Compte rendu

Adriaan Verhulst, The Rise of Cities in North-West Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 1999,174 p.

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  • Lebecq, S.
(2003). Adriaan Verhulst, The Rise of Cities in North-West Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 1999,174 p. Annales. Histoire, Sciences Sociales, 58e année(5), V-V. https://shs.cairn.info/revue-annales-2003-5-page-V?lang=fr.

  • Lebecq, Stéphane.
« Adriaan Verhulst, The Rise of Cities in North-West Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 1999,174 p. ». Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2003/5 58e année, 2003. p.V-V. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-annales-2003-5-page-V?lang=fr.

  • LEBECQ, Stéphane,
2003. Adriaan Verhulst, The Rise of Cities in North-West Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 1999,174 p. Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2003/5 58e année, p.V-V. URL : https://shs.cairn.info/revue-annales-2003-5-page-V?lang=fr.

1 Il serait tentant de voir dans ce livre le testa~ment de son auteur († 2002). Car Adriaan Verhulst, connu pour ses recherches sur le grand domaine des temps mérovingiens et carolingiens, a été aussi un très important his~torien des villes, héritier d’Henri Pirenne dont il a occupé la chaire – mais un héritier aussi reconnaissant de la dette contractée à l’égard du maître que convaincu de la nécessité de mettre à jour son legs, grâce en particulier à la contribution des plus récentes recherches archéologiques et numismatiques. Le champ couvert par l’étude est plus restreint que ce que laisse entendre son titre, car l’Europe du Nord-Ouest est ici limitée aux Pays-Bas méri~dionaux, de la Somme à la Meuse; cependant, sa couverture chronologique, qui va de la romanité tardive au XIIe siècle, permet d’étu~dier la genèse du fait urbain dans un espace relativement peu urbanisé par Rome mais qui a vu se constituer, dans les siècles du très haut et du haut Moyen  ge, un des réseaux de villes les plus denses d’Europe, spécialement en Flandre et le long de l’axe mosan.

2 Aussi A. Verhulst progresse-t-il par grandes phases chronologiques, étudiant tour à tour le legs de Rome et l’étiage de la vie urbaine ( IVe - VIIe siècle); un renouveau, qu’il situe au VIIIe siècle, et l’impact des raids vikings du IXe; « l’urbanisation du haut Moyen  ge », aux Xe - XIe siècles; et enfin l’épanouissement éco~nomique et institutionnel de la fin du XIe et du XIIe siècle. À chaque stade du développement, l’auteur procède essentiellement par des études de cas – autant de petites monographies qui sont des mises au point fondées sur les recherches les plus récentes – regroupées par horizons le plus souvent régionaux : côtes de la mer du Nord, illustrées par de nouvelles géné~rations d’emporia, parmi lesquels Walcheren-Domburg et Dorestat (sic) d’abord, Bruges ensuite font l’objet d’une attention particulière; vallée de l’Escaut, à l’amont de laquelle se dis~tinguent les cités épiscopales de Cambrai et de Tournai, et où s’illustrent, en aval, les agglomé~rations nouvelles de Gand et d’Anvers; vallée de la Meuse, jalonnée par des vici hérités de la romanité tardive, qui reprennent du service comme marchés régionaux; espace flamand où aux môles religieux – Gand, Saint-Omer – hérités du très haut Moyen  ge s’ajoutent les nouvelles villes drapantes et marchandes de Douai, Ypres et Lille...

3 À la fin de chacun de ses chapitres, A. Verhulst brasse, dans une conclusion syn~thétique, l’ensemble des données (déclin de telle génération de ville, mutation de telle autre, apparition d’un type nouveau de places centrales...) et leur explication. Lui qui était resté si longtemps obnubilé par l’idée de conti~nuité dans l’étude des implantations urbaines a dû convenir que s’il y eut dans bien des cas continuité topographique de l’occupation, il y eut presque partout discontinuité fonction~nelle. Surtout, A. Verhulst montre que ce n’est pas tant le commerce au long cours qui a déter~miné la promotion des villes médiévales dans les Pays-Bas méridionaux que la fonction de marché micro-régional, de place centrale en somme, à la fois encadrée et stimulée par les structures de pouvoir proches qu’étaient les églises épiscopales (ainsi à Cambrai, Tournai, Liège et Arras) ou monastiques (ainsi Gand et Saint-Omer), et les forteresses comtales (ainsi en Flandre, à Bruges, Lille ou Douai) ou ducales (ainsi en Basse-Lotharingie, futur Brabant, à Bruxelles et Louvain). Ce faisant, il tire un trait sur une part importante de l’héri~tage de Pirenne, lui assurant, comme écrit Peter Clark, éditeur du volume, dans son avant~propos, « a decent funeral ».

4 STÉPHANE LEBECQ


Date de mise en ligne : 01/10/2003