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Les applications de visite de sites patrimoniaux : en quête de singularité dans un univers standardisé

Pages 89 à 111

Citer cet article


  • Alexis, L.,
  • Bernetière, C.
  • et Valex, M.
(2024). Les applications de visite de sites patrimoniaux : en quête de singularité dans un univers standardisé. Communication & langages, 222(4), 89-111. https://doi.org/10.3917/comla1.222.0089.

  • Alexis, Lucie.,
  • et al.
« Les applications de visite de sites patrimoniaux : en quête de singularité dans un univers standardisé ». Communication & langages, 2024/4 N° 222, 2024. p.89-111. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-communication-et-langages-2024-4-page-89?lang=fr.

  • ALEXIS, Lucie,
  • BERNETIÈRE, Camille
  • et VALEX, Mathias,
2024. Les applications de visite de sites patrimoniaux : en quête de singularité dans un univers standardisé. Communication & langages, 2024/4 N° 222, p.89-111. DOI : 10.3917/comla1.222.0089. URL : https://shs.cairn.info/revue-communication-et-langages-2024-4-page-89?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comla1.222.0089


Notes

  • [1]
    Issu de Google Play, pour l’application ViAnnecy.
  • [2]
    Issu de Google Play, pour l’application Megève. Itinéraires découverte.
  • [3]
    Jeanneret Yves, « La place des transformations médiatiques dans l’évolution des musées. Une problématique », in Le Marec Joëlle, Schiele Bernard, Luckerhoff Jason (dir.), Musées, Mutations…, Dijon, EUD, OCIM, 2019, p. 97-123.
  • [4]
    Ce travail de recherche intitulé AP-PAT, acronyme de « Applications mobiles de visites de sites patrimoniaux : archéologie, polychésie, médiation » et porté par Nicolas Navarro, a été mis en place dans le cadre d’un appel à projets interdisciplinaire interne de l’Université Lumière Lyon 2.
  • [5]
    Un autre volet de l’étude portant sur les nouvelles modalités d’exercice du pouvoir politique allant au-delà du processus de patrimonialisation et renouvelant les parties prenantes a déjà été publié : Navarro Nicolas, Alexis Lucie, Bernetière Camille, Valex Mathias, « Les “projets numériques patrimoniaux” : une dépolitisation au service des entreprises du numérique », Les Enjeux de l’information et de la communication, no 23, 4, 2023, p. 27-41. En ligne : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2023/dossier/02-les-projets-numeriques-patrimoniaux-une-depolitisation-au-service-des-entreprises-du-numerique/
  • [6]
    « application », « patrimoine », « Rhône-Alpes ».
  • [7]
    Heinich Nathalie, Des valeurs. Une approche sociologique, Paris, Gallimard, 2017.
  • [8]
    Dewey John, La Formation des valeurs [1938], Paris, Éditions Les empêcheurs de penser en rond, 2011.
  • [9]
    Pinson Gilles, Gouverner la ville par projet. Urbanisme et gouvernance des villes européennes, Paris, Presses de Sciences Po, 2009 ; Boutinet Jean-Pierre, Anthropologie du projet, Paris, Presses Universitaires de France, 2012.
  • [10]
    Foucault Michel, Dits et écrits. III : 1976-1979, Paris, Gallimard, 1994.
  • [11]
    Renaud Lise, « Les imaginaires numériques au musée ? Débats sur les injonctions à l’innovation. Éva Sandri MkF Éditions, coll. “Les essais numériques”, 2020, 123 p. », Communication & langages, no 210, 2021, p. 221.
  • [12]
    Nous remercions Jeanne Pleau, étudiante à l’Université de Laval et stagiaire sur le projet AP-PAT, pour sa contribution à ce volet sémiologique.
  • [13]
    Renaud Lise, « Repenser les outils numériques d’interprétation patrimoniale », inDeramond Julie, De Bideran Jessica et Fraysse Patrick (dir.), Scénographies numériques du patrimoine. Expérimentations, recherches et médiations, Avignon, Éditions Universitaires d’Avignon, 2020.
  • [14]
    Souchier Emmanuël, « L’image du texte pour une théorie de l’énonciation éditoriale », Les Cahiers de médiologie, no 6, 1998, p. 137-145.
  • [15]
    Souchier Emmanuël, « L’écrit d’écran, pratiques d’écriture & informatique », Communication & langages, no 107, 1996, p. 105-119. Souchier Emmanuël, Candel Étienne et Gomez-Mejia Gustavo, avec la collaboration de Jeanne-Perrier Valérie, « Chapitre 4. Le formatage, c’est du pouvoir », Le Numérique comme écriture. Théories et méthodes d’analyse, Paris, Armand Colin, 2019, p. 159-191.
  • [16]
    Boltanski Luc et Thévenot Laurent, De la justification : les économies de la grandeur, Paris, Gallimard, 1991.
  • [17]
    Jodelet Denise, Les Représentations sociales, Paris, Puf, 2003 ; Molinier Pascal et Guimelli Christian, Les Représentations sociales, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 2015.
  • [18]
    Ricœur Paul, Temps et récit, tome 1, Paris, éd. du Seuil, 1983.
  • [19]
    Renaud Lise, « Le paratexte pour penser la configuration des pratiques numériques », Communication & langages, no 202, 2019, p. 83-95.
  • [20]
    Elias Norbert et Hoffmann Yasmine, Qu’est-ce que la sociologie ?, Paris, Pocket, 1993.
  • [21]
    Navarro Nicolas et al., art. cit.
  • [22]
    Jeanneret Yves, Penser la trivialité, volume I, « La vie triviale des êtres culturels », Paris, Hermès Lavoisier, 2008.
  • [23]
    Latzko-Toth Guillaume, Millerand Florence, « Objet frontière », in Bouchard Frédéric, Doray Pierre, Prud’homme Julien (dir.), Sciences, technologies et sociétés de A à Z, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2015, p. 163-165.
  • [24]
    Lipovetsky Gilles, Le Sacre de l’authenticité, Paris, Gallimard, 2021.
  • [25]
    Alexis Lucie, Appiotti Sébastien et Sandri Éva, « Les injonctions dans les institutions culturelles. Présentation », Les Enjeux de l’information et de la communication, no 19 3A, 2019, p. 5-12. En ligne : https://doi.org/10.3917/enic.hs8.0005
  • [26]
    Bullich Vincent, « De la “fabrique” aux marchés de la participation culturelle : de quelques effets de la “plateformisation” », in Severo Marta (dir.), La Fabrique de la participation culturelle. Plateformes numériques et enjeux démocratiques, Paris, Laboratoire Dicen-IdF/Université Paris Nanterre, 2020, p. 35-49.
  • [27]
    Navarro Nicolas et al., art. cit.
  • [28]
    « Un ensemble de règles anonymes, historiques, toujours déterminées dans le temps et dans l’espace qui ont défini à une époque donnée, et pour une aire sociale, économique, géographique ou linguistique donnée, les conditions d’exercice de la fonction énonciative ». Foucault Michel, L’Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, p. 153.
  • [29]
    Oger Claire et Ollivier-Yaniv Caroline, « Conjurer le désordre discursif. Les procédés de “lissage” dans la fabrication du discours institutionnel », Mots. Les langages du politique, no 81, 2006, p. 63-77.
  • [30]
    Navarro Nicolas et al., art. cit.
  • [31]
    Vérilhac Isabelle, « Chapitre 13. Design Creative City Living Lab : le Living Lab de la Cité du design de Saint-Étienne », in Laperche Blandine (dir.), Les Écosystèmes d’innovation. Regards croisés des acteurs clés, Paris, L’Harmattan, 2019, p. 237-249.
  • [32]
    Dewey John, op. cit.
  • [33]
    Ricœur Paul, op. cit.
  • [34]
    Boltanski Luc et Thévenot Laurent, op. cit.
  • [35]
    « La cité par projets a en commun avec la cité inspirée l’importance accordée à la créativité et à l’innovation », Boltanski Luc et Chiapello Eve, Le Nouvel Esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999, p. 207.
  • [36]
    Éva Sandri montre que la titraille journalistique s’empare aisément de cette terminologie s’agissant des musées. Sandri Éva, L’Imaginaire des dispositifs numériques pour la médiation au musée d’ethnographie, Thèse de doctorat, Université d’Avignon Université du Québec à Montréal, 2016. Voir également : Appiotti Sébastien et Sandri Éva, « “Innovez ! Participez !” Interroger la relation entre musée et numérique au travers des injonctions adressées aux professionnels », Culture & Musées, no 35, 2020, p. 25-48.
  • [37]
    Jeanneret Yves, Critique de la trivialité : les médiations de la communication, enjeu de pouvoir, Paris, Éditions Non standard, 2014.
  • [38]
    Sandri Éva, « Les ajustements des professionnels de la médiation au musée face aux enjeux de la culture numérique », Études de communication, no 46, 2016, p. 71-86.
  • [39]
    Berdet Marc, Fantasmagories du capital. L’invention de la ville-marchandise, Paris, La Découverte, 2013.
  • [40]
    Souchier Emmanuël, Candel Étienne et Gomez-Mejia Gustavo, avec la collaboration de Jeanne-Perrier Valérie, op. cit., p. 159.
  • [41]
    Ibid., p. 302.
  • [42]
    Rondot Camille, « Bibliothèques numériques et industrialisation des formes, enjeux sémiotiques. Histoire des formes, modèles de médiations et figures de publics », Communication & langages, no 211, 2022, p. 155-170.
  • [43]
    Renaud Lise, « Repenser les outils numériques d’interprétation patrimoniale », art. cit.
  • [44]
    Alexis Lucie, Appiotti Sébastien et Sandri Éva, art. cit., p. 6.
  • [45]
    Nous notons toutefois une forme d’interaction dans les cas de Vichy 1939-1945 et de ViAnnecy qui offrent la possibilité de consulter les avis d’autres utilisateurs.
  • [46]
    Boltanski Luc et Thévenot Laurent, op. cit.
  • [47]
    Navarro Nicolas et al., art. cit.
  • [48]
    Prentice Richard, “Experiential Cultural Tourism: Museums & the Marketing of the New Romanticism of Evoked Authenticity”, Museum Management and Curatorship, no 19, 2001, p. 5‑26.
  • [49]
    Notamment Gellereau Michèle, « Le récit incarné de la visite guidée », in Caune Jean, Dufrêne Bernadette (dir.), Médiations du corps, Grenoble, Université Grenoble 3-Université Pierre Mendès France, 2000, p. 101-109.
  • [50]
    Flon Émilie, « Introduction », Culture & Musées, no 23, 2014, p. 13-20 mais aussi Filloz Valia, « La médiation touristique : au cœur et aux lisières des SIC », Revue électronique de la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication, 2010.
  • [51]
    Renaud Lise, « Repenser les outils numériques d’interprétation patrimoniale », art. cit.
  • [52]
    Davallon Jean, « Le musée est-il vraiment un média ? », Publics & Musées, no 2, 1992, p. 99-123.
  • [53]
    Jutant Camille, S’ajuster, interpréter et qualifier une pratique culturelle : approche communicationnelle de la visite muséale, Thèse de doctorat, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, Centre Norbert Elias, 2011.
  • [54]
    De Certeau Michel, L’Invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1990.
  • [55]
    Hert Philippe, « Internet comme dispositif hétérotopique », Hermès, La Revue, vol. 25, no 3, 1999, p. 93-107.
  • [56]
    Ibid.
  • [57]
    Ibid., p. 93.
  • [58]
    Sandri Éva, « Les ajustements des professionnels de la médiation au musée face aux enjeux de la culture numérique », art. cit.
  • [59]
    Renaud Lise, « Le paratexte pour penser la configuration des pratiques numériques », art. cit.
  • [60]
    Tardy Cécile, « La médiation d’authenticité des substituts numériques », in Tardy Cécile et Dodebei Vera (dir.), Mémoire et nouveaux patrimoines, Marseille, OpenEdition Press, 2015. En ligne : https://doi.org/10.4000/books.oep.453.
  • [61]
    Debarbieux définit le lieu attribut comme « un territoire [qui] peut être symbolisé par un de ses lieux les plus notoires » et les lieux de condensation comme des lieux « spécifiques, construits et identifiés par une société qui se donne à voir à travers eux, qui les utilise pour se parler d’elle-même, se raconter son histoire et ancrer ses valeurs ». Debarbieux Bernard, « Le lieu, le territoire et trois figures de rhétorique », L’Espace géographique, tome 24, no 2, 1995, p. 97-112.
  • [62]
    Dalbavie Juliette, Da Lage Émilie et Gellereau Michèle, « Faire l’expérience de dispositifs numériques de visite et en suivre l’appropriation publique : vers de nouveaux rapports aux œuvres et aux lieux de l’expérience ? », Études de communication, no 46, 2016, p. 109-128.
  • [63]
    Voir notamment le réseau de recherche international « App Studies Initiative » (ASI), composé d’experts universitaires en recherche sur les médias liés aux applications, qui contribuent à l’étude des applications et des plateformes. URL : https://appstudies.org/
  • [64]
    Dewey John, op. cit.
  • [65]
    Au sens de : Maingueneau Dominique, Analyser les textes de communication, Paris, Dunod, 1998.

« Partez à la découverte de circuits, tout autour du lac d’Annecy. Choisissez un parcours et téléchargez-le en un clic selon vos critères (type d’activités, niveau de difficulté, thématique…). Puis laissez-vous guider ! ». « Suivez deux itinéraires complémentaires à la découverte des richesses patrimoniales de Megève. Parcourez son centre-ville avec ses anciens hôtels, ses clubs de jazz, ses monuments religieux puis attardez-vous dans la magnifique église Saint-Jean-Baptiste ». Voici quelques exemples introduisant des applications mobiles de visites de sites patrimoniaux sur les centres de téléchargement. Cet article vise à comprendre comment les applications mobiles de visite, en tant qu’« adjuvants » numériques investis par les acteurs culturels (services patrimoniaux et touristiques, conseillers scientifiques), politiques (élus locaux notamment) et numériques (entreprises de développement) charrient et réactualisent des imaginaires sur les sites patrimoniaux.
L’étude présentée ici découle d’un programme de recherche mené entre mars 2021 et décembre 2022dont l’objectif principal était d’analyser les enjeux politiques, économiques et symboliques liés à ces applications mobiles de visite de sites patrimoniaux. Il s’agissait de comprendre la manière dont ces objets numériques façonnent et sont façonnés par ces dynamiques, tout en mettant en lumière les différentes perspectives des acteurs impliqués dans leur conception et leur utilisation.
Dix applications issues du territoire de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont été sélectionnées parmi un corpus initial de vingt-quatre, lui-même constitué à partir d’une recherche par mots-clé…


Date de mise en ligne : 05/05/2025

https://doi.org/10.3917/comla1.222.0089

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