Destin géorgien
- Par Alain Besançon
Pages 529 à 531
Citer cet article
- BESANÇON, Alain,
- Besançon, Alain.
- Besançon, A.
https://doi.org/10.3917/comm.114.0529
Citer cet article
- Besançon, A.
- Besançon, Alain.
- BESANÇON, Alain,
https://doi.org/10.3917/comm.114.0529
Il y a du mystère dans l’existence des nations. Il y en a un autre, différent, dans le sentiment national. Les plus récentes peuvent développer un nationalisme furieux. Ainsi, certaines nouvelles nations d’Afrique ou d’Asie centrale. Mais les très vieilles nations sont sûres d’elles-mêmes et peuvent s’aimer sans détester leurs voisines. Il en est ainsi de la Géorgie. Hérodote en parle. Jason y vint chercher la toison d’or. Elle fut, avec l’Arménie, un des premiers royaumes chrétiens, dès le ive siècle. La cathédrale byzantine de Mtskhéta, bâtie dans un site magnifique au débouché de la vallée qu’emprunta Pompée pour conquérir le pays, est un des beaux édifices d’Europe. La conscience nationale géorgienne est sereine. Dans le pays coexistent des Arméniens, des Azéris, et bien d’autres représentants de la Babel caucasienne. Mais sans haine, même pour les Russes qui ne sont pas très nombreux. À l’égard de ces derniers, les Géorgiens se sentent plus civilisés, plus européens et à mon avis ils ont de sérieuses raisons pour cela. Dans leur extrême pauvreté, ils pratiquent toujours, et joyeusement, leur légendaire hospitalité.
Quel ne fut pas pourtant le destin terrible de la Géorgie ! Prise entre Byzance et la Perse, plus tard entre le monde turc et le monde iranien, pillée par Gengis Khan, totalement dévastée par Tamerlan, Tbilissi, sa capitale, fut incendiée vingt-sept fois. Conquise par l’empire russe, durement russifiée, elle connut trois années d’indépendance entre 1918 et 1921 avant d’être bolchévisée de force…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
2,00 €