Wokisme populaire
Dérive ordinaire à partir d’un « fanzine égalitariste de culture populaire »
- Par Louis Staritzky
Pages 135 à 139
Citer cet article
- STARITZKY, Louis,
- Staritzky, Louis.
- Staritzky, L.
https://doi.org/10.3917/agen.014.0135
Citer cet article
- Staritzky, L.
- Staritzky, Louis.
- STARITZKY, Louis,
https://doi.org/10.3917/agen.014.0135
Notes
-
[1]
Samuel Étienne, Bricolage Radical – Génie et banalité des fanzines do-it-yourself, Les presses du réel, 2018.
-
[2]
Chéribibi, « Le terrorisme woke est à ta port(é)e ! », chronique du 4 mars 2025, disponible sur le blog : https://www.cheribibi.net/
-
[3]
Alberto Toscano, Fascisme tardif, Éditions la tempête, 2025, p. 170.
-
[4]
Livre à paraître aux éditions du Commun en 2026, co-écrit avec Léa Laval et Benjamin Roux.
-
[5]
Luc Carton, « Éducation populaire ou animation socioculturelle ? », Lettre n° 8 de la FFMJC, 1996, p. 7.
-
[6]
Terrorisme intellectuel, Chéribibi, 14, 2025, p. 12-18.
-
[7]
James C. Scott, La domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Amsterdam, 2019.
-
[8]
Corinne Morel Darleux, Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce : Réflexions sur l’effondrement, Libertalia, 2019.
-
[9]
Terrorisme intellectuel, Chéribibi, 14, 2025, p. 20-27.
Nous avons le pouvoir de subvertir le langage, de nous réapproprier les mots, de faire bifurquer les termes, de réinventer leur devenir, surtout lorsque ces derniers nous assignent, nous blessent, nous fustigent. C’est ce que Judith Butler nous enseigne à propos du pouvoir des mots, et c’est ce que de nombreux collectifs antiracistes, féministes, LGBTQIA+ ont expérimenté, dans leurs combats, à travers le « retournement du stigmate ». Dans les luttes d’émancipation, ces pratiques font pleinement partie du répertoire d’action dont nous disposons pour nous permettre d’avancer dignement sur le chemin de l’autodétermination. Lors de ces pérégrinations hasardeuses, il arrive parfois que nous croisions des propositions langagières aussi simples qu’elles nous paraissent puissantes, des branchements inédits, des agencements stimulants, inattendus, un mélange de révélations et d’évidences. C’est précisément ce qu’il s’est produit pour moi lorsque je tombe sur l’expression « wokisme populaire » en découvrant, il y a quelques mois, la première page du dernier numéro du fanzine Chéribibi intitulé Terrorisme intellectuel. Écrit comme un argument marketing racoleur en haut à droite de la couverture, l’expression proposée n’a d’autre objectif que de provoquer le lecteur : « 140 pages de wokisme populaire » ! Une politique de la provocation relativement ordinaire pour qui est familier du génie et de la banalité des fanzines do-it-yourself : « ça me fait juste marrer d’imaginer la tronche que certains vont tirer en découvrant le surtitre de la couv’ à l’étal d’une librairie ou d’un disquaire… On s’amuse comme on peut »…