Article de revue

La campagne de communication comme réponse d'un réseau à un événement ?

Étude d'un cas de politique agricole

Pages 82 à 94

Citer cet article


  • Gkouskou-Giannakou, P.,
  • Huet, F.,
  • Choplin, H.
  • et Lenay, C.
(2009). La campagne de communication comme réponse d'un réseau à un événement ? Étude d'un cas de politique agricole. Communication & Organisation, 35(1), 82-94. https://doi.org/10.4000/communicationorganisation.741.

  • Gkouskou-Giannakou, Pergia.,
  • et al.
« La campagne de communication comme réponse d'un réseau à un événement ? : Étude d'un cas de politique agricole ». Communication & Organisation, 2009/1 n° 35, 2009. p.82-94. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-communication-et-organisation-2009-1-page-82?lang=fr.

  • GKOUSKOU-GIANNAKOU, Pergia,
  • HUET, Frédéric,
  • CHOPLIN, Hugues
  • et LENAY, Charles,
2009. La campagne de communication comme réponse d'un réseau à un événement ? Étude d'un cas de politique agricole. Communication & Organisation, 2009/1 n° 35, p.82-94. DOI : 10.4000/communicationorganisation.741. URL : https://shs.cairn.info/revue-communication-et-organisation-2009-1-page-82?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/communicationorganisation.741


Notes

  • [1]
    Politique Agricole Commune.
  • [2]
    Cette contribution s’inscrit dans le cadre du projet AGAPIC (Agencements d’Apprentissage en Territoires Picards), financé par le Conseil Régional de Picardie. Il s’agit d’un projet en cours, qui ne présente que des résultats intermédiaires.
  • [3]
    Association Loi 1901, fondée en 1989
    (http://www.alternatech.org/article.php3 ?id_article =21 )
  • [4]
    De ce point de vue, cet article poursuit une réflexion engagée par Hugues Choplin, Jacques Audran, Eddie Soulier, Didier Paquelin dans leur article : « Du changement organisationnel au mouvement. À partir d’une étude de cas dans l’université », Communication & Organisation, n° 33 [Choplin 2008].
  • [5]
    Sur l’agencement comme processus de négociations et traductions entre acteurs dans un territoire, voir les travaux des représentants de la sociologie de l’acteur-réseau (Bruno Latour, Michel Callon…).
  • [6]
    Voir : [Zarifian 2000] et [Arquembourg, 2006].
  • [7]
    Il s’agit d’une série d’entretiens avec le Directeur du Centre « Agro-transfert, Ressources et Territoires » et quatre chargés des projets du Centre (projets : GIEA (« Gestion des Informations de l’Exploitation Agricole » 2003-2006) et CCR (« Centre de Compétences et de Ressources », 2008-…)).
  • [8]
    Ces grilles étaient construites selon des indicateurs empiriques définis pour chaque concept théorique de notre enquête : par exemple, en considérant qu’un agencement a une dimension spatio-temporelle (voir ci-dessous, p. 11) nous avons défini comme indicateur les « espaces/temps » où ont lieu les rencontres des acteurs (réunions, conférences…).
  • [9]
    En réponse à la crise de la vache folle et aux accusations de productivisme à outrance.
  • [10]
    Les demandes d’aide des agriculteurs concernant leurs difficultés de gestion des informations ont eu comme résultat le lacement du projet « Document terre » dont l’objectif était d’aider les agriculteurs à « organiser leur bureau ».
  • [11]
    Il faut noter dans le compte-rendu de la réunion interrégionale des Chambres d’Agriculture en vue de la réforme de la PAC (novembre 2002), le manque de réactivité des Chambres face à la construction et diffusion des normes publiques concernant l’agriculture raisonnée et la sécurité alimentaire : « Il est inquiétant que les CA ne soient pas représentées dans les démarches actuelles de normalisation des données. Il est nécessaire qu’elles participent aux groupes de travail existants » [extrait de la réunion inter-régionale des Chambres d’Agriculture de 29/11/2008].
  • [12]
    Sur ce point, il faut noter une certaine étanchéité entre les différentes activités ou contributions de ce monde agricole. Dans ce contexte, le rôle du Centre comme « interface » entre les différents collectifs d’acteurs est très subtile : avant tout, le Centre Agro-transfert devrait bien démontrer son autonomie : « en Poitou-Charentes, l’Agro-transfert qu’ils ont créé, c’était un service de la Chambre régionale d’Agriculture, donc la Chambre d’agriculture a créé un service en son sein qu’ils ont appelé Agro-transfert, à mon avis ça n’a pas marché pour ça, c’est-à-dire que du côté du politique ils se disaient : ah ben oui mais c’est un service des Chambres d’Agriculture donc, recherche ils ont dit : c’est un problème des chambres d’agriculture, donc ce n’est pas notre problème [directeur du Centre Agro-transfert, Ressources et Territoires].
  • [13]
    Pour les sociologues de la théorie de l’acteur-réseau, le concept de traduction désigne l’opération de transformations successives dans un réseau d’acteurs. En qualifiant un espace de problèmes et de solutions, cette opération déplace et transforme des enjeux et des problématiques en même temps qu’elle redéfinit les acteurs et les formes de leurs relations [Callon 2003].
  • [14]
    En d’autres termes, ce processus favoriserait « l’avènement progressif d’une agriculture ‘ en réseau’« [Poyet , 2003], p. 167.
  • [15]
    « On est véritablement dans du transfert, c’est-à-dire dans de l’interface » (Directeur du « Centre Agro-transfert »).
  • [16]
    Par exemple, l’élaboration des projets de recherche et de développement.
  • [17]
    Extrait du rapport d’activité 2007 du Centre « Agro-transfert, Ressources et Territoires », p. 67.
  • [18]
    Dès 2002, les réactions négatives des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) sont mentionnées dans les comptes-rendus des réunions d’ALTERNATECH avec les chambres d’agriculture et le ministère... : « Il faut démontrer aux OPA que le projet permet la compatibilité des systèmes existants, qu’il est techniquement et juridiquement possible de définir une norme qui est utilisable par tout le monde. Personne n’y perdra et l’agriculteur y gagnera » (extrait du compte-rendu de la réunion du GIEA National (29/11/2002), Représentant du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche).
  • [19]
    Rapport d’activité 2007 du Centre « Agro-transfert, Ressources et Territoires », pp. 53-62.
  • [20]
    Pour Philippe Zarifian, un événement est la « rupture d’un flux » ou la « discontinuité d’un récit » : [Zarifian 1995], pp. 31 et 22. De façon assez proche, selon Jocelyne Arquembourg, « tout événement confronte celui qui en fait l’expérience à une rupture qui ne peut s’expliquer au moyen des cadres d’interprétation dont il dispose au moment où l’événement surgit » [Arquembourg, 2006], p. 15.
  • [21]
    « L’événement se situe à la frontière entre le monde des états de faits et le monde des expressions pensées et développées dans le langage », [Zarifian 2000], p. 12.
  • [22]
    Du point de vue de Gilles Deleuze, le mouvement est un processus spécifique sans point de départ ni point d’arrivée ; c’est le déroulement d’une réalité [Deleuze 1977].
  • [23]
    « L’événement ne dit pas au départ autre chose que ceci : il advient, dans le réel, quelque chose qui est en rupture avec le déroulement régulier des phénomènes et auquel nous accordons de l’importance. Quelque chose qui ‘fait événement » [Zarifian, 1995], p. 22.
  • [24]
    En utilisant l’exemple d’une panne, Philippe Zarifian écrit : « Le mouvement régulier, régulé, est arrêté. Le processus est en panne. Le flot, avec son temps, son débit, s’interrompt. Et de multiples mouvements (des personnes) adviennent autour de la panne. Une coupure irrationnelle (par rapport à la norme temporelle de la situation) provoque une série de ré-enchainements », [Zarifian, 1995] p. 23.
  • [25]
    « L’événement survient aux choses mais il subsiste dans la pensée et le langage. L’événement perturbe l’état de fait, il est une irruption, un devenir qui surgit un mouvement « mutant », en excès à tout état des choses existant mais solidement ancré dans la matérialité du monde » [Zarifian, 1995], p. 113.
  • [26]
    Issu de la théorie deleuzienne, le concept d’agencement engage selon les philosophes du mouvement la conjugaison des contraires. Chez Deleuze [Deleuze, Parnet, 1977], il s’agit d’une multiplicité d’éléments hétérogènes (humains ou non humains reliés entre eux). Dans la lignée deleuzienne, les sociologues de l’innovation Bruno Latour et Michel Callon reprennent ce concept pour le confronter à celui de médiations et de réseau. Selon Michel Callon [Callon, 2003], les agencements s’identifient aux interactions d’un réseau d’acteurs. D’autre part, pour Bruno Latour [Latour, 2007], les agencements produisent des médiations, c’est-à-dire des mouvements, des dynamiques, des mutations entre des actants (agents humains et non humains). Dans le champ des Sciences de l’Information et de la Communication, la notion d’agencement est souvent utilisée d’une façon plus restreinte pour décrire un dispositif construit « d’éléments divers, à caractère spatial et orienté vers un but ». [Béguin, 2006] p. 93 ou il faut prendre en compte l’ingénierie du support technique (par exemple, un Intranet) et les finalités du projet de sa construction [Carmes, Chauvin, 2006]. Ainsi, la dimension du mouvement est ignorée. Dans notre recherche, nous considérons que trois dimensions permettent d’appréhender cette dynamique d’agencement : une dimension technique liée aux supports (dispositifs), une dimension sociale liée aux collectifs d’acteurs, une dimension spatio-temporelle liée aux espaces et temps des interactions.
Français

Dans cet article, nous examinons l’influence d’un événement dans les pratiques communicationnelles développées au sein d’un territoire productif. Plus précisément, nous étudions l’ensemble d’actions de communication liées à la mise en œuvre de la PAC européenne, qui ont été entreprises par une institution publique à laquelle l’Etat a confiée cette mission. Cet ensemble d’actions a mobilisé une vaste réorganisation de l’institution, afin de pouvoir encadrer de longs processus d’agencements entre les différents acteurs du monde agricole. Notre objet d’étude concerne la mise en place par le Centre « Agro-transfert, Ressources et Territoires » de la région de Picardie d’une stratégie communicationnelle dont l’objectif est de traduire les principaux enjeux de la nouvelle politique agricole entre les différents acteurs (agriculteurs, scientifiques, industriels…) de la région et surtout d’inciter ces acteurs à mettre en œuvre des pratiques d’agriculture durable et des programmes de recherche autour de ses enjeux.

  • agencement
  • événement
  • réseau d’action
  • négociation
  • traduction

Mots-clés éditeurs : agencement, événement, négociation, réseau d'action, traduction


English

In this article, we attempt to evaluate the influence of what we’ll define as an event to the communication practices developped in a productive territory. We study the whole spectrum of communication actions tightly linked to the implementation of the European Common Agricultural Policy, that have been undertaken by a public institution working on such purposes. Our study deals with the setting of a communication strategy by the centre « Agro-transfert, Ressources et Territoires » in Picardy region, whose goal is to translate the main issues of the new agricultural policy to the actors (farmers, scientists, bussinessmen) in the region, and overall to create incentives for these actors to develop practices of sustainable agriculture and to build research programs about such issues.

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