Marc Moyon, La géométrie de la mesure dans les traductions arabo-latines médiévales
Pages 206 à 209
Citer cet article
- SPIESSER, Maryvonne,
- Spiesser, Maryvonne.
- Spiesser, M.
https://doi.org/10.4000/ccm.4796
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- Spiesser, M.
- Spiesser, Maryvonne.
- SPIESSER, Maryvonne,
https://doi.org/10.4000/ccm.4796
Dans les textes médiévaux, qu’ils soient écrits en arabe, en hébreu ou en latin, la géométrie de la mesure désigne essentiellement le mesurage et le découpage. Dans une figure donnée dont on connaît certaines grandeurs, le mesurage consiste à déterminer d’autres grandeurs de cette figure, qu’elles soient lignes, surfaces ou volumes (par ex., calculer l’aire d’un carré connaissant son côté). Le découpage est une pratique géométrique consistant à découper une figure donnée en respectant certaines contraintes (par ex., diviser un triangle en deux autres triangles dont on connaît le rapport des aires, en traçant une droite à partir d’un de ses sommets). Le genre remonte à la haute Antiquité et les mathématiques arabes (au sens où la langue d’écriture est l’arabe) ont joué un rôle majeur dans le développement de ce domaine. Les traités ont essaimé en Europe grâce aux traductions latines effectuées surtout à partir du xiie s.
Dans la civilisation occidentale latine, l’équivalent des savoirs étudiés ici est constitué du corpus romain des « mesureurs de terre » (corpus agrimensorum) puis d’un ensemble de textes de contenu varié réunis sous l’appellation « géométrie pratique » (practica geometriae). À côté de cette tradition dite pratique, existe une géométrie « savante », essentiellement de souche grecque. Ces deux branches participent de la dualité médiévale pratique/théorie mais s’épaulent l’une l’autre plutôt qu’elles ne s’opposent, comme le montre très bien l’étude de Marc Moyon, grâce à la richesse des textes réunis…