Article de revue

Islam et « esclavage » ou l'impossible « négritude » des Africains musulmans

Pages 110 à 115

Citer cet article


  • Schmitz, J.
(2006). Islam et « esclavage » ou l'impossible « négritude » des Africains musulmans. Africultures, 67(2), 110-115. https://doi.org/10.3917/afcul.067.0110.

  • Schmitz, Jean.
« Islam et “esclavage” ou l'impossible “négritude” des Africains musulmans ». Africultures, 2006/2 n° 67, 2006. p.110-115. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-africultures-2006-2-page-110?lang=fr.

  • SCHMITZ, Jean,
2006. Islam et « esclavage » ou l'impossible « négritude » des Africains musulmans. Africultures, 2006/2 n° 67, p.110-115. DOI : 10.3917/afcul.067.0110. URL : https://shs.cairn.info/revue-africultures-2006-2-page-110?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/afcul.067.0110


Notes

  • [1]
    L’umma est la communauté musulmane ou la communauté mondiale des croyants. Elle a un triple sens : communauté mondiale car dispersée de l’Indonésie à l’Afrique de l’Ouest, regroupement unitaire dépassant les divisions sectaires et enfin utopie d’une communauté imaginaire (Anderson) qui dépasse les divisions internes, la guerre civile (la fitna) qui est la grande obsession de l’islam depuis la division chiites / sunnites.

L’islamisation de l’Afrique subsaharienne s’est accompagnée d’une entreprise massive d’asservissement des païens. Cet esclavage musulman et la traite « orientale » qu’il a impliquée demeurent refoulés par les Africains comme par les Occidentaux. L’Historien Jean Schmitz revient sur les raisons de ce silence et éclaire sa portée : de l’Afrique de l’Ouest aux banlieues françaises en passant par le Maghreb.
On voudrait mettre en rapport la stratégie de visibilité d’une minorité « noire » en France regroupant Africains et Antillais avec la création du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) à la fin 2005 (Ndiaye 2005), construite à partir de la mémoire de l’esclavage, et le relatif silence des immigrés musulmans originaires d’Afrique de l’Ouest à cet endroit.
Symétriquement, on est frappé par l’absence de recours à la rhétorique islamiste par les mêmes jeunes « blacks » des cités durant l’incendie des banlieues de novembre 2005. Nous voudrions montrer que le « grand récit » mettant en continuité l’esclavage, la colonisation, l’émigration et la discrimination à l’embauche permet le retournement de la stigmatisation liée à la couleur de la peau dans la mesure où il se situe à l’intérieur d’une sphère occidentale et chrétienne (non confessionnelle), comme l’ont fait dans les années 1930 Léopold Sédar Senghor (Vaillant 2006) et Aimé Césaire, puis après 1945 Alioune Diop (Jules Rosette 1992) et Frantz Fanon. À l’inverse, nous tentons ici de montrer qu’une telle opération, dont nous ne pouvons développer les conditions, est difficilement possible dans la sphère musulmane, sinon au prix de malentendus débouchant sur des violences et cela pour deux raisons principales…


Date de mise en ligne : 22/12/2013

https://doi.org/10.3917/afcul.067.0110

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