Hans-Josef Klauck , L’environnement religieux gréco-romain du christianisme primitif Trad. par J. Hoffmann, Paris, Éd. du Cerf, [1995 et 1996] 2012, 558 p.
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- BAUDOIN, Anne-Catherine,
- Baudoin, Anne-Catherine.
- Baudoin, A.-C.
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- Baudoin, A.-C.
- Baudoin, Anne-Catherine.
- BAUDOIN, Anne-Catherine,
Notes
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[1]
- Hans-Josef KLAUCK, Die religiöse Umwelt des Urchristentums, vol. 1, Stadt- und Hausreligion, Mysterienkulte, Volksglaube, vol. 2, Herrscher- und Kaiserkult, Philosophie, Gnosis, Stuttgart, Kohlhammer, 1995-1996, et The Religious Context of Early Christianity : A Guide to Graeco-Roman Religions, Édimbourg, T & T Clark, 2000, avec révisions et mises à jour.
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[2]
- L’ouvrage de référence d’Alain LE BOULLUEC, La notion d’hérésie dans la littérature grecque, IIe-IIIe siècle, vol. 1, De Justin à Irénée, vol. 2, Clément d’Alexandrie et Origène, Paris, Études augustiniennes, 1985-1986, peut éclairer le passage de la cinquième partie (les écoles philosophiques) à la sixième (la gnose et la définition de l’hérésie). Pour la gnose, voir l’introduction substantielle de Christoph MARKSCHIES, Die Gnosis, Munich, C.H. Beck, 2001.
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[3]
- Ainsi s’explique aussi l’absence de Pierre HADOT dans la bibliographie, alors même que La citadelle intérieure. Introduction aux Pensées de Marc-Aurèle, Paris, Fayard, 1992, serait éclairante pour le sujet.
1 Les Éditions du Cerf proposent la traduction française d’une synthèse de Hans-Josef Klauck qui faisait jusqu’alors référence dans ses éditions allemande et anglaise [1]. Le projet de l’auteur est d’étudier la contribution que « la connaissance du milieu du Nouveau Testament [peut] apporter à notre compréhension des écrits du Nouveau Testament » (p. 17), en examinant particulièrement l’environnement religieux non-juif, selon les principes posés à la fin du XIXe siècle par l’École de Göttingen. C’est donc à raison que la traduction française du titre précise que l’ouvrage porte sur le monde gréco-romain. En revanche, le terme d’« environnement » n’est pas à prendre dans un sens interactif : il ne s’agit pas de l’étude des relations du christianisme avec son milieu d’émergence. Quant à l’expression de « christianisme primitif », elle renvoie apparemment à la période de rédaction des textes qui constituent le Nouveau Testament, sans plus de précision.
2 L’ouvrage se compose de six parties. Dans la première, sont habilement présentés les pratiques religieuses civiles (le culte sacrificiel) et domestiques (la religio domestica, le culte des défunts), ainsi que les groupes intermédiaires que sont les associations. L’alternance entre présentation générale et exemples est judicieuse, mais l’absence de cohésion chronologique donne une impression de fixité. La deuxième partie présente le même défaut. Le titre « La fascination du mystère : les cultes à mystère » pourrait renvoyer plus particulièrement aux Ier et IIe siècles, mais les chapitres couvrent une période plus large, des mystères d’Éleusis à ceux de Mithra. Sont présentés le culte de Dionysos et les mystères de Dionysos (dont la description s’appuie principalement sur les œuvres d’Euripide, bien antérieures à la période étudiée et dépourvues de visée documentaire), le culte d’Attis et le culte d’Isis. La troisième partie se veut un panorama de la « foi populaire », expression non définie qui rassemble ici quatre pratiques : les miracles de guérison, la divination et l’interprétation des signes, la magie et l’astrologie. Une dernière pratique constitue l’objet de la quatrième partie qui porte sur les êtres humains divinisés : l’étude des origines de cette pratique dans le culte hellénistique du souverain (notamment Alexandre le Grand) précède celle du culte impérial romain, organisée selon les personnes, puis les formes et la diffusion.
3 Les cinquième et sixième parties sont à la marge, l’une de la définition de la religion, puisqu’elle porte sur la philosophie, et l’autre du monde gréco-romain non-chrétien – il s’agit d’une présentation de la gnose. L’ouvrage est dépourvu de conclusion ; c’est un bref commentaire de l’Hymne de la Perle, transmis par les Actes apocryphes de Thomas, qui en tient lieu. Un index des auteurs cités permet de retrouver les occurrences de la littérature antique ainsi que les références bibliographiques qui sont un atout majeur de l’ouvrage : chaque chapitre s’ouvre sur une liste d’œuvres et d’articles, parfois brièvement commentés. Outre les restrictions originelles dues à la nécessité d’un choix, on peut regretter que les traductions françaises des œuvres retenues par H.-J. Klauck ne soient pas toujours mentionnées et que la bibliographie en langue française soit dans son ensemble très peu présente [2]. Les mises à jour bibliographiques sont issues de la traduction anglaise et n’ont pas été actualisées.
4 Les qualités de cette synthèse sont aussi ses limites. Elle est destinée aux non-classicistes, particulièrement aux étudiants du Nouveau Testament : ceux-ci apprécieront l’abondance des citations, en traduction, de la littérature gréco-romaine. Cependant, la culture classique de l’auteur ne semble pas être partagée par le traducteur, et les lecteurs de la version française trouveront sans doute pénible les mots oubliés dans les citations traduites, les transcriptions maladroites, reprises de la transcription allemande du grec, et les fréquentes coquilles sur les mots écrits en caractères grecs. De même, des hésitations sur le nom des auteurs ou des personnages de l’Antiquité et sur le titre usuel des œuvres obligeront à des vérifications ; ainsi faut-il retrouver sous le titre de Pot en or (Goldtopf) de Plaute l’Aulularia, ou La marmite ; dans l’Alceste d’Euripide, Admetos s’appelle plus généralement Admète ; les oracula sibyllina sont un genre littéraire connu comme « oracles sibyllins », et non « prophéties sibyllines » ; dans la culture française, le général macédonien Antigone Ier est plus communément dit « le Borgne » que Monophthalmos.
5 La facilité de lecture est renforcée par une langue claire, malgré les quelques germanismes (et anglicismes) de la traduction, et la prégnance de la culture allemande dans les références culturelles fait partie du charme de l’ouvrage ; cependant certaines mentions sont trop allusives, notamment lors des présentations rapides de la postérité d’un thème (la lecture des Bacchantes d’Euripide comme un mystère chrétien au Moyen Âge ; l’héritage gnostique chez les cathares). Chaque chapitre fait le point sur une question et peut être consulté de façon indépendante ; l’intérêt des quelques conclusions théoriques fait regretter leur rareté. La partie consacrée à la philosophie est particulièrement claire ; selon l’auteur, il s’agit du domaine le plus éclairant pour comprendre le christianisme primitif. Il est peut-être dommage d’en avoir exclu Marc-Aurèle [3], pourtant strict contemporain d’Apulée, qui est largement cité à propos du culte d’Isis. La présentation des gnostiques est moins convaincante et ne fait pas justice à l’état actuel de la recherche, mais pourra rendre service ; attention toutefois à la présentation trop rapide du manichéisme, qui le fait apparaître comme une hérésie chrétienne.
6 La parution en français de l’ouvrage de H.-J. Klauck, aujourd’hui professeur de Nouveau Testament et de littérature chrétienne ancienne à la Divinity School de l’université de Chicago, est à saluer pour l’accès qu’elle permet à une synthèse commode. Celle-ci doit être consultée comme telle, pour une première approche du contexte religieux gréco-romain des Ier et IIe siècles, période de rédaction des textes du Nouveau Testament. La répartition de la bibliographie par chapitres, les citations de la littérature antique, le recours à l’épigraphie et, plus ponctuellement, à l’archéologie, doivent inciter l’étudiant à se reporter aux sources et à la littérature secondaire de référence.
7 ANNE-CATHERINE BAUDOIN
Date de mise en ligne : 10/12/2012