Les archives d'Henri Piéron
Pages 415 à 419
Citer cet article
- CHARMASSON, Thérèse,
- Charmasson, Thérèse.
- Charmasson, T.
https://doi.org/10.3917/bupsy.533.0415
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- Charmasson, T.
- Charmasson, Thérèse.
- CHARMASSON, Thérèse,
https://doi.org/10.3917/bupsy.533.0415
Notes
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[*]
Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques (CRHST). Universcience/Cité des sciences et de l’industrie, 30 avenue Corentin Cariou, 75930 Paris Cedex 19
<therese.charmasson@universcience.fr> -
[1]
Arch. nat., 520 AP 1 à 51 ; voir l’inventaire de ce fonds de 51 cartons (7,7 mètres linéaires) établi par Thérèse Charmasson et Françoise Parot, 520 AP 1 à 51 Archives d’Henri Piéron (1881-1964). Répertoire numérique détaillé, 1989, 79 p. dactyl. ; Françoise Parot, « Les Archives d’Henri Piéron », La Gazette des archives, n° spécial « Les Archives scientifiques. Communications présentées à la journée d’études organisée par le Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques de la Cité des sciences et de l’industrie, Paris, La Villette, 25 février 1988 », n° 145, 2e semestre 1989, p. 136-144 ; ce fonds est actuellement consultable aux Archives nationales, sur le site de Pierrefitte : Archives nationales, 59 rue Guynemer, 93383 Pierrefitte-sur-Seine Cedex ; le sommaire de l’inventaire de ce fonds, reproduisant le sommaire figurant dans l’inventaire dactylographié, est en ligne sur le site des Archives nationales : <siv.archives-nationales.culture.gouv.fr>, sous la rubrique « Archives de personnes, de familles, d’associations », « Piéron (Henri) 520 AP ».
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[2]
La commission inter-ministérielle pour la réforme de l’enseignement, nommée le 8 novembre 1944 par René Capitant, ministre de l’Éducation nationale, compte dix-neuf membres ; elle est d’abord présidée par Paul Langevin (1872-1946), puis, après son décès, le 19 décembre 1946, par Henri Wallon (1879-1962), ami d’enfance d’Henri Piéron ; sur Paul Langevin, voir Charle, Telkès, 1988, p. 121-125 ; sur Henri Wallon, voir Charle, Telkès, 1988, p. 239-243.
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[3]
Arch. nat., 520 AP 1 Études et carrière ; ses diplômes, en raison de leur format, sont conservés sous la cote Arch. nat., 520 AP 47 ; voir également dans le carton coté 520 AP 50, qui regroupe des documents de différentes natures, remis par Yves Galifret, après l’achèvement du classement, le livret scolaire d’Henri Piéron au lycée Louis-le-Grand, de 1894 à 1898, ainsi que des carnets et cartes de membre de différentes associations ; Thérèse Charmasson et Françoise Parot, 520 AP 1 à 51 Archives d’Henri Piéron (1881-1964). Répertoire numérique détaillé, 1989, p. 17-18, 46, 49.
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[4]
Arch. nat., 520 AP 1 à 3, ibid., p. 17-19.
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[5]
Arch. nat., 520 AP 4 à 9, ibid., p. 19.
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[6]
Annexe I, Liste des correspondants dans 520 AP 4 à 9, ibid., p. 53-67.
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[7]
Arch. nat., 520 AP 50 Documents divers, correspondance, ibid. p. 49 ; annexe II, Liste des correspondants dans 520 AP 50, ibid., p. 69-70.
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[8]
Centre Henri Piéron, 79 avenue Édouard-Vaillant, 92100 Boulogne-Billancourt cedex ; cette correspondance et ces dossiers sont conservés dans la réserve de la bibliothèque Henri Piéron.
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[9]
On verra la présentation et l’inventaire de ce fonds en ligne sur le site des bibliothèques de l’université Paris-V, Paris Descartes, (www.bu.parisdescartes.fr), sous la rubrique « guides » (www.parisdescartes.libguides.com), « psychologie », « fonds patrimoniaux ».
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[10]
Sur l’Institut de psychologie, on verra la thèse, récemment soutenue, à l’École nationale des chartes, par Laura Le Coz sous le titre suivant : « L’Institut de psychologie de l’université de Paris, 1920-1970 » ; un résumé en est publié dans École nationale des chartes, Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 2014 pour obtenir le diplôme d’archiviste paléographe Paris, 2014, p. 131-138 ; un certain nombre de dossiers relatifs à l’Institut de psychologie figurent, en revanche, dans les archives de Paul Fraisse, qui a succédé à Henri Piéron à la direction de l’Institut, archives qui seront prochainement versées aux Archives nationales sous les cotes 725 AP 1 à 61 ; on peut penser que ces dossiers étaient restés dans le bureau qu’Henri Piéron et Paul Fraisse ont occupé successivement rue Serpente et qu’ils ont été, ensuite, transférés à Boulogne-Billancourt lors du déménagement de l’Institut.
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[11]
Arch. nat., 520 AP 10 à 14, 520 AP 50, Thérèse Charmasson et Françoise Parot, 520 AP 1 à 51 Archives d’Henri Piéron (1881-1964). Répertoire numérique détaillé, ouvrage cité, p. 20-27, 48.
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[12]
Arch. nat., 520 AP 15 à 17, ibid., p. 28-31, 48.
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[13]
Arch. nat., 520 AP 22-23, 50, ibid., p. 32-35, 48.
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[14]
Arch. nat., 520 AP 24 à 43, Thérèse Charmasson et Françoise Parot, 520 AP 1 à 51 Archives d’Henri Piéron (1881-1964). Répertoire numérique détaillé, ouvrage cité, p. 24-45.
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[15]
Arch. nat., 520 AP 25 à 28, ibid., p. 36.
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[16]
Arch. nat., 520 AP 19 à 21, ibid., p. 31.
Les dispositions testamentaires d’Henri Piéron
1Dans un premier testament manuscrit, rédigé et signé au Vésinet, le 21 mars 1964, Henri Piéron lègue « ses biens personnels » à sa femme, née Mathilde Angenout. Mais il exclut de ce legs sa bibliothèque et ses archives. Il précise, en effet : « Toutefois, en ce qui concerne ma bibliothèque – livres, revues, tirages à part – j’en fais donation à la bibliothèque de l’Institut de psychologie de l’université de Paris, à laquelle on a donné mon nom, pour en faire le meilleur usage, par intégration directe, vente, échange ou donation éventuelle [...]. Mes dossiers et papiers scientifiques et administratifs très divers, français ou internationaux, mes correspondances de tous ordres, je souhaite qu’Yves Galifret veuille bien se charger de faire le choix de ce qui peut être utilement gardé à un titre quelconque et d’en faire les attributions convenables, avec le concours, s’ils acceptent, de Messieurs Fessard, Fraisse, Reuchlin, Madame Bénassy-Chauffard » (voir Fessard, 1949 ; Reuchlin, 1964 ; Fraisse, 1965 ; Galifret, 1989.
2Quelques mois plus tard, le 10 septembre 1964, hospitalisé à l’hôpital Foch, à Suresnes, Henri Piéron modifie ce testament et déclare annuler les lignes deux et trois de celui-ci, par lesquelles il léguait ses biens à sa femme, et tous ses « biens personnels à l’université de Paris pour être utilisés au bénéfice de l’Institut de psychologie et, en particulier, de ma bibliothèque de cet institut ». Et il ajoute : « Je souhaite que, par le moyen de ce legs, on puisse éviter d’interrompre les collections de revues internationales que j’avais entreprises ». Cette modification ne concerne toutefois pas les lignes suivantes du testament, relatives à sa bibliothèque et à ses papiers, pour lesquels les dispositions prises le 21 mars restent inchangées.
3Après le décès d’Henri Piéron, le 6 novembre 1964, le règlement de la succession est toutefois retardé en raison de la maladie de sa femme, internée à l’hôpital psychiatrique de Sainte-Anne et incapable d’accomplir aucun acte juridique. Ce n’est qu’en 1975, quelques années après la mort de Mme Piéron, survenue en 1969, qu’il est procédé à la vente de la maison du Vésinet, où étaient restés les livres et papiers d’Henri Piéron. Ceux-ci sont alors, après un tri rapide, transportés à la bibliothèque de l’Institut de psychologie, à Paris, rue Serpente. Faute de temps et de personnel compétent, il ne put cependant être entrepris, alors, aucun travail de classement ni d’inventaire des archives, dont les conditions de conservation rendaient impossible la communication aux chercheurs.
Le classement et le versement aux archives nationales
4C’est afin de permettre la mise à disposition de ces documents à la communauté des chercheurs que la mission des Archives nationales auprès du rectorat de Paris et le Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques (CRHST), rattaché à la Cité des sciences et de l’industrie, lors d’une réunion rassemblant, en décembre 1986, les différentes parties intéressées, proposèrent le transfert de ce fonds, pour classement, dans les locaux de la mission des Archives nationales en Sorbonne, étape préalable au dépôt de ces archives aux Archives nationales. À l’issue de ce classement et de la rédaction d’un instrument de recherche conforme aux normes des archives, le transfert du fonds aux Archives nationales fut effectué en décembre 1988, conformément aux clauses du contrat de dépôt, signé entre Yves Galifret, Paul Fraisse et Maurice Reuchlin et le ministre de la Culture et de la communication représenté par le directeur général des Archives de France [1]. La communication des documents composant le fonds en est assurée, depuis ce transfert, suivant les délais de communication applicables aux archives publiques (article 3 du contrat de dépôt).
Les catégories de documents conservés
5L’ensemble des documents regroupés dans le fonds conservé aux Archives nationales témoigne de l’activité quotidienne, tant scientifique qu’administrative, d’Henri Piéron, qui conservait tous ses papiers et avait à cœur de classer ses dossiers, classement qui a été, dans la majorité des cas, respecté, mais considérablement affiné.
6Ces dossiers ont été placés sous cinq grandes rubriques : les documents concernant les études, la carrière et la vie privée d’Henri Piéron (520 AP 1 à 3), la correspondance (520 AP 4 à 9), les dossiers à caractère administratif (520 AP 10 à 19), les manuscrits d’Henri Piéron (520 AP 22 et 23) et les documents de travail (520 AP 24 à 43). Ont été classées à part les photographies, qui ont trait aux travaux scientifiques d’Henri Piéron, mais comportent, également, des photographies de savants et de collègues et des photographies privées.
7Un certain nombre de documents, restés en possession d’Yves Galifret et donnés par celui-ci, alors que le classement et la cotation du fonds étaient achevés, ont été regroupés à la suite des cartons déjà cotés dans trois cartons (520 AP 49 à 51). Ceux-ci sont analysés à la fin de l’inventaire, alors même qu’ils constituent le complément logique de ceux qui sont analysés au début de celui-ci.
8Le premier comprend, en effet, essentiellement, des documents à caractère personnel et familial, comme des documents d’état civil ou la correspondance échangée entre Henri Piéron et sa femme, tandis que le deuxième regroupe une série de dossiers sur des sujets très divers, comme les voyages entrepris par Henri Piéron ou des dossiers de préparation d’articles ou de conférences. Ce carton contient également un dossier sur la commission de réforme de l’enseignement, dite commission Langevin-Wallon, dont Henri Piéron était un des vice-présidents, fonction dont le reste du fonds ne comporte aucune autre trace [2]. Dans le troisième de ces cartons ont été regroupées toutes les médailles que possédait Henri Piéron, médailles décernées à Henri Piéron lui-même et à sa femme, ainsi qu’à nombre de ses collègues.
9Le fonds versé aux Archives nationales comporte, en outre, un certain nombre de documents émanant d’Alfred Binet (1857-1911), à qui Henri Piéron a succédé, en 1912, à la tête du laboratoire de psychologie physiologique rattaché à l’École pratique des hautes études (sur Alfred Binet, voir Simon, 1911). Ces documents, conservés sous les cotes 520 AP 44 à 46, comprenant cahiers d’expériences, notes de travail manuscrites, enregistrements au noir de fumée de différentes activités physiologiques, effectués lors de tâches comme le calcul mental dans le cas d’Inaudi, enregistrements d’écritures pathologiques ou non, albums de photographies constitués par Alfred Binet, étaient, sans doute, restés dans les locaux du laboratoire, à la Sorbonne, après le décès d’Alfred Binet.
Études et carrière
10Les documents « à caractère personnel », présents dans ce fonds, permettent de retracer avec précision le cursus scolaire et universitaire d’Henri Piéron, depuis la classe de troisième au lycée Louis-le-Grand, à Paris, en 1895, jusqu’à l’obtention du doctorat en sciences naturelles en 1912 [3]. Ils nous permettent de retracer, également, sa carrière universitaire, depuis sa nomination comme préparateur au laboratoire de l’École pratique des hautes études à l’asile de Villejuif en 1901, jusqu’à sa retraite comme professeur au Collège de France en 1952. Ils nous renseignent également sur les prix et distinctions qu’il a obtenus, comme sur sa participation à différents comités, commissions, délégations ou sociétés savantes, tant en France qu’à l’étranger [4].
Correspondance
11En ce qui concerne la correspondance, le classement effectué par Henri Piéron a été respecté. Un dossier est consacré à chacun des correspondants ; ces dossiers sont classés dans l’ordre alphabétique des correspondants et, à l’intérieur de chaque dossier, les lettres reçues sont placées dans l’ordre chronologique [5]. Un inventaire détaillé de ces cartons de correspondance comportant, dans toute la mesure du possible, l’identification de chaque correspondant et indiquant, pour chacun d’eux, le nombre de lettres conservées et les dates extrêmes de celles-ci, figure en annexe du répertoire [6]. À ces 2 907 lettres pour 445 correspondants, il faut ajouter les 113 lettres et cartes postales, conservées dans le carton 520 AP 50, qui regroupe des dossiers et documents remis par Yves Galifret après l’achèvement du classement [7].
12Il faut, toutefois, souligner que la correspondance conservée aux Archives nationales, est très lacunaire, puisque ne figurent pas, dans ce fonds, à quelques exceptions près, les lettres des correspondants dont l’initiale appartient à la deuxième partie de l’alphabet, à partir de la lettre N.
13Cette lacune, qui semblait difficilement explicable lors du premier classement du fonds, a été comblée en 2004 par la mise à disposition des chercheurs d’un inventaire de la correspondance (et d’un certain nombre de dossiers) de Piéron, retrouvée lors du transfert, en 1999, de l’Institut de psychologie de la rue Serpente, où il était installé jusqu’alors, dans les locaux qu’il occupe actuellement à Boulogne-Billancourt [8]. Les 27 cartons de correspondance conservés à Boulogne comptent 12 324 lettres reçues par Henri Piéron pour plus de 1 600 correspondants. Un index détaillé de ces correspondants a été établi lors du classement de cette deuxième partie du fonds d’archives d’Henri Piéron [9].
Les dossiers à caractère administratif
14Dans les différents dossiers à caractère administratif, que comporte le fonds déposé aux Archives nationales, on retrouvera, à peu près, les mêmes catégories de documents : convocations et procès-verbaux de réunions, textes législatifs et réglementaires, documents relatifs à la préparation du budget et à la gestion du personnel et du matériel, et ce pour les différents établissements d’enseignement et de recherche, au sein desquels Henri Piéron a exercé tout au long de sa carrière : IIIe section de l’École pratique des hautes études (520 AP 10), Collège de France (520 AP 11), Institut national d’orientation professionnelle (INOP, 520 AP 13) et organismes nationaux de recherche scientifique, comme la Caisse nationale de la recherche scientifique ou le Centre national de la recherche scientifique. Il faut, toutefois, signaler que le fonds conservé aux Archives nationales ne comporte à peu près aucun document sur l’Institut de psychologie, mis en place par Henri Piéron dès 1920 et dont il a été le directeur jusqu’à sa retraite en 1952 [10].
15On notera l’existence, dans le fonds des Archives nationales, de dossiers, moins volumineux que les précédents, sur la fondation Alexis-Carrel et le Centre d’étude des problèmes humains, le Groupe français d’éducation nouvelle, le service psychotechnique de l’armée, le Centre international de l’enfance ou, encore, la commission pour l’éclairage des écoles de la ville de Paris (520 AP 13 et 14).
16On rangera, sous cette même rubrique, les documents joints au fonds par Yves Galifret, qui témoignent de la participation d’Henri Piéron à la commission de réforme de l’enseignement dite « commission Langevin-Wallon », dont Henri Piéron était vice-président, activité qui n’apparaît en aucune façon dans les dossiers précédents (520 AP 50).
17Ces différents dossiers à caractère administratif sont d’autant plus précieux que les archives propres des établissements eux-mêmes comme celles de ces diverses commissions sont assez mal conservées pour ces périodes et qu’ils témoignent de l’engagement d’Henri Piéron pour l’organisation de l’enseignement, de la recherche et de l’orientation professionnelle en dehors de l’Université [11].
18La consultation des documents conservés aux Archives nationales devra, toutefois, être complétée par celle de trois des cartons conservés à la bibliothèque Henri Piéron, à Boulogne-Billancourt, notamment pour ce qui concerne l’INOP et le rôle de Piéron à l’Institut Marey (cartons 31 à 33).
19Dans le fonds conservé aux Archives nationales, plusieurs dossiers rendent compte, en outre, de l’activité d’Henri Piéron au sein de l’Union internationale des sciences biologiques (UISB), de sa participation aux différents congrès internationaux de physiologie, de psychologie et de psycho-technique et de ses voyages d’études à l’étranger, en particulier en Amérique latine et, notamment, au Brésil (520 AP 15 à 17, 50) [12].
Manuscrits d’Henri Piéron
20Aux Archives nationales toujours, deux cartons sont entièrement consacrés aux manuscrits d’Henri Piéron, dont tous n’ont pas le même statut ni le même état d’achèvement. Coexistent, en effet, dans ces dossiers, des textes entièrement rédigés, des brouillons dactylographiés ou manuscrits et des notes de préparation de cours et de conférences. On y trouvera, notamment, l’essentiel des notes de préparation pour les cours professés par Henri Piéron au Collège de France (520 AP 22 et 23). On notera, en outre, la présence, dans ces dossiers, du manuscrit de l’ouvrage posthume d’Henri Piéron, L’homme, rien que l’homme (520 AP 22 et 50), dont la publication a été assurée par Yves Galifret en 1964 [13].
Les documents de travail
21Toujours aux Archives nationales, de très nombreux dossiers de travail regroupent des notes de tous ordres, reflétant l’activité de recherche d’Henri Piéron tout au long de sa carrière. Ces dossiers, ayant été organisés par Piéron lui-même, il a été décidé de conserver, la plupart du temps, le classement qu’il en avait effectué lui-même et de reprendre dans l’inventaire les titres qu’il avait donnés aux « paquets » de feuilles qu’il avait rassemblés (520 AP 24 à 43) [14]. Dans chacun de ces dossiers, qui s’apparentent autant à des dossiers documentaires qu’à des dossiers de travail, car ils semblent avoir été régulièrement alimentés par Piéron, figurent, à côté des notes de travail manuscrites et des résultats d’observations ou d’expériences, des coupures de presse, des références bibliographiques, voire des analyses ou comptes rendus d’articles ou de livres.
22On trouve donc, ainsi, des notes sur la psychologie générale, sur le rêve surtout, et sur l’association des idées, mais aussi sur la psychophysique et sur la physiologie générale : sur les phénomènes d’autotomie, sur l’établissement du rythme circadien, sur la mémoire ; chaque fois, on remarque un grand nombre d’études comparatives menées sur divers organismes : le poulpe, les insectes, etc.
23De nombreuses notes portent sur les travaux expérimentaux d’Henri Piéron sur les sensations, sur la vision et, en particulier, sur la vision des couleurs. Les sensations auditives et cutanées y sont également représentées. Là encore, et dans chaque cas, on trouve de nombreuses études comparatives, chez l’actinie, les mollusques, etc.
24Les notes de neurophysiologie ont trait, surtout, aux mécanismes du sommeil et aux syndromes commotionnels, à propos desquels nous disposons d’une impressionnante quantité d’observations, effectuées sur des blessés de guerre durant la première guerre mondiale qui, comme les observations faites sur la privation de sommeil chez le chien, constituent davantage des cahiers d’expériences que des notes de travail à proprement parler (520 AP 24, 25 à 28).
25Les dossiers classés par Piéron, relatifs aux observations faites sur des soldats pendant la guerre de 1914-1918 comprennent, ainsi, des carnets de notes, des statistiques, des renseignements divers et des dossiers classés par rubrique et, dans chaque rubrique, par ordre alphabétique des malades : asphyxies, intoxications, troubles d’origine infectieuse, traumatismes somatiques, troubles hystériques, cécité verbale, syndromes de commotion, dossiers qui ne semblent pas avoir été encore exploités [15].
Photographies
26Ont été classées à part, on l’a dit, les nombreuses photographies, dont on a généralement respecté le classement effectué par Henri Piéron lui-même, qui renseignent tant sur les travaux scientifiques poursuivis par lui, que sur ses collègues, sa famille et ses amis (520 AP 19 à 21) [16].
27L’ensemble de ces dossiers constitue un fonds exceptionnel pour la connaissance, non seulement de l’œuvre scientifique d’Henri Piéron, mais, également, pour ses activités de développement et d’organisation de l’enseignement et de la recherche en psychologie, à l’exception, notable, de ce qui concerne l’Institut de psychologie lui-même qui a, pourtant, été au cœur de ses préoccupations, sa vie durant.
Références
- Charle (Christophe), Telkès (Eva).– Les professeurs du Collège de France. Dictionnaire biographique, 1901-1939, Paris, Édition du CNRS, 1988.
- Fessard (Alfred).– Henri Piéron, L’Année psychologique, 50, 1949, p. 7-13.
- Fraisse (Paul).– Les dernières années d’Henri Piéron, L’Année psychologique, 65, 1, 1965, p. 1-4.
- Galifret (Yves).– Piéron, instaurateur de la psychologie en France, L’Année psychologique, 89, 1989, p. 199-212.
- Piéron (Henri).– L’Homme, rien que l’homme, de l’anthropogenèse à l’hominisation, introduction d’Yves Galifret, Paris, Presses universitaires de France, 1967.
- Reuchlin (Maurice).– Henri Piéron, Bulletin de psychologie, 37, 18, 1964, p. 7-9.
- Simon (Théodore).– Alfred Binet, L’Année psychologique, 18, 1911, p. 1-14.