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Article de revue

Interactions avec la matière. La production du genre dans un tramway

Pages 159 à 182

Citer cet article


  • Froidevaux, S.
(2017). Interactions avec la matière. La production du genre dans un tramway. Cahiers du Genre, 62(1), 159-182. https://doi.org/10.3917/cdge.062.0159.

  • Froidevaux, Solène.
« Interactions avec la matière. La production du genre dans un tramway ». Cahiers du Genre, 2017/1 n° 62, 2017. p.159-182. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2017-1-page-159?lang=fr.

  • FROIDEVAUX, Solène,
2017. Interactions avec la matière. La production du genre dans un tramway. Cahiers du Genre, 2017/1 n° 62, p.159-182. DOI : 10.3917/cdge.062.0159. URL : https://shs.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2017-1-page-159?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cdge.062.0159


Notes

  • [1]
    Voir les travaux de Paola Tabet (1979), de Nicole-Claude Mathieu (1991) et de Colette Guillaumin (1992).
  • [2]
    Le temps de l’enquête et le fait que celle-ci ait été menée de façon incognito.
  • [3]
    Des travaux en anthropologie, notamment sous l’impulsion du groupe Matière à penser, ont réfléchi à la dimension physique des objets dans les échanges, mais cet article s’attache à traiter davantage de la perspective sociologique.
  • [4]
    En sociologie urbaine, et notamment par le biais des géographes, la pratique des personnes est un questionnement phare. Si la densité matérielle supposée par les rencontres dans l’espace public est énoncée, les objets ne sont pourtant pas systématiquement analysés.
  • [5]
    L’étude a été effectuée à Londres, où les pratiques automobiles, et par extension piétonnes, sont inversées. En Suisse, les personnes ont tendance à garder leur droite.
  • [6]
    J’utilise ici les catégories de femmes et d’hommes car je considère que cette assignation à un sexe passe par un processus de catégorisation qui se fait en action. Ces catégories proviennent donc des observations que j’ai faites sur les gestes et attentions qu’ont eus les personnes à l’encontre des autres et qui révèlent un placement dans une catégorie de sexe spécifique.
  • [7]
    Suite à mes observations, j’ai décidé de créer quatre classes d’âge. Cela ne signifie pas que les catégories créées soient homogènes mais j’ai dégagé des récurrences selon des groupes d’âge. Première catégorie : les ‘jeunes’, réifiant volontairement une catégorisation très présente et souvent connotée de façon négative, explicitée oralement dans le tram par les autres usagers et usagères. Les ‘jeunes’ dans mon travail sont principalement les collégien∙ne∙s et les lycéen∙ne∙s des deux écoles présentes sur la ligne de tram que j’ai étudiée. Deuxième catégorie : jeunes adultes (20-30+ ans), troisième : âge moyen à avancé, jusqu’à 70 ans, quatrième : personnes âgées à très âgées.
  • [8]
    Mais nous pourrions en faire la même analyse en termes d’objets dans des gestes comme tenir la porte, l’ordre de sortie d’un ascenseur, etc. Cette analyse-là en termes d’objets s’étend donc à toutes les sphères spatiales du social.
  • [9]
    Pour des raisons de faisabilité de l’enquête (qui s’est faite incognito), les dimensions ethniques et de classe n’ont malheureusement pas pu être étudiées.
Français

Le genre s’exprime au quotidien à travers des interactions qui peuvent paraître anodines, comme celle de prendre le tramway et d’y rencontrer d’autres passagers et passagères. L’observation ethnographique de l’espace public a été fortement développée dans la perspective interactionniste, toutefois le rôle que jouent les objets en présence dans la structuration de l’action et la façon dont ils prennent part à la production d’une scénographie genrée de l’espace a été peu traitée comme telle en sociologie. Si les féministes matérialistes se sont intéressées à la matière, et plus précisément aux rapports matériels amenant à des rapports asymétriques entre femmes et hommes, leur perspective structuraliste a cependant partiellement occulté la question de la dynamique interactionnelle. Cet article propose de s’intéresser à cette dimension matérielle des interactions genrées à partir d’observations faites dans un transport public et ainsi de montrer l’apport que peut avoir une attention soutenue aux objets et à la ‘physicalité’ de l’espace pour la compréhension et l’analyse des interactions genrées du quotidien.

Mots-clés

  • Transports
  • Genre
  • Âge
  • Objets
  • Interactions
  • Féminisme matérialiste

Mots-clés éditeurs : Âge, Féminisme matérialiste, Genre, Interactions, Objets, Transports


English

Interactions with Materiality. The Production of Gender in a Tram

Gender is expressed in daily life through interactions which may seem anecdotal, like that of taking a tram and coming across other passengers, both male and female. The ethnographic observation of the public space has been developed in the interactionist perspective, and yet the role played by objects in the structuring of action and the way in which they participate in the production of a gendered scenography of space has not been explored so far. While materialist feminists have taken an interest in material conditions, and more precisely in material relationships leading to asymmetrical relationships between women and men, their structuralist perspective has however partially obscured the issue of interactional dynamics. This article sets itself the task of examining this material dimension of gendered interactions based on observations made in public transport, and, through this, of showing the contribution that can be made when observing closely objects and the ‘physicality’ of space in order to understand and analyse the gendered interactions of daily life.

Keywords

  • Public transport
  • Gender
  • Age
  • Objects
  • Interactions
  • Materialist feminism

Mots-clés éditeurs : Age, Gender, Interactions, Materialist feminism, Objects, Public transport


Español

Interacciones con la materia. La producción del género de un tranvía

El género se manifiesta en la vida diaria a través de interacciones que pueden parecer anodinas, como aquella de tomar el tranvía y de encontrar otros pasajeros y pasajeras. La observación etnográfica del espacio público ha sido fuertemente desarrollada en la perspectiva interaccionista, no obstante el papel que juegan los objetos en presencia en la estructuración de la acción y la forma en que toman parte en la producción de una escenografía generizada del espacio ha sido poco tratada como tal en sociología. Si las feministas materialistas se han interesado en la materia, y más precisamente a las relaciones materiales que llevan a las relaciones asimétricas entre mujeres y hombres, su perspectiva estructuralista ha sin embargo parcialmente ocultado la cuestión de la dinámica interaccional. Este artículo propone de interesarse a esta dimensión material de las interacciones generizadas a partir de las observaciones hechas en un transporte público y así de mostrar el aporte que puede tener un interés constante a los objetos y a la ‘fisicalidad’ del espacio para la comprensión y el análisis de las interacciones generizadas de la vida diaria.

Palabras claves

  • Transportes
  • Género
  • Edad
  • Objetos
  • Interacciones
  • Feminismo materialista

Mots-clés éditeurs : Edad, Feminismo materialista, Género, Interacciones, Objetos, Transportes


Date de mise en ligne : 24/04/2017

https://doi.org/10.3917/cdge.062.0159

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