Une tête d'héraclès en terre cuite à Huelva
Pages 269 à 292
Citer cet article
- TRUSZKOWSKI, Élisabeth,
- Truszkowski, Élisabeth.
- Truszkowski, É.
https://doi.org/10.3917/arch.072.0269
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- Truszkowski, É.
- Truszkowski, Élisabeth.
- TRUSZKOWSKI, Élisabeth,
https://doi.org/10.3917/arch.072.0269
Notes
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[1]
Huelva est habitée dès le milieu du VIIIe s. par des populations phéniciennes, tandis que les communautés indigènes sont installées en retrait du littoral : M. Pellicer Catalán, Huelva tartesia y fenicia, RSFen., 24, 2, 1996, p. 119-236.
-
[2]
Garrido, Orta, 1966, p. 255-258 ; J. P. Garrido, E. M. Orta, Huelva, prehistoria y antigüedad, Madrid, 1975, p. 205-206.
-
[3]
Ces détails ne sont pas nettement visibles sur les photographies dont nous disposons.
-
[4]
Strabon, Géogr., III,5,3 et 5 ; Pomponius Mela, Chor., III,6,46-48 ; A. Schulten, Fontes Hispaniae Antiquae, Barcelone, 1925, p. 82, 281. Strabon rapporte la tradition orale transmise par Poséidonios sur la fondation de Cadix et les voyages qui avaient mené les marins « à une île consacrée à Héraclès, près d’Onoba, cité d’Ibérie située à 1 500 stades de l’autre côté du détroit ».
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[5]
Garrido, Orta, 1966, p. 206 ; Bazzana, Cressier, 1989, p. 31 : « Les seules indications d’une occupation de l’île à l’époque antique proviennent du toponyme qui, repris à l’époque arabe sous la graphie Shaltish, correspondrait au latin “Saltus” ».
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[6]
« Il y avait dans cette île des lieux de culte datant de l’Antiquité (...). L’on y trouve des puits d’eau douce, que l’île possède, un port bien abrité qui en fait un point d’escale très fréquenté des navigateurs » : E. Lévi-Provençal, La péninsule Ibérique au Moyen Âge d’après le « Kitab ar-raw§ al-mi‘.tar fi µabar al-ak¡ar » d’Ibn ‘Abd al-mun ‘im al-Himyari (texte arabe des notices relatives à l’Espagne, au Portugal et au Sud-Ouest de la France), Leyde, 1936, p. 135-136 (texte des XIIIe-XIVe s.).
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[7]
L’habitat islamique de Saltish est bien superposé à des structures plus anciennes de « moellons romains de grand appareil régulier dans un bâtiment médiéval ». Ils constatent « la présence, au Sud-Ouest de la forteresse, de bassins de salaison antiques » : Bazzana, Cressier, 1989, p. 31 ; A. Bazzana, J. Bedia, Saltés y el suroeste peninsular, dans J. Campos et al. éd., Arqueología en el entorno del Bajo Guadiana, Huelva, 1994, p. 619-644.
-
[8]
Jiménez Ávila, 2002, chap. 10, pl. LIV, LVI-LVIII (datation aux VIIIe-VIIe s.). Certains bronzes de Sancti Petri sont des figurines de grande taille, de 26 à 30 cm.
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[9]
A. García y Bellido, Hercules Gaditanus, AEspA, 36, 1963, p. 70-81, avait montré que le sanctuaire de Gadès se trouvait sur l’îlot de Sancti Petri, alors que les archéologues allemands le situaient sur la terre ferme de San Fernando. Les travaux géophysiques entrepris ces dernières années ont permis de reconnaître le paysage insulaire décrit par Pline (Hist. nat., IV,119-120), et les fouilles de R. Corzo sur l’îlot de Sancti Petri ont pu y montrer l’existence de travaux de terrassement du VIIe siècle, mais aucune des structures d’un édifice qui, selon toute vraisemblance, seraient maintenant sous l’eau : Corzo, 1988-1989. Des fouilles sous-marines récentes ont commencé à les mettre en évidence, et l’on y a trouvé un autre bronze similaire aux premiers : Sáez Romero, Montero Fernández, Díaz Rodríguez, 2005.
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[10]
À l’Est de l’île de Saltés. Carte du lieu de trouvaille des bronzes dans I. Gamer-Wallert, Zwei Statuetten syro-ägyptischer Gottheiten, Mad. Mitt., 23, 1982, p. 47, fig. 1.
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[11]
Bonnet, 1988, p. 216, 229, n. 154, aussi bien pour Cadix : « La tête héracléenne archaïque de l’île de Saltés au Sud de Séville ne se rattache pas plus à un sanctuaire précis » [que les bronzes trouvés à Sancti Petri ne se rattachent à un sanctuaire gaditan dédié à Héraclès...].
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[12]
Belén, 2000, p. 63-64 ; Corzo, 1988-1989, p. 81.
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[13]
Voir n. 7. J. Gavala, La geología de la costa y Bahia de Cádiz y el poema « Ora Maritima » de Avieno, Madrid, Instituto geológico y Minero de España, 1959 (fac-similé 1992).
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[14]
Belén, 2000, p. 69-70. Deux espaces cultuels, dédiés l’un à Baal Saphon à Cora del Río et l’autre à Astarté à El Carambolo près de Séville.
-
[15]
J. Alvar, Dynamique de la colonisation phénicienne et acculturation religieuse à Tartessos, dans F. Labrique éd., Religions méditerranéennes et orientales de l’Antiquité, Actes du Colloque de l’Université de Besançon, 1999, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité (UMR 6048), Bibliothèque d’étude, 135, Le Caire, IFAO, 2002, p. 13 : « ... la sacralisation de l’espace économique est due à l’activité plus ou moins spontanée des marins. Ceux-ci soumettent l’espace barbare à l’imaginaire civilisé grâce à leurs cultes. Les dieux placés dans des endroits singuliers permettent de reconnaître les bornes routières, mais en même temps ces enclos sacrés signalent le point de départ des nouvelles activités économiques qui favorisent les intérêts des dominants. Le contrôle du paysage côtier est donc le point de rencontre d’une schématique et arbitraire division de la religion phénicienne qui, en réalité, agit comme une unité de culture ».
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[16]
« La route des sanctuaires », selon l’expression de Belén, 2000, p. 67-72. Sur le continent en face de l’île de Saltés, en milieu indigène, on commence à entrevoir « des aires sacrées et des édifices de culte reflétant le contexte cosmopolite des emporia méditerranéens » : Marín Ceballos, Belén, 2005, p. 451.
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[17]
Belén, 2000, p. 76.
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[18]
J. Fernández Jurado, La metalurgia de la plata en época tartésica en Huelva, Pyrenae, 21, 1985, p. 23-44.
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[19]
Bronze sans provenance précise autre que la région de Séville : Fernández Gómez, 1983, p. 375, pl. 1 (Musée archéologique provincial de Séville, inv. no R.O.D. 030 ; H. 14,3 cm).
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[20]
Bronzes de styles très différents : F. Fernández Gómez, Pequeños bronces orientalizantes e iberoturdetanos del Bajo Guadalquivir, dans I Congreso Nacional Cuenca minera Río Tinto, Río Tinto, 1988, p. 63-86.
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[21]
Garrido, Ortega, 1991, p. 66, fig. 8 (début du VIe s.). L’une d’elles fut exhumée dans une pièce qui pourrait être interprétée comme un espace cultuel situé dans l’habitat, l’autre appartient à la collection Pérez Núñez.
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[22]
Marín Ceballos, Belén, 2005, p. 441-465 ; A. Saéz Romero, J. J. Díaz Rodríguez, A. Saéz Espligares, Nuevas aportaciones a la definición del Círculo del Estrecho : la cultura material a través de algunos centros alfareros (ss. VI-I a. n. e.), Gerión, 22/1, 2004, p. 35-69, spéc. 34-41.
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[23]
W. Culican, Phoenician Remains from Gibraltar, AJBA, 1, no 5, 1972, p. 110-145.
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[24]
Masque en terre cuite de Morro de Mezquitilla (Málaga), qui est bien daté puisque trouvé en fouille dans un niveau du VIIIe s. : H. Schubart, Morro de Mezquitilla / Vélez, Noticiario Arqueológico Hispánico, 19, 1984, p. 85-101, pl. III a (H. 8,4 cm). Morro de Mezquitilla est l’une des plus anciennes installations sur la côte Sud de l’Espagne. Sur l’usage des moules dans les ateliers phéniciens : Truszkowski, 2006, p. 39.
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[25]
Thymiatèrion en terre cuite, H. 64 cm : C. Blanco, Nuevas piezas fenicias del Museo Arqueológico de Cádiz, AEspA, 43, 1970, p. 50-61, fig. 1.
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[26]
Bernal Casasola et al., 2005. Ces masques sont fabriqués d’après des masques puniques importés de Carthage et de Méditerranée centrale.
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[27]
Dimensions : L. 8,5 cm, larg. 4,7 cm, épaisseur 3,7 cm. Bernal Casasola et al., 2005, p. 71-73, fig. 4-5. Les mains étaient fabriquées en série puis fixées aux statuettes, qui étaient réalisées avec un ou plusieurs autres moules.
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[28]
Un autre bronze y a été trouvé avec de la céramique des VIIIe-VIIe s. : Sáez Romero, Montero Fernández, Díaz Rodríguez, 2005, p. 876-877, fig. 5, 6.
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[29]
Bronze orientalisant monumental trouvé en Estrémadure, la région la plus septentrionale de Tartessos : M. L. de La Bandera, E. Ferrer Albelda, El timiaterio orientalizante de Villagarcía de la Torre (Badajoz), AEspA, 67, 1994, p. 40-58J ; Jiménez Ávila, 2002, p. 191, 194-195 et 338, fig. 240. H. du thymiatèrion : 60 cm ; H. des figurines : 16 cm. Je remercie Javier Jiménez Ávila (CSIC-Mérida) d’avoir aimablement mis cette photographie à ma disposition.
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[30]
Sur ce travail de finition : Rolley, 1983, p. 19.
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[31]
Fernández Gómez, 1988, p. 63-86, pl. 1, fig. 1, 2. H. 2,7 cm. Museo Minero de Río Tinto, inv. 1986-178 ; 1986-179.
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[32]
Jiménez Ávila, 2002, p. 391, no 23, p. 445, pl. XVII ; p. 393, no 34-39, p. 450, pl. XXII. Les têtes sont pourvues d’un trou pour être accrochées sur le bord des braseros.
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[33]
Le brûle-parfum de Villagarcía de la Torre (Badajoz) a été fondu en huit pièces et celui de La Joya (Huelva) en onze pièces : Jiménez Ávila, 2002, pl. XXXIV, p. 196, fig. 148, et p. 199.
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[34]
C. M. Stibbe, Attacking Lions, Archaic Bronze Hydriae with an Attacking Lion at the Vertical Handle, Ba. Besch., 80, 2005, p. 21-30, spéc. 24, fig. 3.
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[35]
Il n’est donc pas nécessaire d’envisager la présence d’un artisan grec à la fin du VIe s. pour expliquer la fabrication de l’oœnochoè de Valdegamas : Jiménez Ávila, 2002, p. 104. Œnochoè dont le bord est décoré d’une tête féminine entre deux lions couchés, rappelant le décor d’anse de l’hydrie de l’hérôon de Paestum, vers 530-520 : Rolley, 1983, p. 137, no 127.
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[36]
Ces importations étrusques sont dues au « commerce indirect » des Phéniciens dans le Sud péninsulaire : P. Rouillard, Les Grecs et la péninsule Ibérique du VIIIe siècle au IVe siècle avant J.-C., Paris, 1991, p. 99, 144-145, 221.
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[37]
M. Blech, Tartessos, Hispania Antiqua, 2001, p. 318, fig. 134. Premier quart du VIe s.
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[38]
Anse d’un vase en bronze, vers 500 : A. Blanco, Ein figürlich verzierter bronzener Œnochoenhenkel aus Málaga, Mad. Mitt., 6, 1965, p. 84-90 ; Riis, 1998, p. 26, fig. 17.
-
[39]
Anse de l’oœnochoè de Barcelone, avec décor d’Héraclès à la léontè en demi-ronde bosse : J. M. Gran-Aymerich, Deux exemples de composition narrative d’époque archaïque en Etrurie, dans R. Bloch, Recherches sur les religions de l’Antiquité classique, Paris, 1980, p. 418-419. Milieu du VIe s. ; vase acquis sur le marché de l’art.
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[40]
Sur un kyathos de Chiusi, les têtes plastiques masculines sont placées de part et d’autre de l’anse : G. Valentini, Il motivo de la Potnia thérôn sui vasi di bucchero, St. Etr., 37, 1969, p. 431, no 78, pl. CIX d, Chiusi, inv. 1392 ; L. Donati, Vasi di bucchero decorati con teste umane, St. Etr., 35, 1967, p. 619-632, XIII, g, e.
-
[41]
J. Fernández Jurado, J. Fernández Jurado, Las cerámicas etruscas de Huelva, dans J. Remesal, O. Musso éd., La presencia de material etrusco en la península Ibérica, Barcelone, 1991, p. 413-438.
-
[42]
A. Testa, Candelabri e thymiateria, Rome, 1989, p. 14-17.
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[43]
J. A. Pachon, J. Carrasco, C. Annibal, Decoración figurada y cerámicas orientalizantes. Estado de la cuestion a la luz de los nuevos hallazgos, Cuad. Preh. Gran., 14-15, 1989-1990, p. 229, fig. 6, H 1.
-
[44]
Bronze d’Alep : D. Harden, The Phoenicians, Londres, 1962, no 84-85 (VIIe s.) ; E. Hill Richardson, The Recurrent Geometric in the Sculpture of Central Italy, and its Bearing on the Problem of the Origin of the Etruscans, MAAR, 27, 1962, pl. XV, fig. 56-58 ; Truszkowski, 2006, p. 67, pl. 69.
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[45]
Bronze de l’une des premières séries de Santa Elena (Jaén), un sanctuaire où furent offerts de nombreux bronzes : Lantier, 1935, pl. XVI, fig. 10 (MAN AO 458) ; Truszkowski, 2006, p. 186, pl. 69.
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[46]
Le calcaire est d’un autre grain et d’une autre couleur qu’au Cerro, et peut-être est-ce un objet apporté par un sculpteur de la région orétane, dont les traits servirent ensuite de modèle à l’une des premières séries du Cerro de los Santos, notre groupe A : Truszkowski, 2006, p. 179-185, no 193-A1, pl. 68. Ce qui distingue le groupe de têtes A de la tête de Saltés est le travail plus vertical du menton, mais la hauteur en est identique, le traitement de la bouche aussi, et celui du nez, étroit et rectiligne.
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[47]
Satyre du Llano de la Consolación (Albacete) : F. Croissant, P. Rouillard, Le problème de l’art archaïque « gréco-ibère » : état de la question, dans P. Rouillard, R. Olmos éd., Formes archaïques et arts ibériques, Madrid, 1996, p. 57, fig. 2 (vers 550) ; M. Herfort-Koch, Archaische Bronzeplastik Lakoniens (Boreas, 4), Munster, 1986, K153, p. 61, 69, 121. Pour les parallèles étrusques d’après des modèles laconiens, un satyre en décor des brûle-parfums de Mayence et un démon ailé sur pied de ciste de Copenhague : Riis, 1998, p. 42-45, fig. 36 b et 37 ; p. 58, fig. 55.
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[48]
Le personnage couché sur un couvercle de ciste est de la fin de l’archaïsme. Il a été trouvé dans un sanctuaire indigène près de Sanlúcar de Barrameda (Cadix), à l’embouchure du Guadalquivir : A. Álvarez Rojas, Fichas de arqueología gaditana, Cadix, 1995, p. 24-25 ; Riis, 1998, p. 60, fig. 57, apparenté au silène couché d’un tripode étrusque, p. 58, fig. 55. Le silène couché en appui sur un bras fut largement diffusé en Méditerranée après 550 : F. Jürgeit, Cistenfüsse, Le ciste Prenestine II, 1, Rome, 1986, p. 156, fig. 53 (silène couché de Tell Sukas au musée de Damas).
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[49]
Les figures du thymiatèrion de la tombe de Robarina (Cástulo) représentent des Astarté : J. M. Blázquez, Tartessos y los orígenes de la colonización fenicia en Occidente, Salamanque, 1975 (2e éd.), p. 264, fig. 10.
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[50]
Les exemples en sont multiples : Truszkowski, 2006, p. 209, 220, 271-272.
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[51]
Cet élément n’est pas bien visible sur le cliché.
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[52]
Brasero aux lotus de la tombe 17 de La Joya (musée archéologique de Huelva) ; J. P. Garrido, Mundo indígena y orientalizante en la región del Tinto-Odiel, AEspA, 52, 1979, p. 39-44, fig. 2.
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[53]
Par ex. chez Lydos et Exékias : J. D. Beazley, Groups of Mid-Six-Century Black-Figure, ABSA, 32, 1934, p. 18, pl. 10 (amphore du Cabinet des Médailles, BNF, no 206) ; M. Boss, Nachrichten aus dem Martin-von-Wagner-Museum Würzburg, AA, 1992, p. 533-537, fig. 54 (vase de la collection Cahn, détail du profil du palefrenier).
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[54]
Importations attiques à Huelva entre 580 et 540-530 : P. Cabrera, R. Olmos, Die Griechen in Huelva, Zum Stand der Diskussion, Mad. Mitt., 26, 1985, p. 61-74. Y sont représentés le Peintre des Comastes, le Peintre KY et Clitias : Cabrera, Olmos, 1980, p. 5-14 ; Garrido, Ortega, 1991, p. 56, 63, fig. 1.
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[55]
Voir n. 3.
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[56]
Cabrera, Olmos, 1980, p. 68-69 et 71, n. 38, fig. 10. Trois calices de Chios à engobe blanc ont été trouvés dans l’habitat de Huelva : Olmos, 1982, p. 398. C’est aussi dans cette phase d’importation de céramiques de la Grèce de l’Est que les premières amphores de transport chiotes arrivent à Huelva, avec d’autres amphores ioniennes.
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[57]
Tesson trouvé dans l’effondrement d’une partie du versant Nord de Carmona et dans un matériel de remblai datable à partir du VIIe s. : M. Belén, A. R. Bobillo, J. M. Román, Imaginería orientalizante en cerámica de Carmona (Sevilla), Huelva Arqueológica, 20, 2004, p. 154-155, fig. 5, et p. 162-163, fig. 8 (H. du visage : 6 cm). Ce visage est l’unique document connu de céramique à décor d’un visage peint de la région du Bas Guadalquivir. Je remercie María Belén (Université de Séville) d’avoir mis aimablement cette photographie à ma disposition.
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[58]
Qui n’a d’ailleurs, comme on le verra plus loin, rien de comparable au profil de la tête de Saltés.
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[59]
J. Boardman, Early Greek Vase Painting, Londres, 1998, p. 161, fig. 318.
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[60]
J. Boardman, J. Hayes, Excavations at Tocra 1963-1965, The Archaic Deposit I, Oxford, 1966, p. 58, pl. 40, no 774 (vers 600).
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[61]
Vraisemblablement une figure féminine représentée en pied : J. Boardman, Excavations in Chios, 1952-1955, Greek Emporio, Oxford, 1967, p. 158, no 735 (premier quart du VIe s.).
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[62]
Le héros y apparaît dans une représentation différente de celle des vases attiques contemporains. Héraclès porte la léontè nouée autour du cou, de telle sorte que la tête et les pattes avant de l’animal pendent devant sa tunique : Calice de Chios. Athènes Musée national no 15160, 575-550 av. J.-C. ; LIMC, IV, s.v. Héraclès, p. 736, no 57 (S. Woodford) ; E. R. Price, Pottery of Naucratis, JHS, 44, 1924, p. 180-222, pl. VI, no 19 (premier quart du VIe s.).
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[63]
M. Belén, loc. cit., n. 57, p. 163, a pensé à la représentation d’une barbe.
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[64]
Des céramiques de cette provenance sont attestées à Huelva entre 590 et 560, comme une coupe à engobe blanc et peinture marron rouge clair, à décor de bandes et rosettes avec un croisillon, de Chios, du début du VIe s. : Garrido, Ortega, 1991, fig. 4 ; P. Cabrera, La cerámica griega arcaica, Calle del Puerto 10, dans J. P. Garrido, E. M. Orta, El habitat antiguo de Huelva (periodo orientalizante y arcaico), La primera excavación arqueológica en la Calle del Puerto, Madrid, 1994, p. 243-253, spéc. 250, fig. 4, no 4.
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[65]
Trente-cinq vases de différentes provenances, de Corinthe, d’Attique et de Grèce de l’Est, importés entre 590 et 560, ont été découverts dans cet unique espace de la Calle del Puerto (Huelva) : Olmos, 1982, p. 400-403.
-
[66]
A Huelva dans un habitat (Calle del Puerto), et dans la nécropole orientalisante de Medellín (Estrémadure), deux plats témoignent des emprunts au décor animalier de la céramique corinthienne du dernier quart du VIIe s. Bien qu’aucun vase à décor de chouette n’ait été trouvé dans le Sud péninsulaire, le principe du décor animalier incisé dans la pâte y fait référence. Sur le plat de Medellín, les deux chouettes sont accompagnées d’une inscription en écriture paléo-hispanique, dite encore « tartessienne », qui permet de dater le plat autour de 600 av. J.-C. : M. Almagro-Gorbea, Inscripciones y grafitos tartésicos de la necrópolis orientalizante de Medellín, Palaeohispanica, 4, 2004, p. 13-44, dont p. 34, fig. 4, p. 36, fig. 3. Quant à la chouette aux oreilles dressées qui est incisée sur le plat de Huelva, elle n’est pas empruntée au répertoire animalier du corinthien, mais à celui de la céramique de Chios du premier quart du VIe s. : A. A. Lemos, Archaic Pottery of Chios, the Decorated Styles, Oxford, 1991, fig. 59, no 711.
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[67]
C. M. Stibbe, The Goddess at the Handle, A Survey of Laconian Bronze Hydriae, Ba. Besch., 79, 2004, p. 8-15 (vers 600). Les premières importations de céramiques laconiennes à Huelva remontent à 580, voir n. 56.
-
[68]
Comme sur les têtes d’Astarté du brasero de La Joya (Huelva) (fig. 16).
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[69]
G. Herrmann, Ivories from Nimrud IV, Ivories from Room SW 37 Fort Shalmaneser, Londres, 1986, no 882, p. 183, pl. 229. Continuité stylistique sur les masques en terre cuite de Palestine et Canaan jusqu’au VIe s. : A. Nunn, Der figürliche Motivschatz Phöniziens, Syriens und Transjordaniens vom 6. bis zum 4. Jhdt v. Chr. (OBO, 18), Fribourg, 2000, p. 59, pl. 27, no 86, et celui du Cerro del Villar (Málaga) : J. Padró y Parcerisa, Egyptian-type Documents from the Mediterranean Littoral of the Iberian Península before the Roman Conquest, III, Andalusia, EPRO, 65/3, Leyde, 1985, p. 127, no 30 . 02, pl. CXLIII.
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[70]
Sur le cliché de face (fig. 2), le menton paraît être plus court qu’il ne l’est en réalité, la tête n’ayant pas été posée verticalement pour en faire la photo.
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[71]
Ce caractère a été commenté par F. Croissant, Note sur le style des sculptures de Porcuna, dans Los Iberos, Príncipes de Occidente, Actas del Congreso Internacional, Barcelone, 1998, p. 283-286. Nous avons pu en observer la continuité dans la première période de la sculpture votive du Cerro de los Santos, de caractère orientalisant, entre la fin du Ve s. et le milieu du IVe s., pour la série de têtes consécutives à A1, toutes en forme de cube : Truszkowski, 2006, p. 185-189, pl. 74, no 194-A2 à no 197-A5.
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[72]
González Navarrete, 1987, no 1, p. 29 ; I. Negueruela, Los monumentos escultóricos del Cerrillo Blanco de Porcuna (Jaén), Madrid, 1990, p. 395, pl. V A-B.
-
[73]
La sculpture trouvée dans une carrière à El Ferriol (Elche) possède un casque qui est une citation de la formulation de Porcuna. Son bord vertical longe si étroitement le visage que le sculpteur a tout de même tracé un trait incisé pour dissocier les deux surfaces : C. Gagnaison, Ch. Montenat, J. Moratalla, P. Rouillard, E. Truszkowski, Une ébauche de sculpture ibérique dans les carrières de la Dame d’Elche : le buste d’El Ferriol (Elche, Alicante), Mél. Casa Velazquez, 36, 2006/1, p. 158, fig. 3.
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[74]
Cavalier de bronze de Collado de los Jardines (Jaén) : F. Álvarez Ossorio, Catálogo de los exvotos de bronce ibéricos del Museo Arqueológico Nacional, Madrid, 1941, pl. LXXVII, no 593 ; Truszkowski, 2006, p. 195, pl. 81.
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[75]
R. Ramos, Nuevos hallazgos de La Alcudia de Elche, AEspA, 62, 1989, p. 236-240, fig. 5.
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[76]
Marín Ceballos, Belén, 2005, p. 458-459. On a souvent utilisé l’argument selon lequel les Barcides auraient joué un rôle majeur dans des phénomènes de résurgence et récurrence des styles orientalisants dans l’art ibérique, mais nous devons admettre qu’il ne résiste guère à l’évidence d’autres modes de transmission d’un matériau à l’autre, d’un atelier à un autre, depuis au moins le VIe s.
-
[77]
E. Kukahn, Zur Frühphase der iberischen Bronzen, Mad. Mitt., 8, 1967, p. 159-171, pl. 30, l’a daté vers 450 et considéré comme postérieur au style sévère, sur la base exclusive de la coiffure. Or le modelé animé du visage est bien différent des visages archaïques, dont le caractère principal est une absence totale de modelé.
-
[78]
Truszkowski, 2006, p. 219, 225, pl. 93. Premier ensemble du groupe D.
-
[79]
Tête votive en terre cuite de Puntal dels Lops : H. Bonnet, C. Mata, P. Guérin, Cabezas votivas y lugares de culto edetanos, Verdolay, 2, 1990, p. 185-199, pl. 1, no 27.
-
[80]
Truszkowski, 2006, p. 205-207, pl. 86, no 220-B12.
-
[81]
Une colonne est figurée à droite du panneau. Devant elle, un personnage fait une libation : J. Gran-Aymerich, Malaga phénicienne et punique, Recherches franco-espagnoles, 1981-1988, Paris, 1991, p. 131-132, pl. IV et dessin p. 248-249 ; J. Gran-Aymerich, La scène figurée sur l’ivoire de Malaga et l’imagerie phénicienne, dans Hommage à M. Sznycer, Semitica, 31, 1990, vol. I, p. 145-153. Motif diffusé aussi dans l’Egée, comme le montre une figure de terre cuite trouvée à Egine : F. Croissant, Les débuts de la plastique argienne, Polydipsion Argos, BCH, Suppl. 22, 1992, p. 82, pl. 32, fig. 52 (700-660 av. J.-C.).
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[82]
Trouvée dans un petit sanctuaire et conservée au Musée archéologique de Cordoue (H. 10 cm) : B. Cunliffe, M. C. Fernández Castro, Torreparedones and its Hinterland, Oxford, 1999, pl. XLII. Une inscription à Dea Caelestis fut, à notre avis, ajoutée plus tard sur le front de l’objet, lors de l’arrivée de Puniques romanisés en Bétique. La littérature espagnole, qui est prolifique à ce sujet, n’envisage la question que sous l’angle religieux : Marín Ceballos, 1990, p. 218, fig. 1. Sur la structure et le caractère encore orientalisant de cette tête au IIIe s. dans la région du Haut Guadalquivir (Orétanie) : E. Truszkowski, La tête sculptée de Torreparedones (Baena, Córdoba), dans Homenaje a Michael Blech, Madrid, 2007 (sous presse).
-
[83]
Telle la figurine en bronze de la Quéjola (Albacete), qui soutenait la cassolette d’un brûle-parfum : Jiménez Ávila, 2002, p. 209-211, 370-372, fig. 3-4 (VIe s.). Alors que la forme et le modelé du visage montrent l’incidence de modèles grecs du haut archaïsme, les yeux présentent encore l’instabilité du style orientalisant.
-
[84]
Où chaque œil, à la manière des tridacnes, avait une forme et une inclinaison différentes : U. Gehrig, H. G. Niemeyer, Die Phönizier im Zeitalter Homers, cat. expo. du Musée Kestner-Hannover, Mayence, 1990, no 36, p. 127-128.
-
[85]
Voir n. 19.
-
[86]
Notamment la bouche avancée du même type que sur le masque de Morro de Mezquitilla (Malaga), voir n. 24, ainsi que la forme des oreilles, droites sur le haut de la tête, comme celles des démons orientaux : W. Culican, Phoenician demons, JNES, 35, 1976, p. 21-24. Maintien des traits anciens vers 500, que confirme l’iconographie d’une tête de démon en ivoire trouvée dans une fosse romaine de Carthage : M. Vegas, Cartago fenicio-púnica, Las excavaciones alemanas en Cartago 1975-1997, Cuad. Arq. Med., 4, 1998, p. 92-93, fig. 23, et p. 109, fig. 1-2.
-
[87]
Voir n. 38. Riis, 1998, p. 121, la date du milieu du VIe s.
-
[88]
Groupe B des anses anthropomorphes, de type laconien, notamment l’anse de Londres, cat. no 8, fig. 22, vers 550 : C. M. Stibbe, The Sons of Hephaistos, Aspects of the Archaic Greek Bronze Industry, Rome, 2000, p. 34-36.
-
[89]
V. A. Hibbs éd., Iberian Antiquities from the Collection of L. Levy and S. White, Exhibition in the Spanish Institute, New York, 1993, no 27 (H. 8 cm ; début du Ve s.).
-
[90]
González Navarrete, 1987, p. 29, no 1.
-
[91]
M. Almagro Gorbea, Pozo Moro, El monumento orientalizante, su contexto cultural y sus paralelos en la arquitectura funeraria ibérica, Mad. Mitt., 24, 1983, p. 177, 185, fig. 15 a-b. Notons que Pozo Moro est situé non loin du Cerro de los Santos.
-
[92]
Attache d’une hydrie picénienne traitée comme un relief, de Sirolo (Ancône) : C. M. Stibbe, Archaic Bronze Hydriai, Ba. Besch., 67, 1992, p. 1-62, spéc. 30-32, fig. 41, G 13 ; M. Maass, Typus und Ausführung von Bronzearbeiten an Beispielen aus den Antikensammlungen in München, Ant. Kunst, 26/1, 1983, p. 3-15, spéc. 11-13, pl. 5, 4.
-
[93]
M. Almagro Basch, Los orígenes de la toréutica ibérica, TP, 36, 1979, p. 181, 205, pl. VII, no 3 ; O. Jaeggi, Die iberischen Bronzen von Maquíz, Mad. Mitt., 45, 2004, p. 321-350, pl. 13-16 (fin du VIe s.).
-
[94]
Le chien de Huelma (Jodar, Jaén) : M. Molinos Molinos, T. Chapa, A. Ruiz Rodríguez, J. Pereira Sieso, El santuario heroico de « El Pajarillo » de Huelma (Jaén), Mad. Mitt., 40, 1999, p. 115-124, pl. 29 a.
-
[95]
O. Jaeggi, loc. cit. n. 93, pl. 13 a-d.
-
[96]
C. M. Stibbe, Ba. Besch., 80, 2005, p. 28, fig. 13.
-
[97]
La crise de la métallurgie tartessienne coïncide avec la fin du commerce grec dans le Sud, conséquence du différend entre les Grecs et Carthage, alliée aux Etrusques. A partir de 530, le commerce s’occidentalise : P. Cabrera, La presencia griega en Andalucía (siglos VI al IV a.C.), dans La Andalucía ibéro-turdetana (siglos VI-IV a.C.), Huelva Arqueológica, 14, 1994, p. 370-372.
-
[98]
Voir n. 37.
-
[99]
Dans tout Tartessos, la côte et l’intérieur du pays, l’effondrement de l’économie entraîne une modification importante du peuplement : J. L. Escacena Carrasco, De la muerte de Tartessos, Evidencias en el registro poblacional, SPAL, 2, 1993, p. 183-218.
-
[100]
Jiménez Ávila, 2002, p. 211 (vers 550).
-
[101]
Région limitrophe entre le Haut Guadalquivir et le Sud-Est, où se trouve le sanctuaire du Cerro de los Santos.
-
[102]
O. Arteaga, Socioeconomia y sociopolitica del iberismo en la Alta Andalucía, dans La Andalucía ibéro-turdetana (siglos VI-IV), Huelva Arqueológica, 14, 1994, p. 121.
-
[103]
Bonnet, 1988, p. 494. Héraclès, héros colonisateur : G. Piccaluga, Herakles, Melqart, Hercules e la penisola Iberica, dans Minutal, Saggi di Storia delle religioni, 63, Rome, 1974, p. 111-132.
-
[104]
Silius Italicus, Punica, III, 30. A. García y Bellido, AEspA, 36, 1963, p. 111-112.
-
[105]
A. García y Bellido, loc. cit., n. 104., fig. 21.
-
[106]
C. Jourdain-Annequin, Melqart à Amrith, Recherches iconographiques, Paris, 1992, p. 49, pl. 1, 1. Type du jeune homme au lion de Kition-Bamboula, dans la version du « Smiting God », qui sera largement diffusée à Amrith et perdurera jusqu’au début de l’époque hellénistique : V. Karageorghis, Greek Gods and Heroes in Cyprus, dans O. Palagia éd., Greek Offerings, Essays in Honour of John Boardman, Oxford, 1997, p. 223.
-
[107]
M. Yon, Héraclès à Chypre, dans C. Bonnet, C. Jourdain-Annequin éd., Héraclès d’une rive à l’autre de la Méditerranée, Bilan et perspectives, Bruxelles-Rome, 1992, p. 151, fig. 3 a.
-
[108]
C. Jourdain-Annequin, Héraclès en Occident, dans C. Bonnet, C. Jourdain-Annequin éd., Héraclès, op. cit. n. 107, p. 280.
-
[109]
E. Lipínski, Vestiges phéniciens d’Andalousie, OLP, 15, 1984, p. 87-88, et son pendant en pierre à Chypre : A. Hermary, Nouveaux documents phéniciens à Amathonte (Chypre), dans Actas del IV Congreso Internacional de Estudios Fenicios y Púnicos, Cadix, 1995, Cadix, 2000, p. 1049, fig. 3.
-
[110]
Jiménez Ávila, 2002, p. 201, 211.
-
[111]
Voir n. 99.
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[*]
Je remercie M. le Professeur Francis Croissant de ses précieux conseils et de son aide généreuse.
1Découverte de manière fortuite en 1925 sur l’île de Saltés (Huelva [1] ; fig. 1) par le consul allemand M. Claus von Radecki, la petite tête en terre cuite que nous allons étudier appartient à sa collection. Elle a été mise en dépôt au Musée archéologique provincial de Huelva sans qu’il ait été fait mention de données précises sur les circonstances ni le lieu de trouvaille, ce qui n’est guère étonnant, puisque les prospections de l’île ne furent entreprises qu’en 1948, et les premières campagnes de fouilles dans les années 1970 seulement. Mentionnée une première fois en 1965 par J. P. Garrido et E. M. Orta [2], elle est définie comme une tête en terre cuite à fonction d’antéfixe, représentant Héraclès imberbe à la léontè.
DESCRIPTION
2Dimensions : H. 7 cm ; larg. 7,5 cm ; ép. 5 cm (fig. 2, 9, 14).
3Faite d’une argile jaune très dure, la tête se présente sous la forme d’un petit masque travaillé en demi-ronde bosse. L’arrière est constitué d’une surface absolument plate sur laquelle fut ajoutée, à sa partie médiane inférieure, une bande verticale de terre cuite dans laquelle pouvait être glissée une agrafe de raccord ou de suspension (fig. 14). Le cou est modelé et conservé sur 3 cm de hauteur, mais deux épaufrures en entaillent le côté gauche, sans qu’il soit possible de conclure à une zone de jonction avec un petit buste ou une statuette. Le caractère inégal de la zone inférieure du cou indique soit une zone de cassure, soit une zone abîmée pour quelque raison, comme un bris à la sortie du moule.
4La structure du visage est proche du carré, forme géométrique articulée sur les tempes et sur les hautes surfaces plates des joues (fig. 2). Elle est accentuée par un traitement plan du dessus du crâne et par une bande d’argile ajoutée qui, traversant le front horizontalement, couvre le haut du front en s’épaississant sensiblement de la droite de la tête vers la gauche, où elle aboutit à un élément circulaire appliqué en double épaisseur sur le haut de l’oreille gauche. Si sa pointe est cassée, cette oreille conserve pourtant les mêmes points d’appui que l’oreille droite, qui est intacte. Placée plus bas que l’oreille droite, l’oreille gauche et l’élément circulaire qui la distingue contribuent à accentuer l’asymétrie du visage et son amplitude plus large de ce côté qu’à droite (fig. 9). Sur les tempes, le bandeau frontal se raccorde, de manière insensible, à deux autres bandeaux de pâte appliqués en léger relief, qui ont la forme de fines pattes poilues pourvues de griffes. Comme les griffes sont écartées, les poils atteignent d’un côté l’oreille, et se prolongent de l’autre côté en incisions libres sur les joues [3]. Le même travail d’incisions est répété sur le haut de la tête pour indiquer la présence du museau du lion, sans que pour autant le dessus du crâne en ait reçu la forme. Ces incisions du plus bel effet naturaliste animent de leur légèreté un ensemble où domine le goût de la schématisation, qui repose sur une construction rigoureuse de la répartition des surfaces, lisses ou en relief. Très plastique, le travail horizontal des yeux contribue à soutenir l’amplitude du visage dans sa largeur, tandis que le nez fin et la petite bouche aux lèvres avancées recentrent le visage sur son axe vertical qui descend jusqu’à l’arrondi saillant du bout du menton. Sur cette tête, le menton est d’une hauteur importante par rapport au reste du visage. Sa position légèrement levée par rapport au cou donne un certain caractère résolu à la représentation, qui est amplifié par l’expression de la petite bouche avancée et un peu contractée. Pourtant, ces traits créent un contraste avec la formulation courte et molle du dessous du menton qui se confond vite dans le cou.
ORIGINE ET FONCTION
5Dès la découverte de cette tête, on la mit en relation avec les récits des sources anciennes [4], et il n’en fallut pas plus pour en faire « le premier témoignage archéologique de l’île de Saltés » [5], ce qui paraissait d’autant plus plausible qu’un chroniqueur arabe, al-Himayarî, avait fait référence à la conservation de vestiges datant de l’Antiquité sur l’île, et plus précisément d’un sanctuaire [6]. Or les fouilles des années 1970 montrèrent le caractère peu lisible des niveaux les plus anciens de l’île, remarque qui fut confirmée par les fouilles françaises à partir des années 1980 [7]. Comme les bronzes égyptisants de Sancti Petri à Cadix [8] avaient été trouvés à la proximité du sanctuaire dédié à Melqart, on les attribua au culte pratiqué dans le temple [9] et l’on en déduisit, assez logiquement, que les bronzes de typologie similaire qui avaient été découverts le long de la plage de Huelva [10] devaient être liés au culte pratiqué dans un temple d’Héraclès-Melqart sur l’île de Saltés. Malgré son absence de fondements archéologiques, la trouvaille de la tête en terre cuite venait donc à point nommé renforcer cette idée, mais C. Bonnet contesta toute corrélation immédiate entre ces objets et un temple [11], en pointant l’absence de preuves qui auraient permis de l’établir. On tint compte de ses observations pour interpréter le « dépôt » de terres cuites des VIe-Ve siècles trouvées dans l’eau non loin du sanctuaire d’Astarté, situé sur l’île d’Érytheia (Cadix), et une nouvelle investigation du site montra qu’il s’agissait non pas d’un dépôt cultuel, mais du déblaiement régulier d’une fosse située dans le temple [12].
6D’une certaine manière, l’étude de la configuration géophysique de Huelva allait conforter les réserves faites par C. Bonnet. En effet, A. Bazzana attira l’attention sur le caractère complexe de cette étendue alluviale et marécageuse, en perpétuel mouvement, que drainent les eaux du Tinto et de l’Odiel descendant de la Sierra Morena occidentale [13]. Dans de telles conditions, on était contraint d’admettre que tout objet trouvé dans la zone de Huelva était susceptible d’avoir été transporté loin de son lieu d’origine.
7Dans les mêmes années, le progrès des études sur les cultes montra que les foyers cultuels ne s’étaient pas limités aux grands cultes gaditans, mais que plusieurs autres espaces avaient été sacralisés par les communautés phéniciennes et indigènes [14], tant sur le littoral que dans l’intérieur du pays de Tartessos [15]. D’autres travaux insistèrent sur l’intérêt commercial et économique que présentait l’installation de sanctuaires sur les routes de la navigation [16], un point de vue qui permettait de « justifier » [17] la présence d’un sanctuaire à Melqart dans l’île de Saltés, et de l’intégrer dans l’espace portuaire situé au débouché des centres miniers de la zone de Río Tinto et de l’Andévalo [18].
8Si l’on s’en tient à ces orientations récentes de la recherche andalouse, il ne fait aucun doute que la tête en terre cuite de Saltés aurait dû pouvoir être rapidement associée à l’un ou l’autre de ces contextes cultuels. Or il fallut se rendre à l’évidence qu’elle restait isolée du point de vue iconographique et stylistique. Mis à part l’Héraclès-Melqart dit « de Séville » [19] (fig. 29), aucun des bronzes trouvés dans la zone minière de l’intérieur du pays [20] n’était susceptible d’offrir un parallèle satisfaisant, et l’on devait bientôt constater que la technique de fabrication de la tête n’invitait pas non plus à y voir une production locale, issue d’un atelier de coroplathes installés à Huelva, où les fouilles n’ont mis au jour que deux statuettes féminines d’une tout autre typologie, d’ailleurs tirées du même moule [21].
9D’après ce que l’on sait actuellement de Huelva, la cité n’apparaît donc pas comme le lieu de fabrication probable de la tête en terre cuite de Saltés. En revanche, des ateliers du travail de l’argile ont fonctionné à Cadix dès le VIe siècle [22], et s’ils n’ont pas livré de terres cuites représentant Héraclès-Melqart, ils ont fabriqué des figurines pour l’autre grand culte gaditan, celui d’Astarté, qui était vénérée dans la « grotte de Gorham », lieu de passage obligé des marins qui traversaient le détroit de Gibraltar [23].
10Dès le VIIIe siècle, les Phéniciens avaient transmis au Sud péninsulaire la technique de l’utilisation des moules en terre cuite, ce dont témoigne le masque découvert dans la fouille de Morro de Mezquitilla (Malaga) [24], ainsi que le thymiatèrion en terre cuite [25] de Cadix, au VIe siècle. Son décor à trois personnages égyptisants rappelle évidemment les bronzes égyptiens importés à Sancti Petri (Cadix) par les mêmes Phéniciens. Une technique s’est donc perpétuée dans les ateliers de coroplathes gaditans, que de nouvelles informations viennent éclairer, bien qu’elles concernent la période qui va de la fin du Ve siècle au IVe siècle. Des ateliers ont été récemment mis au jour à Villa Maruja (Cadix), au Sud-Ouest de l’île de San Fernando [26]. Ils fabriquaient des masques et des statuettes en terre cuite en plusieurs pièces avec l’aide de plusieurs moules, dont un exemplaire, un moule de main univalve [27], fut trouvé in situ dans l’atelier. C’est une main aux doigts repliés, au pouce tendu, qui, étant comparable aux mains des figures du thymiatèrion en terre cuite gaditan, relève donc de la même typologie que la main des bronzes égyptiens d’époque saïte trouvés à Cadix [28]. Le moule a dû être fabriqué à partir d’une empreinte prise sur l’un de ces bronzes. On peut donc envisager que des bronziers et des coroplathes aient travaillé ensemble dès le VIe siècle dans des ateliers gaditans, et considérer que le thymiatèrion en terre cuite gaditan procède de la même technique. Et bien qu’elle pose problème par son isolement dans le contexte de Huelva, la tête de Saltés présente certains aspects qui laissent envisager un mode de fabrication similaire, à partir d’un moule qui aurait été disponible dans un atelier de bronziers locaux.
MODE DE FABRICATION
11La tête de Saltés, dont la face postérieure est aplatie, présente une analogie avec les caryatides du thymiatèrion en bronze de Villagarcía de la Torre / Badajoz en Estrémadure [29] (fig. 15), du VIIe siècle. Si les trois figurines conservent la typologie des figurines-plaquettes orientales en terre cuite, on peut observer que leur dos a été martelé pour obtenir une surface égale, une finition qui évoque le travail des appliques d’anses des vases de bronze grecs [30]. Comme ces caryatides de Villagarcía de la Torre sont des fontes faites à la cire perdue, elles sont donc le résultat des progrès techniques d’un autre atelier de bronziers que celui des braseros de Río Tinto [31] et des tombes tartessiennes de La Joya (Huelva), sur lesquels les têtes d’Astarté sont encore fabriquées au repoussé [32] (fig. 16). Hautes de 4 cm, les têtes des caryatides correspondent à environ un quart de la hauteur totale des figurines, tandis que la tête de Saltés mesure 6 cm si l’on déduit la hauteur du cou. La différence de dimensions n’est donc pas si grande que l’on ne puisse envisager une fabrication de la tête de Saltés à partir d’un surmoulage sur un bronze, une technique qui, comme celle qui consiste à fondre les thymiatèria en plusieurs pièces à la cire perdue [33], relève d’un nouvel apprentissage dans le Sud péninsulaire, né au contact des importations grecques et étrusques.
12Étant donné le caractère de la tête de Saltés, dont le système d’accrochage définit l’usage, il est probable qu’elle ait été fabriquée dans la proximité de modèles comme les protomés décorant le bord d’une hydrie, un décor laconien assez rare, que présente l’hydrie Steinhardt [34] vers 550 (fig. 3). En dépit du faible nombre attesté de bronzes grecs dans les fouilles, il semble qu’ils aient reçu un certain écho, au point de susciter non seulement des adaptations locales de motifs importés mais aussi de nouveaux apprentissages de fabrication [35].
13Huelva importa des bronzes étrusques dès le dernier quart du VIIe siècle [36], notamment une œnochoé à anse en palmette trouvée dans une tombe de La Joya (Huelva) [37], qui provient d’un atelier de bronziers de la région de Vulci. Au VIe siècle, d’autres importations de provenance étrusque sont attestées par l’anse d’olpè de Malaga [38] (fig. 17), de fabrication étrusque d’après des modèles grecs.
14L’idée de fabriquer une tête en demi-ronde bosse par surmoulage du décor [39] est peut-être née du contact avec ces prestigieux vases de bronze. Prendre une empreinte sur un vase en bucchero à décor de têtes humaines en relief [40] ne devait poser aucun problème majeur non plus, et si aucun de ces vases étrusques n’est attesté dans les fouilles du Sud de la péninsule Ibérique, ils y furent connus par l’importation, après 530, d’autres vases en bucchero venant de la région de Vulci [41]. Bien que le thème iconographique d’Héraclès ait été plus fréquent en Étrurie sur les thymiatèria et les trépieds [42] que sur les vases de bronze, c’est bien ce type d’image qui a séduit l’artisan de la tête de Saltés.
INTERPRÉTATION STYLISTIQUE
15La position du visage de Saltés par rapport au cou est une variante atténuée de celle des bronzes égyptisants du VIIe siècle, mais le travail mou du menton n’a plus aucune amplitude. En revanche, c’est dans l’artisanat tartessien du VIe siècle, comme sur le vase de El Peñon (Torre del Mar, Malaga) [43] (fig. 23), que nous reconnaissons un travail similaire de la hauteur du menton et de la petite bouche avancée et contractée. Ce trait d’origine nord-syrienne [44] (fig. 22) perdure dans la plastique de la péninsule à partir du VIIIe siècle, passe ensuite sur les bronzes de la région minière de Cástulo et de la région de Jaén (Orétanie) aux VIe et Ve siècles [45] (fig. 24), et progresse vers le Sud-Est, comme le montre la tête A1 du Cerro de los Santos Albacete) (fig. 28) [46]. Ce sont donc les ateliers de bronziers du Sud tartessien qui jouèrent le rôle de transmetteurs des traits orientalisants vers le Haut Guadalquivir et vers le Sud-Est.
16Les oreilles de la tête de Saltés ont une forme spécifique de type géométrique, triangulaire, qui rappelle celle des protomés de l’hydrie Steinhardt (fig. 3), une création laconienne, et c’est à un domaine plus largement répandu du répertoire laconien du milieu du VIe siècle, celui des satyres et silènes courant, que nous renvoie la position décalée des oreilles. L’un de ces bronzes a d’ailleurs été importé dans la péninsule Ibérique [47], très vraisemblablement par Huelva ou Cadix, là même où a été trouvée une imitation d’un bronze étrusque inspiré d’un modèle laconien de satyre couché [48]. Si ce type d’objet est le seul bronze d’importation qui soit susceptible d’expliquer la position des oreilles sur la tête de Saltés, il nous faut tenir compte également des images qui avaient peuplé jusqu’alors le répertoire tartessien, et notamment de celles d’Astarté, d’un thymiatèrion du VIe siècle [49] (fig. 25). La position latérale des oreilles dites d’ « Hathor » a servi à l’artisan de repère pour la mise en place des oreilles triangulaires de la tête de Saltés. Ainsi que nous l’avons souvent constaté dans notre étude de la statuaire votive ibérique [50], l’assimilation d’un nouveau motif n’a fonctionné que par superposition à un autre qui existait déjà dans le répertoire orientalisant péninsulaire.
17Le même processus expliquera la présence de l’élément circulaire qui, appliqué sur le haut de l’oreille gauche de la tête de Saltés [51] (fig. 9), rappelle les rivets à large tête ronde des braseros en bronze des tombes tartessiennes de La Joya (Huelva) [52] (fig. 16). En vue de profil, cette pastille se présente comme une double couche de pâte dont le bord s’arrondit sur l’extérieur de l’oreille, comme pour en suivre le contour. Il pourrait s’agir de l’interprétation d’un motif du lobe de l’oreille que l’on connaît dans la peinture attique à figures noires du troisième quart du VIe siècle [53]. Comme ce motif n’est pas attesté parmi les céramiques attiques qui sont arrivées à Huelva à une date antérieure [54], il faut bien tenter d’en trouver l’explication ailleurs. De même, la source d’inspiration de l’artisan pour traiter les poils de la léontè de la tête de Saltés [55], un décor d’une liberté et d’une aisance uniques dans l’art ibérique, doit pouvoir être identifiée. En fait, les seuls documents de comparaison se trouvent aussi dans le domaine de la peinture, mais dans celui de la céramique de Grèce de l’Est qui fut importée dans le Sud péninsulaire entre 600 et 560 av. J.-C. [56].
18Un fragment de vase figuré découvert à Carmona (Séville) offre à cet égard une piste de recherche intéressante. Mis au jour dans un contexte très bouleversé [57], le tesson nous conserve un visage de profil [58] (fig. 18) dont la structure évoque les profils de la céramique chiote archaïque de Naucratis [59] (fig. 19). Sur un calice apparenté de Tocra [60], le personnage qui se trouve devant le sphinx présente une coiffure sans boucles dégageant le front [61] qui est similaire à celle de Carmona. On reconnaît la même structure du profil sur un autre calice de Naucratis représentant Héraclès (fig. 20) [62]. La peau de lion qu’il porte est parsemée d’un décor assez libre, dont l’artisan de Carmona aurait pu s’inspirer pour ponctuer le nez, les joues et le menton de son personnage de nombreux petits traits de couleur jaune [63]. C’est ce même style de décor que l’on reconnaît dans l’exécution du museau du félin sur la tête en terre cuite de Saltés. Selon le même mode d’appropriation locale, le peintre du vase de Carmona a ajouté un croisillon sur le cou du personnage après avoir vu ce motif sur ce même vase au héros à la léontè (fig. 20), ou bien sur d’autres vases d’Ionie du Nord qui étaient arrivés eux aussi à Huelva [64] (fig. 21). À ce jour, la quantité de céramiques importées de la Grèce de l’Est que nous connaissons est réduite, sans doute en raison de la faible extension des fouilles de l’habitat, qui s’étend sous la ville moderne de Huelva. Néanmoins, d’après le vaste échantillonnage disponible de ces céramiques [65], on n’a aucune peine à supposer que des cargaisons importantes furent importées de Grèce de l’Est dans la cité portuaire, mettant un choix très large de modèles peints figurés à la disposition des artisans locaux. Si donc Chios nous paraît avoir fourni les céramiques qui servirent de modèle à l’artisan ibère, c’est en tout cas à l’environnement stylistique d’Ionie du Nord, dans le premier ou le début du second quart du VIe siècle, qu’appartient la structure du profil reproduite sur une céramique de Carmona. Bien qu’il soit risqué d’avancer une datation précise de cette imitation au cours du VIe siècle sur une céramique locale, nous noterons que le vase de Carmona s’insère dans un processus artisanal dynamique du pays de Tartessos où, dès le début du VIe siècle, un atelier de potiers de Huelva avait commencé à imiter la céramique figurée importée de Corinthe [66].
19Toutefois, malgré le travail des arcades sourcilières en un léger relief repris d’incisions parallèles, qui est un trait de style laconien [67], la dominante du visage de Saltés reste orientalisante. Car le profil n’est pas celui du tesson de Carmona : il conserve la courbe du front et du nez à racine bulbeuse, proche des modèles orientaux et orientalisants qu’illustrent au Ve siècle les bronzes orétans (fig. 24) et la série de têtes A du Cerro de los Santos (fig. 28), mais avec une racine considérablement atténuée, et en conséquence se redresse, amplifié par l’étirement plat des joues dont la surface est encore traitée à la manière du VIIe siècle [68]. Les arcades sourcilières présentent le même caractère atténué, mais elles continuent à marquer le rebord du front, perpétuant ainsi le modèle oriental transmis au Sud péninsulaire par les ivoires et les masques de terre cuite [69]. Comme elles sont parallèles au bandeau barrant le front et sont prolongées latéralement par les pattes du fauve, elles contribuent à faire ressortir les axes géométriques de la construction cubique de la face. L’image grecque d’Héraclès a été assimilée et réinterprétée par l’artisan ibère, de telle sorte que les pattes du lion qui, dans l’imagerie grecque, longent le corps d’Héraclès sont considérablement réduites en dimension et transposées sur les joues, où elles occupent la place normalement dévolue à la mâchoire inférieure du fauve. Quant à la mâchoire supérieure, elle a été soumise au même processus de réduction, afin de ne pas modifier le caractère plan du dessus de la tête du personnage ni la construction cubique du visage.
20Sur le visage de la terre cuite de Saltés, le redressement de la ligne médiane du visage et l’accentuation du menton en hauteur [70] contribuent, nous l’avons vu, à atténuer ce qui subsistait du profil orientalisant. Ce trait de style nouveau n’est donc plus tout à fait orientalisant et n’est pas grec non plus, même s’il repose sur une clarté de construction fondée sur la géométrie des formes, à laquelle s’intègre parfaitement l’asymétrie du visage, pourtant héritée d’une conception orientalisante. Mais il est remarquable que les lignes de construction du visage l’inscrivent déjà dans une forme géométrique qui prévaudra, au cours du Ve siècle, dans la sculpture de pierre du Haut Guadalquivir de Porcuna (Jaén) [71]. Prenons l’exemple du guerrier no 1 [72] (fig. 5). Son visage est construit sur des droites horizontales et verticales dont les axes sont renforcés par les orientations similaires des bords épais du casque [73]. Le front du guerrier est d’ailleurs complètement caché, et son inclinaison réelle masquée, de telle sorte que l’on a tendance à confondre la pente du casque et celle du front (fig. 11). Or le front fuyant de ce guerrier est aussi court et pentu que celui du bronze de Jaén [74] (fig. 8), où l’inflexion du nez et celle du profil évoquent directement la tête de Saltés (fig. 9). En procédant par décalque du profil du front et du nez de Saltés et en le superposant au profil du guerrier de Porcuna, on obtient d’ailleurs une approximation de la forme et de la longueur du nez du guerrier de Porcuna, qui permet d’en proposer une restitution graphique (fig. 10). On remarquera que le départ de l’arête du nez est légèrement busqué et que la ligne de la base du nez remonte vers le bout, comme le suggère, sans ambiguïté, la courbe sur laquelle s’articule la lèvre supérieure. Or l’ensemble de ces caractères se retrouve sur la tête de Saltés.
21Un profil peint sur un vase d’Elche atteste la permanence du même type de nez jusqu’au IIe siècle [75] (fig. 13). On notera toutefois une légère modification dans la formulation de la base du nez, dont la ligne désormais presque horizontale a pour conséquence d’accentuer, en l’allongeant, la courbure de l’arête du nez. Malgré ce changement, on est bien en présence du motif orientalisant illustré par la tête de Saltés : venu du Sud tartessien, il paraît donc être passé dans la sculpture orétane avant de resurgir plus tard dans le Sud-Est, sur un support différent qui est la peinture de vase. En restituant le profil du guerrier de Porcuna (fig. 10), nous apportons aussi une solution au problème, soulevé au colloque de Mérida sur l’art orientalisant, de « la disparition de toute cette riche imagerie orientale à la fin du VIe siècle » et de sa résurgence à partir du IIIe siècle », que les « frappes monétaires de la Bétique » et l’ « influence carthaginoise » ne parviennent pas à expliquer [76]. Aurait-on oublié la sculpture de bronze et de pierre au passage ? La comparaison du profil d’un bronze orétan datable de la fin du Ve siècle ou du début du IVe siècle (fig. 12) [77] et du visage peint sur le vase d’Elche déjà cité (fig. 13), qui est du IIe siècle, montre la continuité d’un trait de style, dans laquelle s’intègre, au IIIe siècle, tout un groupe de têtes du Cerro de los Santos [78]. Elles doivent la forme du nez et la structure allongée de leurs visages à ce même type de bronze orétan. Ainsi devra-t-on envisager que la sculpture votive de ce grand sanctuaire ait été l’instrument de transmission le plus probable de ce type de profil orientalisant vers la céramique tardive du Sud-Est du IIe siècle.
22Ainsi s’explique en outre le fait que l’une des nombreuses têtes votives en terre cuite du pays valencien puisse encore présenter, au tournant du IIIe au IIe siècle, un profil orientalisant [79] (fig. 27). Peu de temps auparavant, une série de têtes du Cerro de los Santos appartenant à notre groupe B se termine sur des objets tels que la tête féminine MAN 7674 du Musée archéologique de Madrid [80] (fig. 6, 7), dont le profil et le travail des yeux sont une formule atténuée du visage de Saltés. Deux motifs de la coiffure de MAN 7674 confirment encore ses références aux lointains modèles orientalisants, le bandeau traversant horizontalement le front et les mèches latérales serrées par des cordons, un motif qui resterait lui aussi incompréhensible sans référence à l’élément d’architecture qui est représenté sur un ivoire tartessien égyptisant de Malaga [81]. Alors que plus rien, au IIIe siècle, ne justifie l’emploi de « pattes » en léger relief sur les joues (fig. 4), le rappel du motif utilisé sur la tête en terre cuite de Saltés sert encore de support aux lignes de construction cubiques du visage, dont on reconnaît le principe sur une tête féminine en pierre de Torreparedones (Cordoue) [82] (fig. 4 ; 26).
23Sur la terre cuite de Saltés, l’atténuation des traits orientalisants se manifeste aussi dans la position des yeux, qui ne peut être due à l’incidence de bronzes locaux du VIe siècle [83], dont la plupart perpétuent les modèles orientaux [84]. Désormais proche de l’horizontale dans un visage asymétrique, la ligne des yeux stabilise tous les traits de la face. Par contre, elle n’est pas encore au point sur le bronze de Séville dit de Melqart [85] (fig. 29), dont le visage conserve, comme il arrive fréquemment dans l’artisanat péninsulaire, des traits beaucoup plus anciens, orientaux, qui remontent au VIIIe siècle [86]. C’est donc le modelé du corps qui permet de dater ce bronze vers la fin du VIe siècle et d’en faire le premier représentant d’une adaptation locale de bronzes étrusques comme l’anse d’olpè de Malaga [87] (fig. 17), décorée d’un personnage juvénile dont le corps aux formes archaïques, à la taille fine, aux hanches et cuisses larges, a été exécuté d’après un modèle laconien vers 550 [88]. Ce type d’objet eut une incidence sur un travail de modelé du corps qui marquera l’artisanat orétan au Ve siècle, à l’exemple du guerrier en bronze conservé dans une collection américaine [89], et de la grande sculpture de pierre avec les guerriers de Porcuna (Orétanie) [90]. Une attache d’anse de Pozo Moro (Albacete) [91] est le seul autre document étrusque qui possède cette configuration, et son lieu de découverte près d’Albacete confirme la route que suivirent les bronziers, vers le Haut Guadalquivir (Orétanie) puis vers le Sud-Est. Néanmoins, le modelé du corps du Melqart de Séville s’accompagne d’une forme de tête de type rectangulaire et d’une position des jambes en légère rotation vers la gauche, un ensemble qui renvoie plus vraisemblablement à un modèle italique de Sirolo dans le Picenum [92] (fig. 30). L’attache picénienne est complétée d’animaux couchés dont le museau très allongé, au nez travaillé en fort ressaut pourvu d’un décor incisé, et les oreilles pointues (fig. 31), ont servi de modèle aux bronzes trouvés à Maquíz (Mengíbar, Jaén) en Orétanie [93] (fig. 32), et donné lieu à une imitation dans la grande sculpture de pierre de la même région au cours du IVe siècle [94] (fig. 35). Cet élément de char de Maquíz présente par ailleurs un motif de deux têtes adossées, anthropomorphe et zoomorphe [95] (fig. 33), qui est également imité de ce type d’attache italique, d’après des fibules laconiennes de la fin du VIIe siècle [96].
24Le contexte des bronzes laconiens ayant pu servir de modèles est bien antérieur à 530, tandis que celui des objets étrusques est plutôt de la fin de l’archaïsme, voire du début du Ve siècle. Il coïncide avec les importations connues à Huelva, et avec les circonstances historiques et commerciales consécutives à la rupture de 540-530 [97]. En dépit de l’arrivée « aléatoire » que l’on a évoquée à leur propos dans le Sud péninsulaire [98], ces objets eurent néanmoins une incidence décisive et durable sur le travail des ateliers indigènes de bronziers et de coroplathes travaillant avec eux.
CONCLUSION
25Le transfert de ce type de visage structuré et de ce type de profil vers le Haut Guadalquivir eut très vraisemblablement lieu grâce aux artisans bronziers, à un moment du VIe siècle où ils partirent vers le Nord [99]. Voilà sans doute la raison pour laquelle quelques bronzes d’importation laconienne, comme le satyre du Llano de la Consolación (Albacete), ou d’une facture locale d’incidence grecque, laconienne ou corinthienne, comme le bronze de La Quéjola (Albacete) [100], furent déplacés vers l’Orétanie et Albacete [101].
26Il faut donc considérer la fabrication de la tête d’Héraclès dans le contexte large de Huelva, dans un atelier de bronziers. On relèvera son caractère particulièrement achevé, ses traits nets et linéaires, plus proches du travail du bronze que des modelés flous du travail produit par les coroplathes gaditans de la fin du Ve siècle. L’artisan qui a réalisé la tête de Saltés a vraisemblablement utilisé l’opportunité d’un surmoulage sur un bronze, une technique apprise des Grecs ou des Étrusques.
27Après la chute de l’économie minière au cours du VIe siècle, l’iconographie d’Héraclès-Melqart s’est affirmée à Cadix en tant que symbole du contrôle de la cité gaditane sur le Détroit [102]. Elle succédait ainsi à l’iconographie antérieure de Melqart, « le patron des fondations tyriennes en Méditerranée » [103], dont la représentation dans le temple gaditan a été définie comme aniconique [104]. Il fallut néanmoins attendre le IIIe siècle av. J.-C. pour que les premières frappes de monnaies de Cadix montrent au droit un Héraclès-Melqart imberbe portant la léontè comme un casque [105], iconographie hellénisée d’Héraclès véhiculée par les Barcides. Deux siècles auparavant, la tête de Saltés anticipe cette iconographie hellénisée. Est-ce en référence à la représentation d’Héraclès qui apparaît dans la grande sculpture chypriote vers la fin de l’archaïsme et y devient le type statuaire le plus répandu [106] (fig. 34), celui « sur lequel repose l’assimilation iconographique que l’on fait ordinairement d’Héraclès et de Melqart » [107] ?
28Pour tenter d’expliquer l’absence d’un sanctuaire dédié à Héraclès-Melqart à Huelva, nous faut-il nous en tenir à la proximité souvent attestée des cultes d’Héraclès et d’Astarté, comme à Cadix ou dans la Sicile phénico-punique [108] ? Cette observation ne peut guère s’appliquer à Huelva, si ce n’est, pour l’évocation d’Astarté, en référence au décor orientalisant des braseros déposés en offrandes funéraires, ou à la statuette avec une inscription en phénicien trouvée près de Séville [109]. Comme le Melqart phénicien auquel il s’assimile sur la route de navigation de Tyr à Chypre et vers l’Extrême Occident, Héraclès était connu comme le dieu dominant les forces de la nature. À Huelva, Héraclès pourrait avoir conservé cet aspect, si légitime dans un contexte géographique favorable à la navigation mais dangereux pour le marin ou l’habitant. À l’embouchure des deux cours d’eau, Huelva est enclavé dans un paysage insolite, ouvert à l’Ouest à l’Atlantique, et bordé à l’Est par de vastes marécages où se perdent parfois les eaux brun rouille du minerai que charrie le « Tinto » depuis la Sierra.
29Dès le VIIe siècle, les ateliers de bronziers de Huelva et du cours du Guadiana s’étaient distingués des autres. Ils avaient montré « une manière d’interpréter les motifs orientaux avec plus d’imagination » [110], tendance qui allait s’affirmer au VIe siècle. Leur longue familiarité avec la fabrication des moules a vraisemblablement permis de passer au façonnage d’objets en terre cuite à partir des mêmes matrices, et d’en faire des tirages d’une facture aussi précise que les bronzes. Dans ce processus développé dans la seconde moitié du VIe siècle, il faut compter avec une incidence des importations grecques, des céramiques et des bronzes, qui fut déterminante pour l’adaptation locale de motifs choisis et pour leur mode de fabrication, dont le résultat est une véritable modification du style qui, jusqu’alors, avait perpétué des traits orientalisants.
30Témoin d’un style nouveau reposant sur une capacité d’abstraction que ne possédait pas l’art orientalisant du Sud ibérique, la tête de Saltés illustre un réel changement d’état d’esprit. Elle montre que les années sinistres du VIe siècle n’avaient pas signé « la mort de Tartessos » [111], mais préparé une transition propre à engager la plastique péninsulaire dans un processus favorable à la structuration de la grande sculpture de pierre.
31(Trad. H. et M.-Ch. Villanueva.)
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Mots-clés éditeurs : Antéfixe, Art orientalisant, Espagne, Étrurie, Ionie, Monde ibérique, Monde phénicien, Ronde-bosse, Sculpture ibérique, Terre cuite, Vases en bronze, VIe s. av. J.-C.
Date de mise en ligne : 27/02/2008
https://doi.org/10.3917/arch.072.0269