Le public : contrainte et cible
Pages 527 à 529
Citer cet article
- AGID, Philippe
- et TARONDEAU, Jean-Claude,
- Agid, Philippe.
- et al.
- Agid, P.
- et Tarondeau, J.-C.
https://doi.org/10.3917/comm.114.0527
Citer cet article
- Agid, P.
- et Tarondeau, J.-C.
- Agid, Philippe.
- et al.
- AGID, Philippe
- et TARONDEAU, Jean-Claude,
https://doi.org/10.3917/comm.114.0527
Notes
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[1]
Pour combien de spectateurs ? Environ 800 000 (pour l’Opéra-Bastille + Palais Garnier). Mais il s’agit d’entrées, pas de personnes. Le nombre de celles-ci, jamais livré, semble un secret d’État. Le chiffre de 50 000 circule, qui nous paraît, pour le coup, sous-évalué.
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[2]
On remettra à des jours encore meilleurs le point nécessaire à faire sur les intermittents du spectacle. De commissions en fonds de secours, de négociations en dispositifs et palliatifs, les différentes instances concernées, en premier lieu le ministère de Affaires culturelles, ont réussi à rendre totalement obscure une question au départ assez simple : un périmètre imprécis et trop large des allocataires, des conditions d’indemnisation exorbitantes du droit commun, un accès à l’indemnisation du chômage qui vaut comme Carte professionnelle, le financement assuré par le secteur privé d’une activité se déroulant en bonne mesure dans le secteur public, et la défense mordicus par le syndicat « majoritaire » (parmi les allocataires) d’un statut avantageux qu’il avait combattu au départ. Bonnes vacances !
La tendance est-elle à une baisse de l’audience ? Au cours des trente dernières années, l’attractivité croissante de l’art lyrique ne fait guère de doute, à Paris, en Europe comme en Amérique du Nord. À Paris, l’audience des deux dernières saisons de Hugues Gall a légèrement baissé. Une tendance similaire s’observe au Metropolitan Opera de New York, comme au New York City Opera depuis les attentats du 11 septembre 2001. Le taux de remplissage des trois opéras de Berlin n’atteindrait pas 70 % et l’audience des maisons d’opéra allemandes ne témoignerait plus de son dynamisme traditionnel. À New York, Paul Kellogg, directeur du City Opera jusqu’en 2006, constate une tendance à la diminution du mécénat provenant des entreprises, signe peut-être que leurs dirigeants sont moins sensibles à l’art lyrique qu’auparavant. Si cette baisse était confirmée, il resterait à en comprendre les raisons. Les directeurs des plus grandes maisons hésitent à qualifier les évolutions en cours, ainsi que leurs causes. Des prix trop élevés, des raisons conjoncturelles ? Une certaine lassitude pour le répertoire le plus connu ? Mais Pelléas, qui n’est pas l’une des œuvres les plus populaires du répertoire, a triomphé à l’Opéra-Bastille, rassemblé plus de 18 000 spectateurs à l’automne 2004 au cours de sept représentations. Certes, ni Saint François d’Assise ni La Maison des morts ne réalisent de tels scores, mais il s’agit d’œuvres qui n’ont pas clairement vocation à s’adresser à des publics larges.
Au-delà de la conjoncture, le défi de l’Opéra de Paris comme celui des plus grandes maisons d’opéra du monde est celui du renouvellement de son ou de ses publics, alors que la création lyrique contemporaine populaire, au sens où l’on entendait des œuvres de Mozart et de Rossini, puis de Verdi, de Wagner, de Puccini et de Richard Strauss, donne tous les signes de la panne…
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