dures des sciences humaines, il se trouve que, si la systématicité de la relation entre une cause et un effet peut être prouvée du côté des premières, il n’en va pas de même, ou en tout cas, pas avec le même degré d’exactitude ni donc de certitude, dans le champ des secondes. Il ne s’agit cependant pas pour nous, comme cela pourrait être le cas dans un raisonnement de type fonctionnaliste, de poser que l’individu répondrait mécaniquement, par une sorte de ré-action automatique, à des stimulations extérieures, et ce pour une raison essentielle. L’idée d’une dualité (homme-extérieur) est incompatible avec l’existence des boucles rétroactives dont on a mentionné la force à propos du schéma conceptuel de la triangulation des pratiques managériales. Innervant et imprégnant les relations sociales et le rapport au travail au quotidien, les techniques – managériales – finissent par habiter littéralement ceux qui les mettent en œuvre. Partie intégrante du triptyque des pratiques, le sujet participe pleinement au circuit des causalités. C’est dans le cadre causal de cette relation dont la mise en mouvement s’enclenche par l’acte du travail que des pratiques se produisent, qui produiront à leur tour des effets sur ceux qui en sont les auteurs.
21 La relation peut être dite mécanique sans qu’elle soit pour cela systématique. Nous ne préjugeons pas d’une systématicité entre des pratiques managériales et leurs effets. En fait, la notion d’effets mécaniquement prévisibles n’ouvre pas sur un espace infini de conséquences possibles. Les effets mécaniquement prévisibles renvoient à la probabilité qu’advienne un événement ; la délimitation de cet espace se dessine à la hauteur du risque (au sens statistique) encouru qu’il voie le jour. Mais comment, et sur quelles bases, établir les limites de cet éventail d’effets possibles ?
22 Cette approche qui se voulait phénoménologique se heurte donc à la question difficile des bases sur lesquelles pourraient être établies les limites des effets possibles. Les propriétés des espaces d’appropriation des outils et les modes de pensée cristallisés dans chacun d’eux ne suffisent pas en soi à délimiter l’éventail des effets possibles dès lors qu’on a vidé de sa substance anthropologique le sujet ; c’est en référence à cette substance que peuvent être édifiées ces limites.
23 Mais tordons le bâton en sens inverse. Quelle place la sociologie ultra-déterministe accorde-t-elle au sujet ? Ne finit-elle pas par le vider de sa substance, de son magma intérieur pour moins bien le remplir de déterminations extérieures intériorisées… à son insu ? Cette opération (de vidage-remplissage) effectuée, ne raisonne-t-elle pas à son tour dans les termes d’une mécanicité d’effets attendus ?
Boucler la boucle…
24 Nous allons achever ce bref parcours de réappropriation dynamique par un arrêt sur une ultime et récente recherche. Son objet : les risques psychosociaux (RPS) des pratiques managériales chez les cadres. Là aussi, il nous fallut bâtir un schéma d’analyse susceptible de ne pas trahir l’objet.
25 Ces risques sont protéiformes, mais nous avons essayé d’en restreindre la source, le point d’origine. Lors de recherches précédentes, des propos recueillis auprès de cadres nous avaient laissé à entendre que certains parmi eux se voyaient contraints de procéder à l’exécution de tâches, à l’accomplissement d’actions qu’ils réprouvaient [6]. Nous en avons déduit l’existence d’écarts possibles entre ce que nous appellerions l’être et le faire. Une discordance. L’être et le faire peuvent ne pas coïncider, leur confrontation introduit des écartèlements intérieurs. Voilà ce que nous entendrons par écart. On a alors postulé que les individus chercheront à s’accommoder de ces écarts. Est alors apparue la notion d’arrangement. Par arrangement, on entend les tentatives auxquelles se livre(ro)nt les individus pour composer avec ces écarts. Des arrangements de ces écarts découle alors la probabilité que surgisse un événement, qu’un événement advienne. C’est alors qu’on a parlé de risque. La notion de risque ne sera pas entendue ici dans un sens restrictif ni péjoratif, on la considérera plutôt comme la chance d’ouvrir à des effets possibles, comme l’éventualité de l’apparition d’un événement.
26 À ce stade, il nous faut revenir sur deux notions, l’être et le faire. Commençons par la seconde. Ce faire, nous l’avons réduit aux pratiques managériales. Par pratiques, il nous faut comprendre les effets qui résultent de l’application des techniques de gouvernementalité [7] dans la mise en œuvre concrète de l’activité de travail. Ce que nous entendons ici par pratiques managériales résulte donc de l’application au réel de techniques et d’outils issus de la pensée gestionnaire.
27 Mais qu’entendons-nous alors par être, cet être qui, mobilisant ces techniques, cherche à s’arranger d’écarts qui peuvent survenir en lui du fait de leur application ? Pour que des arrangements puissent avoir lieu, il faut bien que cet être soit doté d’une substance. Une fois encore, il nous a fallu prendre position, placé devant l’impossible question de savoir ce que nous pouvions (eu égard aux compétences et aux moyens qui étaient les nôtres) et devions (pour parvenir à nos fins, soit conserver le nécessaire) retenir de l’insondable complexité de l’être. Cet être, nous l’avons constitué suivant trois dimensions, selon trois registres identitaires, une identité individuelle, une identité de métier et une identité catégorielle. Disons-le tout de suite, la première a été délaissée ; l’ambition était noble, mais la tâche impossible [8].
28 Seules les deux autres ont retenu notre attention, et particulièrement la troisième, l’identité catégorielle qui a donné lieu à une analyse des propriétés subjectives de l’identité cadre, ce que nous avons appelé l’être cadre [9]. C’est à l’intersection de ces différentes dimensions que nous nous sommes proposés de comprendre comment et pourquoi la mise en œuvre de pratiques managériales pouvait être à l’origine de risques psychosociaux chez les cadres.
29 Notre schéma d’analyse – qui vise à comprendre les risques psychosociaux des pratiques managériales chez les cadres – est donc parti de ces pratiques (effets de l’application des techniques de gouvernementalité) à travers lesquelles le sentiment d’un écart (entre l’être et le faire) peut voir le jour, qui débouchera sur des arrangements avec soi (tentative de s’accommoder des écarts), qui donneront à leur tour naissance à des risques (au sens de l’éventualité de l’apparition d’un événement) qui produiront des effets dont certains porteront atteinte à la santé (risques psychosociaux) et d’autres pas. Le schéma conceptuel d’analyse part donc des pratiques managériales et s’achève par les risques psychosociaux en passant, dans l’ordre et à la suite de divers enchaînements causatifs, par les écarts, les arrangements et leurs effets.
30 Le schéma global d’analyse étant posé, l’heure est venue d’en désigner les failles. Commençons par l’artificialité de la linéarité causale de notre schéma théorique d’analyse : pratiques managériales ==> écarts ==> arrangements ==> risques ==> portent atteinte (RPS) ou ne portent pas atteinte. Ce schéma a priori assez simple pose pourtant de nombreux problèmes.
31 La notion de linéarité causale est, comme on l’a déjà fait remarquer, en soi problématique. Pour augmenter le pouvoir heuristique des outils d’analyse, il faudrait, plutôt que de parler de linéarité, raisonner en termes de rétroactivité, donc, de causalités circulaires… où l’on retrouve la critique formulée à l’encontre de notre première recherche de référence. La compréhension du social se prête mal à l’aplanissement et au bout à bout. À titre d’exemple, la place allouée à la notion d’arrangement reste tout à fait problématique dans ce schéma. En effet, on pourrait très bien envisager que la perception des écarts relève déjà d’une forme d’arrangement avec soi, auquel cas, l’arrangement précéderait l’existence même d’écarts entre l’être et le faire. Ceci est d’autant plus vrai que les technologies de gouvernement participent de la recodification de l’accès au réel chez leurs utilisateurs et qu’elles colonisent la subjectivité des individus affectant ainsi ce qui les meut.
32 Donc, si l’on peut considérer qu’écarts et arrangements sont bien le produit des pratiques managériales, il faut aussi envisager que les effets des pratiques managériales puissent pour partie être déterminés par les arrangements avec soi, de même qu’ils peuvent aussi résulter des tentatives de réduction des écarts auxquelles les individus ont déjà procédé. L’enchaînement : pratiques ==> écarts ==> arrangements, peut aussi se dérouler dans le sens : écarts ==> arrangements ==> pratiques (voire risques ==> pratiques) [10]. On voit ici les dangers pour la production de connaissance de placer de façon arbitraire les pratiques comme point d’ancrage des effets. Il eût été alors judicieux d’inférer dans nos raisonnements la notion de causalité récursive [11].
Causons
33 Nous voilà au moment de la reprise. Ce que nous avons récolté : certains des mots-clés de toute réflexion interrogeant épistémologiquement l’appareillage susceptible de faire parler l’objet, d’en rendre compte sans le trahir. Un premier mot s’avance, la séparation. Si l’on prétend pouvoir faire parler l’objet, c’est qu’il est mis à l’extérieur de soi, il devient un objet pour la représentation [12]. Cette construction impose de faire des tris, des sélections. Nous voilà face à d’autres termes d’une extrême importance. Ils attestent que cette construction s’opère sur des choix. Le chercheur placé devant l’infinie complexité du réel, ou plutôt de ce qu’il peut en percevoir, se voit contraint à la rétention. Cette rétention est violence à l’encontre du réel, mais violence nécessaire. De plus, ce choix des éléments retenus s’accompagne de l’acte par lequel on les isole les uns des autres. Pour nous, l’exercice qui consiste à retenir, à opérer une sélection, a participé autant de la construction de l’objet que de l’élaboration de l’appareillage déployé pour le penser. Nous rentrons avec cette dernière réflexion dans la question de l’articulation, dans l’exposition de ce qui lie. C’est ici, à ce niveau, que la pensée causale se déploie. Après l’acte qui a consisté à séparer, puis à retenir, il convient alors de re-lier et d’être en mesure de dire pourquoi, comment et au nom de quoi les éléments préalablement séparés peuvent être liés les uns aux autres, et avec quelles incidences. Mais l’on pourrait aussi dire que la représentation pressentie d’une causalité agit déjà sur la rétention des éléments retenus. En fait, ce présupposé de l’existence d’un lien causatif exerce son influence sur le choix des éléments retenus en même temps qu’il aiguille la production du savoir une fois l’objet et son appareillage constitués.
34 La réflexion critique que nous avons menée sur les limites de nos outils de pensée a permis de mettre en question, pour chacun des cas présentés, la notion d’univocité des relations causales. Les notions de boucles récursives et de rétroactions se sont alors imposées dans leur incontournable réalité. L’introduction de ces enchaînements a des implications considérables. La relation causale univoque s’inscrit dans la temporalité d’un avant et d’un après. À l’inverse, la notion de boucle récursive affecte la conception de la linéarité temporelle dans laquelle s’inscrit le déterminisme univoque. Mais de quelle manière l’affecte-t?elle ? S’agit-il pour autant de l’inversion d’une destination temporelle ? Une fois introduit dans les raisonnements, ce type de relations causales déstabilise la prétention en la capacité et la possibilité même de pouvoir isoler et circonscrire des points à l’origine d’effets et d’en prévoir l’apparition, ce qui n’est pas à son tour sans influence sur le pouvoir que s’octroient les hommes à opérer sur eux l’action qu’ils désirent pour parvenir à leurs fins [13]. La question du ce qui, du ce qui a provoqué l’apparition d’un événement, restera alors énigmatique à quiconque cesse de croire en l’omnipotence explicative des relations de causalités à la fois univoques et linéaires. Les conséquences politiques de ces enjeux épistémologiques ne sont pas à négliger. Dès lors que l’on cherche à appréhender les effets, pour nous, par exemple, du monde du travail sur les salariés, en termes de risque psychosocial, ou de suicide au travail, on voit que la question du ce qui devient lourde d’enjeux [14].
35 Jouant sur les cadres temporels et opacifiant l’alignement des liens, la notion même de relation causale conserve-t-elle alors un pouvoir heuristique ? D’un côté, il faut répondre par l’affirmative, car l’enrichissement de ce qui relève de sa nature multiplie les savoirs produits, d’un autre côté, on peut aussi considérer que son pouvoir se brouille du fait même de la profusion de cette production. On le voit, l’introduction dans les schémas de pensée de relations causales protéiformes encourage autant qu’elle risque de désarçonner la volonté des hommes à agir sur le réel dans le sens qui leur conviendrait.
Bibliographie
- MORIN, E. 2005. Introduction à la pensée complexe, Paris, Le Seuil.
- MORIN E. 2012. Où va le monde ?, Paris, L’Herne.
- NSONSISSA, A. 2010, Transdisciplinarité et transversalité. Épistémologiques chez Edgar Morin, Paris, L’Harmattan.
- RICŒUR, P. 1969. Le conflit des interprétations, essais d’herméneutique, Paris, Le Seuil.
- ROUSSEL, É. 2004. Des cadres dans une société en mutation. Une tentative pour comprendre le rapport au travail des cadres, doctorat de sociologie, université de Nantes.
- ROUSSEL, É. 2007. Vies de cadres. Vers un nouveau rapport au travail, Rennes, Presses universitaires de Rennes, Le sens social.
- ROUSSEL, É. 2010. « Les effets des outils du management sur le sujet du travail », dans L’odyssée du sujet dans les sciences sociales, Lestamp-Asso.
- ROUSSEL, É. 2011. « Les effets subjectifs des pratiques managériales », Mana, n° 17-18, « Extension du domaine du management. Genèse, conquêtes et résistances ».
- ROUSSEL, É. 2013. Les risques psychosociaux des pratiques managériales chez les cadres, recherche effectuée dans le cadre d’une convention conclue entre l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) et la CFE-CGC.
Mots-clés éditeurs : causalités, épistémologie, limites
Date de mise en ligne : 16/12/2014
https://doi.org/10.3917/cnx.102.0055