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Compte rendu

Karageorghis Vassos et al., Ancient Cypriote Art in Russian Museums, The State Historical Museum, Moscow, The Pushkin State Museum of Fine Arts, Moscow, The State Hermitage Museum, St. Petersburg, Nicosie, Fondation A. G. Leventis, 2005, 1 vol. 21,5 × 28, XII + 166 p., fig. ds t.

Pages 319d à 438d

Citer cet article


  • Fourrier, S.
(2007). Karageorghis Vassos et al., Ancient Cypriote Art in Russian Museums, The State Historical Museum, Moscow, The Pushkin State Museum of Fine Arts, Moscow, The State Hermitage Museum, St. Petersburg, Nicosie, Fondation A. G. Leventis, 2005, 1 vol. 21,5 × 28, XII + 166 p., fig. ds t. Revue archéologique, 44(2), 319d-438d. https://doi.org/10.3917/arch.072.0319d.

  • Fourrier, Sabine.
« Karageorghis Vassos et al., Ancient Cypriote Art in Russian Museums, The State Historical Museum, Moscow, The Pushkin State Museum of Fine Arts, Moscow, The State Hermitage Museum, St. Petersburg, Nicosie, Fondation A. G. Leventis, 2005, 1 vol. 21,5 × 28, XII + 166 p., fig. ds t. ». Revue archéologique, 2007/2 n° 44, 2007. p.319d-438d. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-archeologique-2007-2-page-319d?lang=fr.

  • FOURRIER, Sabine,
2007. Karageorghis Vassos et al., Ancient Cypriote Art in Russian Museums, The State Historical Museum, Moscow, The Pushkin State Museum of Fine Arts, Moscow, The State Hermitage Museum, St. Petersburg, Nicosie, Fondation A. G. Leventis, 2005, 1 vol. 21,5 × 28, XII + 166 p., fig. ds t. Revue archéologique, 2007/2 n° 44, p.319d-438d. DOI : 10.3917/arch.072.0319d. URL : https://shs.cairn.info/revue-archeologique-2007-2-page-319d?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arch.072.0319d


1 Après celui du Musée archéologique d’Odessa, paru en 2001 et qui les regroupait avec des antiquités grecques, ce catalogue est le second à présenter des œuvres chypriotes conservées dans des musées de l’ex-URSS. Une partie des collections de trois grands musées russes (le Musée d’Histoire et le Musée Pouchkine de Moscou, l’Ermitage à Saint-Pétersbourg) est ici publiée. Comme pour les autres volumes de cette série de catalogues-florilèges, initiée par V. Karageorghis au sein de la Fondation Leventis, l’A. s’est attaché la collaboration de différents spécialistes, notamment russes, pour livrer un bel ouvrage, illustré en couleurs, qui fournit au lecteur, spécialiste ou amateur, tous les instruments pratiques de consultation (tableau chronologique, carte, bibliographie, tables de concordance et index).

2 Dans l’ensemble, les œuvres, inédites ou publiées en russe, sont très mal connues. Que se serait-il passé si Cesnola avait réussi à vendre sa collection à l’Ermitage et non au Metropolitan Museum de New York, et si Johannes Doell, au lieu de John Myres, en avait rédigé le catalogue ? L’anecdote, relatée en introduction (p. VII-VIII) et dans l’historique des collections de l’Ermitage (p. 93-94), laisse deviner un rendez-vous manqué. Relativement nombreuses, surtout pour les périodes allant du Bronze Ancien à la fin de l’époque classique, les antiquités chypriotes conservées dans les musées russes appartiennent, pour l’essentiel, à des séries déjà bien connues, même si certains objets sont rares, voire exceptionnels. Parmi ces derniers, on mentionnera une cruche composite de fabrique White Painted III – V String Hole Style (no SHM 6), un rhyton Base-Ring en forme de chèvre au lieu de l’habituel taureau (no SHM 54), ou encore une tête de divinité thériomorphe en calcaire (no H 45), qui paraît renvoyer à des modèles plus largement orientaux qu’égyptiens, à la différence des rares exemples de ce type attestés dans la collection Cesnola. D’autres objets sont remarquables en raison de leur technique de fabrication (figurine de terre cuite dont tout le torse, et non seulement la tête, est modelé sur tenon, no H 20) ou de leur matériau (sceau cubique en nacre, no H 54, qui n’est probablement pas de production chypriote). Signalons enfin quelques œuvres majeures, qui illustrent des séries par ailleurs bien documentées, comme le relief funéraire no P 50 ou la cruche Bichrome IV à décor figuré (no H 12).

3 Les notices, brèves et claires, ne suscitent que des critiques ponctuelles. Certaines interprétations sont discutables : la tête de terre cuite no SHM 60, loin d’être isolée, est exemplaire des productions de la région de Soloi, connues notamment par les découvertes de Limniti et d’Agia Eirini ; la tête de calcaire no H 44 appartient plus vraisemblablement à un couros qu’à une corè (elle est d’ailleurs rapprochée d’une tête barbue du Louvre, inv. AM 2934, p. 122). La datation proposée pour les deux bustes masculins nos H 14 et H 15 paraît trop haute. Quelques commentaires manquent de cohérence : la tête de terre cuite no SHM 59 est datée de la première moitié du Ve s., ce qui est juste, mais elle est attribuée au « Neo-Cypriote Style » de Gjerstad, qui est plus ancien ; le relief votif no P 55 est daté des IVe-IIIe s., alors qu’il entre dans une série bien documentée pour l’époque romaine, comme l’A. l’indique dans le commentaire (p. 86) ; la tête de calcaire no H 48 est nommée « female votary », mais sa coiffe en fait assurément une représentation divine, peut-être celle de la « Grande Déesse » (p. 125). Pourquoi avoir transcrit en une invraisemblable « semi-koinè » le texte syllabique que porte la plaque no P 56 (= O. Masson, Les inscriptions chypriotes syllabiques2, Paris, 1983, no 338, auquel on se reportera pour avoir une transcription exacte et un commentaire des formes épichoriques) ? Enfin, on ajoutera aux propositions de lecture de l’inscription que porte la petite statuette « chypro-ionienne » de l’Ermitage (no H 36) celle, bien plus convaincante, d’A. Johnston (ZPE, 144, 2003, p. 164-166).

4 Comme pour les autres catalogues de la série, le manque d’indication sûre de provenance ne laisse pas d’être frustrant. Pourtant, quelques informations peuvent être glanées dans les exposés succincts qui ouvrent les présentations de chaque collection. L’essentiel des œuvres chypriotes du Musée d’Histoire de Moscou et une bonne partie de celles du Musée Pouchkine proviennent de la collection du comte Uvarov, qui l’aurait acquise auprès du consul russe à Chypre Ysefovich (p. 3-6 et 55-56). Or ce dernier, contemporain de Cesnola, aurait acheté des objets au consul américain et aurait même fouillé des « tombes non loin du temple [Golgoi-Agios Phôtios] » en 1870. Le relief votif no P 55 fait certainement partie des découvertes de Cesnola à Golgoi, les autres exemples étant, pour l’essentiel, conservés à New York (O. Masson, CCEC, 27, 1997, p. 25-29, pl. VI-X). Cette région de la Mésaoria est, en outre, riche en sites du Bronze Moyen, ce qui expliquerait l’importance des céramiques de cette époque dans la collection Uvarov. Cela justifierait également la prépondérance dans le lot archaïque de figurines de terre cuite de style idalien, dont témoigne en particulier une belle série de danseuses (no SHM 71 et nos P 37-41).

5 Plusieurs objets chypriotes du Musée Pouchkine sont issus de la collection de l’égyptologue Vladimir Golenishchev. Or il est possible, sinon probable, que certains d’entre eux aient été non seulement acquis, mais aussi trouvés en Égypte : ainsi, la cruche Red Lustrous Wheelmade no P 12 ; peut-être la plaquette de calcaire inscrite no P 56, ce qui justifierait l’emploi de l’ethnique (l’hypothèse est déjà présentée par O. Masson, Les inscriptions chypriotes syllabiques2, op. cit., no 338) ; voire la tête de terre cuite no P 19, qui est de style salaminien et non idalien comme indiqué dans la notice (p. 68), et qui pourrait provenir de Naucratis (rappelons que le petit couros d’albâtre dit « Apollon de Naucratis » appartient également à la collection Golenishchev).

6 Le lot le plus intéressant est sans doute celui que le marchand d’éponges Giorgos Koutsourakis disait provenir de « Cnide ou Calymnos » (Musée de l’Ermitage). La série de sculptures « chypro-ioniennes », déjà publiée par A. Hermary (RDAC, 1991, p. 173-177) est ici complétée de figurines de terre cuite de style salaminien, jusqu’alors inédites (no H 24 - H 26). L’ensemble a des parallèles exacts parmi les découvertes de Cnide, et notamment parmi les trouvailles récentes issues des fouilles de D. Berges et N. Tuna à Emecik (Antike Welt, 32, 2001, p. 155-166).

7 Il y a là des pistes de recherche à exploiter. Ce catalogue, en diffusant auprès d’un large public des collections inédites ou peu connues, a le mérite de les suggérer.

8 Sabine Fourrier,

9 Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean-Pouilloux,
7, rue Raulin,
69365 Lyon Cedex 07.


Date de mise en ligne : 27/02/2008

https://doi.org/10.3917/arch.072.0319d