Le point aveugle de la race
La rencontre Fanon-Tosquelles
Pages 189 à 204
Citer cet article
- VOLLAIRE, Christiane,
- Vollaire, Christiane.
- Vollaire, C.
https://doi.org/10.3917/chime.107.0189
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- Vollaire, C.
- Vollaire, Christiane.
- VOLLAIRE, Christiane,
https://doi.org/10.3917/chime.107.0189
Notes
-
[1]
F. Fanon, L’An V de la révolution algérienne, dans Œuvres, Paris, La Découverte, 2011, p. 309.
-
[2]
Ibid., « L’hospitalisation de jour en psychiatrie, valeur et limites » (1959), Écrits sur l’aliénation et la liberté. Œuvres II, Textes réunis et présentés par J. Khalfa et R. Young, Paris, La Découverte, 2015, p. 397.
-
[3]
Ibid., « Le syndrome nord-africain », Pour la révolution africaine, dans Œuvres, op. cit., p. 691.
-
[4]
Ibid., p. 700.
-
[5]
Ibid., p. 702.
-
[6]
Les Damnés de la terre, dans Œuvres, Paris, La Découverte, 2011, p. 665.
-
[7]
C’est par Nicole Guillet, étudiante en psychiatrie comme lui, et par Paul Balvet chez qui elle logeait à Lyon (qui dirigeait Saint-Alban depuis 1936 et qui a mis à sa tête Tosquelles en 1943 pour poursuivre les réformes qu’il y avait engagées), que Fanon a rencontré l’idée de psychothérapie institutionnelle pendant ses études. Et c’est par elle qu’il rencontre Tosquelles, sans doute au début de l’année 1952.
-
[8]
Préface aux Damnés de la terre (2002), dans Œuvres, Paris, La Découverte, 2011, p. 422.
-
[9]
F. Tosquelles, Psychopathologie et matérialisme dialectique, Éditions d’une, 2019, p. 54.
-
[10]
K. Marx, Thèses sur Feuerbach, dans Œuvres III – Philosophie, Paris, Gallimard, coll. « Pléiade », éd. Maximilien Rubel, 1982, p. 1033.
-
[11]
C.Bernard, Introduction à lamédecineexpérimentale, Paris, Garnier-Flammarion, 1984, p. 69. Cité par Tosquelles p. 54.
-
[12]
F. Tosquelles et F. Fanon, « Indications de la thérapeutique de Bini dans le cadre des thérapeutiques institutionnelles », dans F. Fanon, Écrits sur l’aliénation et la liberté. Œuvres II, textes réunis et présentés par J. Khalfa et R. Young, Paris, La Découverte, 2015, p. 246-247.
-
[13]
Ibid., p. 247.
-
[14]
F. Fanon, Les damnés de la terre, Œuvres, Paris, La Découverte, 2011, p. 660-661.
-
[15]
Ibid., Écrits sur l’aliénation et la liberté, op. cit., p. 366.
-
[16]
Ibid., p. 368.
-
[17]
Ibid., p. 418.
-
[18]
Ibid., p. 421.
En 1952, Frantz Fanon, étudiant de 27 ans frais émoulu d’un
cursus de médecine suivi à la Faculté de Lyon, parallèlement
aux cours de philosophie de Merleau-Ponty, décide de faire son
internat en psychiatrie à Saint-Alban en Lozère, dont la direction vient d’être attribuée à François Tosquelles, réfugié républicain catalan de quarante ans.
Cette décision lui permet de rompre en visière avec l’enseignement
de la psychiatrie qu’il a suivi à la faculté de médecine de Lyon : c’est
par l’exercice de la psychothérapie institutionnelle, telle qu’elle est
forgée par Tosquelles à Saint-Alban, qu’il va donner forme à la
corrélation de ses choix politiques et de ses choix professionnels.
Il en appliquera largement les méthodes lorsqu’il prendra, un an
plus tard, son poste de médecin-chef à Blida, en Algérie. Dans
le temps même de son internat à Saint-Alban, en avril 1952, est
publié son premier ouvrage, Peau noire, masques blancs, qui avait été
préalablement refusé à Lyon comme thèse de médecine. La question du racisme, analysée dans cet ouvrage fondateur, est au principe non seulement de l’œuvre de Fanon, mais de son expérience
existentielle la plus déterminante. Il n’y a cependant pas trace de
cette question dans leur travail collaboratif.
La rencontre avec Tosquelles va donc à la fois informer largement
le travail de Fanon dans ses méthodes, et laisser à distance la race,
comme une sorte de point aveugle, sinon de leurs échanges (dont
une part échappe nécessairement à la trace écrite et au témoignage), du moins de leur collaboration…