Article de revue

Écrire les racines, écrire l'horizon

Pages 222 à 223

Citer cet article


  • Tervonen, T.
(2005). Écrire les racines, écrire l'horizon. Africultures, 62(1), 222-223. https://doi.org/10.3917/afcul.062.0222.

  • Tervonen, Taïna.
« Écrire les racines, écrire l'horizon ». Africultures, 2005/1 n° 62, 2005. p.222-223. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-africultures-2005-1-page-222?lang=fr.

  • TERVONEN, Taïna,
2005. Écrire les racines, écrire l'horizon. Africultures, 2005/1 n° 62, p.222-223. DOI : 10.3917/afcul.062.0222. URL : https://shs.cairn.info/revue-africultures-2005-1-page-222?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/afcul.062.0222


Là où le jeune Nimrod scrutait l’horizon, le petit Raharimanana fouillait dans la bibliothèque de son père. Adultes, ils nous livrent quelques souvenirs d’enfance et méditent sur l’exil, l’écriture et la langue.
Le titre est évocateur : Le départ. Quand Nimrod écrit sur son enfance au Tchad, il y a comme une prémonition qui plane sur les pages : le narrateur sait qu’il va partir. Le lecteur est même tenté de penser que le jeune garçon, héros de ce court texte, sait, lui aussi, qu’il va partir. Comment pourrait-il en être autrement ? Le bonhomme de huit ans est à ce point fasciné par l’horizon qu’on ne peut lui attribuer d’autre destin que celui de sa recherche. L’horizon, c’est loin, c’est bleu, c’est chaud, c’est « la limite du monde » : « L’horizon est à la fois le désir et son achèvement. C’est une place. On habite avec elle, en elle, en face d’elle. C’est le lieu total. »
Mais n’est-ce pas l’horizon qui habite le poète ? Le regard de Nimrod sur son enfance est nostalgique, comme si l’horizon s’était déplacé en arrière, dans le passé, là où on ne peut plus revenir. Nimrod scrute ses souvenirs avec la même intensité avec laquelle il plongeait naguère ses yeux dans l’horizon : la navigation sur le fleuve Logone, au milieu des hippopotames, les émotions des premières amours, l’insolence admirée de la sœur, l’absence du père toujours parti « évangéliser des aventuriers qui hantent les îles du lac Tchad ».
Mais ce n’est pas tant cela que l’on retient du récit. C’est plutôt cette nostalgie du poète, celui qui d’abord n’a que l’envie de partir, puis celle de revenir – même si, entre-temps, s’est glissée en lui la conscience de l’exil, cet arrière-goût d’amertume qui ne vous quittera plus jamais : « Un jour, on revient…


Date de mise en ligne : 22/12/2013

https://doi.org/10.3917/afcul.062.0222

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