Éditorial
Jean-Pierre Vernant : le résistant et l’historien
Pages 3 à 5
Citer cet article
- ZARKA, Yves Charles,
- Zarka, Yves Charles.
- Zarka, Y.-C.
https://doi.org/10.3917/cite.102.0003
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- Zarka, Y.-C.
- Zarka, Yves Charles.
- ZARKA, Yves Charles,
https://doi.org/10.3917/cite.102.0003
La question revient sans cesse, à propos des grands auteurs, qu’il s’agisse d’historiens, de romanciers, de philosophes ou autres, du rapport entre leur engagement personnel en période de crise majeure, comme la collaboration avec les nazis sous le régime de Vichy, et leurs œuvres. En apparence, la question est facilement réglée lorsqu’il s’agit d’auteurs déjà connus avant leur engagement, et plus encore lorsque leurs textes produits lors de la période en question attestent de leur adhésion à ce régime oppressif et barbare. Les exemples sont trop nombreux et trop connus pour qu’il soit nécessaire d’y insister ici de manière détaillée. Pourtant, même dans ces cas, la question revient du rapport de leurs œuvres à leurs choix personnels indignes. Il en va ainsi pour Céline, Drieu la Rochelle et beaucoup d’autres. La même question se pose dans un autre contexte pour la justification, voire la glorification, de Sartre et Simone de Beauvoir, à l’égard du régime de Staline ou celui de Mao.
On voit la complexité de l’interrogation : peut-on réduire leurs œuvres à ces engagements personnels et intellectuels à un moment donné ? On peut au moins répondre une chose à cette question : il n’y avait rien dans leurs œuvres qui aurait pu les empêcher de prendre, à un moment de leur existence, un choix indigne ou ignominieux. C’est parfois même le contraire : les choix intellectuels conduisent à des engagements dans le réel. On ne saurait donc dissocier, comme le font certains, la personne et l’œuvre, mais on ne saurait non plus réduire purement et simplement celle-ci à celle-là…