Article de revue

Péguy et les hommes de cinquante ans

Pages 151 à 156

Citer cet article


  • Daudin, C.
(2025). Péguy et les hommes de cinquante ans. Bulletin de l’Amitié Charles Péguy, 186(2), 151-156. https://doi.org/10.3917/peguy.186.0151.

  • Daudin, Claire.
« Péguy et les hommes de cinquante ans ». Bulletin de l’Amitié Charles Péguy, 2025/2 n° 186, 2025. p.151-156. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-bulletin-de-lamitie-charles-peguy-2025-2-page-151?lang=fr.

  • DAUDIN, Claire,
2025. Péguy et les hommes de cinquante ans. Bulletin de l’Amitié Charles Péguy, 2025/2 n° 186, p.151-156. DOI : 10.3917/peguy.186.0151. URL : https://shs.cairn.info/revue-bulletin-de-lamitie-charles-peguy-2025-2-page-151?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/peguy.186.0151


Notes

  • [1]
    « À parler franc, ils (les catholiques lyonnais) seront avec toi, mon ami, quand tu ne seras plus avec nous (les juifs). Égoïstement, je souhaite que ce jour n’arrive pas, n’arrive jamais. » Lettre de Jules Isaac à Charles Péguy, 12 juillet 1911, citée dans Géraldi Leroy, « Jules Isaac et Péguy », L’Amitié Charles Péguy n° 86, avril-juin 1999, p. 170.
  • [2]
    Jules Isaac, Expériences de ma vie – Péguy, Calmann-Lévy, 1960.
  • [3]
    « Quand Israël est roi n’a rien d’un roman ; l’œuvre relate et commente, à sa manière, le bref épisode de la République hongroise des Conseils, mené par Bela Kun de mars à août 1919. » in Michel Leymarie, La Preuve par deux, Jérôme et Jean Tharaud, CNRS Éditions, 2014, p. 136. Suit une analyse complète du livre des Tharaud, dont le titre s’explique par l’assimilation faite entre bolchevisme et judaïsme.
  • [4]
    Georges Delahache, « Juifs », CQ III, 5, 1902 ;
    Bernard Lazare, « Les Juifs en Roumanie », CQ III, 8, février 1902 ;
    François Dagen, « Courrier d’Algérie », CQ IV, 13, mars 1903 ;
    Henri Dagan, « Le massacre de Kichinef », CQ V, 1, 1903 ;
    Elie Eberlin, « Juifs russes, le Bund et le sionisme » ;
    Georges Delahache, « Un voyage d’étude », CQ VI, 6, décembre 1904.
  • [5]
    Quinze lettres de Cécile Péguy à la famille Isaac, écrites entre 1924 et 1931, sont conservées à la Bibliothèque Nationale, dans le fonds Jules Isaac, NAF 28655, boîte 14.
  • [6]
    Jules Isaac, Jésus et Israël, Fasquelle, 1959 ; L’Enseignement du mépris, Fasquelle, 1962, rééd. Grasset.

En 1926, lorsque paraît Notre cher Péguy des frères Tharaud, ouvrage qui devait avoir une influence considérable sur la réception de Péguy, ses auteurs ont respectivement cinquante-deux et quarante-neuf ans. Contemporains de Péguy, ils l’ont connu au Collège Sainte-Barbe dans les années de préparation au concours de l’École normale supérieure, participant aux luttes de l’époque et devenant par la suite collaborateurs réguliers des Cahiers de la Quinzaine. Ils ont survécu à la Grande Guerre, et vivront encore un bon quart de siècle. « Péguy, c’est ma jeunesse », peuvent écrire ces quinquagénaires, désormais parvenus à l’aisance et à la renommée, auteurs à succès, journalistes reconnus dans la presse nationaliste et conservatrice, futurs académiciens. C’est avec la souriante indulgence des « hommes faits » qu’ils se penchent sur l’étrange phénomène que fut Charles Péguy, le héros de la « cour rose » du Collège Sainte-Barbe, mort au champ d’honneur le 5 septembre 1914, représentant d’un idéalisme juvénile qu’ils partagèrent, désormais révolu.
Jules Isaac, ami de l’avant-première heure, celle du lycée Lakanal qui précède l’entrée de Péguy à Sainte-Barbe, aborde lui aussi les rivages de la cinquantaine. Plus jeune de cinq années que le futur fondateur des Cahiers de la Quinzaine, Jules Isaac admire son aîné de loin pendant leur année de scolarité commune, en 1892. Il le rejoint au Quartier Latin au moment où ce dernier est le « chef de guerre » de l’École normale supérieure, engagé dans l’affaire Dreyfus et le socialisme…


Date de mise en ligne : 19/08/2025

https://doi.org/10.3917/peguy.186.0151

Cet article est en accès conditionnel