Duo inédit
Pages 54 à 61
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/afcul.hs01.0054
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Notes
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[1]
Barque.
Du 12 au 16 novembre 2011, le Muzdalifa a accueilli « un grand cimetière dans la mer... », une proposition faite par le plasticien Seda, avec la complicité du slameur Absoir. Proposition originale, faisant se côtoyer peinture, vidéo, performance et prières citoyennes, avec des échanges assidus entre artistes et publics, tous les soirs de la semaine.
Absoir « Notre collaboration se fonde sur une tragédie, celle du Visa Balladur. Avant de dire que Mayotte est une île comorienne occupée illégalement par la France, il se pose cette question importante, celle des Comoriens qui meurent dans le bras de mer, séparant Anjouan et Mayotte. Deux bonnes raisons qui font que tout comorien, artiste ou pas, se doit de poser cette question et d’impliquer tous les autres Comoriens, afin de les pousser à réagir, eux aussi ».
L’impact d’une vision d’artiste sur le réel aux Comores ?
Seda « En tant qu’artiste, je me sens libre de penser, de voir et de m’exprimer, j’ai aussi cette capacité de permettre aux autres d’avoir un regard nourri sur leur réalité et par rapport à leur avenir. L’artiste a cette capacité de détourner ses concitoyens du rapport quotidien, sans pour autant leur faire perdre le sens des réalités. L’artiste est aujourd’hui utilisé aux Comores par des politiciens pour leurs campagnes d’élections. On le voit aussi courir derrière des thèmes qui bénéficient de subventions de la part des ONG. Il n’y a plus que l’argent qui l’intéresse. Et pourtant, si l’artiste arrive à saisir le sens de ce pouvoir qu’il possède, il pourrait s’en servir pour apporter sa contribution dans la construction et le développement de sa nation…
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