Article de revue

Les municipales de mars 2020

Un mauvais tour ?

Pages 281 à 288

Citer cet article


  • Martin, P.
(2020). Les municipales de mars 2020 Un mauvais tour ? Commentaire, Numéro 170(2), 281-288. https://doi.org/10.3917/comm.170.0281.

  • Martin, Pierre.
« Les municipales de mars 2020 : Un mauvais tour ? ». Commentaire, 2020/2 Numéro 170, 2020. p.281-288. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2020-2-page-281?lang=fr.

  • MARTIN, Pierre,
2020. Les municipales de mars 2020 Un mauvais tour ? Commentaire, 2020/2 Numéro 170, p.281-288. DOI : 10.3917/comm.170.0281. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2020-2-page-281?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.170.0281


Notes

  • [1]
    Cf. P. Martin, « Les élections européennes de 2019 en France », Commentaire, n° 167, automne 2019, p.537-544.
  • [2]
    Tragiquement illustrée par l’immolation de l’un d’entre eux devant le Crous à Lyon le 8 novembre 2019.
  • [3]
    Réunie d’octobre 2019 à avril 2020, elle est composée de 150 citoyens tirés au sort et doit faire des propositions au gouvernement. La présentation de ses conclusions a été repoussée à cause de l’épidémie de coronavirus, mais une première série de propositions a été transmise à l’exécutif le 9 avril 2020.
  • [4]
    Selon les termes d’Emmanuel Macron le 18 février 2020 à Mulhouse.
  • [5]
    Le ministre de l’Écologie François de Rugy a démissionné le 16 juillet après la révélation dans la presse de dépenses somptuaires (Le Monde du 18 juillet 2019). Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a été mis en examen le 12 septembre dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne tout en conservant son poste. La nomination de Sylvie Goulard à la Commission européenne a été rejetée par les eurodéputés le 10 octobre 2019 pour des raisons déontologiques (Le Monde du 13 octobre 2019). Sandro Gozi, ancien secrétaire d’État aux affaires européennes de Matteo Renzi, a dû démissionner de son poste de conseiller à Matignon le 23 octobre 2019 après la révélation d’un contrat avec le Premier ministre maltais Joseph Musca. Les dirigeants du MoDem ont été mis en examen le 6 décembre 2019 dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens du MoDem. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites, a démissionné du gouvernement le 16 décembre 2019 à la suite de la révélation de nombreuses omissions dans sa déclaration d’intérêts (Le Monde du 18 décembre 2019).
  • [6]
    Et tout en restant profondément divisée sur la question de « l’islamophobie » (Le Monde du 9 novembre 2019).
  • [7]
    Par 62,6 % des votes des adhérents contre 21,3 % au député du Vaucluse Julien Aubert et 16,1 % au député de l’Yonne Guillaume Larrivé.
  • [8]
    Sa motion étant arrivée en tête face à celle proche de Yannick Jadot, tête de liste aux européennes, moins ancrée à gauche.
  • [9]
    Le baromètre TNS-SOFRES Figaro Magazine de mars 2020 (réalisé du 27 février au 2 mars) indiquait 28 % de confiance et 69 % de défiance pour Emmanuel Macron et 30 % contre 65 % pour Édouard Philippe.
  • [10]
    Sur les 40 villes de plus de 100 000 habitants en métropole, 17 connaissent des dissidences de LREM, dont Paris (Cédric Villani) et Lyon (David Kimelfeld), 6 pour LFI, 8 pour LR et 5 pour le PS alors qu’en 2014, il y en avait de l’ordre de 5 pour l’UMP et le PS.
  • [11]
    À Nancy, Mathieu Klein, président socialiste du conseil départemental et déjà candidat en 2014, s’est permis de refuser l’investiture du PS.
  • [12]
    Après la présidentielle de 1974 qui marque la réunification de la droite derrière Valéry Giscard d’Estaing, les municipales de 1977, les premières après la signature du programme commun de gouvernement entre le PS, le PCF et le MRG, voient l’imposition de l’union de la gauche dès le premier tour par le PS à ses fédérations départementales et la fin des alliances centristes jusque-là fréquentes dans les municipalités socialistes.
  • [13]
    Environ 40 listes de droite dans les 251 villes de 30 000 habitants en France métropolitaine ont été soutenues par LREM, en particulier les maires sortants à Angers, Toulouse, Caen, Nancy, Annecy et Amiens. À Nice, Christian Estrosi, non officiellement investi par LREM, avait des marcheurs sur sa liste en accord avec leur parti.
  • [14]
    Qui a indiqué qu’en cas de victoire il resterait à Matignon, laissant la mairie au maire sortant Jean-Baptiste Gastinnes (LR).
  • [15]
    Remplacée à son ministère par Olivier Véran, député de l’Isère.
  • [16]
    Source : Ministère de l’Intérieur et Le Figaro (site web) lundi 2 mars.
  • [17]
    Dans 26 des 40 villes de plus de 100 000 habitants en métropole contre 18 en 2014.
  • [18]
    Report envisagé dans un premier temps par l’exécutif, mais abandonné sur la pression de l’ensemble de la classe politique.
  • [19]
    En particulier le professeur de santé publique français Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé mondiale à l’université de Genève, dans Le Monde du 14 mars, p. 9.
  • [20]
    Notamment l’ancien ministre centriste Hervé Morin, président de la région Normandie, sur Le Point.fr., Renault Muselier, président LR de la région PACA, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, Gilles Siméoni, président du conseil exécutif de Corse, François Bayrou, maire de Pau et président du MoDem, selon le JDD du 15 mars 2020.
  • [21]
    Comme Fabien Desage, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Lille, le 14 mars sur Mediapart.
  • [22]
    Ce déclin continu de la participation depuis la fin des années 1970 s’observe également dans les élections nationales en Europe occidentale (P. Martin, Crise mondiale et systèmes partisans, Presses de Science Po, 2018).
  • [23]
    Cf. P. Martin, « Les élections européennes de 2019 en France », op. cit., p.539.
  • [24]
    Alors qu’en 2014 le différentiel de participation entre les plus de 65 ans et les moins de 35 ans était de 43 points (85 % de votants chez les plus de 65 ans contre 42 % chez les moins de 35 ans), il n’est plus que de 17 points en 2020 (50 % de votants chez les plus de 65 ans contre 33 % chez les moins de 35 ans), selon les enquêtes IFOP Sondage Jour du Vote : profil des électeurs et clefs du scrutin réalisés le 23 mars 2014 et IFOP-Fiducial Sondage Jour du Vote : profil des électeurs et clefs du scrutin réalisée le 15 mars 2020.
  • [25]
    Cf. P. Martin, « La gauche, la droite et les élections municipales », Commentaire, n° 146, été 2014, p. 357-364.
  • [26]
    Avec, parmi ces municipalités de droite, un taux de reconduction de 15/29 chez celles bénéficiant du soutien de LREM, très proche des autres.
  • [27]
    Qu’il est en bonne position pour conquérir au second tour, car il distance très nettement le maire sortant de droite (18,4 %).
  • [28]
    Clermont-Ferrand, Villeurbanne, Dijon, Brest, Rennes, Metz, Lille, Paris, Rouen, Nantes et Le Mans.
  • [29]
    À Metz, où le maire sortant ne se représentait pas, le PS a choisi de soutenir le candidat EELV dès le premier tour.
  • [30]
    Où le bilan de la municipalité sortante est particulièrement mauvais en termes de logements.
  • [31]
    Liste menée par Philippe Poutou, candidat du NPA à l’élection présidentielle de 2017.
  • [32]
    Avec cependant une liste dissidente d’Insoumis intransigeants qui a obtenu 4,2 %.
  • [33]
    Serge Grouard (LR), maire depuis 2001, avait passé la main pour raison de santé en 2015 tout en restant adjoint.
  • [34]
    L’ordonnance, présentée le 1er avril en conseil des ministres par le ministre de l’Intérieur, précisant les dispositions électorales de la loi d’urgence sanitaire, prévoit que dans les communes où un second tour est nécessaire sa date sera fixée en conseil des ministres au plus tard le 27 mai. Si le second tour ne peut être organisé avant la fin juin, les électeurs de ces communes devront être convoqués à nouveau pour les deux tours, les résultats du premier tour du 15 mars ne restant acquis que là où ils ont donné lieu à élection (Le Monde, 3 avril 2020, p. 10).
  • [35]
    P. Martin, Les Élections municipales en France depuis 1945, La Documentation française, 2001, p. 69.

Après des élections européennes décevantes pour le pouvoir, le climat politique et social est resté difficile pour le gouvernement qui a poursuivi son action réformatrice. La réforme de l’assurance chômage a été perçue comme injuste et la réforme des retraites, avec la mise en place d’un régime universel à points, la suppression des régimes spéciaux et des mesures d’âge, a suscité une vive inquiétude dans l’opinion, particulièrement chez les fonctionnaires. Malgré des concessions catégorielles du gouvernement, les transports parisiens (RATP) et la SNCF ont connu une grève dure en décembre 2019 et janvier 2020. Cette réforme a de plus confirmé les rapports conflictuels du gouvernement avec l’ensemble des syndicats de salariés, non seulement la CGT, FO et SUD, mais également les syndicats « réformistes » CFDT, UNSA, CGC et CFTC. Le climat a encore été alourdi par les mouvements de protestation du personnel hospitalier face à ses conditions de travail, des enseignants face à la réforme du bac et à celle des universités, ainsi que des étudiants face à la dégradation de leur situation. Parallèlement à cette politique de réforme, le pouvoir a poursuivi sa stratégie d’occupation du terrain dans les domaines de l’écologie (Convention citoyenne sur le climat, abandon du projet Europacity dans le Val-d’Oise, fermeture de la première tranche du réacteur de Fessenheim le 22 février) et du régalien sur les questions d’immigration, d’insécurité, de laïcité et de lutte contre le « séparatisme islamist…


Date de mise en ligne : 05/06/2020

https://doi.org/10.3917/comm.170.0281

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