Article de revue

Un printemps serbe en automne

Pages 149 à 156

Citer cet article


  • Chiclet, C.
(2000). Un printemps serbe en automne. Confluences Méditerranée, 36(1), 149-156. https://doi.org/10.3917/come.036.0149.

  • Chiclet, Christophe.
« Un printemps serbe en automne ». Confluences Méditerranée, 2000/1 N° 36, 2000. p.149-156. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2000-1-page-149?lang=fr.

  • CHICLET, Christophe,
2000. Un printemps serbe en automne. Confluences Méditerranée, 2000/1 N° 36, p.149-156. DOI : 10.3917/come.036.0149. URL : https://shs.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2000-1-page-149?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/come.036.0149


1 "Slobo, sauve la Serbie : suicide-toi", scandaient les jeunes militants libertaires du mouvement Otpor (Résistance). Slobodan Milosevic a finalement suivi leurs conseils. Il s'est suicidé politiquement en organisant des élections présidentielles anticipées le 24 septembre 2000. C'est donc la rue serbe et non les 78 jours de bombardement de l'OTAN qui a eu raison du tyran de Belgrade.

2 Cadre communiste très moyen, Milosevic et son âme damnée, sa femme Mirjana Markovic, étaient assoiffés de pouvoir. Mais comment y parvenir dans un marigot post-titiste où le nombre de crocodiles était déjà conséquent. Le déclic a lieu début 1987, lorsqu'il assiste à une manifestation de la minorité serbe, dans la banlieue de Prishtina. La police autonome albanaise charge violemment les manifestants. Milosevic va alors lancer son fameux : "Personne n'a le droit de frapper ce peuple". Dans son for intérieur, il a dû rajouter "sauf moi". L'homme n'est pas spécialement anti-albanais ou grand-serbe. Il vient simplement de comprendre que le nationalisme serbe qui est en train de se réveiller peut lui servir de tremplin. Il va donc habilement instrumentaliser cette lame de fond.

3 Officiellement héraut de la Grande Serbie, il n'hésite pas à abandonner ses frères des Krajina croates puis de Bosnie pour sauvegarder son pouvoir. Lors des accords de Dayton en novembre 1995, il se paie même le luxe de se présenter comme un homme de paix et un modéré. Au Kosovo, il réussit à "s'entendre" avec Ibrahim Rugova. Le premier laisse le second organiser sa société parallèle. En échange, le leader de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) ne se mêle pas de la politique de Belgrade. Ainsi, si les 900000 électeurs albanais avaient voté avec l'opposition serbe en novembre 1996, Milosevic et ses alliés auraient perdu les élections. Peut-être que la guerre du Kosovo aurait pu être ainsi évitée.

4 L'Armée de libération du Kosovo (UÇK) allait brouiller les cartes, d'autant que fin 1998 la politique américaine change. Pour Washington, Milosevic n'est plus un interlocuteur valable. C'est pour cette raison que les Occidentaux tentent d'imposer le "diktat" de Rambouillet. Ils souhaitent que les forces de l'OTAN puissent se positionner dans l'ensemble de la Yougoslavie, Serbie comprise. Pour Milosevic, c'est une atteinte directe à son pouvoir. Il se lance donc dans le bras de fer de la guerre, contre l'avis de certains de ses généraux.

5 L'armée yougoslave (VJ) résiste parfaitement, mais le 22 mai 1999, Milosevic et quatre de ses proches sont inculpés par le TPIY (Tribunal pénal international pour la Yougoslavie) de crimes contre l'humanité. En clair, le dictateur de Belgrade ne pourra jamais retourner à une table de négociation internationale, type Dayton. Il est désormais enfermé dans sa forteresse assiégée.

6 Fin mai, il craint une offensive terrestre de l'OTAN. Cela veut dire : "On vient te chercher à Dedinje, dans ton palais, pour t'expédier à La Haye". Le 10 juin, pour sauvegarder son pouvoir, il signe un cessez-le-feu et retire ses troupes du Kosovo.

La peau de chagrin

7 La Grande Serbie de la Sar Planina à l'Adriatique, des faubourgs de Zagreb à Dimitrovgrad, se réduit pendant l'été 1999, à la Serbie et à la Voïvodine. Le Kosovo est perdu et le Monténégro largue doucement mais sûrement les amarres. Une blague se répand alors dans Belgrade : "La femme de Milosevic, Mira, se lève un matin et ouvre les volets. La résidence est entourée de soldats en armes. Affolée, elle réveille son mari. Slobo, Slobo, un coup d'Etat. Milosevic ouvre un œil, regarde dehors et répond, recouche-toi, ce sont nos gardes-frontières".

8 Plus le pouvoir de Milosevic se réduit dans l'espace, plus il se durcit. On assiste à l'automne 1999 à la véritable mise en place d'une dictature. Au lendemain de la fin de la guerre, Milosevic se présente comme l'homme qui a tenu tête à "l'Invincible armada" de l'OTAN. Il a bénéficié un moment d'un vaste mouvement patriotique. Durant la guerre, les citoyens ont défendu la Serbie attaquée, même s'ils étaient fondamentalement contre Milosevic. A Novi Sad et à Belgrade, des milliers de civils s'installaient sur les ponts, pour éviter leur destruction. L'opposition traumatisée ne faisait pas entendre sa voix de peur d'être taxée de traîtrise. Par ailleurs, le Mouvement du renouveau serbe (SPO), de l'inconsistant opposant Vuk Draskovic, participa au gouvernement de janvier à avril 1999, au nom de l'unité nationale.

9 Par ailleurs, depuis le 24 mars 1999, premier jour des bombardements, Milosevic a pris des habitudes de clandestinité renforcée, ne couchant jamais au même endroit. Il a gardé ce mode de vie après le 10 juin, s'enfermant ainsi dans sa tour d'ivoire, se coupant des réalités du pays. Il va alors faire le ménage autour de lui. L'armée est sa première victime. Vaincue politiquement et non militairement, comme l'armée allemande en 1918, elle quitte le Kosovo en bon ordre et pourrait donc avoir une certaine rancœur à l'encontre des dirigeants de Belgrade. Les soldats invaincus sont aussitôt envoyés sur le front des reconstructions, troquant le fusil pour la pelle et la pioche. Rapidement, un vaste mouvement de rotations-promotions touche l'ensemble du haut état-major qui n'est guère aimé, d’ailleurs, par les colonels et les commandants de la VJ.

10 Viennent ensuite les règlements de compte contre de hautes personnalités qui en savaient visiblement trop sur le système politico-mafieux de la famille Milosevic. En octobre 1999, le beau-frère de Vuk Draskovic meurt dans un "accident de voiture". C'est l'homme qui tenait les caisses noires de la municipalité de Belgrade pour le compte du SPO, en liaison avec les socialistes de Milosevic, membres de la coalition municipale. Le 15 janvier 2000, Zeliko Raznatovic, alias Arkan, chef de la sanguinaire milice des Tigres, est abattu dans le hall de l'hôtel Intercontinental à Belgrade. Il était au cœur du système paramilitaire-mafieux serbe. Mais il était en conflit d'intérêt avec les activités mafieuses de Marko Milosevic, le propre fils de Slobodan. Le 7 février, c'est au tour du ministre de la Défense, Pavle Bulatovic, d'être exécuté dans un restaurant de Belgrade. D'origine monténégrine, il aurait refusé d'organiser des opérations de déstabilisation de la petite république. Branislav Lainovic, un truand chef de la milice du SPO, la "Garde Serbe", est assassiné le 20 mars, puis quelques jours plus tard, Zika Petrovic, directeur de la compagnie aérienne nationale JAT. Le 13, Bosko Perosevic, homme lige de Milosevic en Voïvodine, est tué à Novi Sad. Enfin, le 25 août, Ivan Stambolic, l'ancien mentor du maître de Belgrade, limogé par ce dernier en 1987, est mystérieusement kidnappé alors qu'il se promenait dans un parc de la capitale. Toutes ces victimes étaient de potentiels témoins gênants auprès du TPIY. Par ailleurs, cette violence tétanise les proches de Milosevic qui savent désormais qu'ils ne sont plus à l'abri. Cela les dissuade aussi de parler, voire de passer à la dissidence.

11 Les journalistes sont aussi la cible du pouvoir. L'un d'entre eux est tué et d'autres sont lourdement condamnés, comme un des correspondants de l'AFP. Journaux, radios et télévisions indépendants doivent payer de lourdes amendes ou sont carrément fermés. La police fait aussi la chasse aux jeunes militants d'Otpor, tentant de savoir qui sont les chefs occultes du mouvement. La police milosevicienne n'arrivera jamais à comprendre que ce mouvement d'inspiration libertaire est multicéphale, sans chefs ni hiérarchie.

12 Enfin, pour empêcher toute velléité de révolte populaire, le régime organise la pénurie des matières premières (lait, sucre, huile, essence), ainsi que le chômage technique. Les employés au chômage sont autorisés à ne pas se rendre sur leurs lieux de travail (le plus souvent détruits par les bombardements). Ainsi leur temps libre est occupé à la survie journalière de la famille : petits trafics en tout genre, comme la vente d'essence dans des bouteilles de plastique sur le bord des routes. Les cousins restés aux villages ravitaillent tant bien que mal les citadins. Et pour la première fois de leur histoire, les Serbes ont faim. "Personne n'a le droit de battre ce peuple" ; mais Milosevic a failli l'affamer. Le salaire moyen tombe à 80 deutschemarks en août 2000. D'autant que les sanctions internationales n'ont rien arrangé, creusant un fossé entre les citoyens et la camarilla mafieuse au pouvoir.

Les ferments de la révolte

13 En décembre 1999, les manifestations de l'opposition cessent, faute de manifestants. Au printemps 2000, la société civile semble être amorphe, apathique, découragée, sombrant dans la dépression. Ne craignant plus rien de l'armée, de l'opposition politique et des milieux mafieux, Milosevic pense que l'heure est venue d'organiser un nouveau coup d'Etat constitutionnel. Sachant qu'il doit constitutionnellement quitter le pouvoir au printemps 2001, il impose le 6 juin au Parlement des amendements à la loi électorale lui permettant de briguer encore deux mandats présidentiels de quatre ans. Le 27 juillet, il annonce que les élections seront avancées au 24 septembre. En effet, il préfère organiser le scrutin avant les froids et les privations de l'hiver, tablant aussi sur les divisions récurrentes de l'opposition et sur un fort taux d'abstention.

14 Enfermé dans sa tour d'ivoire, entouré de sa femme, de son fils, de sa fille et de quelques flatteurs, il ne voit pas que, sous la soumission apparente, les ferments de la révolte sont à l'œuvre. Face au coup d'Etat constitutionnel du 6 juin, avec le risque d'avoir un Milosevic de plus en plus dur pendant huit ans, l'opposition commence à faire taire ses dissensions. 18 partis, mouvements et groupes se fédèrent au sein du DOS (Opposition démocratique de Serbie) et présentent un quasi-inconnu à la course présidentielle : Vojislav Kostunica. Né en 1944, ce juriste est un homme intègre, honnête et pauvre. L'homme a toujours été intransigeant envers le titisme et le milosévisme. Assistant en droit à l'université de Belgrade, il claque la porte en 1974 pour protester contre la censure titiste en Serbie. En 1989, il est le seul à refuser sa réintégration, offerte par Milosevic. En 1990, il est l'un des fondateurs du Parti Démocratique. Deux ans plus tard, lorsque l'arriviste Zoran Djindjic prend le contrôle de ce dernier, il fait sécession et crée le petit Parti démocratique serbe. Il refuse toute compromission avec les ultra-nationalistes de Krajina et de Bosnie, ainsi qu'avec le fantasque Vuk Draskovic.

15 Ce dernier, se croyant toujours le sauveur de la Serbie, refuse de rejoindre le DOS et présente son propre candidat à la présidentielle. Pour le pouvoir, la division de l'opposition, l'abstentionnisme des Kosovars et des Monténégrins font de ces élections un boulevard. Mais quatre éléments travaillaient à saper les fondations de la dictature :

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  • Le mouvement Otpor. Fondé en 1998 par de jeunes étudiants, des lycéens et des collégiens, il fait de l'agitation à la base, sans structure, un peu dans l'esprit de mai 68. Graffitant un poing noir sur tous les murs du pays, lors des vacances scolaires de l'été 2000, ses membres rentrent dans leurs villages ou leurs quartiers et militent auprès de leurs aînés pour une participation massive aux élections pour chasser Milosevic. Mine de rien, ils vont redonner du courage aux adultes épuisés.
  • Les municipalités de province oppositionnelles. Gagnées aux élections de 1996, elles ont dû faire face à l'hostilité du gouvernement qui leur a coupé les cordons de la bourse. Par ailleurs, elles ont été gravement touchées par les bombardements de l'OTAN.A Caçak, Nis, Kragujevac et ailleurs, l'esprit est à la fronde. Elles n'ont plus rien à perdre, sont prêtes à tout et sont emmenées par Velja Illic, le bouillant maire de Caçak.
  • Le général Perisic. Chef d'état-major de la VJ jusqu'en novembre 1998, il a été limogé par Milosevic pour s'être opposé à la guerre contre l'OTAN. Pragmatique, il savait que la VJ ne pouvait pas gagner. Revenu à la vie civile, il fonde le PDS (Mouvement pour la Serbie démocratique). Restant en contact avec ses anciens camarades officiers, il travaille en sous-main pour obtenir la neutralité de l'armée, voire son retournement.
  • Le syndicat indépendant Nezavisnost (Indépendance). Lié à la CISL, ayant même eu quelques petits contacts avec son homologue kosovar du BSPK, il réactive ses militants, en particulier ceux qui ne sont pas au chômage technique, comme l'élite ouvrière des mineurs de Kolubara.

La chute du régime

17 Le 24 septembre au matin, Milosevic est confiant. La participation n'est pas élevée et il pense une nouvelle fois avoir gagné son pari. Mais petit à petit, la participation devient de plus en plus massive. Le soir du dépouillement, les informations catastrophiques remontent à Dedinje. Le candidat du SPO s'est effondré avec moins de 3% et Kostunica dépasserait allègrement les 50% (56%). La panique s'empare du pouvoir qui tente maladroitement de bourrer à la sauvette quelques urnes. La Commission électorale à la solde du dictateur annonce que le DOS à obtenu 48% et un peu plus de 40% pour Milosevic. Dans ce cas de figure, un deuxième tour doit avoir lieu, permettant ainsi aux autorités de mieux se préparer pour l'emporter. L'opposition proteste et commence à manifester mollement comme en 1996-97. Instruite par cet échec, Otpor, la province, Nezavisnost et le PDS se préparent à la bataille décisive, sans l'aval des opposants politiques belgradois. Le 3 octobre les mineurs sont en grève et Kostunica vient leur rendre visite sans rencontrer une réelle opposition de la police. Le pouvoir se fissure. Le lendemain, la Cour constitutionnelle annule purement et simplement les élections. Le 5, la province décide de monter sur Belgrade. Du sud, de l'ouest et du nord, les colonnes de manifestants convergent vers le Parlement. En chemin, la police laisse passer, voire fraternise. Dans l'après-midi, le Parlement, la télévision d'état sont investis et le siège du parti socialiste est saccagé. Les Belgradois se joignent enfin aux manifestants.

18 Le 7, le Parlement fédéral intronise le nouveau président. Milosevic disparaît quelques jours. Sa femme et sa fille sombrent dans la dépression alors que le fils Marko part à Moscou avec trois avions gros porteurs. Il tentera plus tard de s'enfuir à Pékin, d'où il sera refoulé.

19 Quant au nouveau président, il est invité au sommet de Biarritz le 14 octobre et l'Union européenne lève rapidement ses sanctions. Petit à petit et fort de sa reconnaissance internationale, il prend ses marques. Il décide d'organiser des législatives anticipées le 23 décembre pour avoir les coudées franches. En novembre, les chefs d'entreprises liés au complexe politico-mafieux sont chassés. En décembre vient le tour des diplomates. Une partie de l'armée et de la police se rallient.

20 La marche de la Serbie vers la démocratie a débuté dans le calme, sans violence. En revanche, il s'agit d'un travail de fond pour faire table rase des treize ans de milosévisme. Le pays est exsangue : guerres yougoslaves, système mafieux, fuite des élites, paupérisation, sanctions internationales, bombardements de l'OTAN. Tout est à reconstruire, sans compter les traumatismes psychologiques profonds et la question du Kosovo, toujours lourde de sombres menaces pour l'ensemble du cône sud des Balkans.

21 Les élections législatives serbes du 23 décembre dernier ont confirmé cette révolution calme et démocratique. Sur 250 sièges au Parlement serbe (ne pas confondre avec le Parlement fédéral), la DOS en a remporté 176, contre 37 au Parti socialiste de Milosevic, 23 au Parti radical du fasciste Sesejl et 14 au petit Parti de l'unité serbe (extrême droite). La JUL de Mira Markovic et le SPO de Vuk Draskovic ont complètement disparu de l'échiquier politique.

22 La DOS dispose donc des 2/3 des sièges, plus dix députés. Cela va lui permettre d'amender la constitution sans aucun problème, du moins dans l'hémicycle.

23 Mais le nouveau tandem au pouvoir à Belgrade s'apparente au mariage de la carpe et du lapin. Autant le président Kostunica est intègre, calme, raisonné, avançant sans faute pas à pas, autant le Premier ministre Djindjic est arriviste, démagogue, voire peut-être même corrompu. Le jour de Noël, il déclarait : "Nous allons créer le gouvernement le plus rapide de la Serbie. A chaque problème, nous saurons réagir en 24 heures". Depuis dix ans, les démocrates bulgares et albanais tentent de se débarrasser des mafias, sans succès. La Grèce a mis sept ans (1974-81) à accepter l'alternative politique. Depuis 79 ans, la Turquie n'arrive pas à faire rentrer ses militaires dans ses casernes. La question du Kosovo est ouverte dans l'espace yougoslave titiste et post-titiste depuis 1968. Et M. Djindjic se fait fort de régler les problèmes économico-mafieux, la question nationale et la transition démocratique en 24 heures !

24 De tous les pays de l'Europe centrale et orientale, la Serbie est aujourd'hui celui qui est confronté aux problèmes les plus nombreux : économie exsangue, mafia omniprésente, dislocation de l'espace national et punition de tous les criminels de guerre.

25 Après les échecs de la Grande Grèce (1922), de la Grande Bulgarie (1913, 1944), de la Grande Croatie (1941), le temps est venu pour les Serbes de faire leur deuil de cette Grande Serbie anachronique. Les Albanais du Kosovo oriental (Preshevo, Medvedja, Bujanovac) feraient bien de méditer cet axiome de base balkanique.


Date de mise en ligne : 01/01/2011

https://doi.org/10.3917/come.036.0149