Le fonctionnement sectaire des communautés numériques
- Par Thierry Lamote
Pages 77 à 83
Citer cet article
- LAMOTE, Thierry,
- Lamote, Thierry.
- Lamote, T.
https://doi.org/10.3917/cite.104.0077
Citer cet article
- Lamote, T.
- Lamote, Thierry.
- LAMOTE, Thierry,
https://doi.org/10.3917/cite.104.0077
Notes
-
[1]
A. Shrier, Dommages irréversibles, Paris, Le cherche Midi, 2022, p. 58.
-
[2]
Ibid. p. 207.
-
[3]
L. Littman, « Parents Reports of Adolescents and Young Adults Perceived to Show Signs of a Rapid Onset of Gender Dysphoria », PLoS One, 16 août 2018.
-
[4]
A. Shrier, Dommages irréversibles, op. cit.
-
[5]
Ces deux auteures listent « douze points qui accréditent la thèse de l’emprise ». Cf. C. Eliacheff, C. Masson., La Fabrique de l’enfant transgenre, Paris, Éditions de l’Observatoire, 2024, p. 45.
-
[6]
A.-L. Buffet, L’Emprise, Paris, Puf, coll. « Que sais-je ? », 2023, p. 15.
-
[7]
Ibid., p. 17.
-
[8]
S. Milgram, Soumission à l’autorité, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2017.
- [9]
-
[10]
G. Deleuze, F. Guattari, Mille plateaux. Capitalisme et schizophrénie 2, Paris, Les Éditions de Minuit, 1997, p. 16.
-
[11]
Ibid., p. 32.
- [12]
-
[13]
L. de Jaucourt, « Engagement », in D. Diderot, D’Alembert, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société de gens de lettres Tome cinquième, Paris, 1755, p. 679.
-
[14]
Cf. notamment : S. Freud, « La négation » (1925), in Résultats, idées, problèmes II (1921-1938), Paris, Puf, 2005 ; S. Freud, Malaise dans la culture (1930), Paris, Puf, 2005.
-
[15]
S. Freud, Métapsychologie, Paris, Gallimard, 2005, p. 37.
-
[16]
A. Artaud, Héliogabale ou l’anarchiste couronné, Paris, Gallimard, 1996, p. 94.
-
[17]
C. Eliacheff, C. Masson, Le Sermon d’Hippocrate, Paris, Éditions de l’Observatoire, 2025, p. 11.
-
[18]
Ibid., p. 21.
-
[19]
Ibid., p. 27.
-
[20]
Ibid., p. 52-53.
Le cas de Julie, raconté dans une enquête de la journaliste américaine Abigail Shrier, illustre remarquablement la mise sous emprise « douce » par une communauté numérique. Après avoir coupé tous les liens avec sa famille, Julie poste sur Instagram une photo de son expérience de mastectomie. Voici ce qu’en dit sa mère : « J’ai vu une photo d’elle juste après sa mastectomie, allongée dans son lit d’hôpital, disant que c’était le plus beau jour de sa vie, des larmes de joie dans les yeux, ce genre de choses, et quatre cents groupies qui proclamaient : “Ouais. Bien joué. On est tellement fiers de toi. Tu l’as fait”. »
Julie, comme tant d’autres jeunes engagés dans un parcours de transition et immergés dans ces communautés virtuelles, n’est pas tombée sous l’emprise d’un influenceur-gourou : elle est devenue addict, d’une certaine façon, à ces « likes », à ces marques d’affection dont nous déchiffrerons le rôle dans les phénomènes de transition de genre.
Abigail Shrier relève dès 2020 un nombre croissant de « désisteurs » ou de « détransitionneurs » parmi les personnes qui s’identifiaient comme transgenres à l’adolescence : « Nombre de ces personnes pensent que leur identification transgenre a été influencée par leurs pairs. » Lorsque s’estompe l’influence des pairs, la « dysphorie » disparaît plus ou moins rapidement. S’agit-il, dans ces cas de « dysphorie de genre d’apparition rapide », d’un phénomène de contagion sociale liée aux réseaux sociaux, selon l’hypothèse soutenue par Lisa Littman en 201…