L’implantation d’un métro léger à l’île Maurice. Contextes et enjeux
Pages 102 à 126
Citer cet article
- LAMY-GINER, Marie-Annick,
- Lamy-Giner, Marie-Annick.
- Lamy-Giner, M.-A.
https://doi.org/10.3917/ag.764.0102
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- Lamy-Giner, M.-A.
- Lamy-Giner, Marie-Annick.
- LAMY-GINER, Marie-Annick,
https://doi.org/10.3917/ag.764.0102
Notes
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[1]
Le secteur bancaire mauricien représente 400 % du PIB et s’articule autour d’un important secteur offshore. Maurice a été pendant une courte période, en 2020-2021, placée dans la liste (grise) des territoires non coopératifs en particulier dans la lutte contre le blanchiment d’argent par la GAFI (groupe d’actions financière) et l’Union européenne.
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[2]
Une vingtaine d’entretiens ont été menés auprès d’usagers (8), de chauffeurs de taxis (4), de conducteurs de bus (4), de personnels dédiés au métro sur les quais (3) et de commerçants (4). Ces entretiens ont permis de mettre en évidence et de croiser les discours et les représentations que chacun se fait de ce nouveau mode de transport.
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[3]
Cette liste compte 38 États membres, à laquelle il faut ajouter 20 États non-membres de l’ONU mais associés sous une forme ou une autre à des commissions régionales de l’ONU. Ces États comptabilisent 65 millions d’habitants.
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[4]
Les petits États insulaires en développement sont de faibles dimensions, ont une économie vulnérable, dépendent d’une base de ressources limitée et sont tributaires du commerce international, mais n’ont pas les moyens d’influer sur les conditions de celui-ci (rapport final Nations Unies, PEID, 1994, annexe 1, point IV).
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[5]
Notons qu’à Maurice la définition administrative de l’urbain comporte deux strates : les municipality council areas (villes supérieures à 50 000 habitants) et les villages council areas répartis en gros villages (entre 10 000 et 50 000 habitants), petits villages (5 000 à 10 000 habitants) et villages (moins de 5 000 habitants).
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Le développement des Plaines Wilhems trouve racine à l’époque coloniale. Deux événements ont participé à l’attractivité de cette région : l’ouverture d’une route entre Mahébourg (au sud-est) et Port-Louis, dans la première moitié du xixe siècle (initiée par le gouverneur Farquhar en 1817), et les épidémies. Effectivement, dans la seconde moitié du xixe siècle, alors que sévissent des épidémies de choléra et de malaria dans les régions côtières, les Plaines Wilhems, situées sur un plateau central à une altitude comprise entre 400 et 800 mètres, deviennent un lieu de repli (Lajoie et Rémy, 2008).
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[7]
De son côté, Port-Louis doit son développement à son port. Il entre typiquement dans cette catégorie, chère à Chaline, « des ports qui créèrent des villes ». Les premiers bassins furent créés au cours du xviiie siècle ; Port-Louis servant alors de relâche sur la route des Indes. La construction de Port-Louis fut surtout insufflée par Mahé de La Bourdonnais (qui arriva dans l’île en 1725). Port-Louis devint la capitale de Maurice au détriment de l’ex-Port-Sud-est, devenue Mahébourg.
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[8]
Dont entre autres l’University of Mauritius, le Mauritius Sugar Industry Research ou encore le Mahatma Ghandi Institute (MGI).
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[9]
Elle s’est effondrée en 2015 (sur une portion de 300 mètres). Les travaux de réhabilitation ont pris fin en juillet 2019. Une déviation a été conçue pendant la durée du chantier.
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[10]
Le nombre total de véhicules en circulation atteint pour sa part 648 000 (dont entre autres 235 000 motos et environ 31 000 camions).
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[11]
Le nombre de voitures pour 1 000 habitants était de 76 en 2001 et 218 en 2018 (National Land Transport Authority, 2019).
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[12]
Le revenu mensuel moyen est passé de 19 800 roupies (407 euros) en 2006 à 36 000 roupies (740 euros) en 2019. Le revenu médian, quant à lui, est passé sur la même période de 14 600 (300 euros) à 28 200 roupies (580 euros) (Mauritius Statistics, 2020).
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[13]
En voulant maintenir des tarifs bas (moins de 40 roupies, soit environ 0,80 cents), le gouvernement ne peut assurer qu’un faible niveau de prestations (bus inconfortables, sales) (Rahman et al, 2019). Les bus tombent régulièrement en panne et sont souvent inadaptés aux circuits en ville.
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[14]
Organisme financier créé en 1991, par le PNUD, la Banque mondiale et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement), il œuvre pour la préservation de l’environnement. Il soutient des projets visant à lutter contre le réchauffement climatique ou encore la dégradation des sols.
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[15]
Un ECP est un contrat clé en main. Il couvre toute l’étendue d’un projet, de la phase initiale d’ingénierie et de conception en passant par celle de l’approvisionnement, de la construction et enfin celle de la mise en service.
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[16]
Dans de nombreux bus à Maurice, il y a un personnel, en l’absence de machine à oblitérer, dédié à la vente de tickets.
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[17]
Le premier jour de nos entretiens en novembre 2023, « notre » Mauricio, nom donné au métro express, est resté à l’arrêt pendant 1 h 10, entre Vacoas et Curepipe. Une voiture avait emprunté la voie dédiée au métro express et était restée bloquée sur les rails. Toute la circulation ferroviaire fut alors interrompue. Lors d’un échange avec l’agent des quais du métro, il m’indique :
« Cela peut être long à gérer ce type d’incident et les informations ne redescendent pas beaucoup vers les agents des stations. Je vous conseille de prendre le bus ou un taxi si vous êtes pressée. Je peux vous dire que c’est au moins le dixième incident de ce type depuis la livraison du métro et que cela prend du temps avant que la circulation ne soit rétablie… » (agent de quai 1, station de Vacoas, terrain novembre, 2023). -
[18]
Date d’inscription : 2006. Superficie du site 1 640 m2 et de la zone tampon 28,9 hectares.
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[19]
Un des épisodes les plus dramatiques est survenu en mars 2013. Des précipitations de 152 mm en seulement 90 minutes ont été enregistrées à Port-Louis, provoquant des inondations massives et causant la mort de 11 personnes (Le Mauricien, archives, mars 2013).
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[20]
Notons par ailleurs que l’Inde se positionne comme le deuxième investisseur à Maurice, derrière les États-Unis mais devant le Royaume-Uni. Les investissements inhérents à l’immobilier représentent la majorité (79 %) des flux entrants. Ils s’orientent vers le secteur du tourisme, en particulier dans les Integrated Resort Scheme (constructions de villas de luxe, de terrains de golfs ou autres équipements dans les zones de villégiature surtout balnéaires). Les services financiers et les services d’assurance sont les autres secteurs qui attirent le plus d’IDE d’origine indienne.
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[21]
Cette dernière consiste à nouer, depuis les années 2000, des alliances commerciales et maritimes (construction de bases navales ou aéronavales, de ports) avec des pays alliés (Pakistan, Bangladesh ou encore Sri Lanka) de Malacca jusqu’au littoral oriental africain (Amelot, 2010).
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[22]
Dans ce collier de diamants, s’est rajoutée récemment l’île mauricienne d’Agaléga. L’Inde y a investi 500 millions de roupies (10 millions d’euros) pour la construction du port et de l’aéroport. En contrepartie, des avions et navires indiens pourront y faire escale (Racine, 2016).
L’île Maurice est considérée, eu égard à sa réussite économique, comme « un tigre de l’Afrique » (Jauze, 2012). Le pays, petit espace insulaire dépourvu de ressources naturelles, a connu depuis l’indépendance (1968) plusieurs succès économiques. Cinq piliers ont soutenu sa croissance : la canne à sucre, l’industrie, le tourisme et plus récemment les secteurs liés au financier offshore et aux TIC (Grégoire, 2006). Maurice a réussi à montrer que le sous-développement n’était pas une fatalité. Aujourd’hui composée de 1,2 million d’habitants, avec un taux de croissance économique de 5 % en 2023, elle poursuit, en dépit de l’impact de l’épisode pandémique sur l’ensemble des secteurs d’activité (Bernardie-Tahir, 2021), a fortiori le tourisme, sa marche vers la modernisation de son économie et de la société.
L’île a récemment changé de visage. Elle a vu, depuis 2019, l’entrée en service d’un métro léger, baptisé métro express, devenant ainsi le seul territoire insulaire du sud-ouest de l’océan Indien à bénéficier d’un équipement ferroviaire dédié aux transports de passagers. Il est une réminiscence d’un passé assez lointain, puisque le train était en activité jusqu’au milieu des années 1950. Comme dans nombre d’îles sucrières, le train a servi au départ à transporter des cannes et du sucre et accessoirement des passagers. Le métro léger, flambant neuf, a été implanté dans la conurbation, à cinq têtes, s’étirant de Curepipe à la capitale Port-Louis (fig. 1). Ce continuum urbain se compose, outre de Port-Louis, des villes dites des Plaines Wilhems, à savoir du sud vers le nord : Curepipe, Vacoas-Phoenix, Quatre Bornes et Beau Bassin-Rose Hill…
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