Article de revue

La psychanalyse, la clinique et l’éthique, la recherche et l’enseignement : un testament

Pages 9 à 20

Citer cet article


  • Abelhauser, A.
(2025). La psychanalyse, la clinique et l’éthique, la recherche et l’enseignement : un testament. Cliniques méditerranéennes, 111(1), 9-20. https://doi.org/10.3917/cm.111.0009.

  • Abelhauser, Alain.
« La psychanalyse, la clinique et l’éthique, la recherche et l’enseignement : un testament ». Cliniques méditerranéennes, 2025/1 n° 111, 2025. p.9-20. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2025-1-page-9?lang=fr.

  • ABELHAUSER, Alain,
2025. La psychanalyse, la clinique et l’éthique, la recherche et l’enseignement : un testament. Cliniques méditerranéennes, 2025/1 n° 111, p.9-20. DOI : 10.3917/cm.111.0009. URL : https://shs.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2025-1-page-9?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cm.111.0009


Notes

  • [1]
    J’avais proposé un jour de prendre cette thématique (« Je ne cherche pas, je trouve ») comme argument d’une Journée doctorale, précisément pour amener les « jeunes chercheurs » à réfléchir à cette sacralisation et à cet auto-engendrement. Dois-je ajouter que nombre de mes collègues s’en offusquèrent et s’y opposèrent fermement ?
  • [2]
    Cum hoc, ergo propter hoc : qu’« avec ceci » implique « à cause de ceci ». C’est ce qu’on appelle aussi « l’effet cigogne » : que l’augmentation des nidifications de cigognes en Alsace – où, comme chacun sait, on ne trouve pas les bébés dans les choux puisque ce sont les cigognes qui les apportent – s’accompagne d’une augmentation des naissances à la maison, et il faudrait voir dans ce phénomène non pas une coïncidence mais une conséquence, c’est-à-dire y trouver la preuve que la jolie légende s’appuie de fait sur des données « scientifiques » bien établies !
  • [3]
    Cf., bien sûr, l’« evidence-based medicine ».

Transmettre.
Soit. Mais pourquoi ?
La réponse s’impose, presque comme une évidence. Mais parce qu’on est mortel, tiens ! Et de surcroît parce qu’on l’admet (que l’on est mortel) ; ou, plutôt, parce qu’on arrive à le reconnaître, plus ou moins, alors même que l’on n’est pourtant pas prêt à l’accepter. Ce qui conduit à penser que si on laisse un peu de soi dans le monde après l’avoir quitté, on pourra éventuellement s’arranger de cet inacceptable. Si je suis parvenu à transmettre quelque chose, peut-être alors ne serai-je pas tout à fait mort quand je serai mort.
Faisons des enfants, donc, bien sûr. Ou – mais c’est parfois un peu plus difficile – écrivons des livres, peignons des tableaux, construisons cette maison, sculptons ces figures dans le marbre. Réalisons cette œuvre qui imposera que l’on se souvienne encore de nous lorsque la mémoire commune défaudra. Ou sinon, si l’on n’y arrive pas trop, accumulons les biens et léguons-les à ceux que nous distinguons ainsi. Faisons-nous un nom et transmettons-le. Devenons quelqu’un et décidons qui sera notre héritier. Ou enfin, si décidément rien de tout cela ne marche, jouons les Érostrate : détruisons ce qui a été créé. Si l’on ne se rappelle pas qui fut l’architecte, on se rappellera peut-être celui qui fut le barbare.
Pourquoi (se préoccuper de) transmettre ? Mais pour goûter un soupçon d’immortalité, pardi !
***
Soit, à nouveau. Tout cela paraît très simple – presque évident, je le disais. Encore une histoire de narcissisme mal placé…


Date de mise en ligne : 18/02/2025

https://doi.org/10.3917/cm.111.0009

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