Article de revue

Federico Fellini : Je suis un grand menteur

Pages 99 à 102

Citer cet article


  • Fellini, F.,
  • Entretien avec Pettigrew, D.
(2002). Federico Fellini : Je suis un grand menteur. Cahiers jungiens de psychanalyse, 104(2), 99-102. https://doi.org/10.3917/cjung.104.0099.

  • Fellini, Federico.,
  • et al.
« Federico Fellini : Je suis un grand menteur ». Cahiers jungiens de psychanalyse, 2002/2 n° 104, 2002. p.99-102. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cahiers-jungiens-de-psychanalyse-2002-2-page-99?lang=fr.

  • FELLINI, Federico,
  • Entretien avec PETTIGREW, Damien,
2002. Federico Fellini : Je suis un grand menteur. Cahiers jungiens de psychanalyse, 2002/2 n° 104, p.99-102. DOI : 10.3917/cjung.104.0099. URL : https://shs.cairn.info/revue-cahiers-jungiens-de-psychanalyse-2002-2-page-99?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cjung.104.0099


Notes

  • [*]
    Nous remercions vivement Damian Pettigrew qui nous a autorisé à faire paraître ici ces extraits des entretiens qu’il a conduits avec Federico Fellini. L’ensemble de ces entretiens a été publié par les éditions de l’Arche à Paris et se retrouve dans un film réalisé également par Damian Pettigrew et récemment diffusé par Arte sous le même titre, Je suis un grand menteur. On doit aussi à Damian Pettigrew la réalisation au cinéma de portraits de Balthus, d’Alberto Moravia, de Severo Sarduy, d’Italo Calvino, d’Eugène Ionesco...

À travers toutes les mutations de la vie, comment peut-on trouver les caractéristiques d’une mystérieuse vocation comme la vôtre, comment peut-on conserver son identité ?
FELLINI : C’est une question très intéressante qui m’engage entièrement et que poserait un psychanalyste. Où puis-je reconnaître la partie la plus authentique de moi-même ? Franchement, je ne sais pas. C’est sans doute dans mon travail, comme souvent. La créativité pour un artiste est l’unique façon de tenter de trouver cette ombre, ce son, ce parfum, cette carte d’identité, ces images dans lesquelles il peut reconnaître une certaine continuité...
Mais naturellement la mémoire grignote le passé. Et nous voulons toujours composer le menu de notre identité. La question qui se pose alors est la suivante : Pourquoi choisissons-nous tel lieu, tel souvenir ?
FELLINI : Oui. Cependant, je voudrais faire une petite distinction entre souvenir et mémoire. Le souvenir peut être réel ou inventé, comme c’est le cas pour la plus grande partie de mes souvenirs. La mémoire, par contre, est complètement différente : nous entrons dans une dimension entre le paranormal, le spirituel et quelque chose que nous vivons depuis toujours. La mémoire n’a même pas besoin de s’exprimer à travers des souvenirs. C’est un composant mystérieux, presque indéfinissable, mais qui nous relie à quelque chose que parfois nous ne nous rappelons même pas avoir vécu : des événements, des sensations que nous ne savons pas définir mais dont nous savons confusément qu’ils ont existé…


Date de mise en ligne : 22/07/2012

https://doi.org/10.3917/cjung.104.0099

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