Article de revue

Quand l’écriture parle

Pages 83 à 90

Citer cet article


  • Strauss, M.
(2011). Quand l’écriture parle. Champ lacanien, 10(2), 83-90. https://doi.org/10.3917/chla.010.0083.

  • Strauss, Marc.
« Quand l’écriture parle ». Champ lacanien, 2011/2 N° 10, 2011. p.83-90. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-champ-lacanien-2011-2-page-83?lang=fr.

  • STRAUSS, Marc,
2011. Quand l’écriture parle. Champ lacanien, 2011/2 N° 10, p.83-90. DOI : 10.3917/chla.010.0083. URL : https://shs.cairn.info/revue-champ-lacanien-2011-2-page-83?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/chla.010.0083


Notes

  • [1]
    Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, Paris, Seuil, 1975, p. 37.
  • [2]
    Ibid., p. 38.
  • [3]
    Ibid., p. 129.
  • [4]
    Ibid., p. 99.
  • [5]
    Ibid., p. 130.
  • [6]
    Ibid., p. 99.

1Je mettrai en exergue cette phrase de Lacan : « Ce dont il s’agit dans le discours analytique, c’est toujours ceci — à ce qui s’énonce de signifiant vous donnez une autre lecture que ce qu’il signifie [1]. »

2En effet, elle articule précisément les trois termes qui font le thème des Journées, « La parole et l’écrit dans la psychanalyse ». « Ce qui s’énonce de signifiant », c’est la parole ; « une lecture », même autre, suppose une écriture ; enfin le « vous donnez » s’adresse à ceux qui se supportent du discours analytique.

3Comment ces trois termes sont-ils dans cette phrase articulés ?

4Passons sur le « toujours » de « ce dont il s’agit dans le discours analytique c’est toujours ceci », une assignation on ne peut plus radicale et relevons que Lacan dit quelque chose qui ne va pas de soi : qu’à une parole on donne une lecture, qu’une parole donc se lit.

5Si Lacan avait dit qu’à ce qui s’énonce de signifiant nous donnons une autre écoute que ce qu’il signifie, cette phrase ne nous aurait servi qu’à nous rassurer, tant il nous est évident qu’à une parole répond une écoute. Lacan lui-même nous a donné de quoi abondamment commenter les relations entre la parole et l’écoute, jusqu’à pouvoir les schématiser systématiquement, c’est-à-dire structuralement, sur le graphe du désir. Mais que l’on donne une lecture à une parole, voilà un saut qui mérite quelque explication.

6Comment mettre en question que dans la psychanalyse comme ailleurs, une parole d’abord s’entend et puis est éventuellement écoutée par l’auditeur, qui lui donne un sens — « tout pouvoir de l’auditeur » disait Lacan ? Il peut arriver que l’auditeur et le locuteur, qui lui-même s’entend, ne donnent pas le même sens à ce qui s’énonce de parole, et là les mésententes commencent et se diffusent. Mais remarquons que Lacan dit ce qui s’énonce de signifiant et non de parole. Est-ce la même chose ?

7Nous voici nous-mêmes en plein dans le problème évoqué à l’instant, celui de la différence de sens que l’on peut donner à ce qui s’énonce : devons-nous donner un autre sens que « ce qui s’énonce de parole » à l’expression « ce qui s’énonce de signifiant » ? Et lequel alors ?

8À revenir à la phrase citée, nous pouvons constater qu’elle nous dit quelque chose de plus encore : qu’une lecture se donne. Il vaut la peine de s’arrêter à ce terme car ce qui sans heurter notre oreille se donne, c’est ordinairement un sens. Une lecture peut se donner aussi, il est vrai, en public. Dans le vocabulaire courant, on fait une lecture. Et nous n’aurions pas été surpris non plus si Lacan avait dit que de ce qui s’énonce de signifiant nous faisons une autre lecture que ce qu’il signifie. Par contraste, ce don de lecture semble bien apparaître maintenant comme une grâce, accordée par le lecteur à ce qui s’énonce de signifiant, et qui resterait sans cette lecture en souffrance. En souffrance, cela veut-il dire que le lecteur lui manquerait, qu’il souffrirait de cette absence ? C’est une question à laquelle nous devrons répondre.

9En attendant, nous voici peut-être avec l’amorce de la solution : donner justement toute sa valeur interprétative au choix du terme de « donner » dans cette phrase. Et si ce qui comptait dans la relation entre un locuteur et son interlocuteur, c’était moins la fixation d’un sens partagé et univoque dans ce qui s’entend, l’assurance de la bonne entente, que le don lui-même ? Quelque chose qui pourrait s’énoncer ainsi : « Tu me parles, dit le psychanalyste, et au don de ta parole je réponds par un autre don ; je me penche sur elle pour y distinguer les traces à y lire. » Et en effet, se pencher sur le fatras de paroles qui se profèrent depuis un divan pour y trouver quelque chose de valable, qui serait à lire comme porteur d’un message, cela tient du don, charité incroyable dit Lacan. Un don que nous a fait Freud, le premier à en avoir eu de cette lecture… le don. Où nous pouvons déjà voir qu’un don n’est pas un patrimoine, il ne se transmet pas, il se fait, lui aussi, et se reçoit.

10Comment pouvons-nous, à la suite de Freud, admettre qu’il y a des signes à déchiffrer dans la parole la moins contrôlée qu’il se peut, alors que toute notre éducation va là contre ? Admettre qu’il y a des signes à déchiffrer, inconnus jusqu’alors, mais qui, une fois reconnus s’imposent. Des signes de quoi d’ailleurs ? De quelque chose du sujet parlant qu’il ne savait pas de lui-même. Est-ce une vérité le concernant, plus vraie que tout ce qu’il pouvait jusque-là connaître de lui ? Certainement, puisqu’il ne s’agit pour le sujet de rien de moins que de mettre en lumière ses désirs les plus authentiques, ceux qui le satisferont pleinement, qui le dispenseront de courir à gauche et à droite, en accumulant les bêtises. Une promesse tentante, pour le moins… Encore, comme pour toutes les promesses, faut-il y croire. Comment donc pouvons-nous admettre qu’il y a des signes à déchiffrer dans l’association libre, dans la parole analysante ?

11Nous le pouvons parce que Freud nous l’a dit bien sûr, mais aussi parce que nous pouvons le vérifier. Nous pouvons vérifier qu’il y a des points de butée, qui sont aussi des points de départ, à toutes les réponses que nous pouvons imaginer à nos questions, à tous les sens que nous pouvons imaginer en réponse. Il y a des points de butée au sens où, à un moment, toujours, il y a de l’indécidable. On ne peut pas continuer à se considérer avec clairvoyance, faute de savoir comment poursuivre la production du sens sur ce que nous sommes.

12Devant cette butée, il ne reste alors qu’à revenir au point de départ, au point d’où notre interrogation est partie, à notre demande première, celle qui a motivé notre consentement à entrer dans le discours analytique. On revient donc à ce qui a fait question pour nous, et que nous appelons le symptôme. Qu’il fasse question, et inlassablement, nous suffit à le dire tel. Lorsque nous sommes égarés dans le sens, au point d’en être interdits et de tourner en rond dans une impasse, nous sommes assurés, ce symptôme, de le retrouver. Il est toujours à la même place, attendant sa réponse.

13Le symptôme fait trace. Une trace, puisqu’il se retrouve toujours à la même place et produit toujours le même effet, un effet irréfutable, l’effet d’insupportable. Certes, un symptôme peut laisser un sujet plus ou moins indifférent, mais il n’en restera pas moins impossible à supporter, au sens où il ne peut être supporté par aucune explication. Le sujet ne peut en répondre, il le dépasse, lui est étranger, le parasite. Et si le sujet vient en analyse, c’est bien parce que, par quelque côté, ce parasitage lui est insupportable

14Et il s’avère à l’expérience qu’à partir de ce symptôme, notre sujet a des choses à dire, énormément même. Il a à dire comment ce symptôme est déjà une lecture. Une lecture qui lui est propre de ce qui lui est impossible à supporter, une lecture dont il attend qu’elle se tienne, aux yeux de l’Autre, ce que justement par définition elle ne fait pas.

15Il existe des lectures qui se tiennent aux yeux de l’Autre, mais le symptôme y résiste, malgré toutes celles que le sujet met à jour dans sa cure. Pourquoi ces lectures si utiles par ailleurs ne servent à rien pour en venir à bout, pour arriver à le lire de façon satisfaisante, le dénouer, le défaire, et permettre de passer outre, d’en oublier la désagréable insistance ? Qu’y a-t-il alors là, qui veut se dire et se répète ?

16Le dire, dire ce qu’il y a, Lacan pointe que cela n’a jamais été l’affaire de n’importe qui, mais spécifiquement du médecin, dans les temps d’avant la technicisation forcenée de l’art médical, en quoi ce dernier remplissait une fonction sacrale. Le médecin nommait le mal, dans l’acte solennel de le reconnaître à l’existence. Spécifiquement le médecin, parce qu’à part lui, et peut-être les prêtres, tout le monde s’emploie au contraire à dire ce qu’il n’y a pas, sans pourtant s’entendre jusqu’à Freud. De même, tout le monde s’emploie à dire « I Love You », comme nous l’a montré ironiquement Woody Allen. Mais Woody Allen, comme tout le monde, s’est contenté de recouvrir par le fantasme le dire de Freud dégagé par Lacan, « Il n’y a pas de rapport sexuel. »

17Le psychanalyste en revanche relaie le médecin et dit ce qu’il y a. D’une façon certes originale, puisqu’il dit : « Ce qu’il y a, c’est qu’il n’y a pas. » Certes, il accueille le « I Love You » qu’impliquent le don de la demande de guérison du symptôme, la croyance en sa lecture possible, le don de la parole analysante ; il accepte d’aider le sujet à en faire traces à lire, mais c’est pour aboutir en fin de compte au fait que non, il n’y a plus rien à lire dans le fatras des énoncés.

18Certes, il y a eu à lire, beaucoup de choses sur ce « I Love You », les formes qu’il a prises pour le sujet analysant par le passé, et qu’il prend au présent. Mais il faut bien reconnaître qu’avec le temps la fraîcheur de la lecture s’émousse. On peut tourner les choses dans tous les sens, elles ne disent rien de plus que ce que nous y avons déjà lu ; lu et relu, donc pas lu au hasard. Nous retombons toujours dans les mêmes ornières, une lecture inaboutie, qui ne nous donne pas le sens que nous cherchions. Car le sens que nous cherchions, nous le connaissons, c’est celui qui nous manque : le sens sexuel ; le sens du rapport sexuel. De lui, rien ne s’en lit, que son manque. Donc, s’il n’y a pas de rapport sexuel inscriptible, nous sommes autorisés à en déduire qu’il n’y a pas de lecture dernière, qu’il n’y a que des lectures partielles, selon les pulsions du même nom.

19Pourquoi le sujet chercherait-il à lire ce rapport sexuel alors qu’il manque ? Et alors que la lecture partielle et pulsionnelle qu’il lui substitue est déjà satisfaisante par elle-même ? Qu’est-ce qui fait cette satisfaction néanmoins insuffisante ?

20Nous le savons, la satisfaction obtenue ne colle pas. Elle ne répond pas à ce qui veut se dire, à ce qu’il y a à dire de ce qui s’éprouve, l’effet-affect de ce qui ne cesse pas de s’écrire. La satisfaction obtenue ne dit pas ce « ça » qui pourtant est éprouvé.

21C’est quoi, ce ça ? Si nous ne pouvons pas le dire, ce dont nous ne pouvons douter, c’est qu’il nous fait un effet qui est à chaque fois le même. Nous le savons. L’exercice répété de ce savoir ne s’accompagne d’aucune entropie, comme le signale Lacan dans le passage d’Encore repris par Colette Soler dans son « Petit commentaire sur “l’énigme de savoir” » publié dans la bien intéressante brochure préparatoire à ces Journées. Ce qui nous fait dire que ça ne va pas, c’est que rien de ce que nous pouvons en dire dans ce que nous en lisons n’a de sens véritable, dernier, complet.

22À chaque fois que nous rencontrons ce savoir, c’est pourtant la même trace que nous reconnaissons. Une trace déposée par le ruissellement du langage, de lalangue sur notre corps, qui y a laissé ses ravinements. Et, comme les ruisseaux se font fleuves et se jettent dans la mer, les ravinements confluent les uns avec les autres et finissent par se jeter dans des trous. Ces entrecroisements successifs et les bords des trous qui les fixent et les ordonnent rétroactivement sont comme les chaînes du langage. Car, Lacan y a insisté, l’inconscient est structuré comme un langage, c’est-à-dire que ses éléments sont enchaînés, s’articulent les uns aux autres, ce qui leur donne leur portée de sens. Les ravinements de lalangue sur le corps jouissant s’ordonnent donc par l’intermédiaire de ses trous qui, par la grâce du fonctionnement signifiant, se font orifices pulsionnels, producteurs d’un sens à la jouissance.

23L’existence de la mer n’est pas la cause des ravinements, sinon par la rencontre de la pluie qui s’en origine avec les particularités du sol qu’elle rencontre. De même, les pulsions ne sont pas la cause de la jouissance qui accompagne le ravinement. Elles lui donnent sens rétroactivement, par le trou qui le capte. En effet, ce ravinement qui s’éprouve et qui devrait se dire, ne peut s’énoncer qu’articulé aux termes de la pulsion, c’est-à-dire être nommé et reconnu à partir d’une satisfaction qui tient, avant tout aux yeux de l’Autre, qui est supportée par l’échange avec l’Autre, garant de la constance de la vérité. La pulsion, qui relève du signifiant, est donc ce qui permet de dégager de lalangue ce qu’il en est du fonctionnement du signifiant.

24Ce qui revient à dire que le sujet sait toujours déjà lire. Il lit inconsciemment le sens des effets de ravinement, leur donne une cause, à partir du sens pulsionnel, du fantasme autrement dit. Mais, nous l’avons dit, c’est une lecture rétroactive et le trou de la pulsion est aussi bouchon, par l’objet qui la représente. La pulsion finalement ne nomme pas la cause formelle de l’effet de ravinement.

25De plus, découverte essentielle de Freud, le ravinement ne trouve pas toujours ce trou de la pulsion dans lequel se loge le bouchon du sens. Il lui arrive de rencontrer un autre trou. Un trou innommable, sans bords signifiants où arrimer un quelconque objet ; c’est le trou du sens sexuel. La jouissance n’en ex-siste pas moins, mais il n’y a pas de signifiant dans l’Autre pour la nommer d’une façon qui tienne, c’est-à-dire qui fasse accord.

26Autrement dit, cette jouissance s’avère retranchée, coupée de l’Autre symbolique. Elle est Autre à l’Autre du langage, sans être pour autant Autre de l’Autre. Et la coupure, le trait unaire, nous le savons, est aussi l’effet du signifiant et il en est la cause au même titre que la jouissance du ravinement. Mais ce n’est pas le même effet. Du côté ravinement, nous avons l’individu qui l’éprouve par son corps, alors que du côté coupure, nous avons le sujet qui se barre en s’articulant à un autre signifiant. Ce faisant, le sujet rabat la jouissance du ravinement sur celle qui, via les pulsions, est connue, la jouissance phallique, celle qui ne convient pas.

27Alors, donner une autre lecture à « ce qui s’énonce », là où le sujet lisait un sens phallique dans ce qui s’entend, n’est-ce pas donner à « ce qui s’énonce » la lecture du dire qui supporte les dits ? Ainsi Lacan poursuit la phrase qui nous a servi de point de départ en avançant : « Non seulement vous le supposez savoir lire, mais vous le supposez pouvoir apprendre à lire [2]. » Le sujet sait lire, son fantasme est une lecture partielle et partiale du manque, mais il peut en plus apprendre à lire, autre chose, ce qui de lalangue pour lui fait trace hors-sens. Le psychanalyste donne au sujet lecture non seulement de l’ab-sexe du sens, pour parler comme dans « L’étourdit », ou la traversée du fantasme dans un autre vocabulaire, mais aussi la possibilité pour le sujet de partir de là pour apprendre ce que lui fait le fonctionnement du langage à partir de lalangue.

28Pour cela, nous devons à chaque fois vérifier ce que Lacan appelle son hypothèse, qui est donc celle de la psychanalyse si nous le suivons, celle qu’il énonce dans Encore : « Mon hypothèse, c’est que l’individu qui est affecté de l’inconscient est le même qui fait ce que j’appelle le sujet d’un signifiant [3]. » Pour le dire dans les mots que nous avons utilisés précédemment, l’individu côté ravinement est le même que le sujet côté coupure.

29Qu’est-ce que Lacan prend comme preuve de cette hypothèse que le signifiant et son sujet d’une part, l’individu et son corps d’autre part sont bel et bien les mêmes ? Cette preuve, c’est quand le signifiant devient un signe, signe qui est affect. Il en a donné un exemple : « […] c’est un fait que ça pleurniche, et pourquoi diable ? — dès que, corporellement, imaginairement ou symboliquement, on vous marche sur le pied. On vous affecte, on appelle ça comme ça. Quel rapport y a-t-il entre cette pleurnicherie et le fait de parer à l’imprévu, c’est-à-dire de se barrer [4] ? »

30La pleurnicherie c’est donc un signe de cette coïncidence qui vérifie l’hypothèse, qui la rend nécessaire.

31C’est ce qui nous permet d’avancer que la phrase qui suit ce passage est une reformulation de celle que nous avons prise comme départ, une précision sur l’autre lecture que nous donnons à ce qui s’énonce de signifiant. Je cite : « En tant que support formel, le signifiant atteint un autre que ce qu’il est tout crûment, lui, comme signifiant, un autre qu’il affecte et qui en est fait sujet, ou du moins qui passe pour l’être [5]. » Donc, ce qui s’énonce du signifiant est bien à entendre de façon plus large que ce qui s’énonce de parole, puisque s’y ajoute l’affect du corps.

32Pour apprendre au sujet à lire, nous aidons donc d’abord le sujet à dégager ce qu’il lit dans l’imprévu qui le pousse à se barrer. Nous pouvons ainsi arriver à ce que l’imprévu cesse de faire menace, à ce qu’il n’ait plus pour lui aucune portée de sens ; à ce qu’il se fasse enfin contingence, et donc rencontre possible, rencontre à l’usage, sans échange pourtant. Nous donnons ainsi au sujet la possibilité de cesser de se barrer à tout crin et de s’assurer d’une autre lecture plus certaine que celle du fantasme, car n’ayant pas à tenir aux yeux de l’Autre, puisqu’elle tient toute seule. Une lecture de ce qui pour le sujet est susceptible du pari d’une satisfaction possible, parce qu’effet de lalangue, effet qui ne connaît pas l’entropie de la répétition.

33Ainsi, au quand « on vous marche sur le pied [6] » de Lacan, permettons-nous d’ajouter pour conclure : corporellement, imaginairement ou symboliquement, quand on vous chatouille, ça rit, un temps au moins ; quand on vous caresse, ça sourit et ça ronronne ; quand on vous éclaire, ça illumine. Et une psychanalyse peut nous apprendre à mieux savoir faire avec nos préférences ; pour ma part certes rire, sourire et ronronner, mais peut-être plus que tout, être illuminé. Je le concède donc, je suis un illuminé — de la psychanalyse. J’espère seulement ne pas l’être seul, et j’espère même que vous, ici, aurez bien voulu pendant ces quelques minutes l’être un peu avec moi.


Date de mise en ligne : 01/12/2017

https://doi.org/10.3917/chla.010.0083