Luglia R., Beau R., Treillard A. (dir), De la réserve intégrale à la nature ordinaire, les figures changeantes de la protection de la nature, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2023, 319 p.
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Citer cet article
- FOURAULT-CAUËT, Véronique
- et QUÉVA, Christophe,
- Fourault-Cauët, Véronique.
- et al.
- Fourault-Cauët, V.
- et Quéva, C.
https://doi.org/10.3917/ag.753.0087
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- Fourault-Cauët, V.
- et Quéva, C.
- Fourault-Cauët, Véronique.
- et al.
- FOURAULT-CAUËT, Véronique
- et QUÉVA, Christophe,
https://doi.org/10.3917/ag.753.0087
1 Issu d’un colloque à l’initiative de l’association pour l’histoire de la protection de la nature (APHN) tenu en 2020, l’ouvrage dirigé par Rémi Luglia, Rémi Beau et Aline Treillard s’appuie sur une variété d’approches disciplinaires et interdisciplinaires. Les quarante-deux contributeurs de l’ouvrage, d’horizons très variés, contribuent à un panorama tout à fait actualisé des recherches portant sur les politiques de protection de la « nature », principalement au sein du territoire français.
2 À travers dix-neuf contributions, dont on soulignera la richesse, sont rassemblés des travaux qui examinent tour à tour la diversité des pratiques de protection et de gestion de la nature au fil du temps et des espaces, les conceptions sous-jacentes de la nature portées par les politiques publiques évoquées, mais aussi les acteurs et partenariats de ces démarches.
3 L’ouvrage comprend tout à la fois des études de cas spatialisées – portant par exemple sur le massif des Bauges, dont la nature apparaît « ordinaire », au regard des montagnes avoisinantes et des politiques dont ces dernières ont bénéficié, mais aussi plusieurs chapitres consacrés à l’évolution historique du regard porté sur telle réalité biophysique (la nuit, ou le patrimoine géologique) ou sur les objets techniques et instruments politiques contribuant à leur gestion (les passes à poisson, les trames vertes et bleues). Ce n’est pas le moindre des intérêts du livre que de donner à voir la diversité des formes de la protection de la nature, mais aussi la variété avec laquelle les sciences sociales, le droit ou la philosophie, abordent ces thématiques. La variété des sources mobilisées (archives, textes de loi, entretien avec les acteurs locaux, documents d’urbanisme) permet de saisir la multiplicité des démarches de recherche contemporaines sur ces objets, et rend la lecture de l’ouvrage particulièrement stimulante.
4 Le souci de la nuance, véritable fil rouge des différentes contributions, est également très appréciable : le chapitre consacré à la libre évolution de la nature rappelle ainsi utilement la coexistence d’approches pour partie contradictoires derrière un même vocable. Les inventaires naturalistes sont également analysés de manière fine, à la fois pour dire leur articulation ancienne et méconnue avec les politiques de protection (cf. le chapitre consacré aux actions du conseil national pour la protection de la nature), mais aussi leurs limites opérationnelles.
5 L’ouvrage ne prétend pas épuiser le sujet de la protection de la nature, et encore moins celui de la définition de cette dernière. À cet égard, la première partie, davantage axée sur ces aspects définitionnels pose peut-être davantage de questions qu’elle n’en résout, mais permet d’utiles mises en regards notionnelles : nature et biodiversité, gestion et protection, nature et naturalité, exception et ordinaire sont ainsi examinés avec minutie et pertinence.
6 Enfin, le lecteur appréciera la richesse de la bibliographie proposée, reflet, là encore, de l’approche interdisciplinaire des contributions.
7 Cet ouvrage constitue donc un état des lieux utile des questionnements relatifs à la notion de nature en sciences sociales ; on ne peut qu’en conseiller la lecture, cursive ou partielle, notamment dans la perspective des programmes des concours de l’enseignement sur les environnements.