Karageorghis Vassos, avec des contributions de Petre Alexandrescu, Jacqueline Karageorghis, Silvia Marinescu-Bîlcu et Maria Alexandrescu-Vianu, Kypriaka in Romania, Nicosie, A. G. Leventis Foundation, 2006, 1 vol., X + 73 p., fig. ds t.
- Par Sabine Fourrier
Pages 319c à 438c
Citer cet article
- FOURRIER, Sabine,
- Fourrier, Sabine.
- Fourrier, S.
https://doi.org/10.3917/arch.072.0319c
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- Fourrier, S.
- Fourrier, Sabine.
- FOURRIER, Sabine,
https://doi.org/10.3917/arch.072.0319c
1 Un catalogue de plus, fruit de l’activité de Vassos Karageorghis au sein de la Fondation Leventis, recense, sous forme de florilège, les collections d’antiquités chypriotes conservées dans les musées du monde entier – en l’occurrence, en Roumanie. Comme pour les autres volumes de la série, on admire la célérité de la publication – les objets ont été étudiés en mars 2006 à Bucarest (p. VIII), l’ouvrage a paru au cours de l’été suivant – et sa qualité formelle : tous les instruments pratiques (tableau chronologique, bibliographie, table de concordance, index) sont à la disposition du lecteur ; chaque numéro de catalogue est illustré en couleurs. Les photographies, à l’exception de celles, floues, des deux objets de Timisoara (nos 35-36), sont excellentes, même si le choix d’un fond bicolore sur lequel paraissent flotter les sculptures détourées (nos 26 et 28-34) est déconcertant. Les notices, courtes, vont à l’essentiel. Les askoi zoomorphes du Chypriote Moyen III / Chypriote Récent I sont les seuls à susciter un développement (p. 7-8) : c’est la seule série remarquable du lot.
2 Les collections chypriotes, conservées à l’Institut d’archéologie de l’Académie roumaine (Bucarest) et au Musée Banat (Timisoara), sont pauvres. Elles sont dépourvues de contexte : les huit objets de Timisoara (deux sont publiés dans ce volume) sont issus de la collection Cesnola ; ceux de Bucarest, qui, à l’exception du rhyton no 25, avaient d’ailleurs déjà été publiés, parfois avec des identifications erronées, de celle d’un notable roumain, Mihail C. Soutzou. La longue hagiographie qui est consacrée à ce dernier (M. A.-V., p. 1-5) n’offre aucun renseignement plus précis. Il n’existe, de fait, aucun lien dans l’histoire, antique ou moderne, des deux pays, susceptible d’expliquer la présence d’objets chypriotes dans les musées roumains. Pour combler l’indigence du corpus (36 numéros de catalogue), quatre chapitres se répondant deux par deux traitent de deux points communs de l’histoire ancienne de Chypre et de la Roumanie : les représentations d’une déesse de la fécondité ( « Magna Mater » ) au Chalcolithique ; les sacrifices de chevaux dans certaines tombes de l’Âge du Fer. Vague coïncidence, donc, que souligne J. K. dans sa synthèse bien documentée sur « Chypre aux temps néolithiques et chalcolithiques » (p. 31-44), tandis que S. M.-B. s’emploie à démontrer qu’il n’y a pas de culte de la « Magna Mater » en Roumanie (p. 45-49). Vague ressemblance, sans portée historique, ainsi que l’indique V. K. en esquissant, comme il en a coutume, avec son parcours personnel l’historiographie des recherches sur les inhumations de chevaux dans les tombes « royales » chypriotes (p. 51-53), tandis que P. A. reste attaché à la thèse du « rituel homérique » (p. 54-60).
3 Rien de neuf, donc, dans ce volume dont la raison d’être est peut-être moins scientifique que politique : il ouvre la voie à de nouvelles relations culturelles au sein de l’Union européenne entre deux nouveaux membres, Chypre et la Roumanie qui, depuis la parution du volume, a vu sa candidature acceptée.
4 Sabine Fourrier,
5 HiSoMA-UMR 5189,
Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean-Pouilloux,
7, rue Raulin,
69365 Lyon Cedex 07.