Article de revue

Du feu au lac, une lecture symbolique des rêves de Dora

Pages 39 à 49

Citer cet article


  • Lauté, Y.
(2023). Du feu au lac, une lecture symbolique des rêves de Dora. Cahiers jungiens de psychanalyse, 158(2), 39-49. https://doi.org/10.3917/cjung.158.0039.

  • Lauté, Yann.
« Du feu au lac, une lecture symbolique des rêves de Dora ». Cahiers jungiens de psychanalyse, 2023/2 N° 158, 2023. p.39-49. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cahiers-jungiens-de-psychanalyse-2023-2-page-39?lang=fr.

  • LAUTÉ, Yann,
2023. Du feu au lac, une lecture symbolique des rêves de Dora. Cahiers jungiens de psychanalyse, 2023/2 N° 158, p.39-49. DOI : 10.3917/cjung.158.0039. URL : https://shs.cairn.info/revue-cahiers-jungiens-de-psychanalyse-2023-2-page-39?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cjung.158.0039


Notes

  • [1]
    S. Freud, « Fragment d’une analyse d’hystérie (Dora) », Cinq Psychanalyses, Paris, PUF, 2003, pp. 1-19, et pour certains détails biographiques plus précis : M. Borch-Jacobsen, Les patients de Freud, Auxerre, Éditions Sciences Humaines, 2011, pp. 85-92.
  • [2]
    S. Freud, op. cit., p. 16.
  • [3]
    Sur le plan symbolique, c’est certainement bien plus signifiant à notre époque qu’à celle de Freud, marquant légalement le passage (de plus en plus universel) de l’enfance à l’âge adulte.
  • [4]
    C’est-à-dire un « in-dividu », une entité indivisible, entière, intègre et intégrale, comme l’est le soi, qui en est donc le principal artisan.
  • [5]
    Nom donné aux structures abstraites primordiales de la psyché humaine et s’exprimant sous forme de symboles concrets dans les rêves, mythes, contes… Les archétypes sont donc à la base de l’hypothèse de l’inconscient collectif et, par définition, universels, communs à l’ensemble des êtres humains.
  • [6]
    On pourrait voir ici une contradiction avec l’idée d’une lecture anti-herméneutique, c’est-à-dire ne faisant pas appel à une « clé » interprétative prédéfinie. J’espère que la suite de l’exposé convaincra qu’il ne s’agit effectivement que de points de repères non dogmatiques, permettant de nommer efficacement certaines expériences du rêve et de dialoguer avec elles. Une fois ce dialogue assuré, on s’apercevra aisément que ces concepts ne sont plus nécessaires, et on pourra même douter de leur utilité initiale. Cela étant dit, la visée « philosophique », au sens antique du terme, reste assumée : on ne peut pas ne pas s’orienter dans l’existence, de par notre nature même, animale et animée. La question reste plutôt celle de trouver le « bon » chemin, pour et par soi-même, seul ou avec l’aide d’une ou d’un autre. Même si quelque peu hermétique de par sa complexité, le rêve est un allié irremplaçable en ce sens, puisqu’une altérité venant de soi.
  • [7]
    Bien qu’inspirée par celle de l’ouvrage de référence, il s’agit d’une retraduction personnelle faite à partir de l’original allemand in S. Freud, « Bruchstück einer Hysterie-Analyse », Altenmünster, Jazzybee Verlag Jürgen Beck, Gesammelte Werke, Vol. 3, pp. 190-191 (pour le premier rêve) et p. 209 (pour le second).
  • [8]
    Dans ce conflit potentiel de « vérités », rappelons que le but de la psychanalyse consiste seulement à instaurer un dialogue avec ce qui est inconscient et qui interpelle (plus ou moins directement) la conscience. L’analysant.e travaille toujours à partir de sa vérité ; c’est cette vérité (garante de l’adéquation utile entre sa pensée et le monde) que l’analysant.e met au travail pour elle-même ou lui-même. La ou le psychanalyste n’est qu’un intermédiaire, un médiateur au sein de ce processus.
  • [9]
    C. G. Jung, Commentaire sur Le Mystère de la Fleur d’Or, Paris, Albin Michel, 1984, p. 57.
  • [10]
    C. G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient, Paris, Gallimard, 1964, pp. 33, 34.
  • [11]
    K. Gibran, The Prophet, New York, Alfred A. Knopf, Inc., 1923, p. 17 (traduction personnelle).
  • [12]
    Autre traduction possible de « verbrennen », construit à partir de brennen, brûler, et du préfixe « ver- » qui indique généralement un dépassement, le franchissement d’un certain seuil. La traduction française le rend par « carboniser ».
  • [13]
    Cf. C. G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient, op. cit., pp. 189-190.
  • [14]
    C. G. Jung, Commentaire sur Le Mystère de la Fleur d’Or, op. cit., p. 59.
  • [15]
    S. Freud, « Fragment d’une analyse d’hystérie », op.cit., Cinq Psychanalyses, op. cit., p. 16 (pour l’occurrence du père) et p. 73 (pour celle de Monsieur K.) : « ma femme n’est rien pour moi ». C’est d’ailleurs lorsque Monsieur K. énonce cette phrase, que Dora le gifle.
  • [16]
    C. G. Jung, « Ma vie », Souvenirs, rêves et pensées, Paris, Gallimard, 1973, p. 110.
  • [17]
    C. G. Jung, Mysterium conjunctionis (Tome 1), Paris, Albin Michel, 1980, p. 34, où est montré qu’à l’axe féminin-masculin se conjugue l’axe bon-mauvais, dessinant les points cardinaux permettant de s’orienter au sein de l’expérience psychanalytique.
  • [18]
    C. G. Jung, Commentaire sur Le Mystère de la Fleur d’Or, op. cit., pp. 39-40.
  • [19]
    C. G. Jung, « Ma vie », op. cit., pp. 635-636.
  • [20]
    C. G. Jung, « Ma vie », op. cit., pp. 367-368.
  • [21]
    C’est cet « oubli de soi », que nous indiquent les rêves relatés par Heinz Kohut : le moi finit par oublier son origine, mais lui reste connecté d’une façon inconsciente afin de conserver un équilibre psychique. Ainsi, le premier rêve, celui de la fusée, nous invite à penser qu’avant d’être en orbite, la fusée a décollé de la Terre. On retrouve dès lors les deux mouvements, linéaire et circulaire, mais dissociés que nous avions pu remarquer à propos de la temporalité de la cure analytique. Cet acting out de Dora se conçoit donc aisément comme une véritable synchronicité (monde réel) pour faire entendre ce qui, du rêve (monde intérieur), n’a pas été entendu sur le plan symbolique. En effet, le symbole est au centre de la vie de l’être humain conçu comme « animal symbolicum » (in E. Cassirer, An Essay on Man, Inktank publishing, 2018, p. 38).
  • [22]
    C. Bury, Pour introduire l’irrespect en psychanalyse, Paris, Éditions Les Empêcheurs de tourner en rond, 1993, p. 199.
  • [23]
    C. G. Jung, Psychologie et religion, Vincennes, Éditions de La Fontaine de Pierre, 2019, p. 17.
  • [24]
    G. Durand, Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod, 1992, passim.
Français

Au-delà des interprétations psychanalytiques classiques, une lecture jungienne du cas Dora, s’appuyant en particulier sur les deux rêves mis à l’honneur, permet de mettre en évidence le processus d’individuation à l’œuvre chez cette adolescente devenant jeune adulte, à un moment critique de sa vie de femme. Les principaux archétypes (animus, ombre et soi) servent de boussole au travail du psychanalyste afin de déterminer ce qui, de l’inconscient s’exprimant sous forme de symboles oniriques individuels et/ou collectifs, voire de synchronicités, gagnerait à être intégré par le moi en vue d’une harmonisation psychique et existentielle.

Mots-clés

  • Adolescence
  • Animus
  • Dora
  • Freud
  • Jung
  • Ombre
  • Processus d’individuation
  • Rêves
  • Soi

Mots-clés éditeurs : Adolescence, Animus, Dora, Freud, Jung, Ombre, Processus d’individuation, Rêves, Soi


English

Beyond classical psycho-analytical interpretations, a jungian reading of Dora’s case is possible, especially supported by the dreams that are to the fore. It allows to put on the light the individuation process, operating inside this teenager, becoming a young adult, at some critical time of her woman’s life. The main archetypes (animus, shadow and self) are a useful compass for the psycho-analyst, whose work is to determine what could be integrated by the ego from the uncounscious expressing itself by individual or collective symbols in dreams or synchronicities, so as to achieve to a greater hamonization in psyche and in life.


Date de mise en ligne : 18/12/2023

https://doi.org/10.3917/cjung.158.0039

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