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Article de revue

À la recherche d’un terrain plus propice

Pages 158 à 164

Citer cet article


  • Cheklab, M.
(2026). À la recherche d’un terrain plus propice. Agencements, 14(1), 158-164. https://doi.org/10.3917/agen.014.0158.

  • Cheklab, Myriam.
« À la recherche d’un terrain plus propice ». Agencements, 2026/1 n° 14, 2026. p.158-164. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-agencements-2026-1-page-158?lang=fr.

  • CHEKLAB, Myriam,
2026. À la recherche d’un terrain plus propice. Agencements, 2026/1 n° 14, p.158-164. DOI : 10.3917/agen.014.0158. URL : https://shs.cairn.info/revue-agencements-2026-1-page-158?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/agen.014.0158


Notes

  • [1]
    Myriam Cheklab, Thèse « Basculer vers des pédagogies décoloniales : regards, chemins et horizons croisés entre des communautés nasa en Colombie et des descendant·es de colonisé·es en France », Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, soutenue le 30 novembre 2021, pages 79-86.
  • [2]
    Cecidic : Centro de Educación, Capacitación e Investigación para el Desarrollo Integral de la Comunidad, (Centre d’éducation, de formation et de recherche pour le développement intégral de la communauté).
  • [3]
    CASTRO-GOMEZ, Santiago et Ramón GROSFOGUEL (eds.). 2007. El giro decolonial. Reflexiones para una diversidad epistémica más allá del capitalismo global. Bogotá : Siglo del Hombre Editores.
  • [4]
    Traduction : En effet, les sciences sociales contemporaines n’ont pas encore trouvé la manière d’incorporer la connaissance subalterne aux processus de production de connaissances. Sans cela, il ne peut y avoir aucune décolonisation du savoir ni d’utopie sociale au-delà de l’occidentalisme. La complicité des sciences sociales avec la colonialité du pouvoir exige l’émergence de nouveaux espaces institutionnels et non-institutionnels depuis lesquels les subalternes puissent parler et être écouté·es. C’est dans ce sens, en suivant Nelson Maldonado-Torres (2006), que nous parlons de « tournant décolonial », non seulement dans les sciences sociales, mais dans d’autres institutions modernes comme le droit, l’université, l’art, la politique et les intellectuel·les.
  • [5]
    Proceso de Liberación de la Madre Tierra del norte del Cauca (Processus de libération de la Terre Mère du Nord du Cauca).

J’ai alors commencé à réfléchir à cette notion de travail de terrain, si chère aux sciences sociales. Le terrain conçu comme un moment important du processus de recherche, le moment où le chercheur entre au contact de son objet, afin de l’observer empiriquement. Le moment de l’enquête. Communément, le terrain désigne à la fois l’objet de recherche et l’espace dans lequel cet objet sera observé dans un temps circonscrit. Dans la tradition anthropologique, le terrain se déroule souvent dans un lieu géographique distant et de façon intermittente. La notion même de terrain implique des moments et des temporalités particulières dans l’organisation du dispositif de recherche. Cela implique qu’il y a une période de préparation de l’enquête de terrain, avec l’élaboration d’une démarche de recherche, puis une période de déplacement sur le terrain, où les outils méthodologiques choisis sont déployés pour récolter des données, puis le retour et la période d’analyse des données recueillies et d’écriture.
La notion même de terrain telle qu’elle est conçue habituellement implique donc une fragmentation du processus de recherche. Il y a les moments où l’on est au contact du monde réel, puis les moments où l’on est derrière notre bureau, dans le monde des idées. Cette séparation de la pensée et de l’action n’est pas en phase avec une conception plus existentielle de la recherche, ni avec des formes plus communautaires d’investigation.
Par ailleurs, cette organisation des temporalités de la recherche selon la méthode scientifique contribue à perpétuer une logique coloniale dans les pratiques de recherche…


Date de mise en ligne : 03/06/2026

https://doi.org/10.3917/agen.014.0158

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