Alain Badiou, Mémoires d’outre-politique (1937-1985), Paris, Flammarion, 2023
Pages 141 à 143
Citer cet article
- DURAND-GASSELIN, Jean-Marc,
- Durand-Gasselin, Jean-Marc.
- Durand-Gasselin, J.-M.
https://doi.org/10.3917/cite.101.0141
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- Durand-Gasselin, J.-M.
- Durand-Gasselin, Jean-Marc.
- DURAND-GASSELIN, Jean-Marc,
https://doi.org/10.3917/cite.101.0141
Le prolifique philosophe français retrace, sur un mode biographique et réflexif, dans le premier tome d’une entreprise qui va en compter deux, l’histoire de son rapport à la politique. Ce riche parcours couvre donc ici la période qui va de 1937 à 1985, Mai 1968 séparant deux périodes. On assiste à l’émergence d’un sujet politique singulier sur le fond d’une fresque politique de la France contemporaine vue depuis la gauche de la gauche. Aussi ce parcours nous aide-t‑il à comprendre la trajectoire politique entêtée d’un esprit qui semble avoir moins oscillé que beaucoup d’autres de sa génération, mais aussi les ressorts personnels de sa puissante construction métaphysique et marxiste articulée autour des notions d’être, d’événement et de fidélité à l’événement.
Cet entêtement, qui le situe continument à gauche de la gauche, Badiou nous en donne d’abord quelques clefs psychologiques et intellectuelles. Tout d’abord, une mère peu tendre face à laquelle il dit puiser très tôt « une forme primitive d’orgueil », un goût pour la solitude et la volonté d’aller à contre-courant de toute forme de consensus sécurisant, associé négativement à une sorte de réconfort maternel. Ensuite, la figure admirée du père, normalien, mathématicien, résistant communiste, maire de Toulouse de 1944 à 1958, leader local du PSU. Enfin, un parcours académique de champion (concours général, Ulm, 1er à l’agrégation de philosophie) et un « tempérament de chef » qui en fait un « président pour contre-courant éternellement minoritaire »…