Samacher (Robert), Né juif. Le prix de la coupure. Lecture freudienne de l’indicible, MJW Fédition, 2023, 353 p.
- Par Pierrick Brient
Pages 94 à 96
Citer cet article
- BRIENT, Pierrick,
- Brient, Pierrick.
- Brient, P.
https://doi.org/10.3917/bupsy.584.0094
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https://doi.org/10.3917/bupsy.584.0094
Dans cet ouvrage, l’auteur déploie une enquête pluridisciplinaire sur l’identité juive, dans le prolongement de questionnements soulevés dans ses ouvrages précédents. Né juif en 1940, n’ayant véritablement connu son père qu’au retour de celui-ci des camps en 1945, Robert Samacher interroge ce qui le fonde et, de manière plus large, la responsabilité qui incombe au sujet quant à ce qui préside à sa naissance. À partir de la marque qu’est pour lui la judéité, c’est aussi le lien de Freud au judaïsme que Robert Samacher aborde, tel qu’elle trouve place aussi dans la relation du père de la psychanalyse à la figure du père.
À quoi s’expose un sujet lorsqu’il est né juif ? De quelle faute ou crime son peuple honni et persécuté serait-il coupable ? L’auteur part de ces questions pour examiner les ingrédients qui composent l’antijudaïsme et l’antisémitisme, en scandant les moments historiques et épistémologiques de rupture. Dans son introduction, il nous explique pourquoi la question juive a toujours fait corps avec son histoire, que ce soit dans son enfance ou plus tard, par le fait d’être né juif et d’avoir été bien souvent, pour les autres, identifié par des traits dont il pointe la dimension imaginaire. Du yiddish, langue à taire en public sous l’occupation, depuis oubliée, langue de sa mère, il fait savoir qu’elle est restée pour lui dans un lieu d’inquiétante étrangeté, si familière et pourtant refoulée, mais langue aussi qui survécut dans l’engagement professionnel et militant de son épouse…
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